Gormitis
Les Gormitis (parfois orthographiés Gormiti) désignent, dans le contexte de la scène techno et hard techno française des années 2020, un groupe de jeunes hommes adeptes de culturisme (souvent appelés « go-muscu ») qui investissent les événements de musique électronique, généralement torse nu, en affichant une esthétique de démonstration physique corporelle.
Origines et étymologie
Le terme est un détournement de la franchise de jouets italienne Gormiti, représentant des figurines de monstres hyper-musclés aux attributs élémentaires[1].
Le phénomène émerge de manière visible entre 2023 et 2024, porté par la démocratisation de la hard techno. Il s'installe d'abord dans les clubs et entrepôts de la périphérie parisienne, notamment à Pantin et à La Villette[2]. Cette sous-culture est étroitement liée aux réseaux sociaux, où l'esthétique du corps sculpté est mise en avant comme un accessoire de fête à part entière[3],[4].
Caractéristiques et codes esthétiques
Les Gormitis se distinguent par une panoplie de codes spécifiques qui tranchent avec l'esthétique traditionnelle du clubbing. Leurs corps sont hyper-musclés, souvent contractés au rythme des basses[5]. ils ne portent pas de haut et sont torse nu, portent des shorts de sport ou des pantalons amples, parfois complétés par des accessoires comme des lunettes de vitesse ou des sacoches tactiques[2],[3]. Ils adoptent une attitude « flex », qui consiste à contracter ses muscles sur la piste de danse pour les mettre en valeur sous les projecteurs[5],[4].
Controverses et débats sociétaux
L'arrivée massive des Gormitis sur la scène électronique a engendré un vif débat sur l'évolution des valeurs de la fête.
Tensions avec les valeurs historiques
La scène techno est historiquement liée aux safe spaces et à l'inclusion des communautés LGBTQ+[1]. L'esthétique Gormiti est perçue par certains comme une forme de masculinité hégémonique ou de « virilisme » qui pourrait intimider les publics plus sensibles ou historiquement marginalisés[6],[5]. certains gormitis affirment une proximité avec les valeurs d'extrême droite, ce qui génère des tensions[2].
Critique du « fitness-clubbing »
Plusieurs observateurs critiquent la transformation du dancefloor en une extension de la salle de musculation[2]. On reproche aux Gormitis une occupation de l'espace jugée envahissante et une attitude centrée sur la performance physique plutôt que sur l'écoute musicale ou la communion collective[1],[5].
Défense du mouvement
À l'inverse, des plateformes spécialisées et certains collectifs rappellent que le culte du corps n'est pas nécessairement synonyme d'agressivité. Ils défendent une forme de « nouvelle masculinité » où le soin de soi et l'expression corporelle sont centraux, affirmant que le rejet des Gormitis pourrait s'apparenter à une forme de discrimination esthétique[3],[4].
Références
- « Clivage dans la scène techno : qui sont les « gormiti » et pourquoi en parle-t-on autant ? - L'Humanité », sur https://www.humanite.fr, (consulté le )
- StreetPress, « Les « gormitis », ces hommes torse nu et musclés qui cassent la tête en soirée techno », sur StreetPress (consulté le )
- « Qui sont les Gormiti, ces go-muscu qui squattent les soirées techno ? », sur L'ADN, (consulté le )
- « Gormiti dans les Soirées Techno : mythes et réalités », (consulté le )
- « Go-muscu en soirée tech’ : le flex de trop », sur urbania.fr (consulté le )
- ↑ « La hard techno est-elle devenue la musique préférée des masculinistes ? », sur TSUGI, (consulté le )
Liens externes
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