Hélène Pelletier-Baillargeon

Hélène Pelletier-Baillargeon
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Hélène Pelletier-Baillargeon au salon du livre de Montréal 2018.
Nom de naissance Hélène Pelletier
Naissance
Montréal, (Canada)
Décès
Activité principale
Distinctions
Conjoint
Jacques Baillargeon (1958-2025)
Auteur

Œuvres principales

Hélène Pelletier-Baillargeon est une femme de lettres québécoise née à Montréal en 1932 et morte dans la même ville le 14 .

Se définissant comme une journaliste chrétienne, indépendantiste et socialiste, elle s'est fait connaître du grand public par ses articles dans la revue mensuelle Maintenant, dès 1963. Ses prises de position dans les débats de société font d'elle une voix incontournable durant la Révolution tranquille. Directrice générale de Maintenant de 1973 à 1974, elle tient ensuite une chronique dans la revue Châtelaine, puis dans d'autres revues et journaux tels que La Presse et Le Devoir.

Politiquement engagée, elle est conseillère du ministre Camille Laurin dans le gouvernement de René Lévesque de 1981 à 1983. Revenant à l'écriture après la politique, elle se consacre à la rédaction de biographies de personnages historiques marquants : Marie Gérin-Lajoie (1985), Simonne Monet-Chartrand (1993) et Olivar Asselin (1996, 2001 et 2010). Ses œuvres et ses contributions à la vie publique lui ont valu plusieurs prix et distinctions, dont le Prix du Gouverneur général (1985) et l'Ordre national du Québec (1999).

Biographie

Jeunesse et formation

Famille

Née Hélène Pelletier, elle est la troisième enfant de Dominique Pelletier (1891-1950) et d'Estelle Lemire (1895-1964). Elle grandit au sein d'un milieu catholique et nationaliste, avec ses frères aînés Denys (1927-2015) et Georges (1930-1997)[1].

Son père Dominique est le fils d'une famille bourgeoise aisée de onze enfants, originaire de Fraserville (Rivière-du-Loup) dans le Bas-Saint-Laurent. Notaire de formation, il est très proche de son frère aîné, Georges Pelletier. Ce dernier est devenu le directeur du journal Le Devoir en 1932, après le départ du fondateur Henri Bourassa. Le grand-père d'Hélène, Narcisse Pelletier, était le propriétaire d'un moulin à bois et d'une entreprise de construction prospère à Fraserville[2]. Il avait également été maire de cette ville, tout comme son arrière-grand-père Georges Pelletier[3],[4].

Sa mère, Estelle Lemire, est descendante d'une famille de cultivateurs du comté de Saint-Maurice en Mauricie. Instruite chez les Dames de la Congrégation durant son enfance, elle reçoit une éducation inusitée pour l'époque. Son père Tancrède Lemire, un membre de la première cohorte d'ingénieurs diplômés de l'École Polytechnique de Montréal, souhaitait avoir un fils. Plutôt que d'avoir un quatrième enfant, il décide d'élever sa plus jeune fille, Estelle, comme un garçon. Il lui donnera notamment le sobriquet de « Ti-gars ». Il l'emmène notamment à ses excursions de chasse et de pêche, lui permet de porter des chemises ou des pantalons d'homme et l'encourage à participer aux activités de la ferme des grands-parents lors des vacances d'été en Mauricie. Selon Hélène Pelletier-Baillargeon, cette forme d'éducation atypique a permis à sa mère de s'affranchir très tôt des modes et usages féminins de son temps[5].

Libre penseuse et très bonne élève, Estelle Lemire souffrait de n'avoir pu poursuivre ses études au-delà du primaire. Elle finira par se trouver un emploi à la Bibliothèque municipale de Montréal. Elle y fait la connaissance de l'écrivain et critique littéraire Marcel Dugas, qui devient sa référence en matière de lectures. Celui-ci, plutôt hostile aux écrivains du terroir canadien, lui transmet son amour de la France et de ses grands auteurs. Elle continue ainsi à s'instruire en autodidacte, lisant tout ce qui lui passait sous la main[6].

Enfance à Outremont

À sa naissance, Hélène Pelletier-Baillargeon habite le quartier Saint-Jean-Baptiste (aujourd'hui le Plateau Mont-Royal). Lorsqu'elle atteint l'âge d'aller à l'école, ses parents décident d'emménager à Outremont; d'abord sur la rue de l'Épée, puis dans une maison de la rue Bloomfield. Parmi ses voisins, elle comptera nul autre que Lionel Groulx. Comme elle le raconte dans ses souvenirs, elle développera très tôt des liens d'amitié avec le célèbre historien :

« Avant de devenir pour nous le grand historien que l'on sait, l'abbé Groulx fut d'abord un charmant voisin. Mon père, qui exerçait son métier de notaire dans la paroisse Saint-Jean-Baptiste, à l'angle des rues Rachel et Hôtel-de-Ville, avait décidé que sa famille "monterait" à Outremont dès que mes frères et moi serions en âge d'entrer à l'école. C'est ce qui devait nous amener un jour à nous installer au 287 de la rue Bloomfield, à deux pas de l'Académie Notre-Dame-de-Bonsecours. L'abbé Groulx y habitait déjà le numéro 261 […]
Ce furent, à n'en pas douter, leurs traits communs de paysans récemment urbanisés qui amenèrent rapidement ma mère et l'abbé Groulx à "voisiner". Ma mère était une splendide fille des bois qui ne tenait pas en place entre les tentures grenat de son salon victorien. Quand on ne la retrouvait pas dehors, les joues en feu, en train de pelleter ou d'émonder, on la reconnaissait au coin de la rue, ployant sous le poids des livres innombrables qu'elle ramenait de ses ratissages hebdomadaires […] Très vite, l'abbé et elle se mirent à sympathiser à ces deux niveaux […]
L'abbé Groulx avait en effet gardé la bonhomie naturelle des gens de la campagne envers les enfants et son attitude envers nous contrastait avec la morgue compassée d'un grand nombre de religieux rencontrés en ville. Il mangeait chaque jour au soleil "une pomme pour tenir le docteur loin" et la partageait familièrement avec moi. Comme je me prénommais Hélène, ma vue avait également pour effet d'éveiller en lui des réminiscences helléniques… "Ah! Hélène… disait-il… Hélène de Troie!" et il prononçait Troâââ… comme si, par l'embouchure de cet énorme A ouvert, la trirème du beau Pâris avait eu le pouvoir de s'engouffrer dans nos esprits… »[7]

Elle grandit dans un foyer très catholique. Malgré les nombreuses critiques qu'essuiera la religion pendant le XXe siècle, Hélène Pelletier-Baillargeon demeurera croyante toute sa vie. Ainsi, plutôt que de tourner le dos à l'Église, elle choisira de travailler de l'intérieur pour la moderniser. Elle raconte en entrevue : « Enfant, au retour de la messe, j'entendais mon père décortiquer le sermon du curé et le critiquer à qui mieux mieux. Plus tard, avec mon engagement dans les mouvements de jeunesse catholique, j'ai compris que nous avions un rôle de leader à assumer et que nous avions notre mot à dire dans l'Église[8] ».

Enfin, bien qu'elle soit née à Montréal, elle conserve toute sa vie un attachement profond pour le Québec rural. Comme elle l'écrit dans sa correspondance avec Pierre Vadeboncœur : « J'ai beau être née angle Rachel et Hôtel-de-Ville, mes racines symboliques et celles de mon "option-Québec" se prolongent encore très loin dans le "Québec des régions". L'"habitant" est moins loin chez moi que chez les Vadeboncœur, ta culture m'apparaît beaucoup plus homogène que la mienne [...] Alors que, chez moi, pullulent les contradictions et les superpositions culturelles. Le Bas-Saint-Laurent et la Mauricie affleurent à tous coups dans le territoire de mon imaginaire et le nourrissent encore pour une bonne part[9] ».

Études primaires et secondaires

Hélène Pelletier-Baillargeon évolue dans un milieu où règne l'amour des livres. Son père, habile conteur et amateur de littérature universelle, lui fait connaître notamment Les Contes des Mille et Une Nuits de Shéhérazade, ainsi que Le Livre de la jungle de Rudyard Kipling. Grand lecteur de littérature canadienne-française, il lui fait aussi connaître les pittoresques Contes vrais de Pamphile Le May, Une de perdue de Georges Boucher de Boucherville et Les Contes de Jos Violon de Louis Fréchette[10]. Sa mère, Estelle, partage également ses lectures avec elle, lui faisant découvrir Alphonse Daudet, Frédéric Mistral et Michel de Montaigne. Ce dernier avait d'ailleurs été mis à l'Index, ce qui la forcera à obtenir une dispense des autorités religieuses pour pouvoir le lire[11].

La petite Hélène fait ses études primaires à l'Académie Notre-Dame-de-Bonsecours, à Outremont. Elle les complète par deux années de cours Lettres-Sciences à l'Académie Sainte-Madeleine, dirigée par les Sœurs de Sainte-Croix. Au secondaire, tandis que ses frères fréquentent le Collège Stanislas, établissement laïque, Hélène poursuit son cours classique au Collège Jésus-Marie sur la Côte-Sainte-Catherine. Suivant le cursus de l'époque, en plus des cours de mathématiques, de biologie, de latin et de grec ancien, les cours de littérature suivaient un manuel qui « proposait un ambitieux itinéraire allant du Moyen Âge au XXe siècle[12] ». Malgré l'ampleur apparente de ce programme, de nombreux auteurs étaient écartés : Voltaire, les encyclopédistes et tous les auteurs mis à l'Index par l'abbé Louis Bethléem, la grande référence catholique en matière de censure[13]. Bien que la bibliothèque de son collège comptait des livres sur l'histoire de pays comme la France, l'Angleterre, la Russie et la Chine, les cours d'histoire, comme tels, se limitaient à celle du Canada. En philosophie enfin, le seul système de référence enseigné était la scolastique de saint Thomas d'Aquin :

« Tous les autres systèmes philosophiques nous étaient résumés à vol d'oiseau, dans un cours d'histoire de la philosophie et évalués par la suite à l'aune… du thomisme. Nous n'étudiions malheureusement pas saint Thomas dans le texte […] mais condensé et résumé sous forme de "thèses" en forme de syllogismes dont nous discutions la "majeure", la "mineure" et la "conclusion" selon les principes de la logique. Ainsi disposions-nous en une seule pirouette, du système communiste : "Tout système qui nie le droit à la propriété privée est à rejeter, or le communisme nie le droit à la propriété privée; donc le système communiste est à rejeter »[12].

Durant ses études, Hélène Pelletier-Baillargeon se joint à la troupe des Guides de Saint-Viateur d'Outremont. Elle y fait la connaissance de plusieurs figures qui connaîtront aussi des carrières importantes, dont Jacques-Yvan Morin, Élizabeth Gallat, Charles Gonthier et Claude Jutra[14].

Son cours classique terminé, elle se dirige ensuite vers l'université. Au moment de choisir sa formation, son cœur balance entre la littérature et la biologie. En effet, la lecture du livre de vulgarisation L'hérédité et l'homme du biologiste Jacques Rousseau l'avait grandement marquée. Pesant le pour et le contre, avec les conseils de sa mère, elle finit par se rendre à l'évidence que « le tempérament créateur dominait chez [elle] sur l'intelligence scientifique[15] ». Elle choisit alors les lettres. Elle entre à l'Université de Montréal au début des années 1950.

Études à l'Université de Montréal et premiers écrits

Hélène Pelletier-Baillargeon étudie à l'Université de Montréal durant les années 1950.
Elle consacre une thèse de doctorat à l'écrivain français François Mauriac.

À cette époque, les cours de littérature à l'Université de Montréal comptaient environ une trentaine ou une quarantaine d'étudiants par classe. La plupart de ces étudiants étaient des religieux se dirigeant vers l'enseignement. Hélène Pelletier-Baillargeon raconte en entrevue :

« Comme il fallait former rapidement des enseignantes, c'était plein de cornettes dans les classes de lettres à l'Université. Les religieuses enseignantes, qui n'avaient fait qu'une onzième année, devaient enrichir rapidement leur formation pour devenir professeures de collège. Il y avait même des cours de littérature où on était majoritairement des femmes[16] ».

Les laïcs étaient donc peu nombreux dans ces classes. Encore plus rares, certains étudiants en théâtre assistaient à ces cours pour ajouter « un apport culturel à leur formation de comédiens[17] ». Parmi ses collègues de classe, Hélène Pelletier-Baillargeon compte Gatien Lapointe, Jacques Godbout et Ghislaine Reiher, la future épouse de ce dernier[18].

À l'image de leurs étudiants, la plupart des professeurs étaient aussi des religieux. À cette époque d'avant la Révolution tranquille, la Faculté de lettres ne comptait que des spécialistes en littérature française. Les cours offerts portaient donc essentiellement sur des ouvrages ou des auteurs de la France. En contraste, la littérature canadienne-française (québécoise) faisait figure de parent pauvre, selon Hélène Pelletier-Baillargeon. Étonnamment, dans ce contexte, dans cette université d'où était pourtant issue une grande partie de l'élite intellectuelle québécoise, il n'y avait qu'un seul cours sur la littérature québécoise. Ce cours était offert en option, à un petit nombre d'étudiants, une seule heure par semaine. Cette situation avait des répercussions sur les choix des étudiants désirant poursuivre à la maîtrise ou au doctorat. En effet, la quasi-totalité des mémoires et des thèses portait sur des auteurs français, avec une thématique choisie[19].

Hélène Pelletier-Baillargeon consacre son mémoire de maîtrise à l'œuvre du poète français Francis Jammes, personnage fort peu connu au Québec. Elle réalise son travail « sans n'avoir jamais vu de vignoble, d'allée de platanes, de champ de lavande, de chapelle romane, de glycine en fleurs, de terrasse de café[19] ». Tout en étudiant, elle commence à écrire des articles dans Le Quartier latin. Le premier article qu'elle signe est un entretien avec le poète Robert Choquette. Elle ira à sa rencontre, dans la maison de Percé, en Gaspésie, où il avait rédigé Suite marine[20]. Bien que les premiers écrits d'Hélène Pelletier-Baillargeon portent essentiellement sur des questions culturelles, elle finit par se joindre à ses collègues dans leur critique du régime Duplessis. Elle dénonce notamment la décision controversée du Bureau de censure qui interdit la projection du film Les enfants du paradis de Marcel Carné lors d'un gala universitaire, jugeant les motifs évoqués « invraisemblables et tout à fait arbitraires[21] ». Elle est aussi brièvement rédactrice en chef du Quartier latin[22]. Elle complète sa maîtrise en 1954.

Après l'obtention de sa maîtrise, elle entreprend des études de doctorat. Elle choisit de faire une thèse sur l'image littéraire dans les romans et la poésie de François Mauriac, vue à travers la grille des quatre éléments – la terre, l'air, le feu et l'eau – élaborée par le philosophe Gaston Bachelard dans ses essais La Terre et les rêveries du repos, L'Air et les songes, La Psychanalyse du feu et L'Eau et les rêves. Après avoir terminé ses deux années de scolarité, elle obtient une bourse du Conseil de la recherche sur les humanités. Elle envisage alors de faire un séjour d'études en France, à la Cité universitaire de Paris[23].

Rencontre avec Jacques Baillargeon

En , lors d'un séjour à Percé en Gaspésie, Hélène Pelletier fait la rencontre d'un jeune médecin nommé Jacques Baillargeon. Venu pour passer ses vacances dans la ville d'origine de sa mère, le jeune médecin est aussitôt séduit par la jeune littéraire. Cependant, à l'automne, Hélène Pelletier prévoyait aller en France pour effectuer son doctorat. Par coïncidence, le Dr Baillargeon, qui venait lui aussi d'obtenir une bourse d'études, prévoyait aussi s'installer à Paris pour suivre une spécialisation en gastro-entérologie, en milieux hospitaliers. Grâce à un programme de l'Assistance publique de Paris (institué spécifiquement pour les médecins du Québec), cette formation était suivie d'un poste d'interne dans les Hôpitaux de Paris à l'Hôpital Bichat. Voyant l'occasion de poursuivre leurs fréquentations, et partir à l'aventure en même temps en France, les deux jeunes gens décident de partir ensemble et de se marier au printemps suivant. C'est ainsi qu'Hélène Pelletier prend le nom d'Hélène Pelletier-Baillargeon[24].

Études à Paris

À Paris, Hélène Pelletier-Baillargeon étudie à la Sorbonne et à l'École pratique des hautes études. Durant ce séjour, elle assiste aux derniers soubresauts de la IVe République, ébranlée par la Guerre d'Algérie. Dans ce contexte de crise, les gouvernements se succèdent, sans arriver à retrouver une autorité capable de reprendre le contrôle de la situation de l'Algérie. Suite à la démission de Pierre Pflimlin, le président René Coty fait appel au « plus illustre des Français » pour revenir à la tête du pays[25]. Le 1er , Charles de Gaulle est investi président par l'Assemblée nationale française[26],[27].

Avec l'annonce du référendum sur l'indépendance et la dissolution des Comités de salut public en toile de fond, Hélène Pelletier-Baillargeon fait finalement la rencontre de François Mauriac, lors d'une conférence donnée à la Maison canadienne (aujourd'hui Maison des étudiants canadiens). Elle aura la chance de lui parler de son projet de doctorat. Mauriac l'invitera chaleureusement chez lui, au 29, rue Théophile-Gauthier dans le XVIIIe arrondissement pour en discuter plus en détail[28]. Cette rencontre avec l'écrivain est décisive. Elle se destinait alors à l'enseignement de la littérature. Toutefois, en lisant le « Bloc-notes » de Mauriac dans L'Express, appuyant le projet de décolonisation du général de Gaulle, Hélène Pelletier-Baillargeon a une révélation : « J'ai compris que la littérature n'était pas qu'art décoratif mais qu'elle pouvait faire œuvre sociale[29] ». Elle décide alors de se lancer en journalisme.

Femmes de lettres

Revue Maintenant

Hélène Pelletier-Baillargeon revient à Montréal en [30]. Comme son passage en France, son retour au Québec coïncide avec une période de grands bouleversements : la fin de la « Grande noirceur » et le début de la Révolution tranquille. L'arrivée au pouvoir du Parti libéral dirigé par Jean Lesage, en , annonce une vague de réformes sans précédent dans l'histoire du Québec. Ces réformes remettent en question l'autorité traditionnelle confiée à l'Église catholique dans plusieurs domaines, notamment l'éducation, la santé et les questions sociales[31].

C'est dans ce contexte, également marqué par le Concile Vatican II, qu'Hélène Pelletier-Baillargeon fait son entrée dans les débats d'actualité. Elle participe à différentes tribunes à la radio et à la télévision, avant de se joindre à l'équipe de Maintenant[32]. Cette nouvelle revue – fondée en 1962, en remplacement de la Revue dominicaine, et dirigée par le père dominicain Henri-Marie Bradet – a pour mission de changer la religion catholique pour ensuite mieux changer la société[33].

Pour moderniser la religion, la revue Maintenant décide de rompre avec certains principes fondamentaux de l'Église catholique au Québec, à cette époque. Elle récuse notamment l'idéal de chrétienté visant au maintien de l'autorité du clergé sur les services sociaux, en particulier dans le domaine de l'éducation. Pour l'équipe de Maintenant, en insistant autant sur la spécificité absolue du catholicisme dans toutes les matières scolaires (comme s'il existait, par exemple, une trigonométrie, une arithmétique ou une biologie « chrétiennes »), l'Église a cultivé le respect des dogmes et de l'autorité au détriment des besoins légitimes du monde temporel. Ceci avait pour effet non seulement de cultiver une forme de désinvestissement chez les fidèles, mais aussi un conformisme et un conservatisme social et politique néfastes. Prenant le contrepied de l'Église, l'équipe de Maintenant réclame ainsi des services publics laïques. Sortant d'une posture d'immobilisme, les chrétiens pourraient ainsi se mobiliser en vue du progrès de la société[34].

C'est à la suggestion de son ami Jacques-Yvan Morin, l'un des fondateurs de la revue, qu'Hélène Pelletier-Baillargeon se joint à l'équipe de Maintenant au début de 1963.

Engagement social

Maintenant encourage aussi les fidèles à s'investir pleinement dans le monde temporel, c'est-à-dire dans le présent, dans l'histoire. L'une des façons de s'investir dans le monde était notamment de se réconcilier avec la sexualité, de voir la chose autrement que sous sa simple fonction de procréation. Cette question intéresse tout particulièrement Hélène Pelletier-Baillargeon. Durant son séjour en France, elle et son mari avaient suivi des cours de préparation au mariage avec un père dominicain (le père Philippe Maillard), en préalable au cours sur la fécondité. Jugeant que « le mariage n'est pas une lapinerie », ce dernier avait conseillé aux futurs mariés de se donner le temps de constituer leur couple avant de fonder une famille. Cette attitude relativement répandue dans le clergé français, prenant certaines libertés avec les rigueurs du Vatican, contrastait grandement avec l'attitude prédominante au sein du clergé québécois. À leur retour au Québec, les époux Pelletier-Baillargeon avaient également choisi de s'impliquer au sein de Serena, un organisme veillant à aider les couples à contrôler les naissances par des méthodes naturelles[35]. C'est d'ailleurs ce qui les mènera à publier ensemble l'ouvrage La régulation des naissances en . Ce livre, destiné au grand public, présente la « méthode sympto-thermique », un moyen de contraception naturel déjà reconnu en France, permettant aux couples de retarder ou d'éviter une grossesse de façon sécuritaire[36].

Cette prise de position par deux laïques (sur une question normalement réservée aux autorités religieuses) s'inscrit dans un mouvement général de libéralisation des mœurs sexuelles, toutefois sans renier les valeurs chrétiennes partagées par la majorité de la population québécoise de l'époque[37]. Pourtant, malgré les nombreux ouvrages écrits par d'autres spécialistes sur le même sujet dans les années 1960, le Vatican continue de condamner officiellement l'usage de la contraception. Cette position est alors de plus en plus contestée. En 1966, Hélène Pelletier-Baillargeon dénonce l'attitude de l'Église dans les pages de Maintenant. Au nom du bien-être moral, sexuel et matériel des époux, elle défend l'acceptation pleine et entière de la sexualité conjugale. Elle réclame aussi, pour les couples, le droit de choisir leurs propres méthodes de régulation des naissances, artificielles ou naturelles[38].

Puis, en 1968, le pape Paul VI lance son encyclique Humanæ vitæ. S'inspirant d'une théologie antérieure à Vatican II, le Vatican réitère sa condamnation de la contraception. Cette position consterne de nombreux chrétiens. La revue Maintenant réagit elle aussi. Dans l'éditorial du numéro d', la position de l'Église est catégoriquement dénoncée. On souligne qu'un nombre important de catholiques « ont intégré déjà les moyens contraceptifs dans leur effort pour vivre leur amour conjugal dans une authentique perspective évangélique » et qu'ils voient mal « comment ils pourraient, en conscience, retourner à des perspectives basées sur une conception de la "nature" dépassée par les apports actuels des sciences de l'homme », au point de se demander « si leur attitude actuelle leur permet encore de participer à l'eucharistie et de se compter toujours parmi les membres de l'Église catholique romaine[39] ». Pour Hélène Pelletier-Baillargeon, c'est le point de non-retour :

« Pour les gens de ma génération, l'Église perdit du coup toute crédibilité. Ce fut le moment de la grande rupture. On ne supportait plus que l'Église mette son nez dans nos chambres à coucher [...] Nous, issus de milieux privilégiés, connaissions tous des confesseurs jésuites évolués et conciliants et trouvions inacceptable que les classes populaires, elles, continuent d'être terrorisées par la crainte du péché et par les remontrances du curé qui ne se satisfaisait pas de familles de sept ou huit enfants »[40].

Cette prise de position provoque la rupture définitive entre Maintenant et les pères dominicains en . La revue, privée du soutien et du financement qui l'avait vu naître, devient désormais indépendante. Néanmoins, sa prise de position trouve écho dans le reste de la société civile. En effet, à la suite de la publication de cette encyclique, une foule de croyants tourne le dos pour de bon à l'Église catholique[41].

Engagement politique

En plus de plaider pour une laïcité ouverte dans toutes les écoles, les hôpitaux et les services sociaux, Hélène Pelletier-Baillargeon commence également à prendre des positions politiques. En , elle et ses collègues de Maintenant adhèrent officiellement à un « socialisme démocratique » ancré dans les libertés civiles et la justice sociale[42]. Ce modèle visait à se définir à droite par rapport au marxisme-léninisme, jugé trop strict en matière de libertés individuelles, et à gauche du travaillisme britannique, jugé trop complaisant envers le capitalisme[43],[44].

Ce socialisme, vu comme un moyen plutôt que comme une fin, devait aussi s'inspirer des traditions culturelles de chaque peuple. En plus d'être démocratique, il devait donc aussi être québécois, puisant dans les traditions rurales et communautaires canadiennes-françaises. Cette position de centre-gauche finit par la rapprocher naturellement du Mouvement souveraineté-association (MSA) et du Parti québécois (PQ). Toutefois, la crise à Saint-Léonard finit par amener l'équipe de rédaction de Maintenant à prendre officiellement position pour l'école « neutre ouverte ». Contrairement à une vision de la laïcité interdisant toute présence religieuse à l'école, cette conception proposait plutôt d'y offrir des services en fonction de certaines religions (catholique, protestante et juive, notamment)[45].

Si les principes de la revue sont bien connus du grand public, le cheminement politique d'Hélène Pelletier-Baillargeon lui vient « un peu sur le tard[46] », selon ses propres mots. Issue d'un milieu très nationaliste, elle était demeurée cependant discrète sur la question de la langue et sur celle de l'avenir politique du Québec. Puis, en 1969, le gouvernement de Jean-Jacques Bertrand fait adopter la controversée loi 63, donnant à l'anglais un statut égal à celui du français, rendant l'apprentissage du français facultatif dans toutes les écoles du Québec. Dans son livre Le Pays légitime, Hélène Pelletier-Baillargeon décrit l'adoption de cette loi comme l'élément déclencheur de son engagement politique :

« En un jour, moi plutôt douce à l'accoutumée, je suis devenue comme une lionne que l'on menace de prendre son petit… Et autour de moi, tous les vrais Québécois que j'admirais et estimais, tous ceux-là qui m'avaient formé l'esprit et le jugement, même les plus modérés protestaient à grands cris devant l'Assemblée nationale. On ne pouvait désormais plus tergiverser ni faire marche arrière. J'étais chargée de jeunes enfants. Pourtant, ce soir-là, je m'en souviens, leur père et moi avons décidé de notre adhésion à côté du berceau de la petite dernière. Qu'est-ce, en effet, qu'un enfant gavé de tendresse qui découvrirait, devenu adulte, que son père et sa mère ont manqué de courage à l'heure où ils avaient à choisir, en leur âme et conscience, de lui laisser un vrai pays en héritage? »[46]

Direction de Maintenant

Après la rupture avec les pères dominicains en 1968, la revue a été dirigée par Vincent Harvey jusqu'à sa mort en . Après une période de flottement, Hélène Pelletier-Baillargeon est désignée comme nouvelle directrice de Maintenant en [47]. Elle se désigne comme une femme « chrétienne, indépendantiste [et] socialiste[48] ».

Sous son mandat, une autre rupture importante survient. Maintenant cesse de se définir comme revue chrétienne pour devenir officiellement une revue laïque. Ce choix se fait dans un esprit de laïcité ouverte. Les chrétiens sont alors invités à poursuivre leur collaboration, la foi dans l'Évangile demeurant « "la source et la signification profonde" de leur engagement en faveur du "socialisme démocratique" et de l'indépendance du Québec[49] ». Toutefois, le mandat d'Hélène Pelletier-Baillargeon est marqué par les difficultés. Face à un lectorat déclinant, avec de lourdes dettes accumulées, dans le contexte de la récession entraînée par le premier choc pétrolier, l'équipe de Maintenant décide de mettre fin à son aventure. Le dernier numéro paraît en [50].

Chroniqueuse de l'actualité

À compter de 1975, Hélène Pelletier-Baillargeon devient journaliste pigiste. Elle collabore principalement à la revue Châtelaine, où elle tient une chronique sur l'actualité politique et syndicale[51]. En 1979, elle rassemble ses chroniques publiées dans un recueil intitulé Le Pays légitime. Elle y livre in extenso sa vision personnelle des questions linguistiques, économiques, sociales et politiques au Québec[52]. L'ouvrage offre aussi un éventail des thèmes ayant marqué les débats au Québec durant les années 1970, avec comme fil conducteur « son inlassable quête de l'authenticité et de l'identité du peuple québécois et son analyse des forces aliénantes auxquelles le Québec se voit toujours soumis à ce moment de son histoire »[53]. Enfin, en guise d'introduction, l'autrice résume les origines de son engagement pour l'indépendance du Québec :

« D'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours su, de certitude profonde, que nous formions un vrai peuple. Je n'ai pas toujours su, cependant, qu'un vrai peuple ne saurait vivre, au sens plein du terme, sans une terre bien à lui. Et surtout, j'ai mis des années à comprendre que, pour être un jour "maître après Dieu" sur nos terres, il fallait s'engager de façon militante dans le combat politique pour l'indépendance du Québec. Pour que les certitudes de l'errance se transforment enfin en option et en action directes (pour moi, il s'agit de l'écriture), il m'aura fallu atteindre les années de la maturité. Mais, désormais, je ne retournerai plus en arrière. D'une femme faite qui a aimé, enfanté, agi et lutté dans l'émouvant coude à coude fraternel que constitue, depuis dix ans, la prodigieuse reprise en charge du Québec par lui-même, on ne refera plus une petite fille perplexe, ballotée par les fausses peurs et les fausses promesses! »[54]

Politique

En 1981, le gouvernement de René Lévesque est reconduit au pouvoir. Le nouveau ministre de l'Éducation, Camille Laurin, constitue son équipe. C'est dans ce contexte qu'Hélène Pelletier-Baillargeon est recrutée pour devenir sa conseillère politique. Elle lui offre son soutien dans les dossiers liés à la confessionnalité scolaire. Son passage au gouvernement sera toutefois de courte durée. Elle quitte ses fonctions en 1983[55].

Retour à l'écriture

Chroniqueuse et biographe

Après son incursion en politique, Hélène Pelletier-Baillargeon décide de revenir à l'écriture, sa grande passion. Elle se lance alors dans la rédaction d'ouvrages sur des figures historiques incontournables. En 1985, elle signe Marie Gérin-Lajoie : de mère en fille, la cause des femmes, une biographie détaillée de la pionnière du service social au Québec. Cet ouvrage, salué par la critique, est couronné du Prix Maxime-Raymond et du Prix du Gouverneur général[56]. À compter de 1986, elle tient une chronique hebdomadaire dans La Presse. Elle collabore également à d'autres publications, dont Critère (où elle assure également la vice-présidence du conseil d'administration), Relations, la Revue Desjardins, Communauté chrétienne, Possibles, L'Action nationale, les Cahiers de recherches éthiques, Le Médecin du Québec et Le Devoir. Elle publie également dans des ouvrages collectifs, en plus de prononcer des conférences sur divers sujets touchant à l'éducation, à la condition de la femme, à la vie religieuse et à la politique familiale et culturelle[51].

En 1993, elle dirige l'ouvrage collectif Simonne Monet-Chartrand: Un héritage et des projets, racontant la vie et les combats féministes, sociaux et politiques menés par son amie de longue date. Elle se lance ensuite dans la rédaction d'une biographie monumentale consacrée au journaliste de combat et nationaliste Olivar Asselin. Cette biographie de plus de mille pages est publiée en trois tomes en 1996, 2001 et 2010[57].

Administratrice

Enfin, elle se retrouve au sein de différentes institutions culturelles québécoises. Entre autres, elle siège au Conseil supérieur de l'éducation, au Conseil des affaires sociales de l'Assemblée des évêques du Québec, ainsi qu'aux conseils d'administration du Musée des beaux-arts de Montréal, des Éditions Fides et de la Fondation Lionel-Groulx. Elle est d'ailleurs administratrice de cette fondation de 1987 à 2015[58]. En plus de ces engagements, elle continue de croire et de militer pour l'indépendance du Québec. Elle apparaît notamment dans les publicités pour le camp du Oui, lors du référendum de 1995[59].

Mort

Hélène Pelletier-Baillargeon meurt à Montréal le , à l'âge de 92 ans[60].

Vie privée

Hélène Pelletier-Baillargeon épouse le docteur Jacques Baillargeon à la mairie du XIVe arrondissement le 10 , puis lors d'une cérémonie religieuse à l'Église du Sacré-Cœur de la Cité universitaire, le [61]. Le couple a quatre enfants : Sophie, Bruno, Matthieu et Amélie.

Ouvrages

  • Une nouvelle morale sexuelle, Montréal, Fides, 1re édition : 1976, 150 p., 22 cm, … (ISBN 978-0-7755-0601-3 et 0-7755-0601-X)
  • Contemplation ou Le Carmel de Montréal : ses racines, sa spiritualité, sa vie (préface de Fernand Dumont), Montréal, Éditions Fides, 1977, 69 p., 20 cm (ISBN 978-0-7755-0632-7 et 0-7755-0632-X)
  • Le Pays légitime, Montréal, Leméac, 1re édition : Collection « À hauteur d'homme », 1979, 253 p., 23 cm (ISBN 978-2-7609-5503-5 et 2-7609-5503-6)
  • Marie Gérin-Lajoie : de mère en fille, la cause des femmes, Montréal, Boréal Express, 1985, 382 p., 25 cm (ISBN 2-8905-2145-1)
  • Simonne Monet-Chartrand : un héritage et des projets (dir. Hélène Pelletier-Baillargeon), Montréal : Fides, Montréal : Éditions du Remue-ménage, 1993, 382 p., 23 cm (ISBN 978-2-8909-1122-2 et 2-8909-1122-5), (ISBN 978-2-7621-1654-0 et 2-7621-1654-6)
  • Olivar Asselin et son temps :
    • [tome 1] Le militant, Montréal, Fides, 1996, 780 p. (comprend un index) (ISBN 978-2-7621-1889-6 et 2-7621-1889-1)
    • [tome 2] Le volontaire, Montréal, Fides, 2001, 328 p. (comprend un index) (ISBN 978-2-7621-2129-2)
    • [tome 3] Le maître, Montréal, Fides, 2010, 416 p. (comprend un index) (ISBN 978-2-7621-3026-3 et 2-7621-3026-3)
  • présentation de : Jules Fournier, Mon encrier, Montréal, (1re édition : Mme Jules Fournier, 1922, posthume, préface de Olivar Asselin); … ; rééd. Bibliothèque québécoise, 1996, 125 p., 18 cm (ISBN 978-2-8940-6129-9 et 2-8940-6129-3)
  • dans : Vingt Années de recherches en éthique et de débats au Québec (dir. Guy Bourgeault, Rodrigue Bélanger, René DesRosiers), Montréal, Fides, 1997, 144 p., 22 cm (ISBN 2-7621-1940-5)
  • Bernard Andrès, Stéphane-Albert Boulais, John Hare, Marcel Olscamp, Hélène Pelletier-Baillargeon, François Ricard, Lucie Robert, Patricia Smart, Robert Vigneault, Approches de la biographie au Québec (dir. Dominique Lafon, Rainier Grutman, Marcel Olscamp et Robert Vigneault), Montréal, Fides, Collection « Archives des lettres canadiennes », no 13, 2004, 204 p. (ISBN 978-2-7621-2591-7)
  • présentation de : Olivar Asselin, L'Œuvre de l'abbé Groulx, Montréal, Fides, 2007, 112 p., 19 cm (ISBN 978-2-7621-2806-2 et 2-7621-2806-4)

Honneurs

Notes et références

  1. ↑ « Pelletier, Georges », La Presse, 11 janvier 1997, cahier G, p. 11. Consulté le 24 novembre 2025.
  2. ↑ « Feu Narcisse Pelletier », Le Devoir, 21 octobre 1912, p. 1. Consulté le 20 novembre 2025.
  3. ↑ Hélène Pelletier-Baillargeon, Mémoires d'une époque : 1930-1960, Autoédition, 2025, p. 15.
  4. ↑ « Rue Pelletier », Commission de toponymie, Gouvernement du Québec. Consulté le 24 novembre 2025.
  5. ↑ Hélène Pelletier-Baillargeon, Mémoires d'une époque : 1930-1960, Autoédition, 2025, p. 27-30.
  6. ↑ Hélène Pelletier-Baillargeon, Mémoires d'une époque : 1930-1960, Autoédition, 2025, p. 30-32.
  7. ↑ Hélène Pelletier-Baillargeon, « Le voisin et l'ami » dans Maurice Filion (dir.), Hommage à Lionel Groulx, Leméac, 1978, p. 155.
  8. ↑ Louise Leduc, « La grande rupture », Le Devoir, 28 mars 2000, cahier A, p. 10. Consulté le 3 décembre 2025.
  9. ↑ Lettre d'Hélène Pelletier-Baillargeon à Pierre Vadeboncœur, 14 janvier 1993, citée dans Jacques Cardinal, « Une leçon de courage », L'Action nationale, avril 2025, vol. 105, no 3, p. 57-58.
  10. ↑ Hélène Pelletier-Baillargeon, Mémoires d'une époque : 1930-1960, Autoédition, 2025, p. 21-22.
  11. ↑ Hélène Pelletier-Baillargeon, Mémoires d'une époque : 1930-1960, Autoédition, 2025, p. 32.
  12. Hélène Pelletier-Baillargeon, Mémoires d'une époque. 1930-1960, Autoédition, 2025, p. 105.
  13. ↑ Marcel Lajeunesse, « Le Bulletin de l’Association canadienne des bibliothécaires de langue française (ACBLF) (1955-1972) et la bibliothéconomie québécoise », Documentation et bibliothèques, juillet-septembre 2018, vol. 64, no 3, p. 8-9. Consulté le 26 novembre 2025.
  14. ↑ Hélène Pelletier-Baillargeon, Mémoires d'une époque : 1930-1960, Autoédition, 2025, p. 100-101, 108-110, 116-117.
  15. ↑ Hélène Pelletier-Baillargeon, Mémoires d'une époque : 1930-1960, Autoédition, 2025, p. 117.
  16. ↑ Maude Goulet-Ménard, Louise Bienvenue, « Un dimanche en compagnie d'Hélène Pelletier-Baillargeon », L'Action nationale, vol. 105, no 3, avril 2025, p. 31.
  17. ↑ Hélène Pelletier-Baillargeon, Mémoires d'une époque : 1930-1960, Autoédition, 2025, p. 120.
  18. ↑ « Prochains mariages », La Patrie, 13 juillet 1954, p. 11. Consulté le 3 décembre 2025.
  19. Hélène Pelletier-Baillargeon, Mémoires d'une époque : 1930-1960, Autoédition, 2025, p. 121.
  20. ↑ Hélène Pelletier, « Une heure avec Robert Choquette », Le Quartier latin, 17 décembre 1953, p. 8. Consulté le 26 novembre 2025.
  21. ↑ Hélène Pelletier-Baillargeon, Mémoires d'une époque : 1930-1960, Autoédition, 2025, p. 127.
  22. ↑ « Résultat des élections aux constitutives », Le Quartier latin, 24 mars 1955, p. 1. Consulté le 16 novembre 2025.
  23. ↑ Hélène Pelletier-Baillargeon, Mémoires d'une époque : 1930-1960, Autoédition, 2025, p. 121-122, 146.
  24. ↑ Hélène Pelletier-Baillargeon, Mémoires d'une époque : 1930-1960, Autoédition, 2025, p. 121-122.
  25. ↑ « Messages historiques échangés par les leaders de la France », La Presse, 30 mai 1958, p. 4. Consulté le 30 novembre 2025.
  26. ↑ « De Gaulle à la tête du gouvernement », Le Devoir, 2 juin 1958, p. 1. Consulté le 26 novembre 2025.
  27. ↑ Hélène Pelletier-Baillargeon, Mémoires d'une époque : 1930-1960, Autoédition, 2025, p. 163-167.
  28. ↑ Hélène Pelletier-Baillargeon, Mémoires d'une époque : 1930-1960, Autoédition, 2025, p. 203-206, 225-227.
  29. ↑ Louise Leduc, « La grande rupture », Le Devoir, 28 mars 2000, cahier A, p. 10.
  30. ↑ Hélène Pelletier-Baillargeon, Mémoires d'une époque : 1930-1960, Autoédition, 2025, p. 262-264.
  31. ↑ Pierre B. Berthelot, Duplessis est encore en vie, Éditions du Septentrion, 2021, p. 23-35.
  32. ↑ Ch.-E. Clément, s.c., « Clercs, religieux, laïcs et éducation », Le Devoir, 18 décembre 1961, p. 4. Consulté le 30 novembre 2025.
  33. ↑ Martin Roy, « L'intellectuelle et la revue "Maintenant" », L'Action nationale, vol. 105, no 3, avril 2025, p. 12.
  34. ↑ Martin Roy, « L'intellectuelle et la revue "Maintenant" », L'Action nationale, vol. 105, no 3, avril 2025, p. 12-15.
  35. ↑ Jacques Baillargeon, Hélène Pelletier-Baillargeon, « Pour une régulation chrétienne des naissances », Maintenant, février 1963, p. 51-53. Consulté le 30 novembre 2025.
  36. ↑ R. R., « Premier volume complet publié au Canada sur la régulation des naissances », Le Devoir, 7 novembre 1963, p. 7. Consulté le 2 décembre 2025.
  37. ↑ Voir J.-P. Labelle, « La régulation des naissances », Relations, no 276, décembre 1963, p. 364. Consulté le 2 décembre 2025.
  38. ↑ Jacques Baillargeon, Hélène Pelletier-Baillargeon, « Régulation des naissances », Maintenant, janvier 1966, p. 10-16. Consulté le 3 décembre 2025.
  39. ↑ Vincent Harvey, Pierre Saucier, André Charbonneau, Yves Gosselin, Hélène Pelletier-Baillargeon, Jacques Baillargeon, « Éditorial », Maintenant, août-septembre 1968, p. 195. Consulté le 30 novembre 2025.
  40. ↑ Louise Leduc, « La grande rupture », Le Devoir, 28 mars 2000, cahier A, p. 1 et 10.
  41. ↑ Pierre Saucier, Yves Gosselin, « L'affaire Maintenant », Maintenant, janvier 1969, p. 7-9. Consulté le 3 décembre 2025.
  42. ↑ Vincent Harvey, « Astérisques », Maintenant, janvier 1967, p. 6. Consulté le 30 novembre 2025.
  43. ↑ La Direction, « Cinq ans après », Maintenant, janvier 1967, p. 1-4.
  44. ↑ Martin Roy, « L'intellectuelle et la revue "Maintenant" », L'Action nationale, vol. 105, no 3, avril 2025, p. 17.
  45. ↑ Martin Roy, « L'intellectuelle et la revue "Maintenant" », L'Action nationale, vol. 105, no 3, avril 2025, p. 21-23.
  46. Hélène Pelletier-Baillargeon, Le Pays légitime, Leméac, 1979, p. 12.
  47. ↑ Hélène Pelletier-Baillargeon, « Maintenant 73 : la sincérité du provisoire », Maintenant, juin 1973, p. 4-6. Consulté le 3 décembre 2025.
  48. ↑ « Choix d'émissions », La Presse, 2 février 1974, cahier D, p. 17. Consulté le 3 décembre 2025.
  49. ↑ Martin Roy, « L'intellectuelle et la revue "Maintenant" », L'Action nationale, vol. 105, no 3, avril 2025, p. 21.
  50. ↑ La culture s'en va, la culture s'en vient, Maintenant, décembre 1974, 35 p. Consulté le 2 décembre 2025.
  51. Maude Goulet-Ménard, Louise Bienvenue, « Un dimanche en compagnie d'Hélène Pelletier-Baillargeon », L'Action nationale, vol. 105, no 3, avril 2025, p. 28.
  52. ↑ Pierre Trépanier, « En marge du Pays légitime d'Hélène Pelletier-Baillargeon », L'Action nationale, février 1980, vol. 69, no 6, p. 440-457. Consulté le 3 décembre 2025.
  53. ↑ Jürgen Olbert, « Le Pays légitime, recueils d'essais, d'Hélène Pelletier-Baillargeon », dans Gilles Dorion (dir.), Dictionnaire des œuvres littéraires du Québec, Éditions Fides, 1994, t. VI : 1976-1980, p. 615-616. Consulté le 3 décembre 2025.
  54. ↑ Hélène Pelletier-Baillargeon, Le Pays légitime, Leméac, 1979, p. 11.
  55. ↑ [PDF] « Hélène Pelletier-Baillargeon : Notice biographique », sur eausecours.org (pages consultées le 13 janvier 2013).
  56. ↑ Micheline Dumont, « Marie Gérin-Lajoie », Relations, janvier 1986, p. 28-29. Consulté le 3 décembre 2025.
  57. ↑ Éric Bédard, « Une femme du monde », L'Action nationale, vol. 105, no 3, avril 2025, p. 23-25.
  58. ↑ Éric Bédard, « Une femme du monde », L'Action nationale, vol. 105, no 3, avril 2025, p. 24-25.
  59. ↑ Témoignage d'Hélène Pelletier-Baillargeon, Publicité du Oui, 1995. Consulté le 3 décembre 2025.
  60. ↑ Jean-François Nadeau, « L'écrivaine Hélène Pelletier-Baillargeon est décédée », Le Devoir, 19 février 2025. Consulté le 3 décembre 2025.
  61. ↑ « Mariages », Le Soleil, 8 mars 1958, p. 9. Consulté le 16 novembre 2025.
  62. ↑ « Hélène Pelletier-Baillargeon : Chevalière (1999), sur le site de l'Ordre national du Québec (page consultée le 13 janvier 2013).
  63. ↑ [vidéo] « Action Nationale 2011 Hélène Pelletier-Baillargeon », discours d'acceptation du Prix Rosaire Morin, sur tagtele.com, le 1er novembre 2011.
  64. ↑ [Prix Rosaire-Morin 2011 : Allocution d'Hélène Pelletier-Baillargeon — Lire en ligne (page consultée le 13 janvier 2013)], sur www.action-nationale.qc.ca, le 2 novembre 2011.
  65. ↑ « Les lauréats et les finalistes - Bibliothèque de l’Assemblée nationale du Québec », sur www.bibliotheque.assnat.qc.ca (consulté le )

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