Giovanni Battista Camozzi
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Giovanni Battista Camozzi (né à Asolo en 1515 et mort à Rome le ) est un philosophe, humaniste et philologue italien. Il fut principalement actif en tant qu'éditeur, traducteur et commentateur de textes grecs de philosophie naturelle, se consacrant particulièrement à l'œuvre d'Aristote et de ses exégètes[1].
Biographie
Né à Asolo en 1515, Camozzi est issu d'une famille d'origine piémontaise établie dans la région de Trévise au début du XVe siècle. L'un de ses ancêtres, Giovanni Francesco Camozzi, avait enseigné la grammaire dans cette même ville. Les données relatives à ses parents et à son enfance demeurent lacunaires ; on sait seulement qu'il eut un frère, également nommé Giovanni Francesco[1].
L'essentiel des informations sur sa formation provient des écrits de son contemporain Jacques-Auguste de Thou. Camozzi étudie à l'Université de Bologne, se consacrant d'abord à la médecine avant de s'orienter vers la philosophie. Bien que ses biographes lui attribuent la maîtrise de plusieurs langues orientales, l'étendue réelle de ces connaissances n'est pas documentée[1]. Sa rencontre avec Ludovico Boccadiferro, professeur de philosophie à Bologne entre 1527 et 1545 et spécialiste d'Aristote, s'avère déterminante. L'influence de ce maître est confirmée par l'oraison funèbre que Camozzi composa à sa mort en 1545.
Au terme de ses études, il demeure à Bologne où il enseigne la rhétorique durant l'année académique 1549-1550. Sous le pontificat de Jules III, il est nommé professeur de philosophie au sein de l'école espagnole de la ville. Par la suite, sous le règne de Paul IV, il exerce des fonctions d'enseignement à l'Université de Macerata[1].
La phase finale de sa carrière se déroule à Rome, où il est appelé par Pie IV. Selon les premières sources biographiques, il aurait été chargé de traduire les œuvres des Pères de l'Église grecs. Toutefois, à l'exception d'une version de Théodoret de Cyr, il n'existe aucune preuve matérielle d'une activité soutenue dans le domaine de la patristique, ni de fonctions académiques précises occupées dans la cité papale[1].
Camozzi s'éteint le . Il laisse un fils, Timoteo, à qui l'on attribue un commentaire sur le De piscibus de Théophraste, ouvrage mentionné par les sources mais aujourd'hui considéré comme perdu[1].
Œuvres
Giovanni Battista Camozzi est principalement reconnu pour son activité éditoriale et ses travaux d'exégèse portant sur les traités grecs de sciences naturelles. Son œuvre se concentre sur le corpus aristotélicien, les écrits de Théophraste ainsi que sur les commentaires produits par les traditions tardo-antique et byzantine.
Ses principales publications, parues pour l'essentiel à Venise durant la première moitié du XVIe siècle, comprennent :
- Aristotelis opera omnia cum Theophrasti Historia plantarum, Venise, 1551–1553. Édition grecque des œuvres d'Aristote accompagnée de l'Historia plantarum de Théophraste[1].
- Commentarii in primum Metaphysices Theophrasti libros tres, Venise, 1551. Commentaire en grec des trois premiers livres de la Métaphysique de Théophraste, visant à expliciter les fondements ontologiques de la pensée péripatéticienne[1].
- Olympiodori philosophi Alexandrini in Meteorologica Aristotelis commentarii, una cum Ioannis Philoponi scholiis, Venise, 1551. Édition bilingue (grec et latin) des commentaires d'Olympiodore le Jeune aux Météorologiques d'Aristote, enrichie des scolies de Jean Philopon. Cette œuvre joua un rôle déterminant dans la diffusion de l'exégèse néoplatonicienne tardive[1].
- Michaelis Pselli commentarii in Aristotelis libros de Physica auscultatione, Venise, 1554. Traduction latine des commentaires de Michel Psellos sur la Physique d'Aristote, conçue pour introduire la médiation philosophique byzantine auprès des érudits occidentaux[1].
- Alexandri Aphrodisiensis in quattuor libros Meteorologicorum Aristotelis commentarii, Venise, 1556. Traduction latine des commentaires d'Alexandre d'Aphrodise sur les traités météorologiques d'Aristote, fondamentale pour la transmission de l'interprétation péripatéticienne classique à la Renaissance[1].
- Theodoretus Compilator, seu multifarius libellus, interprete Ioanne Baptista Camotio, Venise, s.d. Traduction latine d'un ouvrage de Théodoret de Cyr, attribuée à Camozzi. Il s'agit de la seule œuvre patristique documentée imputable avec certitude à l'auteur[1].
Références
- Istituto dell'Enciclopedia Italiana, « Giovanni Battista Camozzi », Dizionario Biografico degli Italiani, (consulté le ).
Liens externes
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