Garde nationale (France)
| Garde nationale | ||
Logo de la réserve militaire et civile qui reprend l'appellation « Garde nationale » depuis 2016. | ||
Le serment de La Fayette, commandant historique de la garde nationale, lors de la fête de la Fédération du 14 juillet 1790 (Musée de la Révolution française). | ||
| Création | 1789 (fondation) 1799 (statut constitutionnel) 2016 (Reprise du nom pour désigner une réserve militaire et civile) |
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| Dissolution | 1872 | |
| Pays | ||
| Allégeance |
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| Branche | Forces armées et Police nationale depuis 2016 | |
| Type |
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| Effectif | 84 000 [1] | |
| Garnison | École militaire | |
| Couleurs | Bleu, Blanc, Rouge (tricolore français) | |
| Commandant | Général de division Louis-Mathieu Gaspari (depuis le ) | |
| Commandant historique | Gilbert du Motier, marquis de La Fayette, dit « La Fayette » | |
La Garde nationale en France, créé en 2016 sous la Cinquième République, est une structure de réserve de l'armée, de la gendarmerie nationale et de la police nationale sur la base du volontariat.
Historiquement, la première Garde nationale créée en 1789 au début de la Révolution française, désigne l'ensemble des milices de citoyens formés dans chaque commune, à l'instar de la Garde nationale créée à Paris et placé sous le commandement de La Fayette[2]. Pendant la Révolution française, elle est tantôt une force insurrectionnelle pendant les journées révolutionnaires, tantôt une force de maintien de l'ordre. Sous le Premier Empire, elle est remplacée à Paris par une Garde municipale soldée mais maintenue dans les provinces comme force de réserve militaire et de garde-côtes. Pendant la campagne de France de 1814, elle sert de force militaire supplétive pour la défense du territoire national. Le régime de la Restauration la ramène à ses missions d'ordre public mais Charles X s'en méfie et dissout à nouveau la Garde nationale parisienne. Une nouvelle Garde nationale se reconstitue spontanément pendant la révolution de 1830 et devient un des piliers de la Monarchie de Juillet, puis de la Deuxième République contre les révoltes ouvrières ou républicaines. Napoléon III réduit ses attributions mais, en 1868, crée une garde nationale mobile, de nouveau employée comme force combattante avec une nouvelle Garde nationale pendant la guerre franco-allemande de 1870-1871. L'engagement de nombreux « moblots » parisiens dans l'insurrection de la Commune de Paris du printemps 1871 entraîne une nouvelle dissolution de cette force. Dans son rôle de réserve militaire, elle est en partie remplacée par l'armée territoriale créée en 1872.
Garde nationale de la Révolution de 1789-1799
Garde nationale sous Napoléon Ier
Consulat
Au lendemain de la Révolution française, une commission de conseillers d’État proposa à Napoléon Iᵉʳ d’adopter le coq comme symbole national, mais l’Empereur refusa, estimant que “le coq n’a point de force, il ne peut être l’image d’un empire tel que la France”, et ce n’est qu’à partir de 1830 qu’une ordonnance stipula que le coq devait figurer sur les boutons d’habit et surmonter les drapeaux de la Garde nationale[3].

En 1799, la constitution de l'an VIII consacra l'existence de la garde nationale. L'article 48 distinguait la garde nationale en activité et la garde nationale sédentaire. La première, qui comptait essentiellement les hommes des armées de terre et de mer, était placée sous les ordres du gouvernement (Art. 47). La seconde ne dépendait que de la loi. En , le ministère de l'Intérieur rédigea un projet imposant le service à tous ceux qui exerçaient les droits du citoyen, mais en autorisant le remplacement. L'élection fut écartée et il fut prévu la nomination des officiers par le préfet et celle des sous-officiers par le chef de bataillon. La garde nationale était considérée comme impuissante par le nouveau régime.
Napoléon se méfiait de cette force bourgeoise, capable de maintenir l’ordre et de réprimer les émeutes aussi bien que de renverser le pouvoir établi[réf. nécessaire]. Le 12 vendémiaire an XI (), un arrêté des Consuls créait une garde municipale de 2 300 hommes, à Paris, placée sous les ordres de militaires nommés par le chef de l'État. La mission des gardes municipaux restait à peu près la même. Leur solde était désormais assurée par une contribution de 1 800 000 francs, payée par la population parisienne. En contrepartie, les citoyens n'étaient plus tenus de faire un service régulier et journalier. Cette décision fut bien accueillie. La population se sentait déchargée d'un service militaire lourdement ressenti. Les artisans et autres travailleurs ne perdaient plus leur temps à monter la garde ou ne payaient plus de remplaçants[réf. nécessaire].
Empire

Pendant tout le règne de Napoléon, les gardes nationaux ont servi de réserve à l'armée et ont été mobilisés au gré des guerres de l'Empire. Ainsi, lors de la reprise de la guerre contre la Prusse, le , l'empereur ordonna la levée, le , de 3 000 grenadiers et chasseurs de la garde nationale de Bordeaux pour renforcer la défense des côtes. Le décret du , signé à Berlin, réaffirmait l'obligation de tous les Français âgés de 20 à 60 ans d'effectuer le service de la garde nationale. Il en confirmait également l'incompatibilité pour ceux travaillant dans la fonction publique et dans l'administration ainsi que pour les ecclésiastiques. Les autres pouvaient se faire remplacer. Les compagnies de grenadiers et de chasseurs, composées d'hommes, si possible, de 20 à 40 ans, pouvaient être appelées à effectuer un service intérieur dans les villes de plus de 5 000 habitants, ou un service militaire. Dans ce cas, elles étaient assimilées aux troupes de ligne.
Le , 49 000 Anglais firent une tentative ratée de débarquement à Walcheren, aux Pays-Bas, alors aux mains des Français. Cet événement fit prendre conscience à Napoléon de la menace que représentait un éventuel débarquement anglais sur les côtes françaises. À partir de 1809, l'empereur décida d'appuyer, en partie, la protection des côtes et des frontières sur les gardes nationaux.

Le , un décret demandait le recrutement de 88 cohortes de 888 hommes recrutés par départements et proportionnellement au chiffre de la population[4],[5]. Ils étaient chargés de renforcer la surveillance des côtes et des frontières[6]. Le décret du absorba les cohortes de gardes nationaux dans 22 régiments de ligne. Les 88 compagnies d'artilleurs furent incorporées dans le corps impérial de l'artillerie et leurs effectifs répartis dans des régiments à pied ou dans les compagnies en service dans la grande armée.
À partir du , la France était envahie. Les et furent pris les décrets levant 101 640 hommes.
Une partie de ces hommes, bien encadrés dans les divisions Pacthod et Amey, devait combattre héroïquement, le , au cours du second combat de Fère-Champenoise.
Le , Paris tombait malgré la participation à sa défense des gardes nationaux.
En 1815, les gardes nationaux participent aux combats de Vélizy et de Rocquencourt. En représailles, les Prussiens brûlèrent Vélizy.
Restauration
Le , le comte d'Artois fut nommé colonel général des gardes nationales de France. Le général Jean Joseph Dessolles devint son major général tout en gardant le commandement de la garde parisienne. La création du poste de colonel général témoignait de la volonté de centraliser la direction de la Garde nationale. Une ordonnance du précisait que les gardes nationales ne devaient plus être que sédentaires. Leur déplacement en dehors de la ville ou du canton ne pouvait avoir lieu qu'exceptionnellement et serait déterminé par une loi spéciale. Le but de l'institution était de réunir les hommes les plus intéressés par le maintien de l'ordre et les propriétaires territoriaux ou les industriels. Seuls étaient admis au service ordinaire ceux qui pouvaient s'armer, s'habiller et s'équiper. Ils étaient peu nombreux.

Durant les Cent-Jours, les gardes nationales n'offrirent pas de résistance au retour de Napoléon. Elles n'y jouèrent pas non plus un rôle crucial.
En 1815, lors du second retour de Louis XVIII, la garde nationale retrouvait son organisation de 1814, avec le comte d'Artois à sa tête. Elle représentait à peu près la seule force sur laquelle pouvaient compter les préfets.
Le fut proclamé une nouvelle ordonnance. La garde nationale restait une obligation pour tous les Français de 20 à 60 ans, imposés ou fils d'imposés, au rôle de contributions directes (Art. 3). Les listes étaient faites par des conseils de recensements composés du maire et de notables nommés par le préfet (17-20). L'ordonnance accordait toujours une dispense aux ecclésiastiques, aux militaires et aux fonctionnaires (23-29). Elle faisait la différence entre le « contrôle ordinaire » et le « contrôle de réserve » (21). Le premier concernait les citoyens aisés et le second les citoyens pour qui le service était une charge et ne pouvaient être requis qu'exceptionnellement. Les officiers étaient nommés par le roi (7). Le commandant de la garde communale dirigeait sous l'autorité du maire (6) et un commandant de la garde d'arrondissement dirigeait sous l'autorité du préfet (4). Il y avait des mesures restrictives à l'égard de la garde nationale, signe que le régime s'en méfiait. Il était interdit de se réunir pour prendre des délibérations (9). Interdiction pour le commandant de publier les ordres du jour sans l'autorisation du préfet (10). Interdiction de prendre les armes et de s'assembler sans ordres des chefs et de l'administration (35). Il était créé un conseil de discipline devant juger les fautes et délits des gardes nationaux durant leur service.
L'œuvre de centralisation de la garde nationale menée par le comte d'Artois fut finalement abandonnée par le régime. Le , le roi Charles X signait l'ordonnance de licenciement de la garde nationale parisienne. Là encore, la méfiance du pouvoir avait principalement motivé cette décision. Cette mesure fut malgré tout accueillie avec soulagement par des personnes qui n'avaient plus à faire leur service. Seuls les opposants au régime et les libéraux firent des protestations.
Révolution de juillet 1830

Le , Charles X publia quatre ordonnances qui provoquèrent la révolution de Juillet. Dès le matin , des gardes nationaux reparurent spontanément en uniforme. Ils furent portés en triomphe par le peuple, aux cris de « Vive la garde nationale! ». Le , La Fayette, âgé de 73 ans, fut nommé de nouveau à la tête de la garde nationale. Il rétablit la garde nationale parisienne[7]. Le , il accueillit Louis-Philippe Ier à l'Hôtel de ville de Paris. Louis-Philippe passa en revue la garde nationale de Paris, forte de 60 000 hommes. Devant les acclamations des contribuables en armes, il s'écria, en embrassant La Fayette : « Cela vaut mieux pour moi que le sacre de Reims ! ». Cela souligne l'importance attachée à la milice bourgeoise du régime, garante de l'ordre public et de l'alliance de la monarchie de Juillet et des propriétaires. Le roi confia à La Fayette le commandement de toutes les gardes nationales. Elles furent réactivées dans toute la France pour mettre fin aux échauffourées.
Monarchie de Juillet

La garde nationale démontra son importance en , à l'occasion du procès des ministres de Charles X, où elle parvint à maintenir le calme dans Paris. Louis-Philippe, qui rendit visite, le , aux douze arrondissements de la garde parisienne pour leur exprimer ses remerciements, fut soulagé, mais il réalisa aussi le danger qu'il y avait, pour la monarchie, à dépendre d'une seule force pour assurer l'ordre public : il demanda au ministre de la Guerre, le maréchal Soult, de réorganiser sans tarder l'armée de ligne. Il décida également de se débarrasser de La Fayette, trop peu fiable à ses yeux.
Le , le roi écrivit à La Fayette pour le remercier d'avoir donné, « dans ces jours d'épreuves, l'exemple du courage, du patriotisme et du respect pour les lois », mais, en sous-main, il manœuvra à la Chambre des députés, qui engagea, dès le , le débat sur l'organisation de la garde nationale requis par l'article 69 de la Charte de 1830, selon lequel des lois doivent pourvoir « dans le plus court délai possible » notamment à « l'organisation de la garde nationale, avec intervention des gardes nationaux dans le choix de leurs officiers ». Or, durant le débat, des députés fidèles du Palais-Royal démontrèrent que la fonction de commandant en chef de toutes les unités du royaume était contraire à la Charte et firent voter sa suppression à la condition de donner à La Fayette « quelque marque de regret et quelque compensation ». Dès le lendemain, La Fayette démissionna. Le président du Conseil, Jacques Laffitte, et le ministre de l'Intérieur, Camille de Montalivet, lui-même colonel de la garde nationale, cherchèrent à trouver un compromis, mais La Fayette posa des conditions extravagantes : il voulait la formation d'un nouveau ministère où n'entreraient que ses amis, la dissolution de la Chambre des députés et l'abolition de l'hérédité de la pairie. Le 26, il maintenait sa démission. Louis-Philippe en prit aussitôt acte dans une brève et sèche lettre de regret. Le Roi nomma alors le général Mouton de Lobau commandant de la garde nationale.
L'article 69 de la Charte révisée avait renvoyé à une loi « l'organisation de la garde nationale, avec intervention des gardes nationaux dans le choix de leurs officiers ». Venu en discussion le , le projet fut voté le par les députés, le 10 par les pairs, et promulgué le 22. La garde nationale est chargée de défendre la monarchie constitutionnelle, la Charte et les droits qu'elle consacre, pour maintenir l'obéissance aux lois, conserver ou rétablir la paix et l'ordre publics. En revanche, toute délibération prise par la garde nationale sur les affaires de l'État, du département ou de la commune est une atteinte à la liberté publique et un délit contre la chose publique et la Constitution (Art. 1).
La garde nationale est théoriquement composée de tous les Français âgés de 20 à 60 ans (2-9), mais la loi distingue le service ordinaire et le service de réserve (19), la répartition entre les deux étant faite par le conseil de recrutement de la commune, qui n'appelle au service ordinaire que ceux qui ont les moyens de supporter les frais d'habillement et d'armement et disposent du temps nécessaire pour le service. Aussi ne trouve-t-on dans le service ordinaire, le seul qui soit effectif, que des hommes aisés : ceci donne à la garde son caractère de milice bourgeoise, rempart des propriétaires contre le désordre. Force civile, elle est organisée dans chaque commune (4) et placée sous l'autorité des maires, des préfets et du ministre de l'Intérieur (6). Le refus du service est puni de quelques jours de détention.
En province, l'efficacité de la garde nationale restait relative. Ainsi, lors de la révolte des canuts à Lyon, en , sur 15 000 gardes nationaux d'appelés, 500 se présentèrent. Certains étaient même dans le camp de l'insurrection. Beaucoup de républicains furent élus officiers. La garde nationale devenait un foyer d'opposition.
La garde nationale était aussi un signe d'ascension sociale. Ainsi en 1837, Balzac publia son roman César Birotteau dans lequel le personnage principal Birotteau était un riche parfumeur qui s'était enrichi et dont les promotions dans la garde nationale constituaient un signe d'ascension sociale. Dans le roman de Victor Hugo, Les Misérables (1862), Jean Valjean, devenu un propriétaire aisé, doit servir dans la garde nationale et se trouve impliqué dans le soulèvement républicain de juin 1832 à Paris.
Révolutions de 1848
Fin de la monarchie de Juillet (février 1848)
En , des gardes nationaux de Paris, inscrits dans la douzième légion, voulurent organiser un banquet réformiste avec comme revendication d'élargir le suffrage censitaire. Il fut interdit par le ministre de l'intérieur. Le journal Le National répliqua en convoquant le , place de la Madeleine, toute la garde nationale, sans armes mais en uniforme, pour former une haie d'honneur aux convives. La garde nationale n'y répondit pas.
En , la garde nationale fut généralement passive aux combats. Après le départ de Louis-Philippe Ier, c'est principalement à la garde nationale que revint la tâche de rétablir l'ordre. Le , le gouvernement provisoire rétablissait dans tous leurs droits les gardes nationales que la monarchie de juillet avait dissoutes. Le , un décret affirmait que « tout citoyen de 21 à 55 ans, ni privé ni suspendu de ses droits civiques est garde national et y exerce le droit de suffrage pour tous les grades d'officiers ». C'était la confirmation du suffrage universel. Le , un décret confirmait que les officiers des gardes nationaux en province seraient élus dans les mêmes conditions qu'à Paris. Les colonels ne seraient plus nommés par le gouvernement.
La répression par la Garde nationale mobile de la manifestation du marque un tournant : selon l'historien Samuel Hayat, celle-ci « permet […] que s'estompent les différences entre l'armée, la Garde nationale fixe et la Garde nationale mobile : la Garde nationale y perd sa spécificité d'institution de représentation du peuple armé, pour devenir un corps armé uni, obéissant, et dédié au maintien de l'ordre »[8].
Soulèvements de mai-juin 1848
L'insurrection du vit une rupture entre gardes nationaux bourgeois et partis de gauche.
Les insurrections ouvrières de furent surtout réprimées par l'armée et les gardes nationaux parisiens appuyés par des gardes nationaux de province, essentiellement d'Amiens, Beaugency, Le Havre, Meung, Orléans, Pithiviers, Rouen et Versailles[9],[10].
Deuxième République
En , un décret de Louis-Napoléon Bonaparte, président de la République, supprima la moitié des bataillons de gardes nationaux et réorganisa les autres. Il se méfiait de la garde nationale. Les gardes nationaux mobiles furent finalement et définitivement licenciés le . Il leur était reproché leur indiscipline et d'engendrer plus de discorde que d'en résoudre.
À la veille du coup d’État du 2 décembre 1851, le président nomma à la tête de la garde nationale parisienne un fidèle bonapartiste, le général de La Woestine, qui se garda d'intervenir. En récompense de sa neutralité, La Woestine fut plus tard nommé sénateur d'Empire puis gouverneur des Invalides[11].
Second Empire

Le décret du prévoyait cette fois la sélection des gardes nationaux par un conseil du recensement. Le président, lui, nommait les officiers. En 1853, les officiers prêtèrent serment de fidélité à la Constitution et d'obéissance à l'empereur. Napoléon III la cantonne pendant le second Empire dans des tâches subalternes afin de réduire son influence libérale et républicaine.
Le fut votée la loi Niel qui permettait la création d'une garde mobile, auxiliaire de l'armée active, pour la défense des frontières et des places fortes ainsi que pour le maintien de l'ordre intérieur. Elle ouvrait la voie au service universel avec un engagement massif. Cela était fait en réaction aux crises extérieures, en particulier celle de la Prusse.
Guerre franco-allemande de 1870-1871
Guerre contre la Prusse

Lors de l'éclatement de la guerre entre la France et la Prusse en , la garde nationale fut d'abord faiblement mobilisée. Le décret du ne concernait que les gardes nationaux habitant les régions militaires du Nord, de l'Est et de la région parisienne. Il y avait une absence de préparation. Le , le parlement votait une loi visant à compléter les forces des gardes sédentaires et mobiles. Le , une autre loi y incorporait 40 000 jeunes supplémentaires. Le décret du les formait en régiments provisoires d'infanterie et la loi du les plaça dans l'armée active. Cela démontrait que la garde nationale était utilisée comme un ultime moyen de défense.

Commune de Paris
Le , après la défaite de Sedan et la capture de l'empereur du , le gouvernement de la défense nationale est mis en place. Le , tous les électeurs inscrits de la ville de Paris sont convoqués. Les gardes nationaux, au nombre de 590 000, furent mobilisés pour le reste de la guerre et envoyés massivement au front. Ils participèrent à la défense de Paris assiégé.
Entre le et le , 2 000 délégués réunis élaborèrent, puis adoptèrent, les statuts d'une Fédération républicaine de la garde nationale. Un comité central protesta contre toute éventuelle tentative de désarmement de la garde nationale. Elle ne voulait reconnaître d'autres chefs que ceux qu'elle se donnerait.
Le , le gouvernement tenta de faire reprendre par l'armée les canons appartenant à la garde nationale parisienne et payés par les Parisiens. Les gardes participent alors à la Commune, qui dure du au , et se termine dans le sang, avec une grande répression menée par les troupes gouvernementales (Semaine sanglante).
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Soldat de la Garde nationale en 1870. -
Arrivée devant la mairie du 18e arrondissement des canons repris à l'armée par les gardes nationaux lors du soulèvement du 18 mars 1871. Gravure de J. Gaildrau. -
Construction d'une barricade, place Blanche (9e arrondissement), le 19 mars 1871. -
Louise Michel en uniforme de la garde nationale en 1871, peu avant sa dissolution. -
Barricade du passage Raoul, boulevard Richard-Lenoir, 18 mars 1871. -
Proclamation des résultats des élections le 28 mars 1871 à l'Hôtel de Ville, où s'installe le Conseil de la Commune. Gravure d'Auguste Lamy. -
Combats devant l'Hôtel de ville, incendié le 24 mai 1871 par les Communards pour ralentir la progression de l'Armée des Versaillais. -
Exécution de Fédérés par les troupes versaillaises lors de la Semaine sanglante.
Dissolution de la garde nationale en 1871
Le , à la suite des évènements de la Commune, fut votée une loi de dissolution des gardes nationales dans toutes les communes de France. De plus, l'article 6 de la loi du prévoit que « tout corps organisé en armes et soumis aux lois militaires, fait partie de l'armée et relève du ministère de la guerre », mettant un terme à l'essence même de la garde nationale.
Reconstitution en 2016
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La Garde nationale a été réinventée le en réponse au désir d'engagement de la société civile suite aux attentats terroristes qui ont frappé la France en 2015 et 2016[12],[13].
Elle rassemble les réservistes opérationnels du Ministère des Armées et du Ministère de l'Intérieur. Huit ans après sa création, la Garde nationale compte environ 84 000 réservistes opérationnels, rattachés au ministère des Armées et au ministère de l’Intérieur[14].
L'article 1 du décret du [15] dispose que "la Garde nationale concourt, le cas échéant par la force des armes, à la défense de la patrie et à la sécurité de la population et du territoire. Elle contribue aux missions :
- 1° Des forces armées et formations rattachées relevant du ministre de la défense ;
- 2° De la gendarmerie nationale et de la police nationale relevant du ministre de l'intérieur ».
La Garde nationale est considérée officiellement comme un cadre fédérateur pour l’ensemble des réserves opérationnelles du champ de la défense et de la sécurité, sans toutefois disposer d’un commandement organique propre et autonome. Elle n’intervient donc pas dans les questions relatives à la préparation et à l’emploi des réserves, lesquelles relèvent exclusivement des compétences des différentes chaînes opérationnelles concernées (armées, directions et services, gendarmerie nationale et police nationale)[12].
Secrétaire général de la Garde nationale
Sous l’autorité conjointe du Ministère des Armées et du Ministère de l'Intérieur et des Outre-mer, le secrétaire général de la Garde nationale assure la promotion et le développement de la Garde nationale. Il préside le comité de pilotage (COPIL) chargé de préparer et de suivre les décisions du comité directeur (CODIR), ainsi que le comité consultatif de la Garde nationale, chargé d’émettre des avis sur les politiques conduites au titre de la Garde nationale, à l’exclusion des questions d’emploi et de préparation opérationnelle des réservistes. Le secrétaire général décline également sur les territoires les orientations stratégiques validées en CODIR, tant en matière de partenariats civils que de développement des réserves opérationnelles[16].
Références
- ↑ « Présentation de la Garde Nationale », sur defense.gouv.fr (consulté le ).
- ↑ « La garde nationale : une milice de citoyens armés », sur www.lhistoire.fr (consulté le )
- ↑ « Le coq », sur elysee.fr, (consulté le )
- ↑ Projet de décret sur l'Organisation de la garde nationale.
- ↑ Sénatus Consulte concernant la division de la Garde nationale et l'appel de cent cohortes sur le 1er ban et autres pages 100 à 114
- ↑ Au crépuscule De l’Empire ; l’exemple du 151e régiment d’infanterie de ligne
- ↑ Lieutenant-colonel Ebel, « La Gendarmerie de la Restauration au Seconde empire », sur force-publique.net
- ↑ Samuel Hayat, Quand la République était révolutionnaire : Citoyenneté et représentation en 1848, Paris, Seuil, , 405 p. (ISBN 978-2-02-113639-5, lire en ligne), p. 232
- ↑ « État nominatif des gardes nationaux des départements qui ont mérité une mention honorable pour le courage et le dévouement dont ils ont donné des preuves pendant les journées de juin 1848 », Gazette des Tribunaux, , p. 1175 (lire en ligne [PDF])
- ↑ Les villes d'Amiens et de Rouen ont décerné une médaille spécifique et nominative à chacun de leurs gardes nationaux respectifs.
- ↑ « Anciens sénateurs - Second Empire - La Woestine, Anatole-Charles-Alexis Becelair, marquis de », sur senat.fr
- « Présentation de la Garde nationale | Ministère des Armées et des Anciens combattants », sur www.defense.gouv.fr, (consulté le )
- ↑ « François Hollande annonce la création d’une Garde nationale », sur Acteurs Publics, (consulté le )
- ↑ « Rapport d'information déposé en application de l'article 145-7 alinéa 1 du règlement, par la commission de la défense nationale et des forces armées en conclusion des travaux d’une mission d’information flash sur l’application de la loi n° 2023-703 du 1er août 2023 relative à la programmation militaire pour les années 2024 à 2030 et portant diverses dispositions intéressant la défense (M. Yannick Chenevard et M. Sébastien Saint-Pasteur), n° 1890 », sur www.assemblee-nationale.fr (consulté le )
- ↑ « Décret n° 2016-1364 du 13 octobre 2016 relatif à la garde nationale - Légifrance » [archive du ], sur www.legifrance.gouv.fr (consulté le )
- ↑ Ministère des Armées – Secrétaire général de la Garde nationale
Voir aussi
Bibliographie
- Madeleine Bessot, L’ancrage de la Garde nationale sur le territoire : quel bilan ? Briefings de l'Ifri, [1]
- Serge Bianchi et Roger Dupuy (dir.), La Garde nationale entre nation et peuple en armes. Mythes et réalités. 1789-1871, Presses Universitaires de Rennes, 2006
- Georges Carrot, La Garde nationale (1789-1871) : Une force publique ambiguë, Paris/Montréal (Québec)/Budapest etc., Éditions de l'Harmattan, coll. « Sécurité et société », , 364 p. (ISBN 2-7475-0127-2, lire en ligne).
- Roger Dupuy, La Garde nationale, 1789-1872, Gallimard, 2010 (ISBN 978-2-07-034716-2)
- Louis Girard, La Garde nationale, 1789-1871, Paris, Plon ,1964, 380 pages.
- Nouveau Manuel de la Garde Nationale Sédentaire (les lois du 10/08/70, 15/03,20/05 et 12/06/1851 chez BARBOU Frères, Imprimeurs-libraires à Limoges
- Jean-Pierre Mir, Les gardes nationaux 1813-1814, Paris, Archives & Culture, 360 p.
- Charles Poisson, L'Armée et la Garde nationale. IV Tomes, Paris, 1858-1862.
- Auguste Roussel : Le 18e bataillon de la garde nationale aux tranchées : souvenirs du siège de Paris 1870-1871
Infographie
- La garde nationale monte en puissance (12/10/2018) Le Figaro, consulté le .
Articles connexes
- Garde nationale mobile
- Guides du gouverneur de Strasbourg
- Garde nationale (monarchie de Juillet)
- Milice bourgeoise (France)
- Garde bourgeoise
- Garde civique (Belgique)
Liens externes
- Ressource relative aux beaux-arts :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- Plaquette de présentation de l'organisation de la Garde nationale
- Le licenciement de la Garde nationale en 1827
- Le Souvenir français: La Garde nationale, 1/2 : des origines à 1848. - 2/2 : 1871
- Archives départementales de la Creuse: Garde nationale et autres corps spéciaux an XI-1873
- Université Paris X: Histoire de l'administration publique (maîtrise, 1er semestre de l'année 2000-2001), 3e partie, titre III, chapitre 3: Les forces de répression
- [depuis 1789]
- [1789-1827]
- [1831-1871]
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