Gare de Montoire

Montoire
Image illustrative de l’article Gare de Montoire
Gare de Montoire en 2008.
Localisation
Pays France
Commune Montoire-sur-le-Loir
Adresse Avenue de la République
41800 Montoire-sur-le-Loir
Coordonnées géographiques 47° 45′ 29″ nord, 0° 52′ 09″ est
Gestion et exploitation
Propriétaire mairie de Montoire
Exploitant Musée - gare historique
Code UIC 87574764
Caractéristiques
Ligne(s) Pont-de-Braye à Blois
Historique
Mise en service 1881
Fermeture oui
Géolocalisation sur la carte : Loir-et-Cher
(Voir situation sur carte : Loir-et-Cher)
Montoire
Géolocalisation sur la carte : Centre-Val de Loire
(Voir situation sur carte : Centre-Val de Loire)
Montoire
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Montoire

La gare de Montoire[a] est une ancienne gare de la SNCF située à Montoire-sur-le-Loir, dans le département du Loir-et-Cher, sur la ligne à voie unique de Pont-de-Braye à Blois.

Montoire est connue pour l'entrevue entre Pétain et Hitler qui s'est déroulée le dans le train spécial de celui-ci qui y était stationné. Le bâtiment de la gare est aujourd'hui un musée consacré à cette période.

Situation ferroviaire

La gare se trouve un peu à l'écart du bourg de Montoire-sur-le-Loir, au nord-est, sur l'ancienne ligne de Pont-de-Braye à Blois à environ 18 km de la gare de Vendôme et 53 km de celle la gare de Blois (à vol d'oiseau, elle se situe à 15 km à l'ouest-sud-ouest de celle de Vendôme et à 39 km au nord-ouest de celle de Blois)[1].

Histoire

La gare

La gare de Montoire au début du XXe siècle.

La gare de Montoire est mise en service à l'ouverture de la ligne de Pont-de-Braye à Blois en 1881 par l'Administration des chemins de fer de l'État. A partir de 1893, c'est à Montoire que la ligne de Sargé-sur-Braye à Vouvray croise la ligne de Pont-de-Braye à Blois. Les deux lignes partagent un tronçon commun sur une longueur d'un peu plus d'un kilomètre, sur lequel se situe la gare de Montoire. Le trafic voyageur cesse en 1937. Il est rouvert brièvement pour quelques mois en 1939 avant de cesser à nouveau en [2].

Entrevues de Montoire

carte du réseau ferré de la région en 1930 (cliquez pour agrandir).

Le , un premier train allemand arrive à 18h34 avec à son bord Joachim von Ribbentrop, ministre des Affaires étrangères du Reich, suivi vingt minutes plus tard par le Führersonderzug, le train spécial transportant Hitler, qui stationne sur la voie 3 (voie aujourd'hui disparue)[3]. Hitler est alors en route pour Hendaye à la frontière franco-espagnole pour y rencontrer Franco. L'arrêt à Montoire est prévu pour qu'Hitler rencontre Pierre Laval, alors vice-président du Conseil[3]. Ce dernier pensait initialement n'y rencontrer que Ribbentrop[4] et n'a été averti de sa rencontre avec le Führer que sur la route. Il est accompagné d'Otto Abetz, ambassadeur d'Allemagne en France. Ils montent dans le train à 19h00[3] et l'entretien se termine à 20h15. Le train repart au milieu de la nuit en direction d'Hendaye[3].

Deux jours plus tard, , sur le chemin du retour, le train s'y arrête de nouveau, cette fois pour une rencontre entre Hitler et Pétain. Cette rencontre, connue sous le nom d'entrevue de Montoire, marque le début de la collaboration de la France avec l'Allemagne.

Les Allemands avaient examiné plusieurs gares possibles proches de la ligne Paris-Bordeaux pour ces entrevues, dont celle de Montrichard[2] au sud-est d'Amboise. C'est finalement celle de Montoire qui est choisie car elle est à l'écart du bourg et à moins de 4 km au sud-ouest du tunnel ferroviaire de Saint-Rimay, un tunnel suffisamment long pour que le train puisse y trouver refuge en cas d'attaque aérienne de la Royal Air Force[2]. À partir de juillet 1942, ce tunnel sera fortifié par l'organisation Todt pour servir d'éventuel Führerhauptquartiere, un quartier général de campagne d'Hitler en prévision d'un débarquement allié en France[2].

Pour préparer le lieu, plusieurs représentants de la SNCF et de la Reichsbahn s'étaient rendus à Montoire le puis le lendemain sont arrivés en camion des officiers et des soldats allemands pour inspecter la gare et ses environs ainsi que le tunnel de Saint-Rimay[5]. Le lendemain , des troupes supplémentaires arrivent à Montoire, fouillant les maisons environnantes dont les habitants ont alors l'obligation de garder les volets clos[5]. Des soldats allemands vont lessiver la gare et ses volets et repeindre les bordures de quai[2]. La gare et le bourg sont sécurisés avec le déploiement d'hommes en arme, l'installation de batteries anti-DCA et le survol par des avions de chasse de la Luftwaffe[2].

Poignée de main entre Pétain et Hitler sur le quai central de la gare.

Le train d'Hitler arrive à Montoire à 15h29[3]. Von Ribbentrop et l'interprète Paul Schmidt atterrissent à l'aérodrome de Parçay-Meslay et rejoignent la gare en voiture[3].

Pétain part le matin même de Vichy en voiture avec Laval et arrive à Montoire à 18h00 après une halte à la préfecture à Tours pour déjeuner. Il est accueilli devant la gare par des officiels allemands, un bataillon de soldats allemands lui rendant les honneurs, puis ils se rendent sur le quai central de la gare où Hitler les attend. Un tapis rouge a été déployé de la gare au quai, tapis pris dans l'église du village et le quai est décoré de plantes tropicales en pot réquisitionnées au jardin botanique de Tours[3].

C'est sur ce quai, sous la marquise (aujourd'hui détruite) qu'est prise la photographie de la poignée de main entre Pétain et Hitler, avant qu'ils ne montent dans la voiture-salon[6].

Après guerre

En 2003, le bâtiment principal de la gare a été transformé en musée, le « Musée - gare historique ». Celui-ci a été réaménagé et a rouvert en 2022[7]. Il présente entre-autres une grande maquette représentant la gare et ses environs au moment de l'entrevue et différents sujets liés à l'Occupation[7].

Aujourd'hui la ligne ne voit passer que des trains de céréales chargés au silo proche, trains qui circulent entre Montoire et Vendôme. La section entre Montoire et Troo sert pour le Train touristique de la vallée du Loir dont l'association gérante entretient la voie ferroviaire[2].

Notes et références

Notes

  1. Le nom semble avoir été gare de Montoire et non gare de Montoire-sur-le-Loir

Références

  1. Calculs des distances sur Google Maps
  2. Séverine Fraisse, Montoire-sur-le Loir, l'ombre d'une poignée de mains, (ISBN 978-2-9578-8980-8);
  3. Lionel Oger, « Il y a 80 ans, la poignée de main de la honte à la gare de Montoire entre Hitler et Pétain », La Nouvelle République,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  4. "24 octobre 1940: Rencontre de Montoire" sur herodote.net.
  5. Jean des Cars et Jean-Paul Caracalla, Les Trains des rois et des présidents, Denoel, , 191 p., p. 118.
  6. « Entrevue historique du Chancelier Hitler avec le Maréchal Pétain » [vidéo], sur ina.fr
  7. « Réouverture du musée de la gare historique », sur https://www.historius-montoire.fr, (consulté le ).

Bibliographie

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Séverine Fraisse, Montoire-sur-le Loir, l'ombre d'une poignée de mains, , 76 p. (ISBN 978-2-9578-8980-8). Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article.

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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