Georges Dumas (résistant)

Georges Dumas
Biographie
Naissance
Décès
(à 48 ans)
Brantôme (Dordogne)
Sépulture
Nom de naissance
Georges Louis Auguste Julien Raymond Dumas
Nationalité
Activités
Enfant
Autres informations
A travaillé pour
Ville de Limoges (d)
Membre de
Conflit
Lieu de détention
Distinctions

Georges Dumas est un résistant français, né le à Limoges (Haute-Vienne), exécuté sommairement le à Brantôme (Dordogne).

Biographie

Fils d'un ouvrier-pâtissier et concierge d'une salle de spectacle à Limoges[1], Georges Dumas épouse en 1921 Élisabeth Lecanuet (1900-1965[2]). Le couple a deux fils, Roland[3], né en 1922 et futur homme politique, député et ministre, et Jean, né en 1926[4].

Georges est fonctionnaire des impôts, détaché à la mairie de Limoges pour gérer les régies des services publics municipaux et y diriger les services de l'octroi[5].

Pendant l'Occupation, il sauve la vie d'Henri Sandler, qui deviendra président de la communauté juive de Limoges[3]. Il a aussi aidé la famille Guterbaum qui avait trouvé refuge dans une ferme de Saint-Priest-sous-Aixe. C'est son fils Roland qui leur porte du ravitaillement à vélo[6].

Socialiste, membre de l'Armée secrète pendant l'Occupation, Georges Dumas est arrêté, sur dénonciation d'une personne qui sera exécutée à la Libération[7], par la Gestapo du chef August Meier, le , comme chef régional du Noyautage des administrations publiques (NAP). Il est interné à la prison de Limoges.

Le , trois officiers supérieurs allemands sont abattus dans les environs de Brantôme par un groupe de résistants FTP. En représailles, Georges Dumas et vingt-quatre autres otages dont Jules Ruhfel sont extraits de la prison de Limoges. Ils sont fusillés le par des éléments de la Légion nord-africaine, dirigés par Alexandre Villaplane et sous la responsabilité de Henri Lafont, dans une carrière de Brantôme au lieu-dit « Les Fontaines noires », près de l’embranchement des routes de Nontron et d’Angoulême[8]. Un jeune domestique de ferme présent sur les lieux est également fusillé avec eux.

Après la Libération, Roland Dumas identifie le cadavre de son père, exhumé de la fosse commune et placé dans un cercueil dans le cimetière de Brantôme sur l'initiative du maire, notamment grâce à sa cravate dont le fossoyeur avait coupé un bout qu'il avait conservé afin de permettre son identification[9]. Georges Dumas est réinhumé ensuite dans le cimetière de Louyat à Limoges.

À Brantôme, près de l’embranchement des routes de Nontron et d’Angoulême, une stèle commémore les vingt-six exécutés du .

Marqué par la mort de son père, son fils Jean Dumas, qui avait été maquisard pendant l'Occupation, se suicide en 1983 en se jetant dans la Vienne le jour anniversaire de la mort de son père[4].

Distinctions

Décorations

Georges Dumas a reçu les décorations suivantes :

Reconnaissance

Georges Dumas obtint le titre de Juste parmi les Nations, pour avoir aidé à mettre à l’abri Simone Nathan, une amie de lycée de sa fille et soutenu Henri Sangler, président de la communauté juive de Limoges[3].

Par ailleurs, il est reconnu « Mort pour la France »[3].

Hommages

À Jérusalem, une plaque l’honore et un arbre a été planté dans le jardin des Justes[3]. En , l'arbre planté en son souvenir dans le Jardin des Justes à Jérusalem est arraché par des fanatiques juifs reprochant à son fils Roland Dumas, ministre des Affaires étrangères de François Mitterrand, de rencontrer Yasser Arafat[12].

Une avenue de Limoges porte son nom depuis le . C'est une décision du maire Georges Guingouin[13]. Elle s'appelait auparavant avenue du Pont-Neuf[14].

Notes et références

  1. ↑ Roland Dumas, Coups et blessures, Paris, Le Cherche midi, (ISBN 978-2-7491-1745-4), p. 179 : "Mon grand-père, que nous surnommions Peyoux, était ouvrier-pâtissier, mais aussi le concierge de la salle Berlioz qui était le "petit opéra" de Limoges.".
  2. ↑ Roland Dumas, Coups et blessures, Paris, Le Cherche midi, (ISBN 978-2-7491-1745-4), p. 344
  3. Claude Pennetier, « Dumas Georges », sur fusilles-40-44.maitron.fr.
  4. Roland Dumas, Coups et blessures, 50 ans de secrets partagés avec François Mitterrand, Le Cherche midi, 2011, p.29.
  5. ↑ Roland Dumas, Coups et blessures, Paris, Le Cherche midi, (ISBN 978-2-7491-1745-4), p. 14 :"Quand il fut nommé directeur de l'octroi"
  6. ↑ https://www.ajpn.org/juste-Georges-Dumas-975.html.
  7. ↑ Roland Dumas, Coups et blessures, Paris, Le Cherche midi, (ISBN 978-2-7491-1745-4), p. 26 : "Georges Dumas a été "vendu" par un Alsacien qui a été rapidement exécuté par les résistants. Ils lui ont fait un procès expéditif au cours duquel il a reconnu les faits et raconté son histoire. La sentence a été transmise à Londres qui a en retour donné l'ordre d'exécution".
  8. ↑ Roland Dumas, Coups et blessures, Paris, Le Cherche midi, (ISBN 978-2-7491-1745-4), p. 24.
  9. ↑ Roland Dumas, Coups et blessures, 50 ans de secrets partagés avec François Mitterrand, Le Cherche midi, 2011, p.28.
  10. ↑ Liste unique des décorés, « Dumas Georges Louis Auguste Julien », sur archives.legiondhonneur.fr (consulté le )
  11. ↑ « Base des médaillés de la résistance », sur www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr (consulté le ).
  12. ↑ Roland Dumas, Coups et blessures, Paris, Le Cherche midi, (ISBN 978-2-7491-1745-4), p. 328 : "En février 1989, des fanatiques ont même arraché l'arbre planté en souvenir de mo père dans le Jardin des Justes à Jérusalem parce que je rencontrais Yasser Arafat".
  13. ↑ Roland Dumas, Coups et blessures, Paris, Le Cherche midi, (ISBN 978-2-7491-1745-4), p. 50.
  14. ↑ Lucas Destrem, Dictionnaire des rues de Limoges, Limoges, Éditions Mon Limousin, (ISBN 978-2-490710-03-4), p. 128-129.

Liens externes

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