Guerre birmano-siamoise (1563-1564)
| Date | 1563 - 1564 |
|---|---|
| Lieu | Royaume d'Ayutthaya, Phitsanulok, royaume de Sukhothaï |
| Issue | Victoire birmane |
| Royaume d'Ayutthaya (Siam) | Dynastie Taungû (Birmanie)
|
| Maha Chakkraphat (en) (prisonnier de guerre) Prince Ramesuan (en) (prisonnier de guerre) Mahinthrathirat (en) Phraya Chakri (prisonnier de guerre) Phraya Sunthorn Songkhram (prisonnier de guerre) |
Bayinnaung Thado Minsaw d'Ava (en) Binnya Dala (en) |
| 70 000 hommes | Sources birmanes : Au moins 60 000 hommes 2 400 chevaux 360 éléphants[1] Sources siamoises : Au moins 120 000 hommes[2] |
| Lourdes | Lourdes mais moins importantes que celles d'Ayutthaya |
La guerre birmano-siamoise de 1563–1564, également connue sous le nom de guerre des Éléphants blancs (birman : ဆင်ဖြူတော်စစ်ပွဲ), est un conflit entre la dynastie Taungû (Birmanie) et le royaume d'Ayutthaya (Siam). C'est la deuxième des vingt guerres menées entre birmans et siamois qui durent jusqu'au XIXe siècle. La cause de la guerre est une tentative du roi de la dynastie Taungû Bayinnaung de soumettre le royaume d'Ayutthaya sous son règne, dans le cadre de sa campagne qui créer plus tard le plus grand empire ayant jamais existé en Asie du Sud-Est. Treize ans après le début du règne de Bayinnaung, sa seconde tentative d'invasion du Siam et la première en tant que roi réussit après un vaste siège de la ville d'Ayutthaya. Le Siam devient vassal de la dynastie Taungû, statut qui dure jusqu'à une révolte d'Ayutthaya (en) en 1568 qui aboutit à une indépendance de courte durée[3].
Contexte
Après la guerre de 1547–1549 (en) contre la dynastie Taungû, le roi d'Ayutthaya, Maha Chakkraphat (en), renforce les défenses de sa capitale en préparation d'une future guerre contre les birmans. La guerre de 1547–1549 se termine par une victoire défensive siamoise et préserve l'indépendance siamoise. Cependant, les ambitions territoriales de Bayinnaung poussent Chakkraphat à se préparer à une nouvelle invasion. Ces préparatifs comprennent un recensement qui prépare tous les hommes aptes à partir à la guerre. Des armes et du bétail sont confisqués par le gouvernement en préparation d'un effort de guerre à grande échelle, et sept éléphants blancs sont capturés par Chakkraphat pour porter chance. La nouvelle des préparatifs du roi d'Ayutthaya se répand rapidement, atteignant finalement les birmans.
Pendant ce temps, une attaque contre la ville de Chiang Mai, dans le royaume voisin de Lanna, menée par Bayinnaung, réussit à prendre la ville en 1556. Les efforts ultérieurs laissent la majeure partie du nord du Siam sous contrôle birman. Cette invasion réussie vaut à Bayinnaung le surnom de "Conquérant des Dix Directions". Cela laisse le royaume de Chakkraphat dans une position précaire, confronté à des territoires ennemis au nord et à l'ouest[4].
Invasion
Invasion initiale
Bayinnaung, avec sa rapide ascension au pouvoir et son influence, exige par la suite deux éléphants blancs du roi Chakkraphat en tribut à la dynastie Taungû montante. Chakkraphat refuse, ce qui conduit à la seconde invasion birmane du royaume d'Ayutthaya.
Bayinnaung quitta Bago le 27 décembre 1563 et marcha avec ses forces vers Mottama. Là, il organise son armée en 5 divisions. Le roi Bayinnaung, familier avec le terrain du Siam grâce à ses expéditions précédentes avec Tabinshwehti, entre au Siam par ce qui est aujourd'hui connu sous le nom de col des Trois Pagodes dans la province de Kanchanaburi. Une armée birmane distincte entre par le col de Mae Lamao, dans ce qui est aujourd'hui la province de Tak[5].
Les forces siamoises commencent la défense d'Ayutthaya, Phraya Chakri commandant 15 000 hommes vers la forteresse Lumphli au nord d'Ayutthaya, Chao Phraya Mahasena commandant 10 000 hommes vers la forteresse Ban Dokmai Han Tra à l'est, Phraya Phra Khlang commandant 10 000 hommes pour garder le sud, et Phra Sunthorn Songkhram commandant 10 000 hommes pour s'installer à la forteresse de Jampa à l'ouest.
Cependant, l'armée siamoise est surprise que les birmans lancent une attaque à deux volets, car ils ne s'attendent qu'à ce que les birmans n'attaquent que depuis le col des Trois Pagodes.
Prise de Phitsanulok
L'armée de Bayinnaung compte 60 000 hommes, 2 400 chevaux, 360 éléphants et une autre armée de Lanna. Ces forces marchent vers la capitale Ayutthaya, mais affrontent d'abord des forces à Phitsanulok. Le gouverneur de Phitsanulok, Mahathammarachathirat (en), résiste d'abord aux attaques birmanes alors que les birmans encerclent la ville. Cependant, voyant le désespoir de la situation, les provisions en diminution et une épidémie de variole, Mahathammarachathirat se rend le 20 février 1563.
Bataille à Chai Nat
Après avoir appris que Bayinnaung a fait descendre l'armée royale birmane du Hua Mueang Nuea avec des recrues siamoises, Chakkraphat ordonna la levée d'une armée. Phraya Phichai Ronnarit et Phraya Wichit Narong sont envoyés pour installer un camp à Nakhon Sawan, tandis que l'armée principale du prince Ramesuan (en) doit aider à lever le siège de Phitsanulok. Cependant, après avoir appris que Phitsanulok est tombé, le prince Ramesuan décide d'installer un camp à Chai Nat pour stopper l'avancée birmane. Les forces siamoises utilisent des canons sur les navires pour frapper l'armée birmane, causant de nombreuses pertes. Bayinnaung commande ensuite la flotte fluviale birmane sous Thado Dhamma Yaza II de Prome pour attaquer les siamois. Comme les siamois sont largement en infériorité numérique, ils se replient vers Ayutthaya.
Siège d'Ayutthaya
Lorsque Bayinnaung arrive à Ayutthaya, Chakkraphat ordonne à la marine siamoise d'attaquer les birmans, mais cette force est vaincue et les siamois subissent de lourdes pertes. Les navires de guerre se replient dans Ayutthaya. Là, ils sont tenus à distance pendant des semaines par le fort siamois, aidés par trois navires de guerre portugais et des batteries d'artillerie dans le port. Les envahisseurs capturent finalement les navires et batteries portugais le 7 février 1564, après quoi le fort tombe aussitôt[6]. Bayinnaung parvient à capturer les forteresses de Lumphli, Jampa et Ban Dokmai Han Tra, encerclant Ayutthaya sur trois côtés. À l'ouest, les forces de Thado Dhamma Yaza sont stationnées à Thung Wat Photharam, prévoyant d'avancer sur Khlong Ko Kaeo. Au nord, l'armée de Nanda Bayin est stationnée à Thung Phaniat. L'armée royale de Bayinnaung est stationnée dans les champs de Wat Pho Phueak près de Khanon Pak Khu. L'armée du seigneur de Pyay est stationnée à Thung Lumphli, le seigneur de Taungû est stationné à Thung Prachet, tandis que Thado Minsaw d'Ava (en) descend vers le sud en direction du temple Phutthaisawan.
Comme les forces birmanes sont trop nombreuses, Chakkraphat n'ose pas marcher avec son armée pour affronter les birmans dans une bataille rangée et compte sur ses navires de guerre pour bombarder l'armée birmane. Les birmans répondent en bombardant les murs d'Ayutthaya. Avec une force de 60 000 hommes désormais combinée à l'armée de Phitsanulok, Bayinnaung atteint les remparts d'Ayutthaya et bombarde lourdement la ville. Bien que supérieurs en force, les birmans ne peuvent pas capturer Ayutthaya, mais exigent que le roi siamois sorte de la ville sous un drapeau de trêve pour des négociations de paix. Voyant que ses citoyens ne peuvent plus tenir le siège, Chakkraphat négocie la paix, mais à un prix élevé.
Conditions de reddition siamoise
En échange de la retraite de l'armée birmane, Bayinnaung ramène le prince Ramesuan (fils de Chakkraphat), Phraya Chakri et Phraya Sunthorn Songkhram en otage en Birmanie, ainsi que quatre éléphants blancs siamois. Mahathammarachathirat, bien qu'il soit un traître, doit rester souverain de Phitsanulok et vice-roi du Siam. Le royaume d'Ayutthaya devient vassal de la dynastie Taungû, obligé de donner chaque année trente éléphants et trois cents catties d'argent aux birmans. Les birmans doivent également avoir accès à la collecte des impôts au port de Mergui, alors territoire siamois. La demande de Bayinnaung pour deux éléphants blancs est portée à quatre. Un traité de paix est signé à Wat Na Phra Men (monastère devant le bûcher funéraire). L'adhésion de Chakkraphat aux exigences de Bayinnaung conduit à une paix de quatre ans[7].
Les sources birmanes racontent que lorsque Bayinnaung retourna à Bago, il emmène également Maha Chakkraphat comme otage, avant de nommer Mahinthrathirat, un fils de Maha Chakkraphat, roi vassal d'Ayutthaya, et de laisser une garnison de 3 000 hommes. Les sources birmanes continuent d'affirmer qu'après avoir été envoyé à Bago pendant des années, Maha Chakkraphat devient moine et Bayinnaung lui permet de retourner à Ayutthaya[8]. Les sources thaïlandaises affirment cependant simplement que Mahinthrathirat, le deuxième fils de Maha Chakkraphat, monte sur le trône parce que son père abdique et devient moine après cette guerre.
Bayinnaung demande également quatre éléphants blancs ainsi que Ramesuan, Phraya Chakri et Phra Sunthorn Songkhram comme otages. Il exige également que 30 éléphants et 300 bahts (en) d'argent soient envoyés par an.
Conséquences
La paix ne dure pas longtemps. En 1568, le royaume d'd'Ayutthaya se révoltent contre leurs souverains birmans. Après l'avis de Mahathammarachathirat selon lequel le royaume d'Ayutthaya est trop faible pour soutenir une révolte, Bayinnaung mène de nouveau des armées birmanes dans Ayutthaya, ce qui provoque une nouvelle guerre contre les siamois (en).
Notes et références
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Burmese–Siamese War (1563–1564) » (voir la liste des auteurs).
- ↑ (en) Maha Yazawin Vol. 2, 2006
- ↑ (en) « Ayutthaya: Capital of a Kingdom, Part 3 », sur Infothai
- ↑ (en) « Burmese–Siamese War (1563–1564) », sur WordPress
- ↑ (en) « Chedi Phukaothong or Chedi Phukhao Thong », sur Wikimapia
- ↑ (th) « สงครามครั้งที่ ๓ คราวรบกันด้วยเรื่องช้างเผือก ปีกุญ พ.ศ. ๒๑๐๖ », sur Vajirayana
- ↑ (en) Monday, 11th waning of Tabodwe 925 ME, Hmannan Vol. 2 2003
- ↑ (en) « Bayinnaung », sur Encyclopædia Britannica
- ↑ (en) Damrong Rajanubhab, 2012
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