Giloukhepa

Giloukhepa
Image illustrative de l’article Giloukhepa
Un des Scarabées commémoratifs d'Amenhotep III mentionnant son mariage avec Giloukhepa (Walters Art Museum).
Nom en hiéroglyphe
k
y
r
g
ypAB1
Transcription Kyrgypȝ
Période Nouvel Empire
Dynastie XVIIIe dynastie
Famille
Grand-père paternel Artatama Ier
Père Shuttarna II
Conjoint Amenhotep III
Fratrie Tushratta

Giloukhepa ou Gilu-Heba[note 1] est une princesse mittanienne devenue reine d'Égypte de la XVIIIe dynastie en épousant Amenhotep III.

Attestations

Giloukhepa est attestée par deux types de documents[1] :

Les scarabées portent le texte suivant[2] :

« L'an 10, sous la majesté de l'Horus « Taureau puissant, qui est apparu en tant Maât », celui des Deux Maîtresses « qui établit les lois et qui apaise aux Deux Terres », l'Horus d'or « dont la force est grande et qui a frappé les Asiatiques », le roi de Haute et Basse Egypte « Nebmaâtrê », le fils de Rê « Amenhotep, souverain de Thèbes », doué de vie ! La grande épouse royale (Tiyi), qu'elle vive. Le nom de son père est Youya, le nom de sa mère est Touya. Les prodigieuses choses amenées à Sa Majesté, vie, santé, force : La fille du Grand du Naharina Souttarna, Giloukhepa, à la tête de femmes de sa suite ; (nombre de) femmes 317. »

Généalogie

Giloukhepa est la fille du roi du Mittani, Shuttarna II, et la sœur de son successeur, Tushratta. Elle épouse Amenhotep III en l'an 10 du règne de ce dernier[3]. Aucun enfant n'est connu de cette union.

Biographie

Négociations du mariage

Dans une lettre que son frère Tushratta envoya à Amenhotep IV, fils et successeur d'Amenhotep III, il indique la chose suivante : Thoutmôsis IV (père d'Amenhotep III) demanda près de sept fois à Artatama Ier la main de sa fille, et ce n'est que lors de la septième demande et la pression associée qu'Artatama Ier accepta de lui donner la main de sa fille ; puis c'est au tour d'Amenhotep III de demander à Shuttarna II la main de sa fille (Giloukhepa) près de sept fois, et ce n'est que lors de la septième demande et la pression associée que Shuttarna II accepta de lui donner la main de sa fille ; enfin, lorsqu'Amenhotep III (à la fin de son règne) demanda à Tushratta, il accepta immédiatement[4].

Si on prend littéralement cette lettre, il a été difficile pour Shuttarna II d'accepter le mariage entre sa fille Giloukhepa et son homologue et « frère[note 3] » Amenhotep III. Cependant, tout comme pour le mariage entre Thoutmôsis IV et la fille d'Artatama Ier, les lettres transmettant ces sept demandes n'ayant pas été retrouvées, il est possible que cela ne se soit pas passé exactement comme décrit dans la lettre de Tushratta. Il aurait pu évoquer ces deux cas en les arrageant à sa manière pour se mettre en valeur en montrant qu'il aurait accepté lui-même le mariage de sa propre fille avec Amenhotep III bien plus facilement[5].

Mariage

En l'an 10 du règne d'Amenhotep III, lui et sa grande épouse royale Tiyi devaient avoir environ une vingtaine d'années. Quant à Giloukhepa, elle devait être au moins un adolescente (douze/quinze ans ?). Le convoi de la princesse était composé d'une suite de près de 317 femmes, nombre suffisamment impressionnant pour qu'Amenhotep III le dise dans les scarabées commémoratifs, mais également d'un nombre important d'animaux (bêtes de somme, montures, ou denrées conseommables en chemin ; certains récits parlant de troupeaux de plus de 500 bêtes, principalement des bovinés) et bien sûr d'un corps d'armée et des émissaires d'Amenhotep III[1].

Le voyage a dû durer près de deux mois et demi et traverser l'ensemble du Proche-Orient, le Sinaï et le Delta avant d'arriver à la capitale royale égyptienne. Ce chemin n'était pas si sûr, ce qui explique la présence du corps d'armée protégeant le convoi[1].

Après le mariage

Giloukhepa ne sera jamais grande épouse royale et reste une épouse secondaire. On ne connaît pas d'enfant issu de cette union, pas plus de sépulture, même si, comme le montre l'exemple des épouses syriennes Manheta, Manouai et Marouti, elle devait en avoir bénéficié.

Giloukhepa ne sera attestée à partir de là que dans les lettres diplomatiques que son frère Tushratta envoya. Il lui fit parvenir notamment des produits du Mittani, lui permettant ainsi de se parfumer et de se vêtir à la mode asiatique du moment. Au fil des ans, cependant, le roi parla de moins en moins de sa sœur ; s'il demande de temps en temps de ses nouvelles, le principal sujet de discussion de ses lettres devient le second mariage diplomatique entre Amenhotep III et une femme de la famille royale mittanienne, en l'occurence la nièce de Giloukhepa et fille de Tushratta, la princesse Tadukhipa, qui eut lieu vers la fin du règne d'Amenhotep III[6].

Notes et références

Notes

  1. ou Giloukepa, Gilukhipa, Kilukhepa, Kiluchepa, Kirgipa en égyptien - Kyrgypȝ, ou plus probablement Kilu-Hepa en langue hourrite et Ke-lu-He-pa-at en akkadien.
  2. Référencé Berlin 11 002
  3. Les grands rois de la période s'appelaient mutuellement « mon frère » dans les lettres diplomatiques.

Références

  1. Cabrol 2000, p. 130-131.
  2. Cabrol 2000, p. 130.
  3. Cabrol 2000, p. 129-131.
  4. Cabrol 2000, p. 49.
  5. Cabrol 2000, p. 48-49.
  6. Cabrol 2000, p. 131.

Bibliographie

  • (en) C. Blankenberg van Delden, « More Commemorative Scarabs of Amenhotep III », JEA, no 62,‎ , p. 74-80 ;
  • Agnès Cabrol, Amenhotep III : Le Magnifique, Editions du Rocher, , 480 p. (ISBN 978-2-2680-3583-3).
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