Grotte d'Etxeberri

Grottes d'Etxeberri
Localisation
Coordonnées
43° 07′ 19″ N, 0° 55′ 06″ O
Pays
Région
Département
Massif
Localité voisine
Caractéristiques
Type de roche
Signe particulier
Patrimonialité
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La grotte d'Etxeberri (Etxeberriko Karbea ou Konpanaga Leze en basque), ou grotte d'Etcheberria[1] est une grotte ornée située dans la commune de Camou-Cihigue (Pyrénées-Atlantiques, France). Les représentations figurant dans deux salles de la grotte ont été attribuées au Magdalénien moyen.

Historique

La grotte est connue depuis le début du XXe siècle et a fait l'objet de plusieurs explorations spéléologiques dès cette époque. La première exploration complète du réseau est réalisée en par A. Reymond et au début des années 1950, des salles inférieures sont reconnues[2]. C'est seulement le que Pierre Boucher et Georges Laplace y découvrent, au retour d'une visite, une représentation d'un petit cheval de couleur rouge[3]. Laplace étudie la grotte à partir de 1951 et en publie les résultats en 1952. Au début des années 1980, Éric de Valicourt et Michel Lauga identifient de nouvelles figures dans la « salle du Gouffre » et sur « la Corniche », dont le cheval gravé dans l'argile[4],[5]. En 1988, la compilation des sources bibliographiques aboutit au recensement de 68 représentations graphiques mais dès la fin des années 1980 plusieurs d'entre elles ne sont déjà plus visibles en raison des dégradations résultant de la fréquentation du site[3].

La grotte est classée monument historique par arrêté du [6].

Description

La grotte est située à 440 m d'altitude sur le versant occidental de la montagne Axkoargibela du massif des Arbailles. Elle correspond à une longue diaclase dans le flanc oriental d'une falaise de calcaires urgoniens, d'orientation nord-sud sur environ 200 m de long. L'accès à la grotte et son parcours (accès par une falaise, trois puits, une chatière, une rupture de pente de 8 m et un gouffre de 20 m de profondeur) sont périlleux et nécessitent un équipement spécifique et une certaine pratique de la spéléologie[4].

L'entrée actuelle débouche sur une grande salle jonchée d'énormes blocs provenant d'un éboulis partiel de la voûte. Au fond de la salle, une étroite fissure débouche sur une succession de petits gours et de lacs désormais inactifs[3].

Salle des Peintures

La première salle ornée, dite « salle des Peintures », est située à 150 m de l'entrée actuelle et n'est accessible que par une chatière étroite qui avait été élargie dès les années 1930[5]. La salle mesure 12 m de longueur pour une largeur moyenne de 2 m et haute de 3 m[2]. Elle renferme plus de la moitié des ornementations répertoriées de la grotte (14 figures de chevaux, 1 bison et 1 bouquetin) toutes de grandes dimensions.

Sur la paroi gauche, trois panneaux se succèdent. Le premier panneau ne comporte que des lignes noires et brunes mal conservées. Le second panneau est le plus complet. Il comporte le petit cheval rouge découvert en 1950, un grand bouquetin (1 230 mm de long sur 360 mm de haut) qui a été peint avec l'argile du sol et un bison. L'arrière-train du bouquetin est bien visible mais le reste du corps est très effacé et recouvert de calcite, on peut toutefois distinguer deux cornes à simple courbure, l'ensemble dans un style naturaliste[4]. Le tracé du bison (1,71 m de long) est de couleur brune mais il est en partie mutilé par un graffiti réalisé en argile. Le troisième panneau comporte une représentation d'un cheval, tracé en noir et brun, dont la tête est désormais quasiment effacée[5].

La paroi droite comporte cinq panneaux. Le premier panneau comprend un tracé noir semblant dessiner le contour d'un animal indéterminé. Le second panneau comporte une succession de tracés bruns, rouges et noirs où trois chevaux de taille distinctes tiennent la place centrale. Un animal noir indéterminé et un cheval bichrome sont représentés sur un troisième panneau. Le quatrième panneau a été totalement détruit par des graffitis modernes. Le cinquième panneau est très altéré mais on y distingue quelques lignes brunes, noires et rouges et des ponctuations rouges[5].

La salle se termine par une stalagmite marquée d'un point rouge à hauteur des yeux[5].

Salle du Gouffre

La salle des Peintures est séparée de la « salle du Gouffre » par une rupture de pente de 8 m qui débouche sur un gouffre de 20 m de profondeur[3]. Dans la salle du Gouffre, des représentations ont été découvertes sur une corniche étroite située à environ 4 m de hauteur[3] et dans une étroite fissure (6 m de longueur sur 0,50 m de large) de la paroi du gouffre. La « Corniche » est ornée d'un cheval de couleur noire et d'un badigeon de couleur rouge tandis que la « Fissure » comporte sur les deux parois en vis-à-vis 7 chevaux et 1 bison. Plusieurs représentations signalées par Laplace dans les années 1950 sont désormais très effacées et un cheval a disparu[3]. Laplace y avait aussi signalé la présence d'un bouquetin mais son tracé partiel laisse planer un doute. Au-dessus de la Fissure, sur un replat, deux chevaux superposés, têtes tournées vers la droite, ont été tracés au doigt dans une masse d'argile préalablement lissée[2]. Ces représentations ont été préservées des piétinements modernes en raison de son accès très difficile[3].

Mobilier archéologique

Le mobilier archéologique recueilli dans la grotte se limite à quelques objets lithiques en silex (burins, lamelles et éclats) et à des morceaux d'ocre[5].

Datation

En se basant sur des comparaisons chrono-stylistiques avec des peintures retrouvées dans les grottes de la corniche cantabrique et dans les Pyrénées, les représentations pariétales de la grotte ont été attribuées au Magdalénien moyen. Les figures des deux salles présentent des caractéristiques communes qui plaident pour une contemporanéité des réalisations. Les difficultés de circulation à l'intérieur de la grotte laissent penser que les périodes d'occupation y furent courtes et restreintes. Cette hypothèse est renforcée par la faible épaisseur sédimentaire retrouvée lors des sondages et le peu de matériel archéologique récolté[3].

Des datations réalisées sur des ossements brûlés et des fragments de coquillage (Littorina) retrouvés lors d'un sondage réalisé en 2008 dans le sol de la salle des Peintures correspondent à une période comprise entre 16 084 +/- 104 BP et 13 770 +/- 60 BP[3],[4].

Notes et références

Annexes

Bibliographie

  • Georges Laplace, Pierre Boucher, Michel Lauga et Éric de Valicourt, « Grotte Etxeberri », dans L'art des cavernes : Atlas des grottes ornées paléolithiques françaises, Paris, Imprimerie nationale, , 673 p. (ISBN 2-11-080817-9), p. 268-271
  • Diego Gárate Maidagán, « Etxeberri, grotte », dans Aline Averbouh, Valérie Feruglio, Frédéric Plassard, Georges Sauvet, Bouquetins et Pyrénées, Presses universitaires de Provence, coll. « Préhistoires de la Méditerranée », (ISBN 979-10-320-0499-9, DOI https://doi.org/10.4000/books.pup.60015.)
  • Diego Gárate et Raphaëlle Bourrillon, « La grotte ornée d’Etxeberri (Camou-Cihige, Pyrénées-Atlantiques) : un art audacieux », Préhistoire, Art et Sociétés, Bulletin de la Société Préhistorique Ariège-Pyrénées, vol. LXV-LXVI, no spécial,‎ , p. 193-207
  • Diego Gárate Maidagan, Raphaëlle Bourrillon et Joseba Rios, « La grotte ornée paléolithique d’Etxeberri (Camou-Cihige, Pyrénées-Atlantiques) : datation du contexte archéologique de la « Salle des peintures » », Bulletin de la Société préhistorique française, vol. 109, no 4,‎ , p. 637-650 (DOI https://doi.org/10.3406/bspf.2012.14200, lire en ligne [PDF])

Articles connexes

Liens externes

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