Geremia Savoini

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| Nationalité |
italienne puis russe |
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| Période d'activité |
À partir de |
| Enfant |
Caterina, Alexandre |
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| Grade militaire |
Général d’infanterie |
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| Distinction |
Geremia Savoini (en russe : Савоини, Еремей Яковлевич[1]), né à Florence le et mort à Saint-Pétersbourg le , est un général italien naturalisé russe, au service de l’armée impériale. Il s’illustra notamment pendant la guerre russo-turque (1787-1792), les guerres napoléoniennes, la guerre russo-turque (1806-1812) ainsi que lors de l’insurrection de Novembre en Pologne (1831). Au cours de la campagne de Russie, il prit part à la bataille de Smolensk puis à la bataille de Borodino.
En reconnaissance de ses mérites militaires, son portrait fut placé dans la Galerie des héros de 1812 au palais d’Hiver (musée de l’Ermitage, Saint-Pétersbourg)[1].
Biographie
Origines et formation
Il naquit à Florence, alors capitale du grand-duché de Toscane, le . En 1784, à l’initiative de José de Ribas, futur fondateur d’Odessa, il quitta Florence pour s’installer en Russie, où il entra le au service de l’armée impériale comme sergent dans le régiment de cavalerie légère de Marioupol commandé alors par De Ribas, lieutenant-colonel[2],[3]. En 1787, la guerre russo-turque éclata et il prit part pour la première fois aux combats en , à Hacibey, en Crimée, et se distingua lors de la prise de Bendery le de la même année. Le , il fut promu sous-lieutenant et affecté au régiment de grenadiers de Nikolaïev[2]. Trois semaines plus tard, muté au régiment côtier de Nikolaïev, il se distingua lors de l’assaut de la forteresse d’Ismaïl, située sur la rive droite du Dniestr, à la frontière de la principauté de Moldavie. Pour ce fait d’armes, il reçut la croix d’or du mérite[4].
Carrière militaire
Pendant le reste de la guerre, il se distingua également le lors de la prise temporaire de Măcin, où il captura une batterie, puis deux jours plus tard lors de celle de Brăila, sur l’autre rive du Danube[5]. La guerre prit fin avec la signature du traité de Iași, le [6].
Le , il fut transféré au service du Régiment côtier des grenadiers du Dniepr, qui fut dissous quelques mois plus tard, et il fut affecté au Régiment des grenadiers de la mer Noire, avant de passer le au Régiment d’infanterie de Ladoga. En 1798, il fut promu capitaine, puis le , major[7].
Avec le déclenchement d’une nouvelle guerre russo-turque, son régiment fut intégré à la 13ᵉ division sous le commandement d’Armand Emmanuel de Vignerot du Plessis, duc de Richelieu, avec lequel il participa à un nouvel assaut contre la forteresse d’Ismaïl[6].
Lors de l’armistice, le , il fut promu lieutenant-colonel et prit le commandement du régiment. En 1809, à la reprise des hostilités, il fut transféré dans un détachement dirigé par Louis Alexandre Andrault de Langeron, stationné à Bucarest[2]. À la tête d’un bataillon envoyé en avant-garde, il se distingua à Frasina, où son unité, formée en carré, repoussa avec succès cinq à six charges de cavalerie menées personnellement par le commandant ottoman Boşnak Ağa[8]. Pour cet exploit, il reçut la 4ᵉ classe de l’Ordre de Saint-Vladimir[7].
- Portrait du général Savoini, peint par George Dawe, exposé dans la Galerie militaire de 1812 au Palais d’Hiver.
-
Vue de la Galerie militaire de 1812 au Palais d’Hiver, en 1861. -
Vue actuelle de la Galerie militaire de 1812. -
Portrait de Savoïni, troisième rangée, deuxième à gauche.
Au début de l’année 1810, son régiment fut intégré au détachement du major général Ivan Ivanovitch Isaev (1748–1810), chargé de la surveillance de la Petite Valachie[9]. Le , sur ordre de Piotr Ivanovitch Bagration, commandant de l’armée de Moldavie, les troupes d’Isaev franchirent le Danube pour soutenir l’insurrection menée par Karađorđe Petrović. Elles s’emparèrent de l’île d’Olmar (Ostrovu Mare), alors occupée par les Ottomans. Il s’illustra en capturant deux batteries ennemies, puis participa à l’assaut de la redoute de Dudu, sur la rive droite du fleuve, presque en face de l’île, détruisant deux autres batteries[9]. Blessé à l’épaule droite par une balle, il resta à son poste, ce qui lui valut les éloges du tsar[9].
En août, son régiment — sous les ordres du colonel Iossif Kornilovitch O’Rourke (1762–1849), envoyé en Serbie par le lieutenant général Andreï Pavlovitch Zass (von Sass, 1753–1815) pour appuyer les forces du major général Giorgio Giovanni Zuccato — participa au siège des garnisons ottomanes de Prahovo et de Negotin. Il se distingua ensuite lors de la prise de Banja (), dans l’attaque de la garnison de Jasik et au cours de plusieurs combats sur les rives de la Morava. Récompensé par une épée d’or pour bravoure, il forma deux bataillons de conscrits serbes avec lesquels son régiment se distingua à la bataille de Varvarin, ce qui lui valut l’Ordre de Sainte-Anne de 2ᵉ classe[10],[7].
Après la prise de Bregovo, il fut rappelé en Russie et transféré, avec son régiment, à la 26e division d’infanterie, placée peu après sous le commandement du major-général Ivan Fiodorovitch Paskevitch[10] (1782–1856). En , il fut promu colonel et nommé commandant de brigade.
Cette même année, Napoléon Bonaparte envahit la Russie à la tête de la Grande Armée[11]. À l’aube du , près de la ville de Mogilev — déjà occupée par le Ier corps du maréchal Louis-Nicolas Davout — la division de Paskevitch engagea le combat avec les Français dans le village de Saltanovka, situé dix kilomètres au sud. Il y participa avec sa brigade composée des régiments de Ladoga et de Nijni Novgorod[11].
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Il combattit ensuite pendant trois jours près de Smolensk, puis à la bataille de Borodino[11]. Là, il se distingua dans la défense de la redoute centrale, menant personnellement les hommes de la 2e brigade dans une contre-attaque à la baïonnette qui permit de reprendre la position. Il fut blessé deux fois — à la cuisse gauche et au bras gauche.
Après deux mois de convalescence, il reprit du service actif et rejoignit sa brigade près de Krasny, au sud-ouest de Smolensk. Il prit part à quatre combats entre le 3 et le , puis participa à la poursuite des troupes françaises en retraite. En , sa brigade, toujours au sein de la division de Paskevitch, participa à la phase initiale du siège de la forteresse de Modlin, au nord-ouest de Varsovie, sur la rive droite de la Vistule[12].
En septembre, la division fut rattachée à l’armée de Pologne commandée par le général russe Levin August von Bennigsen, avec laquelle elle opéra d’abord en Bohême, puis en Saxe. Pour sa conduite à la bataille de Dresde, il reçut l’ordre de Sainte-Anne de 1re classe, et à celle de Leipzig, l’ordre de Saint-Vladimir de 3e classe[3],[7].
Il participa ensuite aux sièges de Magdebourg et de Hambourg, puis en à l’assaut de l’île de Wilhelmsburg, tenue par les Français, et à la destruction du pont de bois sur la Süderelbe qui la reliait à Harburg[3]. À cette occasion, il sauva la vie d’un jeune lieutenant-colonel nommé Carl Friedrich Tenner (Карл Иванович Теннер), qui épouserait plus tard sa fille Catherine, deviendrait un géodésien, topographe et astronome reconnu, et accèderait au grade de général d’infanterie[13].
Pour l’assaut de Wilhelmsburg, il reçut la croix de l’ordre de Saint-Georges de 3e classe. À la fin du mois de février, il s’empara d’une fortification située sur l’île de Billwerder[3].
Fin de carrière
Après la fin des guerres napoléoniennes, il prit le commandement de la 4e division, rebaptisée par la suite 24e division, intégrée au Corps détaché de Lituanie sous les ordres du grand-duc Constantin[14]. En 1821, il adopta la nationalité russe et reçut une prébende en numéraire ; en 1823, il fut récompensé par une tabatière en or ornée de diamants ainsi que par un portrait de l’empereur Alexandre Ier. Le , il fut promu au grade de général lieutenant[15].
En , l’empereur Nicolas Ier lui remit l’ordre de Saint-Vladimir de 2e classe. Le , il fut nommé à la tête du Ve corps d’armée d’infanterie, bientôt renommé IVe corps d’armée. Peu de temps après, il fut convoqué à Saint-Pétersbourg pour présider une commission chargée d’enquêter sur certaines irrégularités concernant la transmission de commandement dans les régiments, et d’élaborer de nouvelles procédures. Pour cette mission, il reçut l’ordre impérial de Saint-Alexandre Nevski[3],[16],[15].
Lors de la campagne de Pologne de 1831, il remplaça le général Platon Ivanovitch Kabloukov et affronta les troupes du général polonais Henryk Dembiński à Alanta, puis à Molėtai, remportant les deux batailles. Toutefois, Dembiński parvint à s’échapper à chaque fois et finit par atteindre Varsovie après de nombreuses péripéties[17]. En octobre, après avoir « pacifié » le district d’Augustów, il rentra en Russie[18].
Le , il fut promu général d’infanterie et nommé simultanément membre du Bureau central de révision des comptes du ministère de la Guerre. Le tsar Nicolas Ier le récompensa d’une prime exceptionnelle de 15 000 roubles et fit annuler ses dettes envers l’État, s’élevant à 21 000 roubles[3].
Famille et mort
Il mourut à Saint-Pétersbourg le et fut inhumé au cimetière Smolensk. De son mariage avec Ljudviga Dunkel, il eut une fille, Catherine (1803–1875), et un fils, Alexandre (1817–1861)[3].
Notes et références
- (ru) Портрет Еремея Яковлевича Савоини (1776-1836) (lire en ligne)
- (it) Mario Corti, Geremia Savoini, , 47 p. (lire en ligne), p. 4
- (ru) « Савоини, Еремей (Иероним) Яковлевич, Русский биографический словарь. Том 18 - А.А. Половцов | часть 61 из 667 », sur azbyka.ru (consulté le )
- ↑ (it) Mario Corti, Geremia Savoini, , 47 p. (lire en ligne), p. 15
- ↑ (it) Mario Corti, Geremia Savoini, , 47 p., p. 15
- (it) Mario Corti, Geremia Savoini, , 47 p. (lire en ligne), p. 16
- « Савоини Еремей Яковлевич », sur runivers.ru (consulté le )
- ↑ (it) Mario Corti, Geremia Savoini, , 47 p. (lire en ligne), p. 17
- (it) Mario Corti, Geremia Savoini, , 47 p. (lire en ligne), p. 18
- (it) Mario Corti, Geremia Savoini, , 47 p. (lire en ligne), p. 20
- (it) Mario Corti, Geremia Savoini, , 47 p. (lire en ligne), p. 22
- ↑ (it) Mario Corti, Geremia Savoini, , 47 p. (lire en ligne), p. 38
- ↑ (it) Mario Corti, Geremia Savoini, , 47 p. (lire en ligne), p. 39
- ↑ (it) Maio Corti, Geremia Savoini, , 47 p. (lire en ligne), p. 41
- (it) Mario Corti, Geremia Savoini, , 47 p. (lire en ligne), p. 42
- ↑ (ru) Денис Балух, Одесса, которую мы забываем - vol. 1: Исторические очерки в 2-х книгах, Оптимум, (ISBN 978-966-344-235-8, lire en ligne), p. 83
- ↑ (it) Mario Corti, Geremia Savoini, , 47 p. (lire en ligne), p. 44
- ↑ (it) Geremia Savoini, , 47 p. (lire en ligne), p. 46
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