Hériban

Le mot hériban, en latin médiéval heribannum ou herebannum, concerne dans les royaumes francs mérovingiens, puis carolingiens, la convocation des guerriers au service militaire requis par le roi, ce qui est alors appelé « l'ost ».

Étymologie

Le mot herebannum est la forme latinisée d'un mot germanique composé de deux éléments[1], l'un désignant l'armée (en allemand actuel, on trouve encore le mot Heer qui signifie « armée de terre »), l'autre le commandement (le ban, mot qui signifie « pouvoir de commander », et non pas comme actuellement, « annonce publique », comme dans « les bans de mariage »)

Le hériban comme convocation militaire

Au départ, le hériban est la convocation d'un homme libre pour le service militaire[2]. En principe, tous les hommes libres valides sont astreints au service militaire, si nécessaire chaque année à partir du printemps. Le guerrier doit apporter ses armes ; il est récompensé par une part du butin, s'il y en a (épisode du vase de Soissons, vers 485 sous le règne de Clovis).

Celui qui ne se soumet pas à l'appel à l'ost est susceptible de condamnation, ou bien de privation de ses terres.[réf. nécessaire]

Ceux qui ont déjà servi dans une campagne précédente peuvent être exemptés d'hériban[3].[réf. nécessaire]

Évolution sémantique

Ultérieurement, le sens de ce mot s'étend par glissement sémantique[4] et désigne :

  • une amende due pour s'être soustrait à la convocation, qui est obligatoire pour les hommes libres en état de porter les armes en cas de guerre nationale ou de danger imminent pour le royaume (lantuweri[pas clair])[5] ;
  • un impôt levé à des fins militaires[6].

Le hériban comme amende pour refus de la convocation

La loi franque (notamment un capitulaire de Charlemagne de 805) fixe le montant de l'amende à 60 sols. Cette amende ne peut être réglée qu'en or, argent[pas clair] ou « choses qui puissent être de quelque utilité à la guerre » (vêtements, armes, animaux[pas clair], etc.), étant exclus les biens immeubles, terres ou bâtiments[4].

Qui ne peut la payer doit se mettre en gage au service du roi jusqu'à complet paiement. La dette s'éteint avec le décès du débiteur[7].

Un seigneur peut acquitter l'amende pour ceux de ses vassaux[Quand ?][8] auxquels il interdirait de rejoindre l'ost[9].

Le hériban comme impôt militaire

Bibliographie

  • Auguste Vitu, Histoire civile de l'armée : Des conditions du service militaire en France depuis les temps les plus reculés jusqu'à la formation de l'armée permanente, Paris, Librairie académique Didier, , 563 p. (lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Albert du Boys, Histoire du droit criminel des peuples européens : période barbare, période de prépondérance ecclésiastique, Paris, Auguste Durand, , 672 p. (lire en ligne), p. 367

Notes et références

  1. « Herebannum », Dictionnaire Du Cange en ligne sur le site de la Sorbonne.
  2. Éditions Larousse, « Définitions : hériban - Dictionnaire de français Larousse », sur www.larousse.fr (consulté le )
  3. Vitu 1868, p. 167.
  4. Albert du Boys, Histoire du droit criminel des peuples européens : période barbare, période de prépondérance ecclésiastique, Paris, Auguste Durand, , 672 p. (lire en ligne), p. 367
  5. Vitu 1868, p. 105.
  6. Vitu 1868, p. 370.
  7. Vitu 1868, p. 157.
  8. Les notions relative au système vassalique concernent plutôt le Moyen Âge central, du XI° siècle au XIII° siècle).
  9. Vitu 1868, p. 177.
  • icône décorative Portail du haut Moyen Âge