Guerre franco-syrienne

Guerre franco-syrienne
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Soldats syriens à Maysaloun en 1920.
Informations générales
Date mars -
Lieu Syrie et TEO
Issue

Victoire française

Belligérants
Drapeau de la France France Royaume arabe de Syrie Drapeau du Royaume-UniDrapeau d’Israël Hashomer
Drapeau d’Israël Haganah
Commandants
Alexandre Millerand
André Lefèvre
Henri Gouraud
Mariano Goybet
Fayçal ibn Hussein
Youssef al-Azmeh
Ibrahim Hananou
Soubhi Bey Barakat
Saleh al-Ali
Drapeau du Royaume-UniDrapeau d’Israël Joseph Trumpeldor

Guerre franco-syrienne

Batailles

Révolte alaouite de 1919Prise de Damas (1920)Bataille de Khan Mayssaloun • Raid de Samakh • émeutes de Jérusalem de 1920

La guerre franco-syrienne est une guerre qui oppose la République française au royaume arabe de Syrie de mars à juillet 1920.

Contexte

Médaille commémorative de Syrie-Cilicie, créée en 1922.

Vers la fin de la Première Guerre mondiale, le corps expéditionnaire d'Égypte, commandé par Edmund Allenby, s'empare de Damas le . Trois jours plus tard, le prince Fayçal y fait aussi son entrée dans le contexte de la fin de la révolte arabe de 1916-1918 contre l'Empire ottoman. Le suivant, Allenby lui permet de constituer un gouvernement constitutionnel.

Suivant les accords Sykes-Picot de 1916 (dont la teneur ne sera révélée que bien plus tard), qui partage les terres du Levant de l'Empire ottoman entre Français et Britanniques, la France installe en Syrie et au Liban une administration militaire sous le commandement du général Henri Gouraud à la tête de l'armée du Levant. En même temps, des groupes nationalistes, tels que la Ligue de la jeunesse arabe, préparent la tenue d'un congrès prévoyant la formation d'un royaume arabe confié aux Hachémites, famille à laquelle appartient Fayçal.

La première session du congrès syrien se tient le sous la présidence de Hachem al-Atassi, et le , le congrès vote des résolutions en faveur de l'institution d'une monarchie constitutionnelle arabe confiée à Fayçal. L'espoir de ces organisations repose en une aide hypothétique des Britanniques et des Américains contre l'administration française, mais les Britanniques, respectueux des accords de 1916, évacuent leurs troupes de Syrie.

En , Georges Clemenceau arrive à un arrangement avec Fayçal selon lequel la France pourrait retirer ses troupes et appuyer la formation d'une Syrie indépendante à condition d'accepter une administration dont les cadres seraient formés et contrôlés par la France. En effet, selon le point de vue français, la Grande Syrie pour l'instant est structurellement dans l'impossibilité au point de vue sociétal, économique et politique à court terme de former et assurer seule un État moderne. Ce compromis mécontente finalement les nationalistes, qui espèrent que le sentiment très anti-français de Fayçal le poussera à le dénoncer, ce qu'il fait.

Déroulement de la guerre

Révoltes

Carte de l'éphémère royaume arabe de Syrie, tel que le congrès le prévoyait (8 mars 1920).

Après les négociations de avec Clemenceau, les forces françaises sont de plus en plus visées par des attaques sporadiques de milices arabes ou alaouites (dirigées par Saleh al-Ali, elles avaient commencé dès ), mais les alaouites, dans leur ensemble, ne les suivent pas, et les chrétiens, touchés eux aussi par les milices nationalistes arabes, sont plutôt légalistes. Le congrès syrien regroupant les nationalistes proclame à Damas le un royaume arabe de Syrie avec Fayçal à sa tête et Hachem al-Atassi comme Premier ministre.

La France et le Royaume-Uni s'opposent immédiatement à ce nouveau royaume, qui regrouperait la Palestine, le Liban et la Transjordanie, en plus de la Syrie actuelle, et répliquent à la conférence de San Remo et à la Société des Nations leur donne explicitement mandat en pour se partager les territoires du Levant. Au Royaume-Uni reviennent la Palestine, la Jordanie et la Mésopotamie, et à la France revient la Syrie, y compris le Liban. Les nationalistes sont isolés sur la scène internationale, et des affrontements comme celui de Tel Hai ne font que renforcer le soutien de la communauté internationale envers le mandat français en Syrie.

Forte de son mandat, la France par l'intermédiaire de son haut commissaire, Gouraud envoie un ultimatum à ce « gouvernement » syrien de cesser les troubles et de se soumettre à l'autorité administrative française. Finalement préoccupé par un combat inégal, Fayçal se soumet le , mais son message n'atteint pas son ministre de la Guerre, Youssef al-Azmeh, qui décide d'attaquer les troupes françaises à Khan Mayssaloun. Cela conduit à une défaite, et les nationalistes syriens se débandent.

Bataille de Khan Mayssaloun

Malgré la soumission de Fayçal, Youssef al-Azmeh refuse de se soumettre, laissant mal augurer de la véritable autorité du roi de Syrie. Il lève une petite armée, mal équipée et mal formée face aux troupes françaises de l'armée du Levant. Voulait-il se battre pour l'honneur? Ses troupes sont aussitôt battues par les douze mille hommes du général Mariano Goybet, et Azmeh est tué dans la bataille.

Prise de Damas

Cette guerre rapide est terminée le , lorsque les troupes françaises, après avoir assiégé Damas, font leur entrée dans la ville sans rencontrer beaucoup de résistance. L'éphémère royaume arabe de Syrie est aboli le lendemain et le mandat français établi dans les faits.

Conséquences

Le roi Fayçal est expulsé à Londres et deviendra roi de Mésopotamie, qui devient l'Irak. La puissance mandataire française opère un regroupement administratif des provinces et régions dans le Levant, fortement marqué par plusieurs siècles de présence ottomane. Les Ottomans avaient divisé les provinces en entités administratives servant à récolter l'impôt, mais la corruption endémique, le sous-développement socio-économique et l'absence d'unités étatiques rendent la tâche malaisée[1]. La France s'appuie sur les élites locales déjà en place, d'un point de vue économique sur la bourgeoisie commerçante sunnite et chrétienne, tout en favorisant la formation de petits employés administratifs et de soldats alaouites, issus d'une communauté méprisée puisque considérée par la majorité sunnite comme « hérétique » et insoumise[2] et de ce fait isolée.

Le territoire est tout de suite divisé en différentes entités administratives : l'État de Damas, l'État d'Alep, l'État des Alaouites, l'État du Grand Liban. En 1921, l'administration rajoute l'État des Druzes au sud et le petit sandjak autonome d'Alexandrette au nord, qui est donné en juin 1939 à la Turquie.

Notes et références

  1. Francis Balanche, La Région alaouite et le pouvoir syrien, Karthala, 2006
  2. Balanche, op. cité

Voir aussi

Articles annexes

Liens externes

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