Gorille de l'Ouest

Gorilla gorilla

Gorilla gorilla
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Un gorille au zoo du Bronx.
Classification HMW
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Classe Mammalia
Ordre Primates
Sous-ordre Haplorrhini
Infra-ordre Simiiformes
Super-famille Hominoidea
Famille Hominidae
Sous-famille Homininae
Genre Gorilla

Espèce

Gorilla gorilla
Savage, 1847

Statut de conservation UICN

( CR )( CR )
CR A4cde :
En danger critique

Statut CITES

Sur l'annexe I de la CITES Annexe I , Rév. du 01/07/1975

Répartition géographique

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Aire de répartition du gorille de l'Ouest.
Crâne de Gorilla gorilla mâle - Muséum de Toulouse.

Le Gorille de l'Ouest[1] (Gorilla gorilla), parfois appelé simplement « Gorille »[2], est l'une des deux espèces du genre Gorilla, avec le Gorille de l'Est (Gorilla beringei). Les gorilles font partie de la famille des hominidés.

Dénominations

Le Gorille de l'Ouest est aussi appelé Gorille des plaines de l'Ouest[3].

Caractéristiques

Le Gorille de l'Ouest peut mesurer jusqu'à 1,7 mètre pour le mâle et 1,3 mètre pour la femelle. Il peut peser jusqu'à 180 kg pour les mâles et 70 kg pour les femelles. Les mâles peuvent atteindre les 230 kg en captivité dès lors qu'ils sont moins actifs que dans la nature tout en étant mieux nourris.

Gorille des plaines de l'Ouest, Congo

Le front est coloré du rouge au brun. Les canines sont plus petites, les mâchoires plus petites mais plus larges que chez le Gorille de l'Est. Ses bras sont plus longs, sa poitrine plus large, sa peau plus foncée, mais son pelage plus clair et plus court. Le pelage argenté va de la nuque jusqu'à la croupe en descendant jusqu'au poil du pied, tandis que chez le Gorille de l'Est, le pelage va des épaules jusqu'au bas du dos. Il est aussi légèrement plus petit que ses cousins de l'est [réf. nécessaire].

Écologie et comportement

Alimentation

Les gorilles sont essentiellement végétariens ; ils se nourrissent de feuilles, de baies, de fougères et d'écorces[4].

Reproduction

La femelle atteint la maturité sexuelle vers 10 ans et le mâle vers 15 ans. Le cycle menstruel de la femelle dure 28 jours. La femelle donne naissance à un seul petit après une gestation de neuf mois. Le petit pèse environ 2 kg à la naissance. Il reste dépendant de sa mère pendant 3 à 4 ans. Le père n'interagit pas beaucoup avec son petit. Il le défend néanmoins contre les autres mâles de la troupe. Le gorille de l'Ouest vit entre 35 et 40 ans dans la nature[4].

Utilisation d'outils

Gorille utilisant un bâton pour se stabiliser et saisir des plantes aquatiques

Le gorille des plaines de l'Ouest utilise des outils, par exemple des bâtons avec lesquels il sonde les marécages et les cours d'eau avant de les traverser.

Gorille utilisant un bâton pour sonder la profondeur d'un cours d'eau, parc national de Nouabalé-Nkodi, République du Congo

Hiérarchie

La primatologue italienne Shelly Masi a étudié les gorilles de l'Ouest pendant 25 ans en République centrafricaine. Elle propose en 2025 dans son ouvrage Queen Kong une analyse de leurs structures sociales qui va à l'encontre de certaines idées reçues : à une perception des sociétés de grands singes dominées par les mâles, elle oppose ses propres observations, qui révèlent un système hiérarchique bien plus complexe et nuancé, où les femelles jouent un rôle très important[5].

Dans les groupes de gorilles de l’Ouest, le mâle adulte, dit « dos argenté », est souvent perçu comme le chef unique. En effet, il est le seul mâle reproducteur dans un groupe composé de plusieurs femelles et de leur progéniture. Il exerce une forme de pouvoir apparent, notamment par sa taille, double de celles des femelles, et son comportement protecteur, servant à dissuader les prédateurs ou d'autres mâles[6],[5]. Cependant, Shelly Masi observe que les femelles possèdent en réalité une grande autonomie et influencent activement les décisions du groupe. Elles peuvent changer de groupe et donc choisir leur partenaire sexuel, et n’hésitent pas à désobéir aux directives du dos argenté. Certaines vont même jusqu’à diriger la troupe vers des zones riches en nourriture, montrant leur capacité à imposer leur volonté. Dans des cas exceptionnels, comme celui documenté en 2022, une femelle dominante a pris la tête d’un groupe après la mort du dos argenté, en l’absence d’un jeune mâle remplaçant. Ce leadership féminin, inédit et longtemps considéré comme impossible, a montré que les femelles peuvent assurer la cohésion et la survie du groupe sans la présence masculine, même face à des dangers potentiels comme les léopards[5].

Certaines femelles dominantes s’imposent par leur caractère, leur intelligence ou leur capacité à défendre leurs ressources, tandis que d’autres adoptent des comportements plus discrets ou soumis. Les filles des femelles dominantes héritent souvent de traits de caractère affirmés, suggérant une transmission culturelle ou comportementale. La hiérarchie féminine au sein du groupe peut subir des tensions. Les relations entre femelles sont souvent compétitives plutôt que solidaires, bien qu'elles puissent, par exemple, aussi faire preuve de compassion et de solidarité envers une femelle ayant perdu son petit[5].

Loin de se limiter à la simple reproduction, les femelles participent bien plus activement à la vie sociale que les mâles, et elles assurent l’éducation des jeunes. En comparaison, les dos argentés, bien que plus visibles et bruyants, passent l’essentiel de leur temps à manger, étant prioritaires dans l'accès aux ressources, et à se reposer. Ainsi, selon Shelly Masi, comme dans certaines sociétés humaines machistes, où les femmes sont « en réalité très fortes et exercent leur pouvoir tout en subtilité », le pouvoir masculin chez les gorilles de l'Ouest semble plus symbolique qu’effectif, les véritables « reines de la jungle » étant les femelles elles-mêmes[5].

En 2024, des scientifiques de l'Université de Neuchâtel et du Muséum national d'histoire naturelle publient une étude sur les gorilles de l'Ouest effectuée dans les forêts tropicales de République centrafricaine. Les gorilles, étant en partie frugivores, se déplacent beaucoup dans la forêt pour aller chercher leur nourriture. Les chercheurs ont observé que les singes marquent leur intention de départ par des émissions vocales, et que le groupe se met en mouvement seulement lorsqu'un consensus est obtenu. L'étude suggère donc que les gorilles « votent » oralement pour lever le camp et trouver de la nourriture ailleurs. Cette étude s'oppose donc à l'idée que le dos argenté, qui pèse environ 160 kg[7], le double d'une femelle, déciderait pour les autres[6],[7],[8]. Les chercheurs écrivent : « Nos découvertes montrent que, même au sein d’espèces caractérisées par un très net dimorphisme sexuel, le choix de partir d’un endroit peut être le résultat d’une décision collective et consensuelle. »[8] La primatologue Shelly Masi confirme les observations de ces chercheurs, affirmant que les gorilles « votent » et que le mâle dominant se soumet à la décision collective[9]. La doctorante de l’Université suisse de Neuchâtel Lara Nellissen explique que « pour les gorilles, il est crucial de maintenir la cohésion du groupe »[7]. Les membres d'un même groupe restent ensemble lors de leurs déplacements constants, pour chercher des fruits ou éviter des combats dangereux avec d'autres gorilles. Le mâle à dos argenté peut protéger les femelles des dos argentés non apparentés au groupe[6].

Les chercheurs de l'Université de Neuchâtel ont également remarqué que les femelles peuvent déclencher un départ du groupe, sans que le dos argenté ne se soit exprimé. De plus, les femelles dominantes peuvent donner l'orientation du déplacement : celles plus âgées que le dos argenté peuvent avoir une meilleure « carte mentale » de la forêt. La primatologue italienne Shelly Masi analyse : « C’est important de suivre l’individu qui sait où et quand les fruits sont mûrs »[10].

Habitat et répartition

Le gorille de l'Ouest est présent au Cameroun, en République centrafricaine, en Guinée équatoriale, au Gabon, au Nigeria, en république du Congo et dans la province de Cabinda en Angola. L'espèce est éteinte en république démocratique du Congo. Il vit principalement dans la forêt tropicale humide dense et moite et dans les forêts marécageuses[11].

Sa population est estimée entre 80 000 et 100 000 individus, l'immense majorité étant des gorilles des plaines de l'ouest. La population des gorilles de la rivière Cross n'excéderait pas les 200 individus vivants en liberté.

Classification

Phylogénie des espèces actuelles d'hominidés, d'après Shoshani et al. (1996)[12] et Springer et al. (2012)[13] :

Hominidae 
 Ponginae → Pongo 

 Pongo abelii – Orang-outan de Sumatra




 Pongo pygmaeus – Orang-outan de Bornéo



 Pongo tapanuliensis – Orang-outan de Tapanuli




 Homininae 
 Gorillini → Gorilla 

 Gorilla beringei – Gorille de l'Est



 Gorilla gorilla – Gorille de l'Ouest



 Hominini 
 Panina → Pan 

 Pan paniscus – Chimpanzé pygmée ou Bonobo



 Pan troglodytes – Chimpanzé commun



 Hominina → Homo 

 Homo sapiens – Homme moderne





Sous-espèces

Le Gorille de l'Ouest compte deux sous-espèces :

Menaces et conservation

Du fait de menaces diverses, soit du virus Ebola, soit des activités humaines (pertes d'habitat, agriculture, exploitation de mines, braconnage) les populations de gorilles ont décliné de 50 % (entre 1980 et 2008), pour passer de 100 000 à 50 000. Des estimations ont prévu que 80 % des gorilles disparaîtraient en trois générations (de 1980 à 2046)[réf. nécessaire].

Notes et références

  1. ↑ (en) Jonathan Kingdon, David Happold, Thomas Butynski, Michael Hoffmann, Meredith Happold et Jan Kalina, Mammals of Africa, vol. 2, Bloomsbury Publishing, , 3500 p. (ISBN 978-1-4081-2257-0, lire en ligne).
  2. ↑ (en) Murray Wrobel, 2007. Elsevier's dictionary of mammals : in Latin, English, German, French and Italian. Elsevier, 2007. (ISBN 0444518770), 9780444518774. 857 pages. Rechercher dans le document numérisé.
  3. ↑ Jean-Jacques Petter (préf. Yves Coppens, ill. François Desbordes), Primates, Nathan, , 256 p. (ISBN 978-2-09-260543-1), Gorilles pages 226 et 227
  4. (en) Animal Diversity Web : Gorilla gorilla
  5. Coralie Schaub, «Queen Kong» : «Les vraies reines de la jungle, ce sont les gorilles femelles», sur Libération, (consulté le )
  6. « Les gorilles de l'Ouest « votent » avant de se déplacer », sur Muséum national d'histoire naturelle,
  7. avec AFP, « Les grands singes de Centrafrique «votent» avant de se déplacer, révèle une étude », sur Libération, (consulté le )
  8. « Les gorilles de l’Ouest votent pour prendre des décisions collectives », sur Courrier international, (consulté le )
  9. ↑ « Comment les gorilles de l'Ouest votent et pourquoi les femelles prennent le pouvoir ? Avec Shelly Masi », sur France Inter, (consulté le )
  10. ↑ Nicolas Guillas, « La démocratie, ce n’est pas que pour les humains, les gorilles votent aussi les grandes décisions », sur France Ouest, (consulté le )
  11. ↑ (en) UICN : espèce Gorilla gorilla Savage, 1847.
  12. ↑ (en) J. Shoshani, C. P. Groves et al., « Primate phylogeny : morphological vs. molecular results », Molecular Phylogenetics and Evolution, vol. 5, no 1,‎ , p. 102-54 (PMID 8673281, lire en ligne)
  13. ↑ (en) Mark S. Springer, Robert W. Meredith et al., « Macroevolutionary Dynamics and Historical Biogeography of Primate Diversification Inferred from a Species Supermatrix », PLoS ONE, vol. 7, no 11,‎ , e49521 (ISSN 1932-6203, PMID 23166696, PMCID 3500307, DOI 10.1371/journal.pone.0049521, lire en ligne)

Voir aussi

Références taxonomiques

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