Guerre des Hawaïens

Guerre des Hawaïens
Te tau vaihi
Description de cette image, également commentée ci-après
Image satellite de Nuku‘atea (au centre) où a en partie lieu le conflit.
Informations générales
Date juillet 1831 à janvier 1832
Lieu Nuku‘atea et Falaleu
Casus belli Restauration la suprématie de la lignée Vehi‘ika face à la lignée Takumasiva.
Issue Victoire des Takumasiva
Belligérants
Lignée Takumasiva Lignée Vehi‘ika
Commandants
Soane-Patita Vaimu‘a Lavelua Ier  Reddition Takala  Reddition
Siaosi Manini
Capitaine Thomas Meek
Capitaine Robert Newby
Forces en présence
Au maximum 800 guerriers dont une dizaine armée de fusils 1 baleinier :

1 brick :

  • Chinchilla

1 goélette :

  • Harriet Blanchard
Deux canots anglais, quatre canots hawaïens, un canon et une soixantaine de pirogues wallisiennes
Pertes
Au minimum 3 guerriers morts au combat
1 Européen tué par Siaosi Manini
1 domestique et 1 Hawaïen blessés

La guerre des Hawaïens (Te tau vaihi en wallisien) est le nom donné à un conflit ayant lieu de à sur l'île de Wallis (aujourd'hui intégrée à la collectivité d'outre-mer française de Wallis-et-Futuna), en Océanie.

Historique

Contexte

Takala est un chef coutumier wallisien du district de Mu‘a, descendant du roi Vehi‘ika[1]. Opposé à Soane-Patita Vaimu‘a Lavelua Ier, de la lignée Takumasiva, il profite de l'arrivée d'un marchand hawaïen pour contester l'autorité royale et devenir roi d'Uvea[2].

En , un commerçant hawaïen métis espagnol, George Marina (appelé Siaosi Manini par les Wallisiens[2]), débarque au sud de Wallis pour la pêche des holothuries (bêches de mer). Manini a déjà joué un rôle dans les guerres entre chefs aux Fidji et Samoa en vendant des armes à feu aux chefs rivaux et est décrit comme ayant des ambitions dites « napoléoniennes »[3]. Il épouse Kahoila[4], la fille de Takala[5]. Ses hommes épousent également des Wallisiennes[4].

Au début de l'année , Manini et son équipage reviennent à Wallis, à bord de la goélette Harriet Blanchard (Halieta en wallisien), suivi du brick Chinchilla (Senisila en wallisien) commandé par le capitaine Thomas Meek[6]. Ils accostent sur l'îlot Nuku‘atea, où ils sont accueillis chaleureusement. Le lendemain, après des négociations et une cérémonie du kava, Manini achète l'îlot de Nuku‘atea à Takala en échange de pacotilles (couteaux, haches, tissus et autres objets divers)[6]. Manini et ses hommes installent sur l'îlot une grande maison-forteresse équipée d'un canon, un atelier de préparation et de stockage des bêches de mer et une trentaine de huttes pour loger les travailleurs[6].

Combats

Rapidement, la situation dégénère en conflit armé. L'objectif de Takala est de restaurer la suprématie de la lignée Vehi‘ika face à la lignée Takumasiva et aux nobles de Hahake[2].

Le , Manini et ses hommes, soutenus par Takala, attaquent la résidence royale de Vaimu‘a Takumasiva. L'attaque est prévue par le roi et son village est entouré d'une palissade en troncs de cocotier défendue par au maximum 800 guerriers, dont une dizaine tout au plus est armée de fusils. Le capitaine Thomas Meek dirige deux canots remplis d'une partie de son équipage et Manini vient avec quatre canots, comprenant surtout des Hawaïens[6]. Le capitaine Robert Newby, qui vient d'arriver avec le navire baleinier anglais Pusey Hall, mène une attaque occasionnant un blessé parmi son équipage et un nombre indéterminé de morts parmi les habitants[7].

Takala et Manini remportent la victoire, Vaimu‘a est retenu prisonnier à Mu‘a[2], l'obligeant à être leur cuisinier[8].

Conséquences

On pense alors à nommer roi Manini, mais celui-ci refuse. Le chef Takala est nommé Lavelua, mais la population wallisienne n'accepte pas son autorité car il ne provient pas d'une famille royale mais surtout parce qu'il est du district de Mu‘a ce qui pousse les habitants de Hahake à refuser son autorité[6].

Vaimu‘a Takumasiva redevient le roi d'Uvea et Takala est exilé à Fatuloto, à Falaleu[5]. La victoire de Manini est effectivement de courte durée : rapidement, Manini impose le travail forcé et provoque l'hostilité de la population wallisienne. Fin , il est assassiné par un guerrier nommé Hua[3] et une grande partie des Hawaïens est alors massacrée[6].

Notes et références

  1. Sophie Chave-Dartoen, « Chapitre 1 », dans Royauté, chefferie et monde socio-cosmique à Wallis ('Uvea) : Dynamiques sociales et pérennité des institutions, pacific-credo Publications, coll. « Monographies », (ISBN 978-2-9563981-7-2, lire en ligne)
  2. Sophie Chave-Dartoen, « Chapitre 2 », dans Royauté, chefferie et monde socio-cosmique à Wallis ('Uvea) : Dynamiques sociales et pérennité des institutions, pacific-credo Publications, coll. « Monographies », (ISBN 978-2-9563981-7-2, lire en ligne), p. 105–144
  3. (en) David A. Chappell, Double Ghosts: Oceanian Voyagers on Euroamerican Ships, Routledge, (ISBN 978-1-315-47911-8, lire en ligne)
  4. (en) Edwin G. Burrows, « George Manini in Uvea (Wallis island) », 45th annual report of the Hawaïan historical society,‎ (lire en ligne)
  5. Charles Girard, Lettres des missionnaires maristes en Océanie, 1836-1854: anthologie de la correspondance reçue par Jean-Claude Colin, fondateur de la Société de Marie pendant son généralat, KARTHALA Editions, (ISBN 978-2-8111-0081-0, lire en ligne)
  6. Frédéric Angleviel, Les Missions à Wallis et Futuna au XIXe siècle, Centre de recherche des espaces tropicaux de l’université Michel de Montaigne (Bordeaux III), , 243 p. (lire en ligne), p. 34-37
  7. (en-US) « Search Results for “BV070200” – Whaling History » (consulté le )
  8. (en) John Poyer Twyning, Shipwreek and Adventures of J. P. Twyning among the South Seas islanders, Londres, Plon, , 174 p. (lire en ligne), p. 111

Bibliographie

(en) James Oliver et William Giles Dix, Wreck of the Glide, with recollections of the Fijiis, and of Wallis Island, New York, Wiley & Putnam, , 203 p. (lire en ligne), p. 127-167

Voir aussi

Articles connexes

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