Geoffroy Ier de Rancon
| Gouverneur d'Aquitaine |
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| Seigneur de Vouvant, Benet, Civray, Marcillac et Taillebourg |
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| Décès | |
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| Époque | |
| Période d'activité |
- |
| Famille |
Maison de Rancon |
| Père |
Geoffroy II de Rancon |
| Mère |
Inconnue |
| Conjoint |
Inconnue |
| Enfants |
Bourgogne de Rancon Geoffroy IV de Rancon Berthe de Rancon |
| Conflit | |
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| Faits d'armes | |
| Héritier |
Aimery de Rancon |
Geoffroy III de Rancon (♰ 1153) est un noble saintongeais, seigneur de Vouvant, Benet, Civray, Marcillac et Taillebourg (1137-1153). Il est un commandant de l'armée française du XIIe siècle et sert dans l'armée d'Aliénor d'Aquitaine pendant la deuxième croisade.
Biographie
Famille
Geoffroy III est le fils de Geoffroy II de Rancon (♰ 1137), seigneur de Taillebourg et de Marcillac (1122-1137)[1],[2].
Alliance avec la famille de Lusignan
Au début des années 1120, une alliance politique se forme entre la maison de Lusignan et celle de Rancon. Une union matrimoniale s’opère entre Bourgogne, fille aînée de Geoffroy, et Hugues VIII, héritier du seigneur de Lusignan. Cette alliance se consolide par le mariage de Berthe, seconde fille de Geoffroy, et Guillaume III Maingot seigneur de Surgères[3],[4].
Cette coalition s'organise afin de déstabiliser le pouvoir du comte d’Angoulême[5]. L'hostilité se matérialise en 1127 quand les seigneurs de Lusignan et de Taillebourg, soutenus par Bardon de Cognac et Itier II de Villebois, s'emparent et mettent en défense le château de Montignac, sur la Charente, situé au nord d'Angoulême[6]. En réaction, l'autorité comtale d'Angoulême et le pouvoir ducal aquitain font front commun pour reprendre la place forte[7]. Après un long siège, couteux en vies, les coalisés abandonnent de nuit Montignac[8],[9].
Croisade
Le , Geoffroy est présent à l'assemblée convoquée par le roi à Vézelay. En compagnie de son allié Hugues VII de Lusignan, il prend la croix à la suite de la prédication de Bernard de Clairvaux[10], entraine une grande partie de la noblesse saintongeaise et accompagne Louis VII de France et son épouse, en tant que vassal aquitain d'Aliénor d'Aquitaine, à la deuxième croisade en 1147[11],[12].
En , le jour où les croisés doivent traverser le mont Cadmos, le roi de France Louis VII choisit de prendre en charge, avec son escorte, l'arrière de la colonne, où marchent les pèlerins non armés et les trains de bagages. Ni Eudes de Deuil, témoin direct de l'évènement, ni Guillaume de Tyr ne mentionnent la reine, mais rien ne permet d'affirmer qu'elle ne se trouve pas au milieu de la troupe, comme à l'accoutumée. L'avant-garde, est commandée par Geoffroy de Rancon et par l'oncle du roi, Amédée III de Savoie, comte de Maurienne. Sans contrainte de bagages, ils atteignent le sommet du col du mont Cadmos, où ils ont reçu l'ordre de camper pour la nuit. Cependant Geoffroy choisit de continuer, décidant de concert avec le comte de Maurienne, qu'une vallée voisine, sur l'autre versant, ferait un meilleur site pour établir le campement. Une telle désobéissance aurait été courante[13],[14],[15].
En conséquence, le , au milieu de l'après-midi, l'arrière de la colonne croyant que la marche du jour est presque terminée traîne. L'armée s'est donc séparée, certains ayant déjà franchi le sommet et d'autres s'en approchant encore. À ce moment, les Turcs du sultan de Rûm, Mas`ûd Ier, qui suivent et feintent d'attaquer depuis plusieurs jours, saisissent leur chance et attaquent ceux qui n'ont pas encore franchi le sommet. Les Francs, soldats et pèlerins, surpris, sont pris au piège. Ceux qui tentent de s'échapper sont tués. Beaucoup d'hommes, de chevaux et une grande partie des bagages sont jetés dans le canyon en contrebas. Les pertes sont lourdes et le roi se retrouve même isolé. Aujourd'hui cet évènement est connu sous le nom de la bataille du mont Cadmos[16].
La responsabilité officielle du désastre est attribuée à Geoffroy de Rancon et au comte de Maurienne qui ont pris la décision de continuer. Les survivants suggèrent de pendre les fautifs[17]. Grâce au rang de l'oncle du roi les coupables sont épargnés[18],[19], mais Geoffroy est relevé de son commandement[13],[20],[21]. Il est remplacé par Évrard des Barres, maître de l'Ordre du Temple. Louis VII renvoie Geoffroy en Aquitaine, avant la fin de la croisade, pour administrer le duché[22],[23].
Décès
Geoffroy III de Rancon disparaît de la documentation après 1153.
Union et descendance
D’une union, restée inconnue, Geoffroy III de Rancon a quatre enfants[24] :
- Bourgogne de Rancon (av. 1112-ap. 1169) qui épouse, av. 1140, Hugues VIII (1097-1171), seigneur de Lusignan et lui apporte en dot les châteaux de Vouvant[25] et de Civray[26].
- Aimery de Rancon (♰ 1171), seigneur de Taillebourg ; sans union ni postérité connues.
- Berthe de Rancon (♰ av. 1174) qui épouse Guillaume III Maingot (♰ ap. 1174), seigneur de Surgères[27],[3].
- Geoffroy IV de Rancon (♰ 1194), seigneur de Marcillac[28] et de Taillebourg[29] ; il a pour fils :
- Geoffroy V de Rancon (♰ v. 1209), seigneur de Taillebourg et de Marcillac. Il épouse Létice de Rancon (♰ v. 1220), dame d'Esnandes.
- Robert de Rancon (♰ av. 1227).
Notes et références
- ↑ Edmond Sénemaud, « Documents inédits sur l'histoire de l'Angoumois (principauté de Marcillac) », Bulletin de la Société archéologique et historique de la Charente, Angoulême, 3e série, vol. II, , p. 267-271. (lire en ligne).
- ↑ Camille Fouché, Taillebourg et ses seigneurs, Chef-Boutonne, (lire en ligne), chap. IX (« Geoffroy II 1122-1137 »), p. 64-67.
- Jacques Duguet, « Notes sur quelques vicomtes de Châtellerault », Bulletin de la Société des Antiquaires de l'ouest, 4e série, vol. XVI, , p. 268 (lire en ligne).
- ↑ Clément de Vasselot de Régné, Le "Parentat" Lusignan (Xe – XIVe siècles) : structures, parenté vécue, solidarités et pouvoir d’un lignage arborescent, vol. 4 : Annexes 7 à 10 - Bibliographie (Thèse de doctorat en histoire médiévale, sous la direction de John Tolan et de Martin Aurell), Université de Nantes, (lire en ligne), Annexe 10 : Tableaux de filiation et schémas, chap. 6 (« La coalition châtelaine des années 1120 »), p. 165.
- ↑ Sophie Bressan-Verdier, Une Famille, les Taillefer, comtes d’Angoulême, au Moyen Age (Mémoire de DEA sous la direction de Martin Aurell), Université de Poitiers, , p. 61.
- ↑ « Ex Historia Pontificum et Comitum Engolismensis », dans Recueil des historiens des Gaules et de la France (éd. Léopold Delisle), t. XII, Paris, Victor Palmé, (lire en ligne), p. 396, § A.
« adversantibus Iterio de Villaboe, Bardone de Coniaco, Gaufredo de Rancone, Hugone Bruno de Leziniaco et multis aliis baronibus, tam de Pictaviensi quam de Xantonensi pago, qui contra eum castrum illud munierant »
- ↑ « Ex Historia Pontificum et Comitum Engolismensis », dans Recueil des historiens des Gaules et de la France (éd. Léopold Delisle), t. XII, Paris, Victor Palmé, (lire en ligne), p. 396, § A.
« Wulgrinus ipse in præsentia Guillermi minoris Ducis Aquitaniæ, et ejus auxiliis fultus, ipsum castellum obsedit »
- ↑ « Ex Historia Pontificum et Comitum Engolismensis », dans Recueil des historiens des Gaules et de la France (éd. Léopold Delisle), t. XII, Paris, Victor Palmé, (lire en ligne), p. 396, § A-B.
« Sed tamen innumeris mortibus et longa obsidione et multis assultibus compulsi, quadam nocte furtim castrum dimiserunt et aufugerunt »
- ↑ Clément de Vasselot de Régné, Le "Parentat" Lusignan (Xe – XIVe siècles) : structures, parenté vécue, solidarités et pouvoir d’un lignage arborescent, vol. 1 : Texte (Thèse de doctorat en histoire médiévale, sous la direction de John Tolan et de Martin Aurell), Université de Nantes, (lire en ligne [PDF]), p. 71.
- ↑ Suger (éd. et publ. Auguste Molinier), Vie de Louis le Gros suivie de l'Histoire du roi Louis VII, Paris, Éditions Picard, (lire en ligne), X : Unde rex et alii principes cruces sumpserunt, p. 157-160 :
« Qua de causa in paschali sollempnitate ejusdem anni apud Vizeliacum magnum colloquium tenuit, ubi archiepiscopos et episcopos, abbates quoque, plures etiam optimates et barones sui regni congregari fecit, inter quos fuit Bernardus, abbas Clarevallensis. Itaque ipse et pontifices ibidem in consistorio assistentes, predicaverunt de terra in qua Dominus noster Jesus Christus corporaliter conversatus pro redemptione generis humani passionem crucis sustinuit. Quorum predicationibuset ammonitionibus rex Ludovicus, divina inspirante gratia, inflammatus crucem accepit, et post eum Aleenor uxor sua. Quod videntes optimates ibidem adstantes postea crucem acceperunt Symon, Noviomensis episeopus, Godefridus, Linguonensis episcopus, Arnulfus, Lexoviensis episcopus, Herbertus, abbas Sancti Petri Vivi Senonensis, Theobaldus, abbas Sancte Columbe, Anfulsus comes Sancti Egidii, Terricus, cornes Flandrensis, Henricus, filius comitis Blesensis palatini Theobaldi, qui tune temporis vivebat, Guillelmus, comes Nivernensis, Reinaldus, frater ejus, comes Tornodorensis, Robertus comes, frater regis, Ivo, comes Suessionensis, Guido, comes de Pontivo, Willermus, comes de Garenna, Erchembaudus de Borbono, Ingerrannus de Coceio, Gaufridus de Rancono, Hugo de Lizeniaco... »
.
- ↑ Camille Fouché, Taillebourg et ses seigneurs, Chef-Boutonne, (lire en ligne), chap. X (« Geoffroy III 1137-1153 »), p. 77.
- ↑ Flori 2004, p. 75.
- Alfred Richard, Histoire des comtes de Poitou : 778-1204, t. II : 1126-1204, Paris, Alphonse Picard et fils, (lire en ligne), p. 92.
- ↑ Jean Flori, Aliénor d'Aquitaine, La reine insoumise, Paris, Biographie Payot, , 545 p. (ISBN 2-228-89829-5), p. 75-77
- ↑ Martin Aurell, Aliénor d'Aquitaine, Souveraine femme, Paris, Flammarion, Grandes Biographies, , 503 p. (ISBN 978-2-0804--6324-1), p. 35 et 319
- ↑ Camille Fouché, Taillebourg et ses seigneurs, Chef-Boutonne, (lire en ligne), chap. X (« Geoffroy III 1137-1153 »), p. 68-83.
- ↑ Eudes de Deuil (éd. Henri Waquet), La croisade de Louis VII, roi de France, Paris, Geuthner, , p. 71 :
« Inter hec populus omnis Gaufredum judicabat dignum suspendio, qui de dieta non obedierat precepto regio, et forsitan ejus avunculum quem habebat in culpa socium habuit etiam de vindicta patronum »
- ↑ Flori 2004, p. 76.
- ↑ Aurell 2024, p. 35 et 319.
- ↑ Michel Dillange, Les Comtes de Poitou, Ducs d'Aquitaine (778-1204), Mougon, La Geste éditions, , p. 220.
- ↑ Laurent Vissière, « La deuxième croisade : ambitions divergentes, combats tragiques et disputes royales dans l'Orient du XIIe siècle », sur historia.fr, , § Le désastre du mont Cadmos.
- ↑ Edmond Sénemaud, « Documents inédits sur l'histoire de l'Angoumois (principauté de Marcillac) », dans Bulletin de la Société archéologique et historique de la Charente, t. II, Angoulême, Nadaud, (lire en ligne), p. 269-271.
- ↑ Camille Fouché, Taillebourg et ses seigneurs, Chef-Boutonne, (lire en ligne), chap. X (« Geoffroy III 1137-1153 »), p. 78-79.
- ↑ Bertrand Beauvoit, « La famille de Rancon et les seigneurs de Taillebourg pendant les conflits franco-anglais du XIIIe siècle », Roccafortis, no 57, , p. 39, fig. La famille de Rancon au XIIIe siècle (lire en ligne [PDF]).
- ↑ Clément de Vasselot de Régné, Le "Parentat" Lusignan (Xe – XIVe siècles) : structures, parenté vécue, solidarités et pouvoir d’un lignage arborescent, vol. 1 : Texte (Thèse de doctorat en histoire médiévale, sous la direction de John Tolan et de Martin Aurell), Université de Nantes, (lire en ligne), p. 642 :
« Elle [Bourgogne de Rancon] est la fille de Geoffroy de Rancon, seigneur de Vouvant, qui lui remet ce château en dot. »
- ↑ Manuscrits de Dom Fonteneau : Cartulaire de Montazay, vers 1120-1295, t. XVIII (manuscrit latin, français, copie du XVIIIe siècle d'après le cartulaire de Montazay, d'après original perdu), Poitiers, Médiathèque François Mitterrand, coll. « Dom Fonteneau / Ire série / Ms 472 », xviiie siècle (lire en ligne), fo 297. :
« Agnoscant presentes et futuri quod Ugo de Leziniaco et uxor sua Burgundia dederunt Deo et beate Marie et sancti monialibus Montis azesii pro salute animarum suorum parentumque suorum in manu Petri Ademari prioris et Amelie priorisse supradicti loci omnes consuetudines tocius terre sue scilicet venditiones et pedagium ut habeant libertatem rerum suarum vendendi et emendi, ducendi et reducendi per omnem terram eorum in perpetuum, audientibus et videntibus Gaufrido de Ranconio in cujus manu hoc donum fuit factum, et Johanne Audoini et Butenbau et Arnaudo Maumarchet. »
1160 : Hugues [VIII] de Lusignan et son épouse, Bourgogne [de Rancon], exemptent le prieuré de Montazay de tous les droits sur les ventes et les péages qui pouvaient leur revenir dans toute leur terre de Civray. - ↑ Cartulaire et chartes de l'abbaye de l'Absie (éd. Bélisaire Ledain), t. XXV : Archives historiques du Poitou, Poitiers, Oudin, (lire en ligne), p. 102.Guillaume Maingot fait une donation à l'Absie pour l'âme de sa femme Berthe récemment défunte, en présence de Geraud, abbé de Fontdouce. En 1174 Geraud est remplacé par Arnaud.
- ↑ Edmond Sénemaud, « Documents inédits sur l'histoire de l'Angoumois (principauté de Marcillac) », dans Bulletin de la Société archéologique et historique de la Charente, t. II, Angoulême, Nadaud, (lire en ligne), p. 272-276.
- ↑ Camille Fouché, Taillebourg et ses seigneurs, Chef-Boutonne, (lire en ligne), chap. XI (« Geoffroy IV 1153-1194 »), p. 84-97.
Sources et bibliographie
Sources narratives
- « Ex Historia Pontificum et Comitum Engolismensis », Recueil des historiens des Gaules et de la France, éd. Léopold Delisle, t. XII, Paris, Victor Palmé, 1877, p. 393-400. [lire en ligne]
Bibliographie
- Bertrand Beauvoit, « La famille de Rancon et les seigneurs de Taillebourg pendant les conflits franco-anglais du XIIIe siècle », Roccafortis, no 57, , p. 32-41. [lire en ligne]
- Paul Billy, Histoire de Taillebourg, Saint-Maixent-l'École, Payet, 1939. [lire en ligne]
- Jacques Duguet, « La famille de Rancon dans le diocèse de Saintes des origines aux environs de 1150 », Roccafortis, 3e série, t. 1, no 6, , p. 206-216. [lire en ligne]
- Camille Fouché, Taillebourg et ses seigneurs, Chef-Boutonne, 1911. [lire en ligne]
- Marcel Fouché, « Des descendants, dans le Civraisien des sires de Rancon : seigneurs de Taillebourg, Gençay et autres lieux », Bulletin de la Société des antiquaires de l'Ouest et des musées de Poitiers, 4e série, t. IX, 1er trim. 1968, p. 385-398. [lire en ligne]
- « Frise chronologique sur le château et les seigneurs de Taillebourg », sur taillebourg17.fr. [lire en ligne]
- Edmond Sénemaud, « Documents inédits sur l'histoire de l'Angoumois (principauté de Marcillac) » Bulletin de la Société archéologique et historique de la Charente, 3e série, t. II, Angoulême, Nadaud, 1862, p. 248-333. [lire en ligne]
- Clément de Vasselot de Régné, Le "Parentat" Lusignan (Xe – XIVe siècles) : structures, parenté vécue, solidarités et pouvoir d’un lignage arborescent, Thèse de doctorat en histoire médiévale, sous la direction de John Tolan et de Martin Aurell, Université de Nantes, 4 vol., 2 797 p., . [lire en ligne]
Articles connexes
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