Geneviève Janssen-Pevtschin

Geneviève Janssen-Pevtschin
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Biographie
Naissance
Décès
(à 86 ans)
Nationalité
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Université libre de Bruxelles (en)
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Geneviève Janssen-Pevtschin, née le à Bruxelles et morte le , aussi connue sous le nom de Ginette Pevtschin, est une avocate belge et la première femme magistrate de Belgique. Elle est également une membre active de la résistance belge pendant la Seconde Guerre mondiale.

Biographie

Famille

Geneviève Janssen-Pevtschin est née à Bruxelles, le . Son grand-père paternel a fui les pogroms russes en 1890 pour la Belgique, tandis que le reste de la famille partit aux États-Unis[1],[2]. Ses grands-parents maternels sont Français depuis 1791 et viennent de Lorraine et d'Alsace[1].

Ses parents sont juifs et pratiquent de façon libérale[2]. Geneviève Pevtschin reçoit son éducation religieuse au consistoire central israélite de Belgique[2] puis son initiation à la synagogue de Bruxelles bien qu'elle se décrive elle-même comme athéiste[1].

Formation

Geneviève Pevtschin étudie au lycée de Saint-Gilles de Bruxelles[1],[2],[3]. Elle rentre en 1932 à l'Université libre de Bruxelles[3] et sort diplômée en droit en 1937[2]. Elle a aussi un diplôme d'art et archéologie[1],[2].

Début de carrière juridique et résistance

À partir de 1937, Geneviève Pevtschin est avocate à la cour d'appel de Bruxelles[4], dont elle fait partie du barreau[1]. Mais au début de la Seconde Guerre mondiale, il lui est interdit de pratiquer le droit. En effet, le , l'administration militaire allemande adopte un décret interdisant aux Juifs d'occuper des postes dans la fonction publique et juridique[5]. Elle doit faire face à l’antisémitisme de certains de ses confrères tout en ignorant que son bâtonnier, Louis Braffort, s'oppose aux ordonnances allemandes[1],[2]. Elle décide alors de rejoindre le groupe de résistance belge « Zéro »[6].

Au sein de ce groupe, Geneviève Pevtschin aide à transmettre des messages à Londres, à fournir de fausses pièces d'identité et à établir des contacts avec d'autres réseaux de la résistance[7]. Geneviève Pevtchin joue également un rôle déterminant dans la publication de La Libre Belgique clandestine, l'un des journaux clandestins les plus importants publiés sous l'Occupation[8] et y côtoie l'avocat Mathieu De Jonge[2].

Après l'assassinat du collaborateur Paul Colin, Geneviève Pevtschin est arrêtée chez ses parents par la Gestapo le après avoir été dénoncée[2]. Elle est enfermée et torturée à la prison de Saint-Gilles[2]. Le , elle est condamnée à six années de travaux forcés pour ses activités à La Libre Belgique et pour son rôle dans l'assassinat de Collin[2],[7]. Elle transite par Aix-la-Chapelle puis par la prison d’Anrath[2]. Devant l’arrivée de l’Armée Rouge à proximité de la forteresse de Hauersau, elle est évacuée dans une marche de la mort le et arrive en Saxe le [2]. Elle est libérée le [2]. À son retour, elle se voit initialement refuser l'entrée en Belgique pour des raisons sanitaires mais finit par arriver à Bruxelles le [2].

Carrière juridique

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, Geneviève Pevtschin reprend son métier d'avocate[2]. Elle devient la première femme magistrate belge lorsqu'elle est nommée juge au tribunal de première instance de Bruxelles en [9],[10]. Les organisations féministes la soutiennent, bien qu'elle-même ne soit pas engagée dans leur cause[10].

Le , elle devient conseillère à la cour d'appel de Bruxelles en chambre des droits intellectuels[2],[10]. Elle refuse de devenir juge d'instruction pour des raisons de santé[2]. De 1981 à 1985, elle est la présidente de cette cour d'appel[11] et devient présidente émérite en 1985[10], année où elle prend sa retraite[2].

En 1954, elle devient la première membre belge de la Commission européenne des droits de l'homme, où elle exerce ses fonctions jusqu'en 1966[10],[12]. Elle intervient sur divers dossiers dont les conflits linguistiques des Fourons, la partition de Chypre[2].

En 1972, elle est experte du gouvernement belge auprès du Conseil de l'Europe[2] et joue un rôle majeur dans la création d'une Cour européenne des droits de l'homme permanente en 1998[7],[10].

Vie privée

Geneviève Pevtschin épouse l'avocat Marcel Janssen en 1949 et leur fille Anne naît en 1950[1].

Hommages

Pour son service pendant la guerre, Geneviève Pevtschin est nommée officier de l'ordre de la Couronne, la croix de guerre avec palmes et est promue au grade de capitaine ARA (agent de renseignement et d'action)[2],[13],[9].

Sources et références

  1. (en) Jacqueline Wiener-Henrion, « Geneviève Janssen-Pevtschin » Accès libre, sur Jewish Women's Archive (consulté le )
  2. Jacqueline Wiener-Henrion, « Geneviève Janssen-Pevtschin », Les Cahiers de la Mémoire Contemporaine, no 4,‎ , p. 147–161 (ISSN 1377-1256, DOI 10.4000/14dtx, lire en ligne Accès libre, consulté le )
  3. Gubin, Eliane., Dictionnaire des femmes belges : XIXe et XXe siècles, Bruxelles, Racine, , 637 p. (ISBN 2-87386-434-6 et 9782873864347, OCLC 71362867, lire en ligne), p. 447.
  4. ↑ Yearbook of the European Convention on Human Rights : Annuaire de la Convention Europeenne des Droits de L’Homme, (DOI 10.1007/978-94-015-2717-0, lire en ligne).
  5. ↑ David Fraser, « The Fragility of Law: Anti-Jewish Decrees, Constitutional Patriotism, and Collaboration Belgium 1940–1944 », Law and Critique, vol. 14, no 3,‎ , p. 253–275 (ISSN 0957-8536, DOI 10.1023/b:lacq.0000005214.22656.28, lire en ligne, consulté le ).
  6. ↑ Van Crombrugge, Yaëlle., Les espions Zéro dans l'ombre du pouvoir, 1940-1944, , 255 p. (ISBN 978-2-87386-839-0 et 2873868392, OCLC 833340484, lire en ligne).
  7. James Jordan, Jewish Migration and the Archive, Routledge, (DOI 10.4324/9781315676395, lire en ligne).
  8. ↑ Roberta Gold, « “Territorio Libre” », University of Illinois Press,‎ (DOI 10.5406/illinois/9780252038181.003.0007, lire en ligne, consulté le ).
  9. Coekelbergs, R., Gedenkboek inlichtings- en actie agenten., Maklu, , 862 p. (ISBN 978-90-466-0786-2 et 9046607860, OCLC 965471144, lire en ligne).
  10. Romane Carmon, « Ces Belges à (re) découvrir : Geneviève Pevtschin - RTBF Actus » Accès libre, sur RTBF, (consulté le )
  11. ↑ Jean-Pierre Nandrin, Hommes et normes: Enjeux et débats du métier d'un historien, , p. 516.
  12. ↑ Kimble, Sara L., New Perspectives on European Women's Legal History., , 452 p. (ISBN 978-1-317-57716-4 et 1317577167, OCLC 953030219, lire en ligne).
  13. ↑ Malika Dorbani-Bouabdellah, « Les prémices de la peinture de la modernité et contemporaine en Algérie », Horizons Maghrébins - Le droit à la mémoire, vol. 47, no 1,‎ , p. 161–168 (ISSN 0984-2616, DOI 10.3406/horma.2002.2075, lire en ligne, consulté le ).

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