Georges Aymé
| Georges Albert Aymé | |
| Naissance | Gray, Haute-Saône |
|---|---|
| Décès | (à 60 ans) Paris, Seine |
| Origine | |
| Allégeance | |
| Arme | Infanterie Troupes coloniales |
| Grade | Général de corps d'armée |
| Années de service | 1908 – 1946 |
| Commandement | 10e division d'infanterie Division du Tonkin Commandant supérieur des troupes d'Indochine |
| Conflits | Première Guerre mondiale Seconde Guerre mondiale |
| Distinctions | |
| Famille | Alix Aymé (épouse) Marcel Aymé (frère) |
Georges Albert Aymé, né le à Gray (département de Haute-Saône)[1], mort le à Paris (5e arrondissement)[2], est un officier général français. Il est le frère aîné de Marcel Aymé, écrivain français du XXe siècle et époux d'Alix Hava, peintre[3].
Biographie
Georges Albert Aymé est issu d'une famille jurassienne de tradition militaire.
Son père, Faustin Joseph Aymé, né en 1859 au Deschaux, mort en 1947 au Kremlin-Bicètre[4], s'engage au 1er régiment de dragons au sein duquel il est brigadier, maréchal des logis puis maréchal-ferrant[5]. Il épouse Emma Monamy, née en 1863 à Villers-Robert, morte en 1904. Il est le troisième enfant d'une fratrie de six parmi lesquels :
- Arthur Aymé, né en 1887 à Gray (département de Haute-Saône)[1], mort en 1913 en Indochine française (actuel Laos) ; engagé volontaire au 4e régiment d'infanterie, puis lieutenant au 9e régiment d'infanterie coloniale, il meurt noyé dans la rivière de la province de Saravane[6].
- Camille Aymé, née en 1888 à Gray, morte en 1974 à Saint-Raphaël (département du Var)[3].
- Raymond Alfred Aymé, né en 1892 à Lure (département de Haute-Saône), mort en 1975 à Paris (19e arrondissement)[1] ; engagé volontaire au 26e régiment d'infanterie, il sert en Tunisie et au Maroc ; il est blessé lors de la Grande Guerre[7].
- Suzanne Aymé, née en 1900, morte en 1984 à Dole[1].
- Marcel Aymé, né en 1902, mort en 1967, écrivain français.
Georges Aymé intègre l'École spéciale militaire de Saint-Cyr en 1908 (promotion de Mauritanie)[8]. En 1911, il en sort 160e sur 210 élèves et intègre le 7e régiment d'infanterie coloniale (RIC) en qualité de sous-lieutenant. En , il passe au 3e régiment de tirailleurs sénégalais (RTS) en Côte d'Ivoire (Afrique-Occidentale française où il devient lieutenant le .
Il est cité à l'ordre de l'armée le :
« A fait preuve d'énergie et d'initiative et de brillantes qualités manouvrières au cours des opérations dans le Hale (Côte d'ivoire) et en particulier dans l'attaque du village de Dampleu. »
Première Guerre mondiale
Rapatrié en métropole en , il intègre le 1er régiment de marche d'infanterie coloniale le . En , il est promu capitaine dans le même régiment devenu le régiment d'infanterie coloniale du Maroc. Il est blessé à la cuisse devant Ypres le , puis à la poitrine au cours de la bataille de Verdun, le .
Pendant la tentative de reprise du fort de Vaux, le capitaine Aymé obtient une citation à l'ordre de l'armée[9] :
« Officier d'une énergie et d'un sang froid exceptionnel n'a pas hésité pour exalter le courage de ses hommes avant un assaut de monter sur le parapet de la tranchée pour haranguer sa troupe. Le blessé grièvement et dans l'impossibilité de marcher a néanmoins conservé le commandement de sa compagnie pendant deux jours dans un élément de tranchée où le ravitaillement était rendu impossible par le feu des mitrailleuses et par un bombardement continu. Déjà blessé et trois fois cité au cours de la campagne. »
— Journal officiel du .
Fin , le capitaine Aymé est transféré au Tchad (AEF). Il est de retour en métropole le .
Entre-deux guerres
Le , il est promu lieutenant-colonel, au sein de la 3e division d'infanterie coloniale.
Il se marie à Paris, le avec Alix Angèle Marguerite Hava[3].
Colonel le , il prend le commandement du 1er régiment d’infanterie coloniale en Indochine. De à fin 1939, il est secrétaire-général du Conseil supérieur de la Défense nationale.
Seconde Guerre mondiale
Le , il est promu général de brigade à la tête de la 3e division d'infanterie coloniale. Le , le général Aymé prend le commandement de la 10e division d'infanterie.
Durant la bataille de France, il est cité à l'ordre de l'armée :
« Commandant la 10e division, officier général jeune, actif et ardent. Ayant reçu l'ordre de tenir sans esprit de recul sur l'Aisne, a résisté le aux violent assauts de l'ennemi, obtenant de ses troupes qu'elles se sacrifient pour remplir leur mission. A réussi à conserver dans nos lignes quelques éléments qui avaient échappé à l'étreinte ennemie. »
Du camp de Rivesaltes, il rejoint les troupes coloniales sur les côtes de Somalie. En , il prend le commandement du point d'appui de Saïgon et de la division de Cochinchine-Cambodge. Fin , il est nommé au commandement de la division du Tonkin à Hanoï, en remplacement du général Pellet.
Chevalier de la Légion d’honneur depuis , il est promu commandeur de l'ordre le [10].
Le , il est promu, par le régime de Vichy, général de corps d'armée commandant supérieur des troupes d'Indochine en remplacement du général Mordant, atteint par la limite d'âge[11],[12].
En , le régime de Vichy s'écroule en France métropolitaine, et le Gouvernement provisoire de la République française (G.P.R.F.), présidé par le colonel De Gaulle (général de brigade à titre temporaire), incarne désormais le pouvoir. Le général Georges Aymé devient le principal collaborateur de Mordant, chef secret des réseaux de résistance contre l'occupant japonais et représentant clandestin en Indochine du G.P.R.F.[13],[14].
Il est arrêté par la police militaire japonaise, la Kenpeitai, à Hanoï après le coup de force japonais du et il fait prisonnier de guerre[13],[15]. Il est libéré après la capitulation japonaise.
Il est admis en 2e section (retraite) le [16]. Georges Aymé meurt à l'hôpital du Val-de-Grâce (5e arrondissement de Paris) le [2] de suites d'une maladie aggravée au cours de son internement. Il est reconnu « mort pour la France »[17].
Décorations
Commandeur de la Légion d'honneur (arrêté du 18 juillet 1941)
Croix de guerre -, palme de bronze (deux citations à l'ordre de l’armée et deux citations l’ordre de la division)
Croix de guerre -, palme de bronze (une citation à l'ordre de l’armée)
Croix de guerre des Théâtres d'opérations extérieurs (une citation à l’ordre de la division)
Médaille commémorative de la guerre -
Insigne des blessés militaires
Ordre de la Francisque[18].
Notes et références
- Archives départementales de Haute-Saône, « État civil de Gray, registre des naissances de 1887, vue 17 / 29 »
, sur https://archives.haute-saone.fr (consulté le )
- Archives de Paris, « État civil du 5e arrondissement, registre des décès du 2 janvier au 24 mars 1950, vue 8 / 31, 5D 284 »
, sur https://archives.paris.fr (consulté le )
- Archives de Paris, « État civil du 17e arrondissement, registre des mariages du 25 juin au 15 juillet 1931, vue 17 / 31, 17M 447 »
, sur https://archives.paris.fr (consulté le )
- ↑ Archives départementales du Jura, « État civil du Deschaux, registre des naissances, mariages et décès de 1858 à 1862, vue 27 / 325, 3E/3079 »
, sur https://archives39.fr (consulté le )
- ↑ Archives départementales du Jura, « Registres matricules militaires, classe 1879, volume 2, matricule n°580, vue 50 / 264, R858 »
, sur https://archives39.fr (consulté le )
- ↑ Archives départementales du Jura, « Registres matricules militaires, classe 1907, volume 1, matricule n°494, vue 583 / 588, Rp1381 »
, sur https://archives39.fr (consulté le )
- ↑ Archives départementales d'Indre-et-Loire, « Registre matricules militaires, classe 1912, matricules n°449-1000, matricule n°595, vue 274 / 991, 1R780 »
, sur https://archives.touraine.fr (consulté le )
- ↑ Jean Boÿ, « Historique de la 93e promotion de l’École spéciale militaire de Saint-Cyr (1908-1911), promotion de Mauritaine » [PDF], sur www.saint-cyr.org, Association des élèves et anciens élèves de l’École spéciale militaire de Saint-Cyr (Saint-Cyrienne), (consulté le ), p. 3.
- ↑ « Verdun », dans Historique du régiment d'infanterie coloniale du Maroc (1914-1930) : 1er régiment de France, 88 p. (BNF bpt6k64524209, lire en ligne), p. 23.
- ↑ « Georges Albert Aymé », base Léonore, ministère français de la Culture.
- ↑ Philippe Devillers, Histoire du Viêt-Nam de 1940 à 1952, Paris, Seuil, coll. « Les collections Esprit. Frontière ouverte », , 479 p. (BNF 37430021, SUDOC 10097693X), p. 118.
- ↑ Georges Gautier, La fin de l'Indochine française : 9 mars 1945, Hanoï au soleil de sang, Paris, Société de production littéraire, (lire en ligne), p. 89
- Guillaume Zeller, Les cages de la Kempeitaï. Les Français sous la terreur japonaise, Indochine, mars-août 1945, Paris, Éditions Tallandier, , 316 p. (EAN 9791021032910, BNF 45642286, SUDOC 233724133, lire en ligne)
- ↑ Charles de Gaulle, Mémoires de guerre, Éditions Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », p. 750-751
- ↑ Georges Gautier, La fin de l'Indochine française : 9 mars 1945, Hanoï au soleil de sang, Paris, Société de production littéraire, (lire en ligne), p. 145
- ↑ Journal officiel du .
- ↑ Jean Boÿ, « Historique de la 93e promotion de l’École spéciale militaire de Saint-Cyr (1908-1911), promotion de Mauritaine » [PDF], sur www.saint-cyr.org, Association des élèves et anciens élèves de l’École spéciale militaire de Saint-Cyr (Saint-Cyrienne), (consulté le ) : « Le général de corps d’armée Georges, Albert Aymé vient de l’Infanterie coloniale. Il meurt pour la France, au Val-de-Grâce, des suites de ses blessures. », p. 4.
- ↑ Henry Coston, L'Ordre de la Francisque et la Révolution nationale, Paris, Déterna, coll. « Documents pour l'histoire », , 9-183 p. (ISBN 2913044476), « Les décorés de la Francisque »
Voir aussi
Liens externes
- Notice du général Aymé au musée du souvenir de Coëtquidan
- États de service de Georges-Albert Aymé sur generals.dk
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