Hébreu moderne

L’hébreu moderne est la variété de l'hébreu parlée depuis la fin du XIXe siècle. Sa particularité est d'être redevenu une langue vivante, parlée par la plupart des Israéliens, après de nombreux siècles où la langue était principalement une langue liturgique.

L'hébreu moderne naquit au siècle des Lumières, de la Haskalah qui sortit la culture juive de ses ghettos pour s'ouvrir au monde de son temps. L'usage séculier de la langue sacrée a cependant toujours révolté les esprits plus traditionnels[Qui ?]. La première phase du renouveau de l'hébreu débordant du cadre strictement religieux fut surtout littéraire, sous l'impulsion, entre autres, de Moses Mendelssohn.

Avec Éliézer Ben Yehoudah débuta la renaissance d'un hébreu vernaculaire utilisé aujourd'hui par les citoyens de l'État d'Israël, dont il est langue officielle alors qu'à partir du , l'arabe perd son statut de langue officielle dans l'Etat hébreu pour devenir une langue à « statut spécial ». On estime le nombre de ses locuteurs à environ 6 millions[1].

Haiim B. Rosén [he] (חיים רוזן) soutenait le terme désormais largement utilisé[22] « hébreu israélien » au motif qu’il « représentait la nature non chronologique de l’hébreu »[2].

Le témoignage des frères Tharaud

En 1927, Jérôme et Jean Tharaud, peu suspects de philosémitisme, n’hésitaient pas à écrire : « Cette langue, on l'a rafraîchie, rajeunie, mise à la page. Et voilà le grand fait, le premier résultat obtenu par les sionistes : l'hébreu est ressuscité. Il est redevenu une langue vivante. Dans toutes les écoles de Palestine, sciences, littérature, philosophie, histoire, tout est enseigné en hébreu. Il n'y a pas un enfant juif dans toute la Judée qui ne parle aujourd'hui la langue de Moïse comme sa langue naturelle. Et si l'on songe qu'un pareil résultat a été acquis en dix ans, on ne peut qu'admirer cet effort[3]. »

Notes et références

  1. « Page sur l'hébreu du site de l'Institut National des Langues et Civilisations Orientales », sur inalco.fr (consulté le ).
  2. Matras & Schiff 2005; quote: The language with which we are concerned in this contribution is also known by the names Contemporary Hebrew and Modern Hebrew, both somewhat problematic terms as they rely on the notion of an unambiguous periodization separating Classical or Biblical Hebrew from the present-day language. We follow instead the now widely-used label coined by Rosén (1955), Israeli Hebrew, to denote the link between the emergence of a Hebrew vernacular and the emergence of an Israeli national identity in Israel/Palestine in the early twentieth century."
  3. Jérôme et Jean Tharaud, Petite histoire des Juifs, Plon, 1927, p. 267.

Voir aussi

Articles connexes

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