Gonneville
| Gonneville | |
Le château. | |
| Administration | |
|---|---|
| Pays | |
| Région | Normandie |
| Département | Manche |
| Arrondissement | Cherbourg |
| Intercommunalité | Communauté d'agglomération du Cotentin |
| Statut | Ancienne commune |
| Code postal | 50330 |
| Code commune | 50209 |
| Géographie | |
| Coordonnées | 49° 38′ 07″ nord, 1° 28′ 24″ ouest |
| Altitude | Min. 52 m Max. 156 m |
| Superficie | 15,36 km2 |
| Élections | |
| Départementales | Val-de-Saire |
| Historique | |
| Intégrée à | Gonneville-Le Theil |
| Localisation | |
Gonneville est une ancienne commune française du département de la Manche et la région Normandie, devenue le une commune déléguée au sein de la commune nouvelle de Gonneville-Le Theil[1]. Ce statut est supprimé lors du renouvellement du conseil municipal en 2020[2].
Géographie
L'ancienne commune, qui se trouve à proximité de la ville Cherbourg-en-Cotentin, est limitée au sud par la Saire, à l'est le ruisseau de la Fontaine qui la sépare de Théville, au nord, celle limite passe à travers la lande où a été établi l'aéroport, et à l'ouest par le ruisseau du Pas Vastel qui la sépare de Digosville.
Urbanisme
Le territoire communal est composé, du château et de l'église située en face et qui forment le village de l'Église, le noyau historique, et, un habitat très dispersé, avec de nombreux hameaux et lieux-dits : la vallée, les Aulnays, Le Maresquier, Hameau Pinabel, etc.
Toponymie
Le nom de la localité est attesté sous les formes Gunnovilla en 1106-1107 (d'après cartulaire de Montebourg)[3], Gonnovilla en 1154 (Notes Delisle)[3],[4], et Gonnouvilla en 1271 (cartulaire de Montebourg, f° 73)[3],[5].
Il s'agit d'un « domaine rural de Gunnulf », nom d'homme scandinave[3],[4], comprendre Gunnulfr / GunnulfR[6], accusatif Gunnulf. Il existe aussi une variante Gunnólfr[6]. Cet anthroponyme se perpétue dans le patronyme Gounouf en usage dans le Cotentin, avec la terminaison -ouf issue ou renforcée par le nom commun vieux norrois ulfr « loup » et caractéristique de cette région (Ingouf, Renouf, Burnouf, Ernouf, Surcouf, , etc.).
Histoire
Protohistoire
Sur le territoire communal on a découvert de nombreuses haches de bronze[7] attestant d'une occupation ancienne.
Antiquité
Une voie romaine (voie antique du cap Lévi à la forêt de Barnavast) passait au nord, au Hamel les Ronches (actuelle D 901). M. de Gerville y a trouvé de nombreux fragments de tuiles romaines. Le lieu-dit le Castelet situé à 130 mètres d'altitude laisse supposer à un lieu anciennement fortifié[8].
Moyen Âge
La seigneurie de Gonneville, qui relevait de l'baronnie de Néhou[9], est mentionnée dans l'acte de donation daté de 920, qu'en fait Richard de Saint-Sauveur à son fils Néel. Elle est élevée plus tard au titre de marquisat. En 1090, Guillaume de Reviers, qualifié de seigneur du lieu et premier abbé de Montebourg, donne le patronage et les dîmes à ladite abbaye[10]. Vers la même époque, un Hugo, chevalier du comte de Gloucestre [sic], est présenté comme seigneur de Gonneville, et un Hamelin de Goneville tenait de ce seigneur « feodum 1 militis »[10].
Jean sans Terre réside à Gonneville en et c'est de Gonneville qu'il rentre en Angleterre le [11],[12].
En 1417, Gonneville a pour seigneur Robert de Montauban[13].
Temps modernes
En 1527, Catherine de Montauban vend la seigneurie de Gonneville, avec celle de Quinéville, à Jean Laguette, secrétaire et notaire du roi. En 1546, celui-ci fait aveu au roi du plein fief de Gonneville et Fermanville[14],[Note 1].
La terre de Gonneville était également, pour moitié, la propriété de Jean de Pirou seigneur de Fermanville[14],[Note 2].
En 1567, Ollivier de Pirou, écuyer, sieur de Beaumont à Néville, de Fermanville, de Mangneville à Cosqueville, de Gonneville, de Maupertus et de Rideauville, est taxé pour ces fiefs de 134 livres dans le rôle des nobles et roturiers, au titre du ban et de l'arrière ban de la vicomté de Coutances, réalisé par Gilles Dancel, seigneur d'Audouville, lieutenant général du bailli de Cotentin, tenu à Coutances les -. Le fief de Gonneville, plein fief de haubert tenu du roi, avait des extensions Carneville, Maupertus, Le Theil, Bretteville, Brillevast et Cosqueville[15].
C'est à Gonneville, au hameau Lemaresquier, que François de la Cour du Tourps, chef des Ligueurs, fut tué par les gens du roi de France, dans la nuit du [16].
Dans le rôle de la noblesse du grand bailliage du Costentin, dressé en 1640, il est précisé par les enquêteurs que sur les douze écuyers de la paroisse appartenant à la même famille d'Aboville, tous sont qualifiés successivement « d'homme pauvre et de peu de considération »[17].
Révolution française et Empire
Pendant la Révolution française, l'arbre de la liberté de la commune sera mutilé à quatre reprises[18].
Époque contemporaine
La commune est titulaire de la croix de guerre 1939-1945 par décret du [19].
Les forges de Gonneville
Gilles de Gouberville (1521-1578), sieur du Mesnil-au-Val est le témoin du développement des grandes forges de Gonneville[20],[Note 3], créées à l'initiative du vicomte de Valognes, Thomas Laguette et de son frère Jean[21], seigneur et patron de la paroisse[Note 4], et qui fonctionneront jusqu'à la Révolution. En 1797, le propriétaire, Jean Dauphin fera construire sur leur emplacement une filature qui emploiera jusqu'à une centaine d'ouvriers[23],[Note 5], 128 ouvriers en 1838. L'établissement avait été acheté en 1816 par M. François-Philippe Sellier, et l'un de ses fils, François-Édouard, y apportera des perfectionnements. En 1819, la filature obtient une médaille à l'Exposition Générale à Paris et des mentions honorables aux expositions suivantes[8]. En 1888, la filature est transformée par son propriétaire Paul Fleury, après la crise cotonnière, pour transformer la pierre d'amiante en fil qui servit à fabriquer du papier, du carton, du tissu et des matelas incombustibles. Après la Première Guerre mondiale, l'usine est remplacée par une scierie, et de nos jours par une pisciculture[24].
Politique et administration
Population et société
Les habitants sont appelés les Gonnevillais.
Démographie
En 2018, la commune comptait 879 habitants. Depuis 2004, les enquêtes de recensement dans les communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans (en 2007, 2012, 2017, etc. pour Gonneville[30]) et les chiffres de population municipale légale des autres années sont des estimations[Note 6].
Économie
Une partie de l'aéroport de Cherbourg - Manche est située sur la commune.
Culture locale et patrimoine
Lieux et monuments
- Château de Gonneville : donjon carré du XIVe siècle et tours circulaires, logis du XVIIIe siècle, résidence de la famille de Barthès de Montfort, inscrit en 1972 aux monuments historiques[33]. Le château qui a joué un rôle pendant les Guerres de la Ligue fut en partie démoli au XIXe siècle dans l'espoir d'y trouver un trésor[11]. Chêne-liège classé arbre remarquable.
- Ferme de l’Étang. Propriété ayant appartenu à la famille Lenoir du XVIe au XVIIIe siècle. Bernardin Lenoir fut le capitaine de la paroisse de Gonneville au XVIIIe siècle. Le logis possédait autrefois une tour d’escalier.
- Église Saint-Martin des XVe, XVIIIe – XIXe siècle, inscrite en 1972 aux monuments historiques[34]. Elle abrite une statue de saint Antoine du XVe, les groupes sculptés : Charité de saint Martin du XVe et saint Gilles et sa biche du XVIe, ainsi qu'un maître-autel du XVIIIe, classés au titre objet aux monuments historiques[35].
- Ancien presbytère construit à l'initiative du curé de Gonneville, Jean Le Cartel. Sur les linteaux de la fenêtre et de la porte centrale, on lit : Pasce oves Dei — Pascite gregrem Dei, 1680[22].
- Traces de voie romaine au lieu-dit Hamel-ès-Ronches qui allait du cap Lévi à la forêt de Barnavast.
- Étang de Gonneville d'une superficie de huit hectares, près du bois de Blanqueville. Il a été constitué par un élargissement du cours d'eau agrandi au moment de la création d'une filature afin d'assurer un débit suffisant à une chute d'eau et actionner une turbine[24].
- Fontaine Saint-Clair, dans le bois de Barnavast, dont les eaux guériraient les affections de la vue, lieu d'un pèlerinage local[36].
- Aéroport de Cherbourg - Manche situé en partie sur la commune.
- Bois de Blanqueville (Blanchevilla[37]), au sud-est, vestige de la grande forêt qui recouvrait le nord-Cotentin au Moyen Âge.
- Lavoir aux Aulnays.
Personnalités liées à la commune
- La famille d'Aboville est originaire de Gonneville.
- Bernard Jacqueline, prêtre, curé de Gonneville de 1947 à 1951.
Héraldique
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Les armes de la commune de Gonneville se blasonnent ainsi :
|
Voir aussi
Bibliographie
- Jeannine Bavay, « Gonneville », Vikland, la revue du Cotentin, no 5, avril-mai-juin 2013, p. 18-29 (ISSN 0224-7992).
- Daniel Delattre et Emmanuel Delattre, La Manche les 602 communes, Grandvilliers, Éditions Delattre, , 280 p. (ISBN 978-2-9159-0709-4), p. 94.
- René Gautier et al. (préf. Jean-François Le Grand, postface Danièle Polvé-Montmasson), 601 communes et lieux de vie de la Manche : Le dictionnaire incontournable de notre patrimoine, Bayeux, Éditions Eurocibles, coll. « Inédits & Introuvables », , 704 p. (ISBN 978-2-35458-036-0), p. 223.
- Maurice Lecœur (photogr. Christine Duteurtre), Val de Saire, Isoète, , 173 p. (ISBN 978-2-9139-2076-7), p. 36.
- Edmond Thin, Le Val de Saire : Trésors d'un jardin du Cotentin sur la mer, Éditions OREP, , 165 p. (ISBN 978-2-915762-82-2), p. 104-107.
Articles connexes
Liens externes
- Archives conservées par : archives départementales de la Manche (306 ED, ead_ir_consult2.php?ref=FRAD050_CC_2013&le_id=761)
- Ressources relatives à la géographie :
- Résumé statistique de Gonneville sur le site de l'Insee
Notes et références
Notes
- ↑ Les archives de la Manche conserve une copie de cet aveu (cote 2 J 1027) : « Copies de pièces concernant les propriétés de Jean Laguette et Marie Saligot, son épouse : maisons à Paris, Milly-sur-Marne, droits et terres à Dampmartin, Guasteville (Gatteville ?), Gonneville, ferme des Flouettes à Tourlaville, terres à Quinéville et au Molay-Bacon, terre et seigneurie de Bellanville et Cosqueville, fief de la Varengerie à Turquethéville (1555-1588) »[14].
- ↑ Jean de Pirou avait pour beau-père, Jean Ferey, sieur de Durescu[14].
- ↑ Le , le sire de Gouberville note dans son journal : « je m'en allé aux forges de Gonneville, où je commandé qu'on me fit ung esseul en fer pour un chariot à chevaulx. je donne cinq sols aux compagnons, et promis à Gros Jehan, marteleur, un boisseau de froment pour qu'il me feist à demain un bon esseul. ».
- ↑ Au XVIe siècle, la famille de La Guette se montra généreuse envers les églises. Thomas fit des fondations importantes et son frère Jean fit construire le chœur gothique de l'église de Gonneville[22].
- ↑ Selon l'enquête industrielles de 1841 réalisée par l'Association Normande[23].
- ↑ Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant à l'année 2006, première population légale publiée calculée conformément aux concepts définis dans le décret no 2003-485 du 5 juin 2003, et les années correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.
Références
- Altitudes, coordonnées, superficie : répertoire géographique des communes 2014 (site de l'IGN, téléchargement du 1er mars 2015)
- ↑ « Recueil des actes administratifs de la Manche » (consulté le ).
- ↑ Mention de la mairie.
- François de Beaurepaire (préf. Yves Nédélec), Les Noms des communes et anciennes paroisses de la Manche, Paris, A. et J. Picard, (ISBN 2-7084-0299-4, OCLC 15314425), p. 124
- Jeannine Bavay, « Gonneville », dans Jeannine Bavay, Georges Bernage, Bruno Centorame, Châteaux et manoirs du Val-de-Saire : La côte nord, de Tourlaville à Barfleur, t. 1, Valognes, Éditions Heimdal, , 112 p. (ISBN 978-2-84048-634-3), p. 16.
- ↑ Georges Bernage, « Les Vikings du Sarnes », Vikland, la revue du Cotentin, no 5, avril-mai-juin 2013, p. 8 (ISSN 0224-7992).
- GunnulfR sur Nordic Names (lire en anglais) [1]
- ↑ Thin, Le Val de Saire, p. 12.
- Edmond Thin, « Promenade archéologique », Vikland, la revue du Cotentin, no 5, avril-mai-juin 2013, p. 18 (ISSN 0224-7992).
- ↑ Florence Delacampagne, « Seigneurs, fiefs et mottes du Cotentin (Xe – XIIe siècles) : Étude historique et topographique », dans Archéologie médiévale, t. 12, (lire en ligne sur Persée.), p. 184.
- de Pontaumont, 1857, p. 31.
- Delattre, 2002, p. 94.
- ↑ Châteaux et manoirs du Val-de-Saire, 2025, p. 17.
- ↑ Thin, Le Val de Saire, p. 15.
- Marie-Jean Cornière, « Le jeton de Jean Ferey (1518 - vers 1590) sieur de Durescu et éléments biographiques », Revue de la Manche, Société d'archéologie et d'histoire de la Manche (SAHM), t. 62, no 249, juillet-août-septembre 2020, p. 18 (ISBN 979-1-0937-0115-8).
- ↑ Léonor de Mons, « Rôle du ban et de l'arrière-ban de la vicomté de Valognes », Revue de la Manche, Société d'archéologie et d'histoire de la Manche (SAHM), t. 57, no 227, janvier-février-mars 2015, p. 42 (ISSN 1161-7721).
- ↑ Bavay, Vikland n°5, p. 24.
- ↑ Roger Jouet, Histoire du Cotentin des origines à nos jours, Bayeux, Éditions OREP, , 285 p. (ISBN 978-2-8151-0513-2), p. 143.
- ↑ Jouet 2019, p. 189.
- ↑ [PDF] « Communes décorées de la croix de guerre 1939-1945 », sur Mémorial Dormans (consulté le ).
- ↑ Comité Gille de Gouberville et al. (préf. Annick Perrot, ill. Kévin Bazot, sous la direction de Julien Deshayes), Voyage en Cotentin avec Gilles de Gouberville, Éditions Heimdal, , 95 p., 30 cm, illustrations couleur (ISBN 978-2-84048-581-0, EAN 9782840485810, BNF 46897276), p. 10.
- ↑ Voyage en Cotentin avec Gilles de Gouberville, p. 31.
- Bavay, Vikland n°5, p. 27.
- Thin, Le Val de Saire, p. 30.
- Thin, Le Val de Saire, p. 85.
- ↑ Annuaire du département de la Manche, 33e année, 1861, p 102.
- ↑ « Luc Dufour élu maire », sur ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le ).
- ↑ Réélection 2014 : « Gonneville (50330) - Municipales 2014 », sur elections.ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le ).
- ↑ Gautier 2014, p. 223.
- ↑ « Luc Dufour élu maire de la commune nouvelle », sur ouest-france.fr, Ouest-France (consulté le ).
- ↑ Date du prochain recensement à Gonneville, sur le-recensement-et-moi.fr, site spécifique de l'Insee.
- ↑ Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
- ↑ Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 20112012201320142015 2016 2017 2018 .
- ↑ Notice no PA00110411, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
- ↑ Notice no PA00110412, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture.
- ↑ Œuvres mobilières classées à Gonneville.
- ↑ Thin, Le Val de Saire, p. 83.
- ↑ Émile Lechanteur de Pontaumont, L'arrondissement de Cherbourg : Notes historiques et archéologiques sur les communes, Paris, Le Livre d'histoire-Lorisse, coll. « Monographie des villes et villages de France » (réimpr. 1992) (1re éd. 1857), 87 p. (ISBN 2-87760-849-2), p. 24.
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