HMS Grey Goose
| HMS Grey Goose | |
Le HMS Grey Goose (S 309) | |
| Autres noms | SGB 9 |
|---|---|
| Type | Canonnière à vapeur |
| Classe | Steam gun boat (SGB) |
| Fonction | militaire |
| Histoire | |
| A servi dans | |
| Chantier naval | J. Samuel White, Cowes |
| Fabrication | acier |
| Commandé | 8 novembre 1940[1] |
| Quille posée | 23 janvier 1941[1] |
| Lancement | 14 février 1942[1] |
| Commission | 4 juillet 1942[1] |
| Statut | Vendu vers 1957. Transformé en houseboat, actuellement amarré à Hoo St Werburgh. |
| Équipage | |
| Commandant | lieutenant commander Peter Markham Scott[2] |
| Équipage | Initialement : 27 (3 officiers et 24 hommes) Ultérieurement, à la suite des modifications dans l'armement : 34 |
| Caractéristiques techniques | |
| Longueur | 44,3 m |
| Maître-bau | 6,1 m |
| Tirant d'eau | 1,68 m |
| Déplacement | 175 tonnes |
| À pleine charge | 255 tonnes |
| Propulsion | 1 chaudière LaMont 2 turbines à vapeur à engrenages Metropolitan-Vickers 2 hélices |
| Puissance | 8000 ch (5965 kW) |
| Vitesse | 35 nœuds (65 km/h) |
| Caractéristiques militaires | |
| Armement | Configuration finale :
|
| Rayon d'action | 200 milles marins (370 km) à pleine vitesse 900 milles marins (1700 km) à 12 nœuds |
| Carrière | |
| Indicatif | S 309 |
Le HMS Grey Goose était un steam gun boat (SGB), en français « canonnière à vapeur », construit pour les forces côtières de la Royal Navy pendant la Seconde Guerre mondiale. Comme les huit autres torpilleurs de sa classe, il combinait des caractéristiques des Motor Torpedo Boats (torpilleurs à moteur) et des Motor Gun Boats (canonnières à moteur), tout en étant deux fois plus grand.
Conception
Le développement des steam gun boats s'est déroulé en parallèle avec celui du torpilleur à moteur Fairmile type D (« dog boat ») de 35 mètres de long, notamment en raison de la nécessité de traquer les vedettes lance-torpilles allemandes (Schnellboote) à une époque où les moteurs diesel adaptés étaient rares.
Les steam gun boats furent conçus pour répondre au besoin apparent d'un navire suffisamment grand pour naviguer en mer par gros temps et capable de servir à la fois de « super-canonnière » et de torpilleur, combinant les fonctions du Motor Gun Boat (MGB) et du Motor Torpedo Boat (MTB), à l'instar des vedettes lance-torpilles allemandes (Schnellboote). L'Amirauté souhaitait que William Denny and Brothers conçoive un modèle adapté à la préfabrication afin de permettre une production en grande série[3].
Elles étaient les plus grandes des embarcations des forces côtières et les seules à être construites en acier, pour répondre aux exigences de production rapide (toutes les autres embarcations des forces côtières étaient en bois). Ressemblant à un destroyer miniature, elles étaient peut-être les plus élégantes de toutes les embarcations produites pendant la Seconde Guerre mondiale. Cependant, leur silhouette relativement imposante constituait un inconvénient, les rendant trop vulnérables aux navires allemands plus rapides.
Ils mesuraient 44,40 m de long et avaient un déplacement de 172 tonnes (202 tonnes avec le plein de carburant). Ils étaient propulsés par deux turbines à vapeur à engrenages Metropolitan-Vickers de 4000 ch (2983 kW) utilisant des chaudières LaMont spéciales[4]. Ces chaudières se sont avérées particulièrement vulnérables aux attaques et, une fois le navire en panne, leur réparation nécessitait d'importants efforts. La vapeur avait l'avantage du silence, mais exigeait une coque de grande taille. Les grandes coques en bois n'étant pas réalisables en série, l'acier fut utilisé. De ce fait, la construction des coques et des machines était hors de portée des petits chantiers navals engagés dans l'expansion rapide des forces côtières, et les SGB se retrouvèrent donc en concurrence pour les places à quai dans les grands chantiers navals déjà surchargés par la production urgente d'escorteurs de convois. Ils devaient également faire face à la concurrence des destroyers, plus urgents, pour l'acier doux et les machines à vapeur[5].
Leur consommation de combustible était importante. Un inconvénient résidait dans le fait que, contrairement à un bateau à moteur à essence qui pouvait démarrer à froid et prendre la mer immédiatement, les machines à vapeur des SGB devaient rester sous pression. Au fil du temps, l'ajout de plaques de protection de 18 mm sur les côtés de la chaudière et de la salle des machines, ainsi que l'armement et l'équipage supplémentaires, portèrent leur déplacement à 260 tonnes et leur vitesse de pointe fut par conséquent réduite à 30 nœuds.
Véritables cuirassés des forces côtières, les steam gun boats étaient lourdement armées et pouvaient maintenir une vitesse élevée en haute mer. Au combat, les commandants de vedettes rapides allemandes (Schnellboote) respectaient les SGB presque autant que les destroyers, car un seul tir bien placé de leurs canons de 76 mm pouvait mettre hors service ou couler un Schnellboot.
Leur armement était disposé avec le canon de 76 mm placé sur le pont arrière, derrière la superstructure. Juste derrière les tubes lance-torpilles, disposés en angle de part et d'autre de la superstructure, se trouvaient deux canons de 6 livres (57 mm) à l'avant et à l'arrière, ainsi que deux canons de 20 mm Oerlikon jumelés, un jumelage à la pointe de la proue et l'autre à la poupe, surplombant le canon de 76 mm. Des mitrailleuses étaient montées en affûts doubles de chaque côté de la passerelle.
Les navires de la Kriegsmarine les plus proches de cette conception étaient les Räumboote[6]. Bien que ces navires de 160 tonnes aient été conçus comme dragueurs de mines et mouilleurs de mines, cette classe était unique en ce qu'elle était équipée de deux tubes lance-torpilles et parfois d'un canon de 88 mm, en plus de l'armement typique des Räumboote, composé de canons de 37 mm et de 20 mm et de 16 mines. On les appelait généralement « dragueurs de mines d'escorte ». Cependant, avec une vitesse maximale de 24 nœuds, ils étaient beaucoup plus lents que les steam gun boats[7].
Service
En raison d'une pénurie d'acier et de turbines, sur les soixante unités initialement prévues, seule une première série de neuf unités (désignés SGB 1 à 9) fut commandée le 8 novembre 1940, dont seuls sept furent achevées. Le SGB 9 était le dernier de cette série. Il a été commandé le 8 novembre 1940 à J. Samuel White, à Cowes, mis en chantier le 23 janvier 1941, lancé le 14 février 1942 et mis en service le 4 juillet 1942[1].
La 1e flottille de SGB fut formée à Portsmouth à la mi-juin 1942, sous le commandement du lieutenant commander Peter Markham Scott, à bord du SGB 9[2],[8]. Leur premier engagement eut lieu dans la baie de Seine peu après minuit le 19 juin, lorsque deux navires – les SGB 7 et 8 – sous le commandement conjoint du lieutenant J. D. Ritchie, et accompagnés du destroyer de classe Hunt Albrighton, rencontrèrent plusieurs Schnellboote escortant deux navires marchands allemands. Le SGB 7 fut coulé lors de cet engagement. En conséquence, l'Amirauté constata leur vulnérabilité et fit renforcer les six bateaux restants par un blindage supplémentaire au niveau des salles des machines et des chaufferies. Dans le même temps, ils furent rebaptisés d'après des animaux sauvages, sous la forme "SGB Grey...."[9]. C’est ainsi que le SGB 9 devint le HMS Grey Goose. La 1e flottille de SGB fut ensuite basée à HMS Aggressive à Newhaven (Sussex de l'Est), sur la côte sud de l'Angleterre.
Le HMS Grey Goose (S 309) participa à une autre action nocturne le 4 septembre 1943, quand les canonnières à vapeur ont intercepté un groupe de dragueurs de mines allemands dans la Manche au large de Douvres[8].
En 1944, les six SGB furent tous transformés en dragueurs de mines rapides. Tous, à l'exception du Grey Goose, furent vendus dans les années qui suivirent la guerre.
Après-guerre
Le SGB 9 / Grey Goose resta en service comme navire d'essais de propulsion de 1952 à 1956. Ses machines à vapeur furent remplacées en 1953 par Vospers par deux turbines à gaz expérimentales Rolls-Royce RM60, chacune capable de développer 6000 ch[10],[11], faisant de lui le premier navire au monde ainsi équipé[12]. Ces turbines de technologie de pointe étaient dotées de compresseurs et de récupérateurs à refroidissement intermédiaire afin d'augmenter la puissance et de réduire la consommation de carburant. La propulsion à turbines à gaz fournissait 35 % de puissance en plus, tout en pesant 50 % de moins et en étant 25 % moins encombrante que la machine à vapeur d'origine[13]. Bien que cette propulsion expérimentale se soit avérée très performante, sa complexité et l'immaturité des technologies associées ont fait qu’elle n’a pas eu une utilisation plus large à cette époque. Le SGB 9 fut donc mis en réserve à la fin des essais en 1957[14]. Une fois les moteurs expérimentaux retirés, le SGB 9 fut vendu en 1958 et transformé en ponton de réparation. Vendue en 1984, la coque fut convertie en houseboat et rebaptisée Anserava. En 2020, elle était amarrée sur la rivière Medway près de Hoo St Werburgh dans le Kent, en Angleterre[15].
Notes et références
- (en) Guðmundur Helgason, « HMS SGB 9 / Grey Goose (S 309) of the Royal Navy - British Steam Gunboat of the SGB class - Allied Warships of WWII », sur uboat.net (consulté le ).
- (en) « MOTOR GUN BOATS DURING THE SECOND WORLD WAR, 1939-1945 », sur Imperial War Museums (consulté le ).
- ↑ Konstam (2010) p. 19
- ↑ Rippon, vol.2 1994.
- ↑ Konstam 2010, p. 20
- ↑ Konstam 2010 p. 19
- ↑ Conway p. 251
- (en) « Night action off Dover », sur Martin Cherrett, (consulté le ).
- ↑ BBC London CSV Action Desk, « The Buccaneers/London Navy » [archive du ], sur BBC WW2 People's War, (consulté le ).
- ↑ (en) « HMS Grey Goose », sur Graces Guide (consulté le ).
- ↑ The Times, 15 juin 1953
- ↑ Philip P. Walsh et Paul Fletcher, Gas Turbine Performance, John Wiley and Sons, (ISBN 978-0-632-06434-2), p. 25.
- ↑ Samuel Ernest Ellacott, The story of ships, Methuen & Co, (ISBN 978-0-416-54210-3), p. 78.
- ↑ Robert A. Harmon, « Marine Gas Turbines: A New Generation », Mechanical Engineering-CIME, American Society of Mechanical Engineers, .
- ↑ (en) Bob Hind, « Gunboat berthed at Gosport had world-famous commanding officer », The News, Portsmouth, (lire en ligne).
Bibliographie
- (en) Chris Bishop, The Encyclopedia of Weapons of World War II, Sterling Publishing Company, Inc., , 544 p. (ISBN 978-1-58663-762-0, lire en ligne).
- (en) David K. Brown, The Design and Construction of British Warships 1939-1945, vol. 3. Landing Craft and Auxiliary Vessels, Conway Maritime Press, , 168 p. (ISBN 0-85177-674-4).
- (en) Gardiner et Chesneau, Conway's All The World's Fighting Ships 1922-1946, Conway Maritime Press, , 456 p. (ISBN 0-85177-146-7).
- Angus Konstam, British Motor Gun Boat 1939-45, Osprey Publishing, , 48 p. (ISBN 978-1-84908-077-4).
- (en) Antony Preston, Warship 1999-2000, London, Conways Maritime Press, , 240 p. (ISBN 0-85177-724-4).
- Commander P.M. Rippon, RN, Steam Gun Boats, vol. 2 : 1939-1992, Spellmount, (ISBN 0907206476), p. 29-33.
Liens externes
- (en) J.N. Houterman, « Royal Navy Coastal Forces 1940-1945 », sur unithistories.com (consulté le ).
- « NAVY TESTS GAS TURBINE », sur British Pathé (consulté le ).
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