Guerre des camps
| Date | – |
|---|---|
| Lieu | Beyrouth et Sud-Liban |
| Issue | Indécise |
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La guerre des camps désigne une phase du conflit civil libanais s'étendant d' à . Cet affrontement oppose le mouvement chiite Amal, soutenu par la Syrie et des éléments de l'armée libanaise (notamment la sixième brigade), aux factions palestiniennes fidèles à Yasser Arafat (OLP), retranchées dans les camps de réfugiés de Beyrouth et du Sud-Liban.
Cette guerre aboutit à la mort de plusieurs milliers de Palestiniens dans les camps de Sabra et Chatila. Les estimations s'accordent sur un chiffre dépassant les 3 700 morts et plusieurs milliers de blessés.
Origines
Le conflit résulte de la volonté du régime syrien de Hafez el-Assad d'empêcher le rétablissement d'une base militaire autonome de l'OLP au Liban après l'évacuation de 1982.
Le mouvement Amal, dirigé par Nabih Berri, cherche à exercer un contrôle sécuritaire exclusif sur les zones chiites de Beyrouth-Ouest et du Sud-Liban, afin d'éviter le retour au statut de « Fatah-land » et de prévenir de nouvelles représailles israéliennes[1].
Déroulement
De à , la milice Amal, appuyée par la Syrie, entreprend d'éradiquer l'organisation de l'OLP du Liban : les camps de Sabra, Chatila et Bordj el Barajneh sont assiégés, bombardés, privés de nourriture et de médicaments.
Le conflit se caractérise par trois sièges principaux.
1985
Mai 1985 : Assaut d'Amal sur les camps de Sabra, Chatila et Bourj el-Barajneh à Beyrouth.
La Première Phase (mai - ) : L'implosion du front libanopalestinien
Le conflit éclate le lorsque la milice chiite Amal, cherchant à asseoir son hégémonie sur Beyrouth-Ouest, lance un assaut coordonné contre les camps de Sabra, Chatila et Bourj el-Barajneh[2]. Cette offensive bénéficie du soutien logistique de la 6e brigade de l'armée libanaise, composée majoritairement de soldats chiites, marquant une rupture avec l'ancienne alliance "Libano-Progressiste"[3]. L'implication de Damas dans cette manœuvre vise à briser définitivement l'autonomie de la décision palestinienne au Liban-Sud et dans la capitale[4].
Les snipers posté sur les immeubles environnants interdisent tous mouvement, transformant les venelles des camps en couloirs de la mort pour les civils[5].
1986
1986 : Extension des combats vers le Sud-Liban, visant les camps de Rachidieh et de Ain el-Heloué.
1987
1987 : Durcissement des blocus imposant une famine prolongée aux populations civiles à l'intérieur des camps.
Plusieurs membres d'Amal, désapprouvant cette guerre inter-arabe, quittent cette organisation pour passer au Hezbollah.
La « guerre des camps » fait plusieurs milliers de morts palestiniens et libanais, Sabra est totalement détruit, Chatila à 85 %, Bordj el Barajneh à 50 %. En juin-, des groupes palestiniens dissidents, appuyés par la Syrie, achèvent de déloger l'OLP de Chatila et Bordj el Barajneh.
Bilan humain
Le nombre de victimes fait l'objet d'estimations convergentes selon les sources internationales et les rapports médicaux de l'époque[1]:
Les estimations s'accordent sur un chiffre dépassant les 3 700 morts et plusieurs milliers de blessés. Cela représente un bilan supérieur aux massacres de Sabra et Chatilla.
En 1985, dès le premier mois de combat, le Croissant-Rouge palestinien et les services hospitaliers de Beyrouth recensent plus de 600 morts[1].
L'Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) rapporte une destruction des infrastructures des camps à hauteur de 80 % à 90 % à Chatila et Bourj el-Barajneh[1].
Issue du conflit
La guerre prend fin suite à l'intervention militaire de la Syrie à Beyrouth-Ouest en 1987 pour stopper l'anarchie des milices, et à la signature d'un accord en . Les camps restent sous contrôle de sécurité libanais et syrien, limitant l'influence politique de l'OLP sur le territoire.
Voir aussi
Bibliographie
- Elizabeth Picard, Liban, État de discorde : des fondations aux guerres fratricides, Flammarion, coll. « Champs », 2006 (ISBN 978-2080811943).
- Edgar O'Ballance, Civil War in Lebanon, 1975-92, Palgrave Macmillan, London 1998. (ISBN 0-333-72975-7)
- Éric Micheletti and Yves Debay, Liban – dix jours aux cœur des combats, RAIDS magazine n.º41, October 1989 issue. ISSN 0769-4814 (in French)
- Samer Kassis, 30 Years of Military Vehicles in Lebanon, Beirut: Elite Group, 2003. (ISBN 9953-0-0705-5)
- Moustafa El-Assad, Civil Wars Volume 1: The Gun Trucks, Blue Steel books, Sidon 2008. (ISBN 9789953012568)
- Rex Brynen, Sanctuary and Survival: the PLO in Lebanon, Boulder: Westview Press, Oxford 1990. (ISBN 0 86187 123 5) – [1]
- Joe Stork, The War of the Camps, The War of the Hostages, MERIP Reports, No. 133 (June 1985), p. 3–7,22 .
- Robert Fisk, Pity the Nation: Lebanon at War, London: Oxford University Press, (3rd ed. 2001). (ISBN 0-19-280130-9) – [2]
- The War of the Camps, Journal of Palestine Studies, Vol. 16, No. 1 (Autumn, 1986), p. 191–194.
- Zachary Sex & Bassel Abi-Chahine, Modern Conflicts 2 – The Lebanese Civil War, From 1975 to 1991 and Beyond, Modern Conflicts Profile Guide Volume II, AK Interactive, 2021.
- Fawwaz Traboulsi, Identités et solidarités croisées dans les conflits du Liban contemporain; Chapitre 12: L'économie politique des milices: le phénomène mafieux, Thèse de Doctorat d'Histoire – 1993, Université de Paris VIII, 2007.
- Jean Sarkis, Histoire de la guerre du Liban, Presses Universitaires de France - PUF, Paris 1993. (ISBN 978-2-13-045801-2) (in French)
- Samir Kassir, La Guerre du Liban: De la dissension nationale au conflit régional, Éditions Karthala/CERMOC, Paris 1994. (ISBN 978-2865374991)
- Samir Makdisi and Richard Sadaka, The Lebanese Civil War, 1975-1990, American University of Beirut, Institute of Financial Economics, Lecture and Working Paper Series (2003 No.3), p. 1–53.
- Itamar Rabinovich, The war for Lebanon, 1970-1985, Cornell University Press, Ithaca and London 1989 (revised edition). (ISBN 978-0-8014-9313-3), 0-8014-9313-7
Notes et références
- Elizabeth Picard, Liban, état de discorde: des fondations aux guerres fratricides, Flammarion, (ISBN 978-2-08-211536-0)
- ↑ Elizabeth Picard, Liban : État et société en crise, Éditions du CNRS, , p. 158
- ↑ Michel Seurat, L'État de barbarie, Seuil, , p. 162
- ↑ Jihane Sfeir, L'Exode palestinien au Liban : 1948-2006, Karthala, , p. 210
- ↑ Nadine Picaudou, Le mouvement national palestinien, L'Harmattan, , p. 145
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