Gomphus crassipes

Chanterelle à chair violette

Gomphus crassipes
Description de cette image, également commentée ci-après
Chanterelle à chair violette
Classification GBIF
Règne Fungi
Embranchement Basidiomycota
Classe Agaricomycetes
Ordre Gomphales
Famille Gomphaceae
Genre Gomphus

Espèce

Gomphus crassipes
(Kuntze) Maire 1937

Gomphus crassipes, la Chanterelle à chair violette, est une espèce de champignons basidiomycètes (classe des Agaricomycetes, ordre des Gomphales), de la famille des Gomphaceae. C'est une espèce méditerranéenne rare qui est caractérisée par sa chair violette et son affiliation aux cèdres et aux pins.

Nomenclature

Le nom correct complet (avec auteur) de ce taxon est Gomphus crassipes (Kuntze) Maire[1],[2].

L'espèce a été initialement classée dans le genre Merulius sous le basionyme Merulius crassipes Kuntze[1].

Synonymes

Gomphus crassipes a pour synonymes[1] :

  • Cantharellus crassipes L.M.Dufour
  • Merulius crassipes Kuntze
  • Neurophyllum crassipes (Kuntze) Maire

Noms vulgaires et vernaculaires

Ce taxon porte en français le nom vernaculaire ou normalisé suivant : Chanterelle à chair violette[3].

Description du sporophore

Son chapeau est turbiné, très charnu et robuste, mesurant de 8 à 15 cm. Il est convexe irrégulier, d'abord plus ou moins convexe, puis s'étirant jusqu'à devenir aplati, tronqué, voire légèrement déprimé à l'extrémité. Sa cuticule est sèche, feutrée et glabre, craquelée par temps sec, voire squameuse, elle est de couleur crème-beige[4] à roussâtre olivacé[3], jaunâtre brunâtre dans certaines zones, plus foncée chez les spécimens imbibés, de couleur violette avec des nuances plus ou moins brun ocre chez les spécimens matures ou vieux. Le bord est ondulé, lobulé et craquelé, plus ou moins épais et incisé[4].

L'hyménophore est de couleur violette[4], violet nuancé de gris argillacé[3], virant au brun au toucher, formé de plis longitudinaux très marqués, anastomosés, décurrents jusqu'à presque la base du stipe. Il est formé de plis sur toute sa longueur, décurrents sur le pied jusqu'à quasiment la base, ces plis sont très anastomosés, se rejoignant à plusieurs reprises[4].

Son stipe est légèrement excentré et relié au chapeau de manière continue. Il est court, subcylindrique à tronconique, de la même couleur que l'hyménophore, dont la base est arrondie, subtomenteuse et plus claire que l'hyménophore. Il mesure 6 à 14 x 1,3 à 2,5 cm, il est épais dans la partie supérieure, s'amincissant vers la base, dur et massif, caverneux à l'extrémité, avec une base plus claire et parfois une présence notable de cordons mycéliens blancs[4].

La chair est compacte, fibreuse, lisse, dure, blanche marbrée avec des veines, des taches ou des nuances violettes réparties régulièrement, plus foncées sur des sporophores frais et humides, qui s'éclaircissent chez les sporophores plus secs. La base du pied ne présente généralement pas ces nuances violettes, ou du moins pas aussi intenses. On observe des teintes paille dans les zones larvées, ce qui est assez fréquent. Son odeur est fongique peu prononcée, agréable, légèrement parfumée et sa saveur est fade à légèrement sucrée, un peu écœurante[4].

Caractéristiques microscopiques

Ses spores sont elliptiques à fusoïdes, grossièrement verruqueuses, mesurant 12 à 14,5 x 5,5 à 6 µm[3]. Les basides sont généralement tétrasporiques et occasionnellement bisporiques, très longs, longuement claviformes, fibulés, Me = 81,5 x 9,9 µm. Le système hyphal est monomitique, avec des fibules présentes partout, Me = 4,6. Les hyphes terminales de la cuticule sont avec fibules, Me = 2,8[4].

Habitat et distribution

C'est une espèce méridionale peu fréquente à très rare[3], limitée aux forêts anciennes de conifères oroméditerranéennes, sur sol calcaire sous le Cèdre de l'atlas (Cedrus atlantica) et aussi sous le Pin maritime (Pinus pinaster), le Pin sylvestre (Pinus sylvestris), le Pin de Salzmann (Pinus nigra subsp. salzmannii)[5] et le Pin noir (Pinus nigra), pouvant être en compagnie du Buis commun (Buxus sempervirens) et du Chêne faginé (Quercus faginea), poussant isolée ou en petits groupes, en automne et en hiver[4]. Elle est menacée au Maroc et en Algérie en raison de la régression de son habitat[5].

On la retrouve en Algérie, en Espagne, en France, en Grèce et au Maroc[5],[6].

Comestibilité

Elle est probablement comestible au même titre que G. clavatus, mais sa grande rareté ne lui octroie pas de pertinence alimentaire et doit de toute façon inciter à ne pas la cueillir à des fins de consommation afin de la protéger.

Confusions possibles

La couleur de la chair à la coupe, avec ses spectaculaires nuances lilas, la distingue parfaitement de la Chanterelle violette (Gomphus clavatus), dont la chair est blanche ou crème pâle, constante et uniforme, et auquel elle ressemble beaucoup. De plus, la forme du chapeau est clairement convexe, tandis que chez G. clavatus, les bords ont tendance à s'élever, présentant une surface clairement concave, bien que le centre soit légèrement surélevé. Microscopiquement, il n'y a pas de différences très marquées entre les deux espèces[7].

Liens externes

Notes et références

  1. GBIF Secretariat. GBIF Backbone Taxonomy. Checklist dataset https://doi.org/10.15468/39omei accessed via GBIF.org, consulté le 24 février 2026.
  2. (en) « Species Fungorum - Species synonyms », sur Species Fungorum (consulté le )
  3. « MycoDB : Fiche de Gomphus crassipes », sur www.mycodb.fr (consulté le )
  4. « Bot Verification », sur avelinosetas.info (consulté le )
  5. « Gomphus crassipes », sur redlist.info (consulté le )
  6. « Gomphus crassipes (Kuntze) Maire », sur www.gbif.org (consulté le )
  7. (es) « Gomphus crassipes » Accès libre [PDF], sur micobotanicajaen.com
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