Hémithée
Dans la mythologie grecque, Hémithée ou Hémithéa (en grec ancien Ἡμιθέα / Hēmithéā), aussi nommée Molpadia (en grec ancien Μολπαδία), était une princesse grecque du royaume de Naxos, fille de Staphylos et de Chrysothémis (en).
Elle est parfois confondue avec son éponyme, Hémithée fille de Cycnos et sœur de Ténès.
Famille
Hémithée est la fille de Staphylos, roi de Naxos et fils de Dionysos, le dieu du vin, et de son épouse Chrysothémis (en), fille de Carmanor[1],[2].
Elle avait deux sœurs nommées Parthénos (it) et Rhéo[1],[2].
Mythe
Un jour, alors que Molpadia (Hémithée) et sa sœur Parthénos gardaient le vin de leur père Staphylos, une boisson qui n'avait été découverte que récemment parmi les hommes, elles s'endormirent et, pendant leur sommeil, des porcs qu'elles gardaient entrèrent et brisèrent la jarre qui contenait le vin, conduisant à sa perte. Cela provoqua la rage de leur père qui se mit à les poursuivre pour les tuer[1],[2].
Or le dieu Apollon était épris de leur sœur, la princesse Rhéo, qu'il avait autrefois séduite et à laquelle il avait fait un enfant. À l'époque leur père, croyant que la grossesse était due à un homme, avait enfermé Théo dans un coffre et la jeta à la mer. Le coffre finit par échouer en Eubée (ou bien à Délos) où Rhéo mit au monde un fils nommé Anios, qu'elle déposa devant l'autel d'Apollon, qui le prit sous sa protection et le cacha[1].
Apollon aperçut les deux sœurs poursuivies par leur père alors qu'elle se jetaient du haut d'une falaise et, par affection envers Rhéo, les sauva de la chute et les emmena en Asie, dans la région de Chersonèse, où elles reçurent toutes deux les honneurs divins[1],[3],[2].
Diodore écrit qu'Hémitée reçut ce nom (littéralement Demi-Déesse) après son arrivée en ce lieu, dans la cité de Kastabos, car le dieu était apparu aux hommes et elle était honorée par tous les habitants de la région[1].
Hémithée ou Molpadia
Hémithée est parfois alternativement nommée Molpadia (en grec ancien Μολπαδία, littéralement chant divin), son nom de naissance d'après Diodore[4],[1]. Pour Otto Gruppe (de), Molpadia pourrait venir de Béotie[4].
Culte
À Kastabos (Castabus (en)), sur la Chersonèse (de Carie), se trouvait un temple consacré à Hémithée[1], construit à la fin du IVe siècle av. J.-C.[5] . Les sacrifices qu'elle y recevait étaient liés au vin, tandis que quiconque ayant touché un porc ou mangé de sa chair n'était pas autorisé à s'approcher de l'enceinte sacrée[1].
« Dans les temps ultérieurs, le temple d'Hémithée connut un tel développement que non seulement il fut tenu en honneur spécial par les habitants du lieu et des régions voisines, mais même des peuples venus de loin vinrent à lui en dévotion et l'honorèrent par des sacrifices coûteux et des dédicaces remarquables. [...] La raison invoquée pour justifier son développement continu réside dans les bienfaits que la déesse confère à tous les hommes ; elle apparaît sous une forme visible dans leur sommeil à ceux qui souffrent et leur apporte la guérison, et beaucoup de ceux qui sont aux prises avec des maladies incurables recouvrent la santé ; de plus, aux femmes qui accouchent, la déesse soulage les souffrances et les dangers de l'accouchement. Par conséquent, puisque beaucoup ont été sauvés de cette manière depuis les temps les plus anciens, l'enceinte sacrée est remplie d'offrandes votives, qui ne sont pas protégées par des gardes ou par un mur solide, mais par la révérence habituelle du peuple. »
Diodore écrit que lorsque les Perses dominaient l'Asie et pillaient tous les temples des Grecs, le temple d'Hémithée fut le seul sanctuaire qu'ils ne pillèrent pas, quand bien même il était ouvert et non protégé, attribuant[Quoi ?][1].
Références
- Diodore de Sicile, Bibliothèque historique [détail des éditions] [lire en ligne], V, 62.
- Pierre Grimal, Dictionnaire de la mythologie grecque et romaine, Barcelone, Editions de 1984, 2008, p. 373 et 419. (ISBN 9788496061972)
- ↑ mythologie.fr
- RE, s.v. Molpadia (1).
- ↑ John Manuel Cook, « Hemithea », dans Oxford Research Encyclopedia of Classics, Oxford University Press, (ISBN 978-0-19-938113-5, DOI 10.1093/acrefore/9780199381135.013.3005, lire en ligne)
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