Gemtuzumab ozogamicine

Gemtuzumab ozogamicine
Identification
DCI Gemtuzumab ozogamicin
Nom UICPA 5-chloro-N-(4,5-dihydro-1H-imidazol-2-yl)-2,1,3-benzothiadiazol-4-amine
No CAS 220578-59-6
Code ATC L01XC05
DrugBank DBDB00056
PubChem 46505767
Propriétés chimiques
Masse molaire 151 500 unité de masse atomique unifiée

Unités du SI et CNTP, sauf indication contraire.

Gemtuzumab ozogamicine
Informations générales
Princeps Mylotarg (d)
Administration perfusion intraveineuse
Laboratoire Pfizer
Statut légal
Statut légal precription obligatoire
Remboursement agrément aux collectivités[1]
Identification
No CAS 220578-59-6
Code ATC L01XC05
DrugBank DB00056

Le gemtuzumab ozogamicine est un conjugué anticorps-médicament dirigé contre le CD33 et couplé à l'ozogamicine, une molécule cytotoxique. Ce médicament est utilisé dans le traitement des leucémies aiguës myéloïdes CD33+.

Mécanisme d'action

Le gemtuzumab ozogamicine est un conjugué anticorps-médicament dont l'objectif est d'amener de façon ciblée la substance active auprès des cellules leucémiques.

Le CD 33 est exprimé par les cellules immatures de la lignée myéloïdes et les cellules leucémiques (blastes). L'ozogamicine (N-acétyl-gamma-calichéamicine diméthylhydrazide sous forme active) est une substance cytotoxique capable d'induire des cassures des brins d'ADN et d'ainsi d'entraver le cycle cellulaire et la prolifération des cellules leucémiques[2].

Clinique

Le gemtuzumab ozogamicine est indiqué dans les traitements des LAM en association avec la cytarabine et la daunorubicine (protocole 7+3)[2].

Les données ont montré que le gemtuzumab ozogamicine, lorsqu'il est associé à la chimiothérapie d'induction standard, améliore le pronostic des patients atteints de leucémie aiguë myéloïde de risque cytogénétique intermédiaire nouvellement diagnostiquée[3]. L'utilisation de gemtuzumab ozogamicine en association avec la fludarabine, la cytarabine, le facteur de stimulation des colonies de granulocytes et l'idarubicine a démontré une amélioration de la survie sans événement chez les jeunes patients nouvellement diagnostiqués avec une leucémie aiguë myéloïde, ainsi qu'une amélioration de la survie globale chez les patients porteurs de mutations NPM1 et FLT3[4]. Dans l'ensemble, ces résultats suggèrent que le gemtuzumab ozogamicine, qu'il soit administré en monothérapie ou en association, ralentit la progression de la maladie et est considéré comme sûr, efficace et réalisable chez les patients atteints de leucémie aiguë myéloïde CD33-positive lors de leur diagnostic initial.

Évaluation

En , la Haute autorité de santé évalue le service médical rendu (SMR) par le médicament est important mais qu'il n'apporte aucune amélioration du service médical rendu (ASMR V). Les conclusions sont étayées par l'absence de bénéfice en termes de survie globale pour les patients et par la toxicité du médicament qui est associé un excès d'effets indésirables graves et d'interruption de traitement par rapport au traitement standard[5].

La mise à jour finale d'efficacité et de sécurité de l'essai de phase III ouvert ALFA-0701 a révélé que l'ajout de gemtuzumab ozogamicine à la chimiothérapie standard prolongeait significativement la survie sans événement chez les patients atteints de leucémie aiguë myéloïde de novo nouvellement diagnostiquée[6]. Dans un essai randomisé, ouvert, multicentrique de phase III (AMLSG 09–09), l'investigation principale portait sur l'efficacité de la chimiothérapie intensive avec ou sans gemtuzumab ozogamicine chez les patients atteints de leucémie aiguë myéloïde avec mutation NPM1. Les résultats ont démontré une réduction significative du taux de rechute cumulatif lorsque le gemtuzumab ozogamicine était associé à la chimiothérapie. Les événements indésirables (grade ≥ 3) et leur incidence dans les groupes gemtuzumab ozogamicine associé à la chimiothérapie et chimiothérapie seule comprenaient la neutropénie fébrile (47 % contre 41 %), la thrombocytopénie (90 % contre 90 %), la pneumonie (25 % contre 22 %) et le sepsis (29 % contre 25 %), respectivement[7].

Une analyse rétrospective a recueilli des données sur 35 enfants atteints de leucémie aiguë myéloïde réfractaire ou en rechute traités par gemtuzumab ozogamicine en Pologne de 2008 à 2022. Les résultats ont indiqué que 18 enfants avaient obtenu une réponse complète, 14 n'avaient pas répondu au traitement et 3 avaient progressé. Parmi les 18 enfants en rémission compléte après traitement par gemtuzumab ozogamicine, une greffe allogénique de cellules souches hématopoïétiques a été réalisée. La survie globale à 5 ans pour l'ensemble de la cohorte après traitement par gemtuzumab ozogamicine était de 37,1 % ± 8,7 %. Les patients présentant une forte expression du CD33 (plus de 50 % de cellules positives) montraient une tendance vers de meilleurs résultats par rapport à ceux ayant une faible expression du CD33. Les événements indésirables fréquents comprenaient l'aplasie médullaire, la fièvre inexpliquée, les infections et l'élévation des enzymes hépatiques[8].

Notes et références

  1. ANSM, CNAM, HAS, « Fiche info - MYLOTARG 5 mg, poudre pour solution à diluer pour perfusion », sur Base de données publique des médicaments, (consulté le )
  2. (en) European Medicines Agency, « Mylotarg », (consulté le )
  3. (en) Hassan Awada, Mina Abdelmalek, Tara Cronin et Jeffrey Baron, « Gemtuzumab ozogamicin plus standard induction chemotherapy improves outcomes of newly diagnosed intermediate cytogenetic risk acute myeloid leukemia », Blood Cancer Journal, vol. 13, no 1,‎ , p. 131 (ISSN 2044-5385, PMID 37666807, PMCID 10477319, DOI 10.1038/s41408-023-00910-x, lire en ligne, consulté le )
  4. (en) Nigel H. Russell, Charlotte Wilhelm-Benartzi, Jad Othman et Richard Dillon, « Fludarabine, Cytarabine, Granulocyte Colony-Stimulating Factor, and Idarubicin With Gemtuzumab Ozogamicin Improves Event-Free Survival in Younger Patients With Newly Diagnosed AML and Overall Survival in Patients With NPM1 and FLT3 Mutations », Journal of Clinical Oncology, vol. 42, no 10,‎ , p. 1158–1168 (ISSN 0732-183X et 1527-7755, PMID 38215358, PMCID 11003505, DOI 10.1200/JCO.23.00943, lire en ligne, consulté le )
  5. HAS, cmossion de transparence, « Haute Autorité de Santé - MYLOTARG », sur www.has-sante.fr, (consulté le )
  6. (en) Juliette Lambert, Cécile Pautas, Christine Terré et Emmanuel Raffoux, « Gemtuzumab ozogamicin for de novo acute myeloid leukemia: final efficacy and safety updates from the open-label, phase III ALFA-0701 trial », Haematologica, vol. 104, no 1,‎ , p. 113–119 (ISSN 1592-8721, PMID 30076173, PMCID 6312010, DOI 10.3324/haematol.2018.188888, lire en ligne, consulté le )
  7. (en) Hartmut Döhner, Daniela Weber, Julia Krzykalla et Walter Fiedler, « Intensive chemotherapy with or without gemtuzumab ozogamicin in patients with NPM1-mutated acute myeloid leukaemia (AMLSG 09–09): a randomised, open-label, multicentre, phase 3 trial », The Lancet Haematology, vol. 10, no 7,‎ , e495–e509 (DOI 10.1016/S2352-3026(23)00089-3, lire en ligne, consulté le )
  8. (en) Katarzyna Pawinska-Wasikowska, Malgorzata Czogala, Szymon Skoczen et Marta Surman, « Gemtuzumab ozogamicin for relapsed or primary refractory acute myeloid leukemia in children—the Polish Pediatric Leukemia and Lymphoma Study Group experience », Frontiers in Immunology, vol. 14,‎ (ISSN 1664-3224, PMID 38187390, PMCID 10766767, DOI 10.3389/fimmu.2023.1268993, lire en ligne, consulté le )

Bibliographie

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Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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