Grégory Ganesco
| Naissance | |
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| Décès |
(à 42 ans) Rue de Rivoli (1er arrondissement de Paris) |
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| Nom de naissance |
Gregorios Ganescu |
| Nationalité | |
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| Activité | |
| Parentèle |
Constantin Ganesco (demi-frère) |

Grégory Ganesco, né le à Târgoviște et mort le à Paris 1er, est un publiciste français.
Biographie
Ganesco a acquis en France, à partir de 1860, une assez grande notoriété politique, comme rédacteur en chef du Courrier du Dimanche, l’un des premiers organes de l’opposition libérale sous le Second Empire[1]. Il était alors hostile au Second Empire, qui faisait alterner les avertissements avec les mois de prison. Ses articles, sur lesquels pleuvaient les avertissements de l’autorité impériale, étaient compris dans la tourmente. En , Persigny ordonne même d’expulser du territoire ce Valaque venant troubler la quiétude française[2].
Deux mois après, arrêté en qualité d’étranger, il est conduit jusqu’à la frontière et expulsé de France, le [3]. Il fonde et dirige alors l’Europe, journal français de Francfort qui, suspendu en , par le général de Falkenstein, cesse de paraitre au mois de novembre de l’année suivante. En 1867, rentré en France avec des lettres de naturalisation[3], il montre encore les dents à l’Empire, en transformant le Nain jaune d’Aurélien Scholl en journal politique avec Arthur Ranc, Weiss, Sarcey, Louis Combes et nombre d’autres pour collaborateurs. Le Nain Jaune était un Courrier du Dimanche moins académique et plus audacieux, réellement armé en guerre à la légère, mais impitoyable et résolu[2].
Ayant pris résidence dans le canton de Montmorency, il parvient, avec l’appui de l’administration impériale, à se faire élire, en , conseiller général de ce canton de Seine et-Oise. Aux élections de pour le Corps législatif, il se présente, comme candidat indépendant, et obtient 2 426 voix sur 30 472 votants. L’ancien Valaque expulsé par Persigny finit par se rallier à l’Empire libéral, dont il hante alors volontiers les antichambres[2].
Rédacteur en chef au journal le Parlement, organe du tiers-parti des conservateurs libéraux, il contribue à l’avènement du gouvernement Ollivier du , puis se sépare du ministère, il conseille et défend l’idée du plébiscite du 8 mai comme moyen de réalisation d’un programme entièrement démocratique. L’entrée au ministère des chefs du centre droit, après la démission de Buffet des Finances et de Daru des Affaires étrangères, en avril, par opposition au plébiscite du , ayant trompé ses espérances, il quitte le Parlement, pour passer à la Liberté, où il publie des lettres signées « le Spectateur »[1].
Redevenu républicain à la déchéance de l’Empire[4]. Au moment de l’investissement de Paris, du [5], il part pour Tours, où Léonce Détroyat avait transféré la Liberté, puis pour Bordeaux où, pendant quatre mois, rédige seul ce journal[1]. Plus Français que les Français, il propose de voiler d’un crêpe noir les drapeaux tricolores jusqu’au jour où la défaite serait vengée[2]. À l’occasion du décret de Gambetta restreignant les capacités électorales des lecteurs[6], il signe la protestation des journalistes[1].
Après la guerre, cet entreprenant et original aventurier, fort obligeant et très aimable, n’a plus fait que végéter, tout en rêvant d’honneurs politiques, d’entreprises littéraires et de spéculations financières[2]. Personne ne croit à son républicanisme, mais il envoie une correspondance parisienne à la Nouvelle Presse libre de Vienne, qui lui était payée 30 000 francs par an. Au commencement de 1872, il fonde le Républicain, un journal à un sou qui n’a eu qu’une courte durée[1]. Ayant gardé ses entrées un peu partout, il fonde, en 1875, à Paris, les Tablettes d’un spectateur, une correspondance politique autographiée, pour les journaux des départements et de l’étranger[7], qui le faisait vivre et qu'il faisait vivre, et pour laquelle il courait toute la journée, à Paris et à Versailles en quête d’informations, de chez de Broglie chez Thiers et de chez ce dernier dans les antichambres de Mac Mahon, avant de remonter, le soir, à Montmorency.
Emporté en quelques jours par un typhus exanthématique, Ganesco a été enterré, à l’issue de ses funérailles, le , à partir de la villa Ganesco, à Montmorency, avec le concours du clergé catholique de Montmorency, quoique grec orthodoxe, aux Champeaux[8].
Jugements
« le Valaque Grégory Ganesco, l’homme aux breloques et aux redingotes étranges, à revers de velours, l’habitué du boulevard, des antichambres ministérielles, des coulisses de Versailles, des bureaux de rédaction de journaux et du café Riche. Personnalité bruyante, insinuante, envahissante. Il triomphait par la persévérance, par l’insistance poussée jusqu’à l’impunité. Tout lui servait. Un jour c’était dans les bas de sa carrière et de sa santé, il part pour Schowlhem et se met en pension gratuite dans l’établissement thérapeutique du docteur Fleury. Le docteur le soigne, le guérit, lui donne de l’argent pour son retour. En fait, il était libre, mais sans le sou. Dans le chemin de fer, il rencontre un Russe, lie conversation avec lui, le séduit, l’empoigne… Avant que le train ne fut en gare de Paris, le Russe lui avait offert soixante mille francs pour fonder un journal[9]. »
« Sa seule douleur a été de mourir dans un hôtel de Paris lorsqu’il possédait un château à Montmorency. Ganesco fut de ces figures qu’on trouve essentiellement parisiennes, justement parce qu’elles sont étrangères[2]. »
« Parmi les innocentes manies de ce Grégory, que l’on est sur le point de canoniser, il avait celle d’appeler « Mon cher maitre » tous ceux à qui il s’adressait. On commençait par être flatté ; mais si, dans le courant de la visite, il avait une commission à donner à son domestique, comme il appelait aussi ce dernier « Mon cher maitre, » il fallait en rabattre[10]. »
Publications
- La Valachie depuis 1830 jusqu'à ce jour : son avenir, Bruxelles, C. Mucquardt, 1855, 291 p. ; 24 cm.
- Diplomatie et nationalité, Paris, Librairie nouvelle, , 168 p., in-8º (OCLC 763974454, lire en ligne sur Gallica).
- Hommes nouveaux et tiers parti : lettre à un homme d’État, Paris, Librairie nouvelle, , 9 p., in-8º (OCLC 763984459, lire en ligne sur Gallica).
- Projet d'enseignement populaire, Paris, C. Schiller, 1875, 16 p., in-16.
Notes et références
- Gustave Vapereau, « Ganesco (Grégory) », dans Dictionnaire universel des contemporains : ouvrage rédigé et tenu à jour, avec le concours d'écrivains et de savants de tous les pays, Paris, L. Hachette, , viii-1892-lxviii p., in-8º + suppl. (OCLC 14860598, lire en ligne sur Gallica), p. 771.
- « Souvenirs du Courrier du Dimanche », La Charente, Angoulême, vol. 6, no 1528, , p. 3 (ISSN 2540-1327, lire en ligne sur Gallica).
- « Grégory Ganesco », Le Journal du Midi, Avignon, vol. 3, no 521, , p. 2 (ISSN 2827-3656, lire en ligne sur Gallica).
- ↑ « Libres propos », Le Don Quichotte, Bordeaux, vol. 4, no 131, , p. 2 (ISSN 2711-5216, lire en ligne sur Gallica).
- ↑ La Guerre de 1870-71 : l’investissement de Paris, t. 1. organisation de la place, Paris, R. Chapelot, , xiv-448, 517 p., 2 vol. ; in-8º (OCLC 23398397, lire en ligne sur Gallica), p. 25.
- ↑ Georges Ferrière, « La Loi électorale du 30 novembre 1875 », dans Christian Bruschi, et al., Le Concept de représentation dans la pensée politique, Aix-en-Provence, Presses universitaires d’Aix-Marseille, (ISBN 978-2-82185-324-9, OCLC 949650022, lire en ligne).
- ↑ « Grégory Ganesco », La Petite Presse, Paris, vol. 11, no 3990, , p. 1 (ISSN 2592-4532, lire en ligne sur Gallica).
- ↑ « Échos », Le Petit Parisien, Paris, vol. 2, no 177, , p. 2 (ISSN 2420-0549, lire en ligne sur Gallica).
- ↑ « Gregory Ganesco », L'Avenir de Vichy, Vichy, vol. 14, no 16, , p. 1 (ISSN 2121-5502, lire en ligne sur Gallica).
- ↑ « La Mort de Ganesco », Le Charivari, Paris, vol. 46, no 46, , p. 3 (ISSN 2420-4404, lire en ligne sur Gallica).
Liens externes
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