Gouvernorat de Gafsa
| Gafsa | |
Localisation du gouvernorat. | |
| Administration | |
|---|---|
| Pays | |
| Date de création | 1956 |
| Chef-lieu | Gafsa |
| Gouverneur | Slim Frouja (2024) |
| Code géographique | 61 |
| Démographie | |
| Population | 388 776 hab. |
| Densité | 43 hab./km2 |
| Géographie | |
| Coordonnées | 34° 25′ nord, 8° 47′ est |
| Superficie | 899 000 ha = 8 990 km2 |
| Subdivisions | |
| Délégations | 13 |
| Municipalités | 13 |
| Imadas | 76 |
Le gouvernorat de Gafsa (arabe : ولاية ڨفصة), créé en 1956, est l'un des 24 gouvernorats de la Tunisie. Il est situé dans le sud-ouest du pays, à la frontière de l'Algérie, et couvre une superficie de 8 990 km2, soit 5,5 % de la superficie du pays. Il abrite en 2024 une population de 388 776 habitants[1]. Son chef-lieu est Gafsa.
Géographie
Situé à 355 kilomètres de la capitale, le gouvernorat de Gafsa se situe au sud-ouest de la Tunisie entre les hautes steppes et le Sahara. Il est entouré de cinq gouvernorats : le gouvernorat de Kébili, au sud, de Tozeur, au sud-ouest, de Gabès, au sud-est, de Sidi Bouzid, au nord-est, et de Kasserine au nord-ouest. Se situant au centre de trois régions économiques, Gafsa est un trait d'union entre les différentes régions du pays.
La typologie régionale est constituée de montagnes, de bassins et de plaines. C'est une zone de transition entre la steppe et le désert où les points d'eau et les oueds ont une grande importance dans l'architecture et le pâturage.
Administrativement, le gouvernorat est découpé en treize délégations, treize municipalités et 76 imadas[2],[1].
| Délégation | Population en 2024 (habitants) |
|---|---|
| Belkhir | 15 923 |
| El Guettar | 20 784 |
| El Ksar | 39 931 |
| Gafsa Nord | 11 657 |
| Gafsa Sud | 118 274 |
| Mdhilla | 16 883 |
| Métlaoui | 44 547 |
| Moularès | 31 767 |
| Redeyef | 31 421 |
| Sened | 23 633 |
| Sidi Aïch | 12 029 |
| Sidi Boubaker | 5 402 |
| Zannouch | 16 525 |
| Sources : Institut national de la statistique[1] | |
Politique
Gouverneurs
Le gouvernorat de Gafsa est dirigé par un gouverneur dont la liste depuis l'indépendance est la suivante :
- Béchir Achoura (1956-1957)
- Tahar Debaya (1957-1959)
- Hédi Mabrouk (1959-1960)
- Mahmoud Belhassine (1960-1962)
- Abdessalem Ghédira (1962-1969)
- Mohamed Triki (1969-1971)
- Tahar Boussemma (1971-1972)
- Mezri Chekir (1972-1973)
- Salem Ben Hejal (1973-1974)
- Mokhtar Chouari (1974-1979)
- Mohamed Abbes (1979-1980)
- Mohamed Letayef (1980-1984)
- Fayçal Chahdoura (1984-13 février 1988)
- Mohamed Ben Rejeb (13 février 1988-2 juillet 1991)
- Mohamed Habib Braham (2 juillet 1991-1994)
- Mahmoud Lajnef (1994)
- Mustapha Karbia (1994-1996)
- Salah Zoghlami (1996-1998)
- Mohamed Ridha Mokrani (1998-2001)
- Mohamed Aouinti (2001-2004)
- Jomâa Chaouch (2004-2005)
- Mohamed Laïd Kidoussi (2005-2008)
- Mohamed Chaïeb (2008-2011)
- Mohamed Gouider (2 février 2011, empêché d'exercer)
- Taoufik Khalfallah (15 février-5 août 2011)
- Moncef El Hani (5 août 2011-22 février 2012)
- Brahim Hamdaoui (22 février 2012-28 février 2014)
- Mustapha Ben Moussa (28 février 2014[3]-9 avril 2015)
- Taïeb Ezzaraii (9 avril 2015[4]-14 mars 2016)
- Mondher Aribi (14 mars 2016[5]-18 juin 2020)
- Sami Ghabi (18 juin 2020[6]-21 octobre 2021[7])
- Nader Hamdouni (26 novembre 2021[8]-8 septembre 2024)
- Nader Hamdouni (depuis le 8 septembre 2024[9])
Maires
Voici la liste des maires des dix municipalités du gouvernorat de Gafsa dont les conseils municipaux ont été élus le 6 mai 2018 et présidés par les maires suivants :
- Belkhir : Kaouther Hazzaz
- El Guettar : Mabrouk Ammar[10]
- El Ksar : Ameur Gouader[11]
- Gafsa : Helmi Belhani[12]
- Mdhilla : Hafedh Henchiri[13]
- Métlaoui : Ammar Messaoui[14]
- Moularès : Mahmoud Issaoui[15]
- Redeyef : Ahmed Tababi[16]
- Sened : ?
- Sidi Aïch : Néjib Belhaj[10]
- Sidi Boubaker : Néjib Zenaïdia[17]
Économie
Le gouvernorat est considéré comme une région essentiellement minière. Le phosphate est la principale richesse de la région qui compte 47 entreprises industrielles.
Le secteur agricole est basé essentiellement sur l'arboriculture. En effet, on compte 114 887 hectares d'arbres fruitiers : olives, amandes et pistaches, 10 746 hectares de culture irriguée et un cheptel de l'ordre de 400 000 têtes ovines, bovins, caprins et camelins.
Si la région de Gafsa est un bassin minier riche en phosphates, la population locale ne bénéficie pas pour autant de la manne qui, d'après divers commentateurs, profite essentiellement aux proches du pouvoir[18]. Région minière mais aussi rurale, les conditions d'exploitation agricole y sont difficiles à cause de l'aridité. La réalité socio-économique y est donc assez éloignée des territoires septentrionaux, plus proches du littoral, où une économie de services et de PME permet une croissance annuelle appréciable, témoignant de la grande disparité régionale du « miracle économique » tunisien[19]. Au début du XXIe siècle, dans ce bastion ouvrier qui, par le passé, s'est déjà montré rebelle[20] vis-à-vis du pouvoir central[21], le taux d'inoccupation est massif[22], particulièrement parmi les jeunes dont le taux de chômage est endémique, les excluant du système de protection, faute d'emploi.
En , cette situation engendre les « grèves de Gafsa », des troubles sociaux qui rassemblent de larges pans de la population pendant plusieurs mois et sont durement réprimés. En , le président Ben Ali annonce une série d'investissements dans la région, à hauteur de 944 millions de dinars, censés générer 9 000 emplois permanents mais qui laisse les observateurs circonspects, particulièrement après la crise financière[23]. En effet, en , les leaders du mouvement de protestation constatent une situation inchangée et toujours « explosive »[24], essentiellement du fait de la corruption de certains dirigeants locaux[25]. En , les initiatives concrètes concernent l'installation de différentes unités de l'entreprise de câbles pour automobile Yazaki à Moularès et Gafsa, créant 1 300 emplois[26] ainsi que l'implantation d'une briqueterie à Mdhilla[19].
Éducation
Médias
Sport
Références
- (fr + ar) « Recensement général de la population et de l'habitat 2024 : répartition de la population totale par secteur, âge et sexe » [xls], sur Institut national de la statistique (consulté le ).
- ↑ (fr + ar) « Liste des communes » [xls], sur collectiviteslocales.gov.tn (consulté le ).
- ↑ « Tunisie - Liste des nouveaux gouverneurs nommés par Mehdi Jomâa », sur businessnews.com.tn, (consulté le ).
- ↑ « Tunisie : nomination de six nouveaux gouverneurs », sur leconomistemaghrebin.com, (consulté le ).
- ↑ « Mondher Aribi, nouveau gouverneur de Gafsa », sur Mosaïque FM, (consulté le ).
- ↑ « MI : mouvement partiel dans le corps des gouverneurs », sur Mosaïque FM, (consulté le ).
- ↑ « Le gouverneur de Gafsa démis de ses fonctions », sur Mosaïque FM, (consulté le ).
- ↑ « Nomination de quatre nouveaux gouverneurs », sur Mosaïque FM, (consulté le ).
- ↑ « Tunisie : mouvement dans le corps des gouverneurs », sur webdo.tn, (consulté le ).
- « Régions-Municipales 2018 : des nouveaux Conseils municipaux installés », sur Nessma, (consulté le ).
- ↑ « Tunisie – Municipales 2018 : installation des nouveaux conseils municipaux », sur directinfo.webmanagercenter.com, (consulté le ).
- ↑ « Tunisie – Municipales 2018 : des nouveaux Conseils municipaux installés », sur directinfo.webmanagercenter.com, (consulté le ).
- ↑ « Tunisie – Municipales 2018 : poursuite de l'élection des maires », sur directinfo.webmanagercenter.com, (consulté le ).
- ↑ « Gafsa : Ammar Messaoui nouveau maire de Métlaoui », sur africanmanager.com, (consulté le ).
- ↑ « Régions-Municipales 2018 : élection des nouveaux maires », sur Tunis Afrique Presse, (consulté le ).
- ↑ « Régions-Municipales 2018 : poursuite de l'élection des maires », sur Tunis Afrique Presse, (consulté le ).
- ↑ « Tunisie – Gafsa : le maire de la localité de Sidi Boubaker en sit-in dans le dispensaire local », sur tunisienumerique.com, (consulté le ).
- ↑ Baudouin Loos, « Tunisie. Militante des droits humains, Radhia Nasraoui témoigne : « Le pays stable se lézarde » », Le Soir, (lire en ligne, consulté le ).
- Amin Allal, « Ici si ça ne « bouge » pas, ça n'avance pas ! », dans Myriam Catusse, Blandine Destremau et Éric Verdier (dir.), L'État face aux débordements du social au Maghreb : formation, travail et protection sociale, Paris, Éditions Karthala, (ISBN 978-2811103194), p. 173 et suiv.
- ↑ Karine Gantin et Omeyya Seddik, « Révolte du « peuple des mines » en Tunisie », Le Monde diplomatique, no 652, , p. 11 (ISSN 0026-9395, lire en ligne, consulté le ).
- ↑ En , une grève du bassin minier de Gafsa est violemment réprimée par les autorités françaises, occasionnant la mort de dix-sept mineurs. Deux ans après les grèves de 1978, Gafsa est le théâtre d'« événements » marqué par une tentative de coup d'État.
- ↑ Les chiffres sont débattus mais, suivant les estimations officielles, sont au moins de 30 %, le double du taux national, selon Gantin et Seddik 2008.
- ↑ Allal 2009, p. 183.
- ↑ « Notre patience ne saura durer longtemps ! », sur e-joussour.net, (consulté le ).
- ↑ « Tunisie : les dirigeants du mouvement de protestation du bassin minier de Gafsa tirent la sonnette d'alarme », sur Nawaat, (consulté le ).
- ↑ Une usine supplémentaire devait ouvrir à Métlaoui en , le groupe annonçant la création de 3 500 emplois d'ici 2011 et 5 200 d'ici 2012 selon « Tunisie-Yazaki : Vers la création de 5 200 emplois à l'horizon 2012 », sur turess.com, (consulté le ).
Liens externes
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