Grégoire Courtine

Grégoire Courtine
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Thierry Pozzo (d)
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Grégoire Courtine, né en à Dijon, est un chercheur en neurosciences français travaillant en Suisse. Il est à l'origine d'avancées scientifiques importantes dans la réhabilitation des patients paraplégiques, notamment en duo avec la neurochirurgienne Jocelyne Bloch. Il est professeur à l'École polytechnique fédérale de Lausanne et fondateur de la start-up Onward.

Biographie

Grégoire Courtine naît en à Dijon[1],[2], d'un père expert-comptable, commissaire aux comptes[3]. Il y grandit et s'intéresse jeune aux sciences, notamment à l'espace, à la chimie ou encore à l'informatique. Il commence des études en Staps et s'investit dans la pratique de l'escalade jusqu'à remporter une coupe de France d'escalade et participer à la coupe du monde en 1999 à Clamecy[4],[5]. Il découvre les neurosciences lors d'un entraînement en présence d'un chercheur qui lui conseille d'aller à Marseille suivre une formation de référence dans le domaine. Il y étudie les mathématiques, la physique et les neurosciences et écrit sa thèse sur la réadaptation des astronautes de retour de la station Mir[1],[6].

Début des recherches

Grégoire Courtine part ensuite aux États-Unis dans une unité de recherche de l'université de Californie à Los Angeles et y travaille sur la réhabilitation des patients. Il publie plus d'une étude par an, ce qui lui permet de recevoir en 2007 de l'université le titre de meilleur chercheur. La Suisse lui propose 3,5 millions d'euros pour qu'il installe son laboratoire à l'université de Zurich, puis 9,5 millions d'euros pour qu'il rejoigne l'École polytechnique fédérale de Lausanne dans le cadre du Human Brain Project[6]. Il y devient professeur titulaire au Centre de neuroprothèses et au Brain Mind Institute[1]. Il réussit à faire marcher à nouveau des rats paralysés grâce à un système destiné à stimuler leurs nerfs. Il publie en 2012 dans la revue Science ses recherches très commentées sur la neuroréhabilitation[7].

Collaboration avec Jocelyne Bloch

Par l'intermédiaire de Patrick Aebischer, il rencontre la neurochirurgienne Jocelyne Bloch, qui travaille alors au Centre hospitalier universitaire vaudois. Le duo accroche et s'intéresse aux traitements sur l'humain[8]. Grégoire Courtine devient directeur du centre NeuroRestore du CHUV, et ses travaux sont reconnus comme l’une des technologies les plus innovantes en 2017 par le MIT Technology Review[1]. En 2018, les deux chercheurs parviennent à faire marcher à nouveau un humain en insérant un appareil au niveau de sa colonne vertébrale. Ils améliorent le dispositif en 2023 en travaillant directement au niveau du cerveau du patient, lui permettant de réaliser des mouvements plus naturels[9], et en adaptant leur recherche à la maladie de Parkison. En tout, en 2024, le duo a permis a une dizaine de personnes paraplégiques de marcher à nouveau dans le cadre de tests contrôlés[10].

Start-up Onward

En 2014, il lance la start-up Onward qui se développe rapidement. En 2023, elle emploie en effet 80 personnes à Lausanne et à Boston, et atteint une capitalisation boursière de 500 millions d'euros[8].

Vie privée

Il est marié à une ressortissante américaine, d'origine texane, et père de trois enfants[4].

Distinctions

Grégoire Courtine a reçu plusieurs prix internationaux en recherche et innovation, notamment le Chancellor's Award for Postdoctoral Research (2008)[11], le Schellenberg Research Prize de l’International Foundation for Research in Paraplegia (2010)[12], le Debiopharm Group Life Science Award (2013)[13], le Rolex Award (2019)[14], ainsi que le Leenards Foundation Science Prize (2021)[15].

Il a également obtenu une Starting Grant (2010), une Consolidator Grant (2015) et deux Proof of Concept Grants (2013 et 2019) du Conseil européen de la recherche[16]. En 2020, il a reçu le IET A F Harvey Prize[17]. Son nom a été inclus dans la liste Time 2024 des personnalités les plus influentes dans le domaine de la santé[18]. En 2026, il a reçu le Queen Elizabeth Prize for Engineering conjointement avec Jocelyne Bloch[19].

Notes et références

  1. « Grégoire Courtine », sur Prix Rolex, , p. 3-4
  2. Sylvie Logean, « Jocelyne Bloch et Grégoire Courtine : « Il est crucial de se rappeler que tous les grands problèmes de l’humanité ont été résolus par la science » », Le Temps,‎ (ISSN 1423-3967, lire en ligne Accès payant, consulté le )
  3. Emmanuel Borloz, « Les stars de la neuroscience forment un duo fusionnel », 24 heures,‎ (lire en ligne Accès payant)
  4. Alain Jeannet, « Un couple scientifique parfait », PME Magazine,‎ , p. 62 (lire en ligne)
  5. Mireille Monnier, « L'espoir de remarcher ! », L'Illustré,‎ , p. 46
  6. Flore Vasseur, « Grégoire Courtine, l'ovni de la recherche scientifique », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  7. (en) « Running repairs », The Economist,‎ (lire en ligne)
  8. Samuel Schläfli, « Pionnier de la neuroréhabilitation », Horizons,‎ (lire en ligne)
  9. (en) « Jocelyne Bloch and Grégoire Courtine », Time,‎ (lire en ligne)
  10. Antoine Beau, « Grégoire Courtine et Jocelyne Bloch, le duo qui fait remarcher les paralysés », L'Express,‎ (lire en ligne)
  11. (en-US) « Chancellor's Award for Postdoctoral Research – Award Recipients », sur UCLA Postdoctoral Scholars, (consulté le )
  12. « IRP Schellenberg Research Prize » (consulté le )
  13. (en-US) « Debiopharm Group™ presents the 'Debiopharm Group Life Sciences Award 2013' and two 'Junior Debiopharm Group Life Sciences Awards 2013' during the annual EPFL SV- Life Science Symposium », sur Debiopharm, (consulté le )
  14. (en) « Help paralysed people walk again - Rolex Awards », sur rolex.org (consulté le )
  15. « Press release - 1 June 2021 », sur Fondation Leenaards - Favoriser la dynamique créatrice (consulté le )
  16. (en) « ERC FUNDED PROJECTS » [archive du ], sur ERC: European Research Council (consulté le )
  17. (en-US) « The AF Harvey lecture - The IET », sur www.theiet.org (consulté le )
  18. (en) « TIME100 Health », sur TIME (consulté le )
  19. Queen Elizabeth Prize for Engineering 2026

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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