Georges Dumitresco

Dr Georges Dumitresco
Portrait de Georges Dumitresco devant ses œuvres
Georges Dumitresco lors de son exposition, Lausanne 1995
Naissance
Décès
(à 86 ans)
Lausanne
Sépulture
Montoie Funeral Center, Lausanne
Nom de naissance
Dumitrescu
Surnom
Dumitresco
Nationalité
Activités
Autres activités
Famille
Victor et Alexandrina Lebădă Ottulescu (parents)
Conjoint
Isabella Dumitresco Simionescu
Œuvres principales
  • Triptic (1998)
  • Esto Memor (2008)

Georges Dumitresco, né le à Bucarest et mort le à Lausanne, est un médecin, artiste peintre, illustrateur et poète suisse d'origine roumaine[1],[2],[3].

Né à Bucarest, Roumanie, le , fils de Victor Dumitrescu et Alexandrina Lebădă-Ottulescu, arrière-petit-fils du peintre iconographe Albert Mauerhamer et neveu de Ștefan Dimitrescu[4], directeur de l'Académie des Beaux-Arts de la ville de Iași, Roumanie[5].

Après avoir accompli ses études professionnelles et artistiques en Roumanie et exercé la médecine, il s'enfuit le de son pays natal et s'installe en Suisse avec sa femme Isabella Simionescu (actrice de théâtre)[6]. Après s'être installé en Suisse, Georges Dumitresco a vécu dans plusieurs endroits, notamment à Monthey, Sion, Yverdon-les-Bains et Lausanne[4]. De 1973 à 1995, il a exercé la médecine comme médecin de famille à Vallorbe, tout en travaillant dans différents hôpitaux du canton de Vaud.

Il était membre de l'Association des écrivains vaudois, du Salon des Médecins Suisses, de la Société des gens de lettres (Fédération internationale des écrivains de langue française), de la Société des écrivains roumains et de l'Association internationale des écrivains médicaux. Ses œuvres ont fait l'objet de nombreux articles et publications, principalement dans la presse locale[1],[5].

Biographie

La vie en Roumanie (1922–1969)

Il est né et a passé son enfance dans la maison de ses parents, au 80, rue Gala Galaction, près du centre de Bucarest. Son père, Victor Dumitresco, était économiste et sa mère, Alexandrina (née Lebădă-Ottulescu), était infirmière et vice-présidente de la Croix-Rouge de Bucarest[7].

Durant ses premières années d'école, George Dumitresco remporte plusieurs concours nationaux d'art. À l'âge de 10 ans, il reçoit le Grand Prix National de Bucarest pour sa peinture [8]. Très jeune, il s'essaie également à la gravure sur bois.

Il a étudié la médecine et a obtenu son diplôme en 1947, dont la thèse a été distinguée par la plus haute distinction ( Magna cum Laude ).Il s'est par la suite spécialisé en chirurgie tout en suivant des cours d'art en soirée (1954–1956) à l'École d'Art populaire de Bucarest.

En 1955, il est l'un des fondateurs du « Cercle des médecins artistes - Ion Țuculescu », un forum permettant aux médecins de faire connaître leur art[3],[9].

En 1956, Dumitresco a été interpellé par la Securitate roumaine pour une allégation de « complot contre la sécurité nationale »[4]. Il a ensuite été emprisonné pendant deux ans à Malmaison, un centre de détention pour prisonniers politiques de Bucarest. Dumitresco a été en outre accusé d'avoir refusé de témoigner contre d'autres personnes, un choix qui serait rare parmi les prisonniers politiques de l'époque. Selon ses mémoires, il a été soumis à la torture et à des conditions difficiles pendant son interrogatoire. Ses rapports avec la Securitate ont ensuite été relatés dans le quotidien România Liberă, qui citait Dumitresco décrivant les brutalités qu'il avait subies. Il a décrit la terreur qu'il a ressentie lorsqu'il a été arraché à son domicile pendant la nuit, puis menotté et transporté à la prison[10].

Libéré de prison, Georges Dumitresco poursuivit ses études artistiques tout en continuant à pratiquer la médecine à Bucarest. En 1959, il est nommé chef des cliniques des hôpitaux de Bucarest et en 1966, il obtient un diplôme de l'École populaire d'art de Roumanie[4]. Sa dernière exposition personnelle à Bucarest, avant son départ de Roumanie, a lieu en 1969. Après son retour à Vienne après la guerre, la tante de l'artiste, pharmacienne, verse 10 000 dollars à un intermédiaire pour obtenir ce qui est officiellement un permis de voyage, tel que documenté dans Esto Memor[11]. Ce permis servait essentiellement comme droit d'expatriation, permettant à l'artiste et à son épouse de quitter le pays.

La vie en Suisse (1969–2008)

Le , Georges Dumitresco quitte la Roumanie et s'installe en Suisse. Dans un premier temps Il a pratiqué la médecine en Valais avant de s'installer à Yverdon, où il a travaillé comme médecin pour la société Paillard. Il a par la suite établi un cabinet médical privé à Vallorbe, suite à l'invitation de la commune[12],[13].

Médecin et artiste polyvalent, Georges Dumitresco a rédigé des articles sur des thèmes liés à la santé pour le quotidien Le Nouvelliste et a également illustré le journal et ses articles.

Tout en vivant à l'étranger, Georges Dumitresco a continué à promouvoir la culture et les traditions roumaines[14]. Il a fondé l'association « Jura Artistique » à Vallorbe en 1978[5]. Le groupe, qui continue d'être actif, est une plateforme pour les artistes suisses locaux et les artistes roumains vivant en exil[15].

Au cours de sa carrière artistique, Georges Dumitresco a participé régulièrement à vingt expositions annuelles et a tenu des expositions personnelles en Suisse et en Roumanie[16],[17]. Son art a également été présenté dans des expositions collectives dans plusieurs pays, dont la France [18], l'Italie, la Belgique, l'Espagne, les États-Unis et le Liban. Georges Dumitresco a donné plusieurs de ses peintures à des ambassades, des églises et des musées à travers l'Europe, alors que d'autres œuvres ont été acquises par des collectionneurs privés, des institutions financières et des entreprises diverses.

Georges Dumitresco meurt à Lausanne, le .

Art

Peinture et illustrations

Artiste polyvalent, Georges Dumitresco a utilisé diverses techniques, telles que l'huile, l'aquarelle, l'encre, le monotype, l'acrylique, la pointe sèche, la linogravure, la tapisserie et le vitrail. Il est également connu pour son style artistique personnel, qu'il a appelé « xéropictogramme »[17].

Ses peintures et illustrations ont garni de nombreux articles publiés dans des magazines et journaux roumains, parmi lesquels : Memoria, revista gândirii arestate [19],[20], Luceafărul [21], Literatorul [22] și Romania Liberă [23].

Lors de son exposition de février- à Paris, le critique d'art Jean-Louis Avril a écrit à propos de tous les aspects techniques de Georges Dumitresco dans le magazine Univers des Arts : [18]

« l'artiste explore toutes les techniques, du dessin à l'encre de chine aux encres de couleur, des huiles à la gravure, de la céramique à la métalloplastie, à la tapisserie. »

— Jean-Louis Avril, Georges Dumitresco - Les fins cachées de toute chose

Poésie et publications

Georges Dumitresco a écrit et illustré plus de trente livres de prose et de poésie. En 1998, il a publié « TRIPTIC », une anthologie poétique trilingue en roumain, français et italien, contenant 142 poèmes, illustrés de 80 reproductions de ses peintures[24].

Selon le poète roumain Geo Vasile, Georges Dumitresco « écrivait avec autant de compétence en français qu'en roumain » et son livre est « un livre qui raconte une vie de résistance à travers le souvenir et la confession, de revisitation constante des modèles classiques, de la constante révision des modèles classiques, des certitudes de la persévérance spirituelle, de la civilisation roumaine et de l'authenticité »[25].

Dans un article de intitulé « Une alchimie du beau », paru dans un supplément du magazine suisse ph+arts, l'écrivain Maurice Métral décrivait Dumitresco comme un artiste « extraordinaire », le qualifiant de « poète de la beauté, de la sérénité et de toutes les questions de l'âme humaine ». Métral a également fait éloge à Dumitresco en le qualifiant de « génial peintre de la foi en l'humanité et en la nature, en l'omniprésence de Dieu[26] ».

Reconnaissance

L'art de Georges Dumitresco a été honoré à la fois par la Poste roumaine et par la Poste suisse, qui ont émis des éditions spéciales de cartes postales et d'enveloppes postales présentant ses peintures[27],[28].

Selon la publication Memoria : en reconnaissance de ses mérites littéraires, la Société des Docteurs Écrivains et Publicistes de Roumanie a créé le « Prix Georges Dumitresco »[4].

Bibliographie

  • "Triptique" 1998 (ISBN 973-9320-08-0[à vérifier : ISBN invalide]) une anthologie poétique trilingue en roumain, français et italien, éditeur : Viaţa Medicală Românească
  • "Esto Memor" 2008 (ISBN 978-973-160-024-6) Souvenirs, journaux intimes, souvenirs, éditeur : Viaţa Medicală Românească

Références

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Georges Dumitresco » (voir la liste des auteurs).
  1. (ro) Mihail Mihailide, « Georges Dumitresco – un uomo universalis », en:Viața Medicală,‎ (lire en ligne, consulté le )
  2. Gérard Gessler, « Rencontre avec Georges Dumitresco «Ma peinture: un hobby et un refuge» », Nouvelliste et Feuille d'Avis du Valais, ESH Médias, vol. 2, no 272,‎ , p. 27 (lire en ligne Inscription nécessaire, consulté le )
  3. (ro) « Cenaclul de Arte Plastice al Medicilor Ion Țuculescu - Fondat 1955 - Founding members », Arta Si Medicina (consulté le )
  4. (ro) « IN MEMORIAM Georges Dumitresco 1922-2008 », Memoria - revista gândirii arestate, FUNDAȚIA CULTURALĂ MEMORIA, vol. 1-2, nos 66–67,‎ , p. 226–227 (lire en ligne, consulté le )
  5. Jean-François Reymond, « Un médecin, deux passion », Région,‎ , p. 16
  6. Georges Dumitresco, « Georges Dumitresco à la galerie Mounir à Sion », Nouvellist et Feuille d'Avis du Valais, ESH Médias, vol. 13, no 52,‎ , p. 10 (lire en ligne Inscription nécessaire, consulté le )
  7. (ro) Georges Dumitrescu, Esto Memor, Viaţa Medicală Românească, (ISBN 978-973-160-024-6), p. 26
  8. (ro) D.N. Zaharia, « ARTA FĂRĂ FRONTIERA », Cronica Revista de cultura, Casa de presa si editura, vol. 23,‎ , p. 16 (lire en ligne Accès payant, consulté le )
  9. Suzana Bantaș, « Ce fac medicii? », Revista Medicală Română, no 3,‎ , p. 66–67 (ISSN 1220-5478, e-ISSN 2069-606X, lire en ligne, consulté le )
  10. (ro) Al. Mihalcea, « Georges Dumitresco: poezie şi pictură - "lungi tăceri şi revolte înăbuşite" », România liberă, no 4073,‎ , p. 2 (lire en ligne Accès payant, consulté le ) :

    « Fost deținut politic, în România trăiește din plin dura experiență a anchetelor din beciurile Securității, grozăvia interogatoriilor la care era târât noaptea, încătușat, în sinistrul local Malmaison, de pe str. Plevnei. »

  11. (ro) Georges Dumitrescu, Esto Memor, Viaţa Medicală Românească, (ISBN 978-973-160-024-6), p. 108
  12. « Un cri d'amour venu de l'Est », Nouvelliste et Feuille d'Avis du Valais, ESH Médias, no 92,‎ , p. 35 (lire en ligne Inscription nécessaire, consulté le ) :

    « [Dans un premier temps, Georges Dumitresco se voit proposer un poste à l'hôpital de Malévoz.On le retrouve ensuite à Yverdon puis, dès 1973, à Vallorbe.] »

  13. Jacqueline Thévoz, « Qu'en pense-t-elle Les Dumitresco », La Suisse,‎
  14. (ro) Radu Ionescu, « Georges Dumitresco, pictorul », Cotidianul, vol. 7, no 301,‎ , p. 9 (lire en ligne Accès payant, consulté le ) :

    « ... temele sale predilecte sunt cele de inspiraţie românească. Datorită lor o fărâmă de simţire românească s-a impus, în repetate rânduri, în expoziţii sau publicaţii, conferindu-i lui Georges Dumitresco statutul de emisar permanent ale locurilor sale natale. »

  15. « 40e Edition de Jura Artistique en 2018 », Journal de Vallorbe et environs, vol. 22, no 115,‎ , p. 1 (lire en ligne, consulté le )
  16. « Dumitresco: retour aux sources », Nouvelliste et Feuille d'Avis du Valais, ESH Médias, no 176,‎ , p. 36 (lire en ligne Inscription nécessaire, consulté le ) :

    « [Du 18 août au 6 septembre prochain, Georges Dumitresco exposera quelque huitante toiles parmi les plus significatives de son œuvre au Théâtre national de Bucarest.] »

  17. (en) Eugenia Chira, « Georges Dumitresco and his universe », The Times of Bucharest, vol. 2, no 12,‎ , p. 1, 15
  18. Jean-Louis Avril, « Georges Dumitresco - Les fins cachées de toute chose », Univers des Arts,‎ , p. 50
  19. « Memoria, 2007 (Anul 18, nr. 1-4) | Arcanum Newspapers », MEMORIA - Revista gândirii arestate,‎ (lire en ligne Accès payant, consulté le ) :

    « comprend 23 reproductions et illustrations sur les pages: 1,2,5,16,23,66,74,85,90,106,125,136,153,166,175,195-197,203,227,237,244,253 »

  20. « în suflet am zidit dumnezeirea », MEMORIA - Revista gândirii arestate,‎ (lire en ligne Accès payant, consulté le )
  21. « Luceafărul, ianuarie-iunie 2001 (Nr. 1-25) | Arcanum Newspapers », Luceafărul,‎ (lire en ligne Accès payant, consulté le )
  22. (ro) « Literatorul », Literatorul, Biblioteca Metropolitană București,‎ , p. 3,6,8,9,12,15,25,26 (ISSN 1220-5583, lire en ligne Accès payant, consulté le )
  23. « România Liberă, august 2003 (Nr. 4064-4076) | Arcanum Newspapers », România liberă,‎ (lire en ligne Accès payant, consulté le )
  24. Ariane Manfrino, « Le grand retour - Après l'exil, Georges Dumitresco est invité à Bucarest pour le lancement de son anthologie poétique », Nouvelliste, Sion, ESH Médias,‎ , p. 37 (lire en ligne Inscription nécessaire, consulté le )
  25. (ro) Geo Vasile, « Georges Dumitresco, o vocație trinitară », Luceafărul, vol. 15, no 358,‎ , p. 19 (lire en ligne Accès payant, consulté le )
  26. Maurice Métral, « Une Alchemie du beau Georges Dumitresco », ph+arts, no 11,‎ , p. 15
  27. (ro) ADRIAN DUMITRAŞCU, « Cărţi poştale in pregătire », Curierul Naţional, vol. 11, no 2716,‎ , p. 9 (lire en ligne Accès payant, consulté le )
  28. (ro) Adrian DUMITRAŞCU, « Noi cărţi poştale in pregătire », Curierul Naţional, vol. 12, no 3057,‎ , p. 8 (lire en ligne Accès payant, consulté le )

Liens externes

  • icône décorative Portail de la peinture
  • icône décorative Portail de la Roumanie
  • icône décorative Portail de la Suisse