Gustave Monod (pédagogue)

Gustave Monod
Biographie
Naissance
Décès
(à 83 ans)
Paris
Nom de naissance
Gustave Adolphe Alphonse Monod
Nationalité
Activités
Famille
Père
Ernest Monod (d)
Mère
Hélène de Heimann (d)
Enfants
François Monod (d)
Olivier Monod (d)
Jean-Pierre Monod (d)
Parentèle
Gustave Monod (grand-père)
Martine Monod (belle-fille)
Autres informations
Conflit
Distinctions

Gustave Adolphe Monod, né le à Mazamet et mort le à Paris, est un pédagogue et haut fonctionnaire français. Il est directeur de cabinet du ministre de l'Éducation nationale, inspecteur général de l'Instruction publique et chargé de la direction de l'enseignement du second degré au ministère après la Seconde Guerre mondiale. Il est connu pour la création des « classes nouvelles de la Libération » et sa participation à l'élaboration du plan Langevin-Wallon.

Biographie

Gustave Monod est le fils d'Ernest Monod, alors pasteur à Mazamet, et d'Hélène de Heimann, née à Moscou en 1850[1]. Son grand-père paternel est le chirurgien homonyme Gustave Monod, l'un des fondateurs de l'Académie de chirurgie[1]. Il fait ses études secondaires à Roubaix et Pau, où son père est pasteur. À Pau, il est condisciple de Saint-John Perse[2]. Il obtient son baccalauréat ès lettres en 1904, puis prépare une licence de lettres (1906) et un DES de philosophie (1907) à l'université de Montpellier[3]. Il est reçu 6e à l'agrégation de philosophie en 1912[4]. Il enseigne la philosophie à l'École des Roches en 1912-1914, où il découvre les méthodes actives[5]. Il s'intéresse au scoutisme, et reste proche des éclaireurs de France dont il est président de 1946 à 1957. Il est nommé en 1914 professeur de philosophie, mais ne rejoint pas son poste car il est mobilisé au mois d'août lors du déclenchement de la Première Guerre mondiale[3]. Il sert comme infirmier d'ambulance et passe 44 mois au front, obtient cinq citations et la croix de guerre, mais il est gravement blessé à Douaumont et doit être amputé d'une jambe[6].

En 1919, il reprend sa carrière de professeur de philosophie et enseigne dans les lycées de Toulon, Avignon, Reims et Tours[5]. En 1923, il est nommé au lycée Saint-Charles de Marseille[5], avant d'être nommée en 1928 à la khâgne du lycée Thiers[7]. À Marseille, il fonde avec Louis François et Francis Leenhardt une section locale du Groupement universitaire pour la Société des nations, qui reçoit Marcel Déat, André Siegfried, Maurice Genevoix, Jules Romains, Wladimir d'Ormesson et Anatole de Monzie[5]. Il est rattaché administrativement en 1932 au lycée Michelet de Vanves[8] mais, dès 1933, il est nommé directeur de cabinet du ministre de l'Éducation nationale Anatole de Monzie[8] et il enseigne à l'école d'application annexe de l'École normale supérieure de Sèvres, au lycée Condorcet et en khâgne au lycée Louis-le-Grand[8],[9].

En , le nouveau ministre de l'Éducation nationale, Jean Zay, le nomme inspecteur d'académie en résidence à Paris (1936-1941) et, en 1937, il devient adjoint à titre temporaire au directeur de l'enseignement du second degré, pour la coordination des enseignements et les programmes[8]. Il est chargé de la mise en place des classes expérimentales d'orientation, expérience interrompue par la guerre[8]. Il adhère à la Ligue pour le relèvement de la moralité publique.

En 1940, il est démis de son grade d'inspecteur général pour avoir refusé d'appliquer les mesures anti-juives décidées par le gouvernement de Vichy[8], rétrogradé au poste de professeur au lycée de Versailles puis au lycée Henri-IV et admis à la retraite en [8],[9]. Il se retire alors dans l'Aude et participe aux activités du réseau de résistance « Défense de la France »[9] et du Groupe du musée de l'Homme[8].

Dès , il est réintégré et redevient inspecteur général de l'Instruction publique, et il est nommé directeur de l'enseignement secondaire[8]. Il crée la commission qui rédige le plan Langevin-Wallon, lance les « classes nouvelles » et charge les centres d'entraînement aux méthodes d'éducation active de la formation des maîtres d’internat[10].

Il encourage en 1945 la création des Cahiers pédagogiques, dont il est un temps président du comité de rédaction[11]. Il initie la création du Centre international d'études pédagogiques dans les anciens locaux de l'École normale supérieure de Sèvres. Parallèlement, il donne des conférences sur la Grèce à l’Union française universitaire[10].

Dès 1948, Gustave Monod envisage également l’institution d’un nouveau concours de recrutement des enseignants pour remplacer le certificat d'aptitude à l'enseignement dans les collèges (CAEC), créé en 1941, au niveau exigeant et très sélectif ; selon ses vues, le CAPES est finalement créé en 1950[12],[11].

Il prend sa retraite en , mais il continue à encourager les projets d'éducation nouvelle tels que la création de l'école nouvelle d'Antony[10].

Il est signataire d'un appel à un défilé populaire pour le , co-signé par Lucie Aubrac, Alain Le Léap, Gilles Martinet ou encore Ségolène Malleret[13].

Il préside le Mouvement de la paix et est l'un des premiers signataires de l'appel de Stockholm (1950)[11]. Il est également l'un des signataires du Manifeste des 121, sous-titré « Déclaration sur le droit à l’insoumission dans la guerre d’Algérie », en [11].

Distinctions et hommages

Le lycée polyvalent Gustave-Monod d'Enghien-les-Bains (2006).

Publications

  • Dix ans du Petit Bottin 1893-1903, Nancy, Berger-Levrault, 1903.
  • Histoire, Paris, Alcan, 1908.
  • Inauguration du Musée Ernest Renan, le à Tréguier, discours sténographiés, Paris, Calmann-Lévy, 1948.
  • Le professeur psychologue : une expérience de sixième nouvelle, par Lucien Lefèvre, préface de Gustave Monod, Paris, Presses universitaires de France, 1949.
  • L'enseignement en France et le plan scolaire d'une école Rudolf Steiner, par Henriette Bideau, préface de Gustave Monod, Paris, Triades-Editions, 1951.
  • La psychologie scolaire et l'enseignement du second degré, in Enfance, numéro spécial, 1952, pages 383-386.
  • Bibliothèques pour enfants, in Enfance, tome 6, numéro 5, 1953, pages 391-393.
  • La philosophie par les textes, tome I : Notions de psychologie préliminaires à la philosophie morale et philosophie morale, classe de sciences expérimentales, par Jean Palméro et Simon Lantiéri, préface de Gustave Monod, Paris, Société universitaire d'éditions et de librairie, 1955.

Notes et références

  1. Patrick Cabanel, « Ernest Monod », dans Patrick Cabanel et André Encrevé, Dictionnaire biographique des protestants français de 1787 à nos jours, t. 4 M-Q, Paris, Les Éditions de Paris / Max Chaleil, (ISBN 9782846213332), p. 370-371.
  2. René Rouyère, La jeunesse d'Alexis Leger (Saint-John Perse), Pau-Bordeaux, 1899-1912, Talence, Presses universitaires de Bordeaux, , 225 p. (ISBN 2-86781-086-8), chap. 2, p. 27.
  3. Capla 1997, p. 409.
  4. « Les agrégés de l'enseignement secondaire. Répertoire 1809-1960 | Ressources numériques en histoire de l'éducation », sur rhe.ish-lyon.cnrs.fr (consulté le ).
  5. Cabanel 2022, p. 383.
  6. Capla 1997, p. 411.
  7. Jean-François Sirinelli, Génération intellectuelle : Khâgneux et normaliens dans l'entre-deux-guerres, Fayard, , 722 p. (ISBN 978-2-213-65368-6, lire en ligne).
  8. Cabanel 2022, p. 384.
  9. Capla 1997, p. 410.
  10. Jacques Girault, « MONOD Gustave, Adolphe, Alphonse – Maitron », sur maitron.fr, (consulté le ).
  11. Cabanel 2022, p. 385.
  12. Lecoq et Lederlé 2008, p. 79.
  13. « 14 juillet : défilé populaire », Ce soir,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  14. Notice Léonore, page consultée le .

Voir aussi

Bibliographie

  • Guy Capla, « Gustave Adolphe Alphonse Monod », dans L'Inspection générale de l'Instruction publique au XXe siècle. Dictionnaire biographique des inspecteurs généraux et des inspecteurs de l'Académie de Paris, 1914-1939, , 408-412 p. (lire en ligne).
  • Tristan Lecoq et Annick Lederlé, Gustave Monod : une certaine idée de l'école, CIEP, (ISBN 978-2-85420-666-1, lire en ligne).
  • Un pionnier en éducation : Gustave Monod, hommage collectif, CEMEA, 1981, 2e édition, 2008 (ISBN 978-129142895-7).
  • Patrick Cabanel, « Gustave Monod », dans Patrick Cabanel et André Encrevé, Dictionnaire biographique des protestants français de 1787 à nos jours, t. 4 M-Q, Paris, Les Éditions de Paris / Max Chaleil, (ISBN 9782846213585), p. 383-385.

Articles connexes

Liens externes

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