Germaine Joumard
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| Directrice artistique | |
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(à 57 ans) 8e arrondissement de Paris |
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Germaine Paule Joumard |
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Joujou |
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Germaine Joumard, ou Germaine Paule Joumard connue sous le diminutif Joujou[1], est une artiste-peintre, illustratrice de mode et directrice de la rédaction de revues de mode française, née à Retournac (Haute-Loire) le et morte le à Paris (8e arrondissement). D'abord illustratrice de mode et portraitiste, elle dirige des revues et s'illustre ensuite dans le mouvement de l'art nucléaire en peignant à partir des premiers négatifs obtenus à l'aide d'un microscope électronique.
Biographie
Germaine Joumard nait le à Retournac (Haute-Loire)[2]. Elle est formée à l'école des beaux-arts de Lyon[3].
Illustratrice et directrice de revue de mode
Germaine Joumard commence sa carrière dans les années 1920 en tant qu'illustratrice de mode[4]. Elle est à l'origine de plusieurs revues de mode[5] qu'elle dirige et illustre, à savoir : le Très Parisien de 1920 à 1935[6], Les idées Nouvelles de la Mode de 1922 à 1929, La Mode chic à partir de 1932, ainsi que L'officiel de la couleur et des industries de la mode fondé en 1928[1],[7],[8] ,[9],[10].
Germaine Joumard signe la plupart des illustrations de ces magazines sous le pseudonyme « Joujou ». Les planches d'illustrations sont constituées de dessins reproduits au pochoir sur papier bulle et colorisés à l'aquarelle ; ils illustrent les créations des grands couturiers de l'époque comme Drecoll, Poiret, Redfern, Patou, Doucet, Lanvin, Martial et Armand ou Philippe & Gaston, et les chapeaux de Jane Blanchot[11]. La revue Très Parisien absorbe en 1932 Les idées nouvelles de la mode. En 1935 Germaine Joumard fait alterner les planches dessinées avec des photographies imprimées[1].
Outre ses illustrations pour les magazines de mode, elle contribue également avec des aquarelles à l'illustration du roman Daphnis et Chloé dans son édition en français de 1930, et au recueil de poésies Émaux et Camées, dans l'édition de 1929, ainsi qu'à un ouvrage de 1920 du Docteur Mortat intitulé Culture physique de la femme élégante[12],[13].
Peintre
Germaine Joumard est également portraitiste de femmes et d'enfants et peintre naturaliste de natures mortes et d'oiseaux. Elle expose de 1929 à 1931 à la Galerie Bernheim-Jeune et en 1938 à la galerie Charpentier où elle est saluée par la critique[2],[14],[15],[16],[17],[18],[19],[20],[21]. En 1946 elle expose des portraits d'enfants et des fleurs à la galerie Pierre Maurs avenue Matignon à Paris[22].
Après la Seconde Guerre mondiale, elle s'oriente vers l'abstraction en s'inscrivant dans le mouvement de l'art nucléaire qui développe un art en réaction à la bombe atomique[23], exposant en 1950 à la galerie Art et Lecture[24],[25],[22] et à Londres en 1954 à la galerie O'Hana[26]une série de peintures réalisées à partir des premiers négatifs obtenus à l'aide d'un microscope électronique. Cela a permis de dépasser largement un grossissement de 2000 pour atteindre un ordre de grandeur de 150 000, ouvrant ainsi un nouveau monde de microphotographie sous lumière polarisée[2]. Elle collectionne de minuscules fragments de substances courantes telles que le bois, les cristaux, le parchemin et même des gouttes de sang, les examine sous un microscope électronique, puis, inspirée par les motifs qu'elle y voit, les transfère sur la toile [27] en interprétant avec toute la richesse de couleurs de sa palette les photographies obtenues. Germaine Joumard a pu exécuter ainsi des tableaux en couleurs en suivant le canevas imposé par le microscope électronique[28].
Fin de vie
Elle meurt en son domicile de la rue François-Ier à Paris en , âgée de 57 ans[29]. Elle est inhumée à Retournac dans sa ville natale. Sa pierre tombale mentionne qu'elle est chevalier de la Légion d'honneur[30].
Conservation et postérité
Nombre de ses magazines et illustrations sont conservés dans les collections du Rijksmuseum d'Amsterdam, du Musée Galliera[31],[6], ainsi qu'à la Bibliothèque de l'Institut national d'histoire de l'art et à la Bibliothèque Forney à Paris[32]. Elle est mentionnée dans le roman de Lionel Duroy Un mal irréparable[33].
Bibliographie
- Robert Kemp, Germaine Joumard ou la peinture nucléaire, Orféa, (OCLC 25957181, SUDOC 023584920).
- Sylvie Roy, « Une histoire des revues de mode », dans Olivier Saillard, Le Bouquin de la mode, Bouquins, (lire en ligne), p. 599 à 624.
- Henri Temerson, Biographies des principales personnalités françaises décédées au cours de l'année 1956, Paris, Hachette, (OCLC 490006512, SUDOC 007361068), p. 78.
Références
- « Les Idées nouvelles de la mode », sur Palais Galliera (consulté le ).
- (en) « Germaine Joumard », extrait de la notice dans le dictionnaire Bénézit
, sur Oxford Art Online, (ISBN 9780199773787).
- ↑ Gaston Joubert (notice : Germaine-Paule-Jeanne Joumard), Dictionnaire biographique de la Haute-Loire, Yssingeaux, Per Lous Chamis, (OCLC 470180617, BNF 39231771, SUDOC 025778250), p. 214.
- ↑ (en) « Germaine Paule Joumard », sur Flashback Shop (consulté le ).
- ↑ (en) Magdalena Idem, « "Fashion Writing in Women’s Magazines of Interwar Poland: Influences of the American Press », Zeszyty Prasoznawcze, vol. 4, no 252, , p. 83-100 (lire en ligne
[PDF]).
- sur le site du Palais Galliera, musée de la Mode de la ville de Paris, « Très parisien : 1920 à 1934 », sur palaisgalliera.paris.fr (consulté le ).
- ↑ « Le chic à la française : les revues de mode des années 20 et 30 », sur Gallica (consulté le ).
- ↑ « La Mode chic / fondatrice Germaine Joumard », sur Gallica, (consulté le ).
- ↑ « L'Officiel de la couleur des textiles & des industries de la mode » (consulté le ).
- ↑ Temerson 1957.
- ↑ Sylvie Roy 2019.
- ↑ Brice Gruet, « Georges Vigarello, le corps à fleur de peau - Autour de l’exposition de la BNF », La Géographie, vol. 2, no 1569, , p. 20-25 (DOI 10.3917/geo.1569.0020, lire en ligne, consulté le ).
- ↑ (en) April Calahan, « The Fit Flapper », (consulté le ).
- ↑ (en) « Girls and Flowers abound in Joumard Art exhibit », sur Gallica, The New York herald tribune, (consulté le ), p. 5.
- ↑ « Les Arts, les expositions », sur Gallica, L'Intransigeant, (consulté le ).
- ↑ « Exposition Galerie Charpentier », .
- ↑ « Les Arts, Femmes et fleurs de Germaine Joumard », sur Gallica, L'Ordre, (consulté le ).
- ↑ « La vie des Lettres, Peintures », sur Gallica, La Liberté, (consulté le ), p. 2.
- ↑ Gabriel-Joseph Gros, « La semaine artistique par G.-J. Gros », sur Gallica, Paris-midi : seul journal quotidien paraissant à midi / dir. Maurice de Waleffe, (consulté le ), p. 2.
- ↑ Paul Sentenac, « Les peintures de Mlle Germaine Joumard », La Renaissance de l'art français et des industries de luxe, , p. 44 (ISSN 0184-7988, lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « Coup de Bichon - Les fleurs et les figures feminines de Germaine Joumard », sur Gallica, Paris-Soir , (consulté le ).
- « Exposition Germaine Joumard », Le Monde, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ (en) Michael R. Taylor, « God and the Atom: Salvador Dalí’s Mystical Manifesto and the Contested Origins of Nuclear Painting », Avant-Garde Studies, no 2, , p. 1-13. (lire en ligne
[PDF]).
- ↑ (en-US) Massimo Introvigne, « Exorcizing the Atomic Bomb Through the Arts. 2. Italy’s Nuclear Art Movement », (consulté le ).
- ↑ « La peinture nucléaire est née! : une exposition de Germaine Joumard », sur Gallica, Prestige de la qualité et de l'élégance, (consulté le ), p. 23.
- ↑ (en) Germaine Joumard, Germaine Joumard Exhibiting at Ohana Gallery, Paris Edite, (lire en ligne).
- ↑ (en) « A Paris Diary by Paul White », sur gallica.bnf.fr, Daily mail, (consulté le ), p. 2.
- ↑ Robert Keller, « On ne verra jamais les atomes », sur gallica.bnf.fr, Constellation, N° 28, (consulté le ), p. 114.
- ↑ Archives de Paris, Acte de décès (janvier-avril 1956 - février) no 140, vue 15 / 31.
- ↑ « Retournac - Cimetière - #7243808 (Noms) », sur Geneanet (consulté le ).
- ↑ « Très parisien », sur rijksmuseum.nl.
- ↑ « La Mode chic - fiche détaillée », sur bibliotheques-specialisees.paris.fr (consulté le ).
- ↑ Lionel Duroy, Un mal irréparable, Mialet Barrault, , 382 p. (ISBN 9782080438140, OCLC 1542848643, SUDOC 290548403).
Liens externes
- Archives conservées par : bibliothèque de l'Institut national d'histoire de l'art (Fonds Claude Roger-Marx, Archives 94)
- Ressources relatives aux beaux-arts :
- (en) Très Parisien. La Mode, Le Chic, L’Élégance sur Google Arts & Culture.
- G-P. Joumard sur Artvee.
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