Groupe du 9 juillet
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Le Groupe du 9 juillet est un groupe de réflexion politique évoluant dans la mouvance planiste fondé en 1934 par l'écrivain Jules Romains.
Histoire
Origines et buts
Dans le contexte des évènements du 6 février 1934, marquant un « réel tournant dans le débat sur la réforme de l’État », se forme, sous la direction de l'écrivain Jules Romains, un petit cercle de réflexion intitulé le « Groupe du » ayant la particularité de se vouloir un lieu de dialogue transcourants et syncrétique. C'est en effet des jeunes provenant d'horizons divers qui participèrent aux activités du Groupe : des néo-socialistes comme Paul Marion et Georges Roditi y côtoient les ligueurs nationalistes Bertrand de Maud’huy, membre des Volontaires nationaux, Roger de Saivre et Pierre Gimon, adhérents aux Jeunesses patriotes[1], ou encore plusieurs polytechniciens et « techniciens » ayants quant à eux côtoyés le cercle planiste X-Crise comme Gérard Bardet qui en fut l'un des fondateurs. Le projet est également soutenu par la revue L'Homme nouveau à laquelle participent, dès 1934, des personnalités comme Louis Vallon, Robert Marjolin, Marcel Déat ou encore Drieu la Rochelle, tous proches des milieux planistes[2].
Constitué en , le Groupe opta pour un large rassemblement « afin de fournir un terrain d’entente aux forces vives de la nation » dans la perspective d’un projet de réforme de la France. Publiée chez Gallimard le , la brochure de soixante-deux pages Plan du 9 juillet contenait le résultat de ses travaux ; on y trouvait en outre : le renforcement du pouvoir exécutif, la présence au côté du Parlement d’organismes techniques comme le CNE et le Conseil d’État chargé de rédiger les lois, la mise en place d’une Chambre corporative et une accentuation de la régionalisation[1].
Les réactions au Plan du 9 juillet
Concernant la réception du projet, les réactions furent nombreuses mais surtout négatives de la part de plusieurs planistes, socialistes et syndicalistes, qui lui reprochaient ses imprécisions et de faire des propositions trop vagues[3].
Quant aux communistes, Paul-Vaillant Couturier écrira dans L'Humanité, dans un article intitulé « Les "juilletistes" », que le Plan du 9 juillet était la « plus médiocre et la plus vieillotte déclamation fasciste qui se puisse imaginer », propositions élaborées selon lui grâce à la « collaboration significative qui va des renégats à la Paul Marion, aux Croix de Feu comme de Maud'huy, aux Jeunesses Patriotes comme de Saivre » et qui représente « tout simplement la ligne moyenne de la pensée bourgeoise »[4]. Deux mois plus tard, en , le philosophe communiste Georges Politzer publiera, dans La Vie Ouvrière, un article intitulé Le Plan du 9 juillet, dans lequel il accusera le projet d'être « inspiré par le corporatisme italien mélangé avec la formule hitlérienne des corporations » et Jules Romains d'être un « Goebbels-en-studio » faisant preuve de « démagogie fasciste » pour le compte de la bourgeoisie française[5].
Pour Jean Hennessy au contraire, le Plan du 9 juillet est accueilli avec enthousiasme, celui-ci constatant que les thèses défendues par le groupe correspondent aux principes défendus par son Parti social-national (PSN), « en particulier celui du rassemblement des Français autour d’un plan d’action conciliant autorité et liberté, par-delà les anciens clivages »[6].
Membres
- Jules Romains[3]
- Alfred Fabre-Luce
- Georges Roditi
- Paul Marion
- Bertrand de Maud’huy
- Roger de Saivre
- Gerard Bardet
- Jean Coutrot
- Pierre Frédérix
- Pierre-Olivier Lapie
- Louis Vallon
- Pierre Gimon
- Raoul Bertrand
- Jacques Branger
- Rene Fouque
- Armand Hoog
- Jean Thomas
Notes et références
- Sortir de crise : Les mécanismes de résolution de crises politiques (XVIe-XXe siècle), Rennes, Presses universitaires de Rennes, (lire en ligne), « La réforme de l’État, solution à la crise française des années 1930 ? », p. 123-135
- ↑ Jean Philippe Parrot, La représentation des intérêts dans le mouvement des idées politiques, Presses universitaires de France, , p. 189-190.
- Georges Lefranc, « Le courant planiste dans le mouvement ouvrier français de 1933 à 1936 », Le Mouvement social, no 54, , p. 84 (lire en ligne)
- ↑ Paule-Vaillant Couturier, « Les "juilletistes" », L'Humanité, , p. 1 (lire en ligne)
- ↑ Georges Politzer, « Le Plan du 9 juillet », La Vie ouvrière, , p. 2 (lire en ligne)
- ↑ François Dubasque, Jean Hennessy (1874-1944) : Argent et réseaux au service d'une nouvelle république, Rennes, Presses universitaires de Rennes, (lire en ligne), p. 283-312.
Bibliographie
Livres
- François Dubasque, Jean Hennessy (1874-1944) : Argent et réseaux au service d'une nouvelle république, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2008, p. 283-312.
- Olivier Dard, Jean Coutrot : de l'ingénieur au prophète, Presses universitaires franc-comtoises, 1999, p.143-194, « Le groupe du , l'échec des cadets ou une tentative avortée de recomposition de la vie politique française ».
- Jérôme Grévy, Sortir de crise : Les mécanismes de résolution de crises politiques (XVIe-XXe siècle), Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2010, p. 123-135.
- Jean Philippe Parrot, La représentation des intérêts dans le mouvement des idées politiques, Presses universitaires de France, 1974, p.189-190.
Études
- Georges Lefranc, Le courant planiste dans le mouvement ouvrier français de 1933 à 1936, No. 54, Front Populaire (Jan. - Mar., 1966), pp. 69-89 (21 pages), p.84.
- Le plan du 9 juillet 1934, Études et documents, Année 1989, 1, pp. 477-488.
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