Grande Sonate de Charles-Valentin Alkan

Les Quatre Âges de la vie

Grande Sonate
op. 33
Genre Sonate
Musique Charles-Valentin Alkan
Effectif piano
Dates de composition 1847
Dédicataire Alkan Morhange

La Grande Sonate, op. 33 de Charles-Valentin Alkan, est une sonate pour piano composée en 1847 et aussi titrée Les Quatre Âges de la vie.

Contexte et création

Charles-Valentin Alkan compose sa Grande Sonate en 1847 et la dédie à son père Alkan Morhange[1]. C'est avec des sous-titres évocateurs que le compositeur brosse des portraits psychologiques de l'être humain à trente ans, quarante ans et cinquante ans[1]. Il s'en explique d'ailleurs dans la préface à la pièce, où il écrit : « On a dit et écrit beaucoup de choses sur les limites de l'expression musicale. Sans adopter telle ou telle règle, sans chercher à résoudre aucune des vastes questions, soulevées par tel ou tel système, je dirai simplement pourquoi j'ai donné de semblables titres à ces quatre morceaux et employé quelquefois des termes tout à fait inusités. Il ne s'agit point ici de musique imitative ; encore moins de musique cherchant sa propre justification, la raison de son effet, de sa valeur, dans un milieu extra-musical. Le premier morceau est un Scherzo ; le deuxième un Allegro ; le troisième et le quatrième un Andante et un Allegro ; mais chacun d'eux correspond dans mon esprit à un moment donné de l'existence, à une disposition particulière de la pensée, de l'imagination. Pourquoi ne l'indiquerai-je point ? L'élément musical subsistera toujours, et l'expression ne pourra qu'y gagner ; l'exécutant, sans rien abdiquer de son sentiment individuel, s'inspire de l'idée même du compositeur : tel nom et telle chose semblent se heurter pris dans une acceptation matérielle, qui, dans le domaine intellectuel, se combinent parfaitement. Je crois donc devoir être mieux compris et mieux interprété avec ces indications, quelque ambitieuses qu'elles paraissent au premier coup d'œil, que sans leur secours... »[1]. Après cette œuvre, Charles-Valentin Alkan n'a rien composé pendant environ dix ans, délaissant la composition pour la pédagogie[2].

Structure

Elle est en quatre mouvements :

  1. 20 ans
  2. 30 ans (Quasi-Faust)
  3. 40 ans (Un heureux ménage)
  4. 50 ans (Prométhée enchaîné)

Analyse

20 ans

Le compositeur a conçu ce premier mouvement comme un scherzo, qu'il annote « très vite »[1]. Il débute par une montée progressive jusqu'à de longs accords servant d'introduction[1]. La suite de la pièce est une succession d'épisodes[1]. Le premier dessin mélodique est composé de six croches qui s'établissent sur un système harmonique original, dans une sorte de perpetuum mobile[1]. Ce mouvement s'apaise cependant calmement[1]. Dans l'épisode qui suit, le motif se compose de deux noires qui débute une ligne mélodique ponctuée de silences[1]. Dans le portrait brossé d'une personne de vingt ans, il y a alors tous les états psychologiques possibles, passant d'un « timidement » à un « amoureusement » et se poursuit sur un « avec bonheur » tandis que la basse se fait sur un mouvement continue de noires d'abord ascendantes, puis descendantes[2]. Le mouvement perpétuel revient ensuite, après un sommet d'expressivité musicale, dans une grande virtuosité pianistique[2]. Le scherzo s'achève sur des accords victorieux, larges et puissants[2].

30 ans – Quasi Faust

Ce mouvement a été noté par le compositeur « sataniquement » et « assez vite »[2]. Ce gigantesque mouvement est d'une grande hardiesse et d'une virtuosité impressionnante[2]. On y retrouve toutes les difficultés du jeu pianistique accumulées, dont la musicologue Adélaïde de Place considèrent certaines comme touchant aux extrêmes limites de l'art du piano[2]. Ce mouvement est parsemé de rares moments plus calmes, notés « avec candeur », « passionnément » ou encore « suppliant », « avec désespoir » ou « avec bonheur »[2]. On y retrouve même le diable lui-même dans des accords joués fortissimo qui ne s'achève que sur une succession d'accords réguliers parfaitement saisissants[2].

40 ans – Un heureux ménage

Ce mouvement doit être joué « lentement » et « très lié »[2]. Après le débordement des mouvements précédents, on trouve ici la sérénité[2]. Le premier motif, « avec tendresse et inquiétude » est un dessin simple de noires accompagnées de triolets de croches[2]. On trouve alors plusieurs tableaux de la vie domestique et familiale[2]. Les Enfants sont représentés par un mouvement perpétuel de tierces et de sixtes en doubles croches sur basse obstinée[2]. La Prière sonne comme un choral, perturbée par un retour du motif des enfants joué à la main droite[2]. Le mouvement se termine « tendrement » avec un bref souvenir du début[2].

50 ans – Prométhée

Ce dernier mouvement présente un incipit de quelques vers du Prométhée enchaîné d'Eschyle[2]. Il se joue comme un immense récitatif débutant par un roulement « extrêmement lent » dans des quintuples croches dans le grave du piano[2]. Ce roulement revient régulièrement dans le mouvement, donnant des effets sonores extraordinaires[2]. Le mouvement s'achève sur des octaves « en augmentant graduellement » avec une certaine sévérité[2].

Références

Bibliographie

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Liens externes

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