Georg Spiegelberg

| Naissance | Lauenstein (en) |
|---|---|
| Décès |
(à 64 ans) Cologne |
| Activité | |
| Père |
Alexander Spiegelberg (d) |
| Fratrie |
Hermann Spiegelberg (d) |
| Propriétaire de |
A. Spiegelberg (d) |
|---|
Georg Spiegelberg, né le à Lauenstein actuellement quartier de Salzhemmendorf et décédé le à Cologne, est un banquier et collectionneur d'art allemand issu d'une famille juive. Il donne son nom à la « Fondation Kommerzienrat Georg Spiegelberg»[1] ».
Biographie

vers 1860, probablement reproduction d'un daguerréotype
Georg Spiegelberg nait dans le petit village de Lauenstein en Basse-Saxe[1]. Il est le fils d'Alexander Spiegelberg (décédé en 1878)[2]. La famille y tient depuis des décennies un commerce important pour la localité, à l'adresse (actuelle) du 53 rue Im Flecken, avant qu'Alexander Spiegelberg ne fonde en 1854 à Hanovre la banque A. Spiegelberg[3],[2].
Adolescent, Georg Spiegelberg entre en 1866 comme associé dans la banque paternelle à Hanovre. À la mort du fondateur de l'entreprise en 1878, Georg Spiegelberg reprend la direction de la banque avec son frère cadet Hermann. Pendant l'essor économique général de la Gründerzeit qui s'étend des années 1850 au années 1870, les Spiegelberg soutiennent notamment la vie économique de Hanovre avec leur banque et participent à plusieurs reprises à la création et à la gestion de nouvelles sociétés anonymes[2].

Photo retouchée par Ewald Steinmetz
Peu avant le tournant du XXe siècle, Spiegelberg acquiert en 1895 un immeuble d'angle situé dans la Landschaftstraße et le fait transformer en un bâtiment commercial représentatif pour la banque. Cet immeuble marque ainsi le début du développement de l'actuel quartier des banques à Hanovre[2],[4].
En 1903, Spiegelberg, qui s'intéresse depuis sa jeunesse à l'art et aux arts décoratifs, se fait représenter avec son épouse dans un grand double portrait réalisé par le peintre Ernst Oppler. Ce tableau sera ensuite intégré à la collection de la Landesgalerie (galerie régionale) du Musée de Basse-Saxe à Hanovre[1]
Georg Spiegelberg, nommé conseiller commercial en 1906[2], a « [...] réuni avec un goût subtil une remarquable une collection d'art », dont un catalogue daté de 1910 détaille plus de 650 pièces, principalement des meubles, des objets d'art décoratif, des peintures, des gravures et des dessins, des miniatures, des bijoux et des objets d'Asie orientale, notamment des miniatures de portraits et des porcelaines[5].

L'année du décès de Georg Spiegelberg en 1913[1], son frère cadet Hermann, qui dirige la banque de Hanovre, est également honoré du titre de conseiller commercial[2].
Georg Spiegelberg est inhumé dans le grand caveau familial du cimetière de la ville d'Engesohde. Son fils Friedrich Spiegelberg (1891-1975) n'entre dans la banque Spiegelberg qu'en 1922[6]. Après la Machtergreifung (prise du pouvoir par les nazis) en 1933, le banquier nazi et futur conseiller économique régional Julius Maier s'approprie dès , dans le cadre des aryanisations, la banque A. Spiegelberg, y compris sa clientèle et ses bâtiments, à l'exception de ses employés juifs, et l'intègre à sa propre banque privée Julius Maier & Comp[7]. Elle fusionnera plus tard avec la banque Hallbaum, qui elle-même sera reprise en 1997 par la banque M. M. Warburg & Co.[8].
Friedrich Spiegelberg et sa famille peuvent toutefois quitter Hanovre et l'Allemagne et émigrent au Brésil, d'où la famille ne reviendra à Hanovre qu'après la fin du nazisme. De l'exil brésilien, des trésors artistiques appartenant à la famille Spiegelberg reviennent également à Hanovre, qui deviendront plus tard partie intégrante de la « Fondation Kommerzienrat Georg Spiegelberg[6] ».
En 2010, l'historien Bernhard Gelderblom, originaire de Hamelin, encourage les habitants de Lauenstein à installer, au cimetière juif de Lauenstein ainsi qu'à l'ancienne maison Spiegelberg située au 53 de la rue Im Flecken une plaque commémorative d'information sur les citoyens juifs de Lauenstein, ce dont le conseil local acceptera de se charger[3].
Fondation Kommerzienrat Georg Spiegelmann
Premières donations
De son vivant, Georg Spiegelberg fait don, à partir de 1909 et jusqu'en 1914, parfois en collaboration avec les membres de sa famille Hermann et Eduard Spiegelberg, à l'ancien Provinzial-Museum Hannover, prédécesseur de l'actuel Musée de Basse-Saxe à Hanovre d'une série d'œuvres d'art telles que des peintures de Max Slevogt ou Max Liebermann, qui constituent « [...] aujourd'hui une partie très importante des collections de la Galerie régionale de Hanovre[3] ».
Donation de 1982
Avec le retour à Hanovre du fils de Georg Spiegelberg, Friedrich et de sa famille, qui vivaient en exil au Brésil, des trésors artistiques tels que des peintures et des dessins de divers artistes sont également ramenés à Hanovre. Après le décès de la veuve de Spiegelberg en 1982, de nombreuses pièces portant la mention Fondation Kommerzienrat Georg Spiegelberg sont remises au Musée régional de Basse-Saxe à Hanovre. Les recettes provenant de la vente de la maison Spiegelberg et d'autres legs permettent de réaliser d'autres acquisitions pour le musée régional[6].
Références et notes
- (de): Waldemar R. Röhrbein: Spiegelberg, Georg; in: Stadtlexikon Hannover: Von den Anfängen bis in die Gegenwart; rédacteurs: Klaus Mlynek et Waldemar R. Röhrbein; éditeur: Schlütersche Verlagsgesellschaft; Hanovre; 2009; page: 576; (ISBN 3899936620 et 978-3-899936629)
- (de): Paul Siedentopf (rédacteur en chef): Bankhaus A. Spiegelberg; in: Das Buch der alten Firmen der Stadt Hannover im Jahre 1927; avec la participation de Karl Friedrich Leonhardt (Compilation du matériel photographique); éditeur: Jubiläums-Verlag Walter Gerlach; Leipzig; 1927; page: 151
- hen: Umgang mit dem Friedhof « kein Ruhmesblatt »; Die Stadt Hameln und ihre Juden; repris du journal local DeWeZet du 24 février 2010. Il est à noter que le journal donne 1855 comme date de fondation de la banque
- ↑ Il est à noter une légère divergence : Stadtlexikon Hannover; page: 576 mentionne que le bâtiment dans lequel déménage la banque est une nouvelle construction
- ↑ (de): Porcelaine européenne et objets d'art mineur – Collection Kommerzienrat Georg Spiegelberg †, Hanovre et contribution provenant d'une collection londonienne. Tapis persans d'Aubusson, broderies de Boukhara provenant de différentes collections privées; Catalogue 2002; vente aux enchères les et ; Maison de ventes aux enchères d'œuvres d'art Rudolph Lepke; Berlin; 1928; Lepke's Kunst-Auctions-Haus 1928
- (de): Waldemar R. Röhrbein: Spiegelberg, Georg; in: Hannoversches Biographisches Lexikon: von den Anfängen bis in die Gegenwart; éditeur: Schlütersche; 2002; page 341; (ISBN 3877067069 et 978-3877067062)
- ↑ (de): Ingo Köhler: Die „Arisierung“ der Privatbanken im Dritten Reich. Verdrängung, Ausschaltung und die Frage der Wiedergutmachung; édition: 2; éditeur: C. H. Beck; Munich; 2008; pages: 147 et suivantes; (ISBN 3406532004 et 978-3406532009)
- ↑ (en): Future since 1798; site de la banque Warburg
- (de) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en allemand intitulé « Georg Spiegelberg (Bankier) » (voir la liste des auteurs).
- (de): Hans Werner Grohn: Aus der Sammlung des Kommerzienrates Georg Spiegelberg; in: Weltkunst; numéro: 55; 1985; pages: 982 à 984
- (de): Waldemar R. Röhrbein: Spiegelberg, Georg; in: Hannoversches Biographisches Lexikon: Von den Anfängen bis in die Gegenwart; rédacteurs: Dirk Böttcher, Klaus Mlynek, Waldemar R. Röhrbein et Hugo Thielen; éditeur: Schlütersche Verlagsgesellschaft; Hanovre; 2002; page: 341; (ISBN 3877067069 et 978-3877067062)
Liens externes
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