Giovanni Battista Pozzi (militant)

Giovanni Battista Pozzi
Giovanni Battista Pozzi en 1921.
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Activité
Conjoint
Giovannina Rizzoli
Enfant
Nereo Giovanni Leonida
Autres informations
Mouvement

Giovanni Battista Pozzi, né le à Lecco et mort en 1944 à Milan, est un militant et syndicaliste italien.

Socialiste révolutionnaire et militant syndicaliste, il soutient l'interventionnisme durant la Première Guerre mondiale, participe activement à l'occupation de l'usine de Dalmine en et, le même mois, à la fondation du mouvement fasciste Piazza San Sepolcro. Devenu vite critique à l'égard du fascisme, il continua son militantisme syndical avant de se retirer de la vie politique durant le Venntenio.

Biographie

Militantisme socialiste et syndicaliste à Bergame

Né en 1881 dans la ville de Lecco, Giovanni Battista Pozzi quitta sa ville natale en 1901 pour Bergame où il travaille pour la firme Locatelli-Urgnani[1]. De convictions socialistes mais surtout syndicaliste actif, il adhère à la Chambre du Travail locale, où il siège à son comité de contrôle, poste qu'il quitte en 1904 en raison de graves dysfonctionnements au sein de l'institution[1].

Ayant par la suite rejoint le Groupe de Bergame pour la propagande socialiste (Gruppo bergamasco per la propaganda socialista), il défend alors avec ses camarades des positions révolutionnaires très proches des celles exprimées par l'Union italienne des syndicats[1]. En , il participa activement à la controverse qui secoua le Parti socialiste de Bergame suite à la position intransigeante du député socialiste Federico Maironi, contre la grève générale, position contre laquelle l'aile révolutionnaire du parti (dont Pozzi faisait également partie) prit des mesures sévères. Décrit « d'un caractère terrible et brutal, socialiste révolutionnaire et propagandiste dangereux » par la police, celle-ci le constate « très abattu » après les élections de , où les socialistes obtinrent 5,7 % des voix[1].

En 1906, il s'installa à Redona tout en continuant de fréquenter Bergame où il travaillait. Ne faisant plus parler de lui, le dossier de la police établi sur son compte comporte une lacune chronologique entre 1907 et 1922, correspondant aux années décisives de la transition progressive de Pozzi vers des positions nationalistes puis fascistes[1].

Interventionnisme, Dalmine et fascisme

Lors de la Première Guerre mondiale, il prit clairement position en faveur de l'interventionnisme révolutionnaire prôné par Filippo Corridoni. Le , il fit parti des sansepolcristes de Bergame qui participèrent à la fondation du mouvement fasciste. Engagé comme employé aux usines Dalmine, président de l'APIAP (Association provinciale des employés des entreprises privées), il participa à la grève et à l'occupation des usines à partir du [1], avec Ferruccio Malvezzi et quelques autres, et publia en 1921 ses souvenirs intitulés La prima occupazione operaia della fabbrica in Italia nelle battaglie di Dalmine, recueil de documents et de réflexions, dédié à la mémoire de Filippo Corridoni[1], et dans lequel il critiquait notamment les nouvelles orientations du fascisme :

« Il manquait alors peu de jours à la première assemblée nationale et constitutive des “Fasci Italiani di Combattimento” : 23 mars 1919. Le 20 mars, Benito Mussolini arriva à Dalmine ; il parla à 13 heures dans la cour de la maison Colleoni [à Dalmine], où se trouvait le siège de l’Unione Sindacale, c’est-à-dire de la section dalminoise de l’Unione Italiana del Lavoro. […] Même le “fascisme”, qui voulait être un antiparti dans le but de valoriser en profondeur la guerre victorieuse italienne, malgré ses bonnes intentions initiales, devint “parti”, une “faction” et pire : le parti et la faction du mélange le plus hétérogène et le plus pléthorique qui pût se former entre intellectuels dégénérés et malades, bourgeois et agrariens enragés et furieux, avec un mélange de prolétaires ennemis d’eux-mêmes, et il réussit à donner les forces de la cantharide [un coléoptère utilisé dans l’Antiquité comme énergisant et aphrodisiaque] à la bourgeoisie la plus vile et la plus molle qui existât : la bourgeoisie ploutocratique italienne. Mais puisque, malgré tout, le mouvement des travailleurs est une réalité et que les querelles des partis ou des prétendus antipartis en sont le contraire, de ce glorieux mouvement ouvrier et de l’esprit de génie italianité qui l’a scellé, sont venus des phares de lumière, des enseignements, des avertissements, des exemples et des incitations qui ont rapidement porté leurs fruits : Dalmine, terre italienne, de spéculation allemande et d’Italiens germanisants, a été le théâtre singulier d’une série de faits syndicaux, ouvriers et employés, intimement liés entre eux par le plus sain esprit patriotique et idéalisés, animés par des hommes à l’âme éminemment italienne et libre, syndicaliste et révolutionnaire, des faits qui transcendèrent les lieux et les temps dans lesquels ils s’accomplirent, et qui avertiront quiconque travaille et produit, avec le bras et avec la pensée, de persévérer sur la voie âpre mais salutaire des pionniers de Dalmine. »[2]

Lors de l'occupation, Pozzi fut élu au Conseil d’usine avec 1 712 voix, le maximum des voix parmi ouvriers et employés mais ne put rien faire face à la répression par les autorités le [2] et fut licencié à l'issue des événements.

Couverture du livre La prima occupazione operaia della fabbrica in Italia nelle battaglie di Dalmine.

Fin 1922, il fit partie du Comitato per la Costituente sindacale à Milan, aux côtés de Rinaldo Rigola, Alceste De Ambris, Angelo Oliviero Olivetti, Ettore Gaetani, Guido Galbiati et Renato Ronzani[1], en vu d'élaborer une série de propositions inspirée de la Charte du Carnaro, prônant la valorisation de la nation et l'indépendance du syndicat vis-à-vis de tout parti politique.

Vie sous le régime

En , il habitait au 37, Via Loreto et travaillait temporairement pour le cabinet d'avocats d'Alfonso Vajana. D'après les officiers Sante Jacobazzi, Tito Calanca et Luigi Guidolotti, il professait constamment des positions socialistes révolutionnaires, rencontrant fréquemment des personnes partageant les mêmes convictions et se livrant discrètement à la propagande du parti[1]. En , il fut engagé par la Società Anonima Poste Pneumatiche à Milan. Dans une note adressée au commissaire de police le , le commandant de la compagnie des Carabiniers de Città Alta, Armando Calabrò, tout en signalant sa bonne conduite morale, notait que Pozzi « avait eu par le passé des tendances subversives[1]. Ayant par la suite changé d'avis, il ne suscitait plus de critiques politiques, et même les fascistes de Longuelo ne le considéraient plus comme subversif, au point d'autoriser ses deux fils à rejoindre leur parti »[1].

Le , il s'installa avec sa famille à Milan où il travailla pour la Società Anonima Poste Pneumatiche et fut, le , radié du registre des personnes subversives de Bergame trois jours plus tard, le [1]. Il mourut en 1944 juste après avoir adhéré à la République sociale italienne (RSI)[3].

Publications

Notes et références

  1. « Pozzi Giovanni Battista », sur Archivio di Stato di Bergamo : L'anagrafe dei sovversivi bergamaschi 1903-1943 (consulté le )
  2. « GB Pozzi, L’occupazione della fabbrica di Dalmine, 1919-1920 », sur Dalmine – Fonti e documenti : Archivi, ricerche, immagini, video, libri e bibliografia per la storia di Dalmine, (consulté le )
  3. ↑ Claudio L. Pesenti, « Dalmine negli anni 1918-1920 », Associazione Storica Dalminese,‎ (lire en ligne)

Sources

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