Guerre des Hawaïens
Te tau vaihi
| Date | juillet 1831 à janvier 1832 |
|---|---|
| Lieu | Nuku‘atea et Falaleu |
| Casus belli | Restauration la suprématie de la lignée Vehi‘ika face à la lignée Takumasiva. |
| Issue | Victoire des Takumasiva |
| Lignée Takumasiva | Lignée Vehi‘ika |
| Takala |
| Au maximum 800 guerriers dont une dizaine armée de fusils | 1 baleinier :
1 brick :
1 goélette :
|
| Au minimum 3 guerriers morts au combat 1 Européen tué par Siaosi Manini |
1 domestique et 1 Hawaïen blessés |
La guerre des Hawaïens (Te tau vaihi en wallisien) est le nom donné à un conflit ayant lieu de à sur l'île de Wallis (aujourd'hui intégrée à la collectivité d'outre-mer française de Wallis-et-Futuna), en Océanie.
Historique
Contexte
Takala est un chef coutumier wallisien du district de Mu‘a, descendant du roi Vehi‘ika[1]. Opposé à Soane-Patita Vaimu‘a Lavelua Ier, de la lignée Takumasiva, il profite de l'arrivée d'un marchand hawaïen pour contester l'autorité royale et devenir roi d'Uvea[2].
En , un commerçant hawaïen métis espagnol, George Marina (appelé Siaosi Manini par les Wallisiens[2]), débarque au sud de Wallis pour la pêche des holothuries (bêches de mer). Manini a déjà joué un rôle dans les guerres entre chefs aux Fidji et Samoa en vendant des armes à feu aux chefs rivaux et est décrit comme ayant des ambitions dites « napoléoniennes »[3]. Il épouse Kahoila[4], la fille de Takala[5]. Ses hommes épousent également des Wallisiennes[4].
Au début de l'année , Manini et son équipage reviennent à Wallis, à bord de la goélette Harriet Blanchard (Halieta en wallisien), suivi du brick Chinchilla (Senisila en wallisien) commandé par le capitaine Thomas Meek[6]. Ils accostent sur l'îlot Nuku‘atea, où ils sont accueillis chaleureusement. Le lendemain, après des négociations et une cérémonie du kava, Manini achète l'îlot de Nuku‘atea à Takala en échange de pacotilles (couteaux, haches, tissus et autres objets divers)[6]. Manini et ses hommes installent sur l'îlot une grande maison-forteresse équipée d'un canon, un atelier de préparation et de stockage des bêches de mer et une trentaine de huttes pour loger les travailleurs[6].
Combats
Rapidement, la situation dégénère en conflit armé. L'objectif de Takala est de restaurer la suprématie de la lignée Vehi‘ika face à la lignée Takumasiva et aux nobles de Hahake[2].
Le , Manini et ses hommes, soutenus par Takala, attaquent la résidence royale de Vaimu‘a Takumasiva. L'attaque est prévue par le roi et son village est entouré d'une palissade en troncs de cocotier défendue par au maximum 800 guerriers, dont une dizaine tout au plus est armée de fusils. Le capitaine Thomas Meek dirige deux canots remplis d'une partie de son équipage et Manini vient avec quatre canots, comprenant surtout des Hawaïens[6]. Le capitaine Robert Newby, qui vient d'arriver avec le navire baleinier anglais Pusey Hall, mène une attaque occasionnant un blessé parmi son équipage et un nombre indéterminé de morts parmi les habitants[7].
Takala et Manini remportent la victoire, Vaimu‘a est retenu prisonnier à Mu‘a[2], l'obligeant à être leur cuisinier[8].
Conséquences
On pense alors à nommer roi Manini, mais celui-ci refuse. Le chef Takala est nommé Lavelua, mais la population wallisienne n'accepte pas son autorité car il ne provient pas d'une famille royale mais surtout parce qu'il est du district de Mu‘a ce qui pousse les habitants de Hahake à refuser son autorité[6].
Vaimu‘a Takumasiva redevient le roi d'Uvea et Takala est exilé à Fatuloto, à Falaleu[5]. La victoire de Manini est effectivement de courte durée : rapidement, Manini impose le travail forcé et provoque l'hostilité de la population wallisienne. Fin , il est assassiné par un guerrier nommé Hua[3] et une grande partie des Hawaïens est alors massacrée[6].
Notes et références
- ↑ Sophie Chave-Dartoen, « Chapitre 1 », dans Royauté, chefferie et monde socio-cosmique à Wallis ('Uvea) : Dynamiques sociales et pérennité des institutions, pacific-credo Publications, coll. « Monographies », (ISBN 978-2-9563981-7-2, lire en ligne)
- Sophie Chave-Dartoen, « Chapitre 2 », dans Royauté, chefferie et monde socio-cosmique à Wallis ('Uvea) : Dynamiques sociales et pérennité des institutions, pacific-credo Publications, coll. « Monographies », (ISBN 978-2-9563981-7-2, lire en ligne), p. 105–144
- (en) David A. Chappell, Double Ghosts: Oceanian Voyagers on Euroamerican Ships, Routledge, (ISBN 978-1-315-47911-8, lire en ligne)
- (en) Edwin G. Burrows, « George Manini in Uvea (Wallis island) », 45th annual report of the Hawaïan historical society, (lire en ligne)
- Charles Girard, Lettres des missionnaires maristes en Océanie, 1836-1854: anthologie de la correspondance reçue par Jean-Claude Colin, fondateur de la Société de Marie pendant son généralat, KARTHALA Editions, (ISBN 978-2-8111-0081-0, lire en ligne)
- Frédéric Angleviel, Les Missions à Wallis et Futuna au XIXe siècle, Centre de recherche des espaces tropicaux de l’université Michel de Montaigne (Bordeaux III), , 243 p. (lire en ligne), p. 34-37
- ↑ (en-US) « Search Results for “BV070200” – Whaling History » (consulté le )
- ↑ (en) John Poyer Twyning, Shipwreek and Adventures of J. P. Twyning among the South Seas islanders, Londres, Plon, , 174 p. (lire en ligne), p. 111
Bibliographie
(en) James Oliver et William Giles Dix, Wreck of the Glide, with recollections of the Fijiis, and of Wallis Island, New York, Wiley & Putnam, , 203 p. (lire en ligne), p. 127-167
Voir aussi
Articles connexes
- Histoire de Wallis-et-Futuna
- Guerre de Vai
- Crise coutumière wallisienne
- Royaumes coutumiers de Wallis-et-Futuna
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