Habit à la française

L'habit à la française est un costume masculin composé de trois pièces. Il est apparu à la fin du XVIIe siècle en France, durant le règne de Louis XIV et est resté à la mode jusqu'à la fin du XVIIIe siècle.
Description
L'habit à la française se compose de trois pièces :
- Le justaucorps : initié sous Louis XIV, il s'agit d'un vêtement de par-dessus qui se porte comme un manteau que l'on garde ouvert. Ce dernier s'arrête généralement aux genoux et ne présente pas de col. Durant le règne de Louis XV, son nom est modifié : le justaucorps devient l'habit[1].
- L'habit à la française : par rapport au justaucorps, l'habit à la française « [...] s'est rétréci, échancré, et a perdu de l'ampleur des plis des basques [...] »[2].
- La veste : il s'agit d'un vêtement de dessous qui se place par-dessus la chemise. Généralement, c'est la pièce la plus décorée et la plus riche de l'habit à la française. La veste se boutonne par le devant et peut être ajustée parfois dans le dos. Durant le règne de Louis XV, son nom est modifié : la veste devient le gilet[1]. Durant le siècle de Louis XVI, la veste se simplifie, se raccourcit[3], et change aussi de nom afin de s'appeler gilet car ses manches ont disparu.
- La culotte : il s'agit d'une pièce de dessus qui couvre les jambes. C'est un vêtement qui s'arrête autour du genou. Des bas, principalement blanc, sont alors portés pour couvrir les mollets. Sous Louis XVI, la culotte avec l'habit à la française et le gilet sont « [...] la base de l'habillement des hommes [...] »[4].
Il est principalement porté par la noblesse en Europe durant le XVIIIe siècle.
Historiques et évolutions formelles

Le justaucorps de l'habit à la française viendrait du vestiaire militaire[5] tandis que la veste serait une évolution du pourpoint. La culotte, quant à elle, tire son origine des chausses portées au XVIe siècle.
Au XVIIe siècle, l'habit à la française est un vêtement imposant et lourd. Le justaucorps est particulièrement riche, souvent réalisé dans des tissus complexe. Sa rigidité renvoie alors au vêtement militaire. La veste, quant à elle, présente des manches et descend sur le haut des jambes. On notera que seules les parties visibles sont alors décorées de broderie. Enfin, la culotte reste un vêtement assez ample[1].
Durant le règne de Louis XV, l'habit à la française gagne en volume. Le justaucorps, en réponse aux robes volantes portées par les femmes, devient bouffant à l'arrière. Certains historiens rapportent l'utilisation de coussin de taille pour obtenir cet effet bouffant[1]. C'est à cette période que la veste perd ses manches et sa longueur, et devient un gilet.

Durant le règne de Louis XVI, l'habit à la française se porte beaucoup plus proche du corps. L'habit est plus exigu, le gilet englobe le torse et lui impose une certaine droiture, tandis que la culotte devient moulante.
Avec la révolution, l'habit à la française est un temps rejeté. Le pantalon s'impose doucement au XIXe siècle, tandis que l'habit devient un vêtement de soirée avant de devenir un vêtement pour les grandes occasions (mariage...). Il disparait petit à petit au XXe siècle, remplacé par le costume trois pièces et le complet-veston.
Fabrication
Galerie
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Habit à la française, 1765, LACMA -
Habit à la française, vers 1755, LACMA -
Habit à la française, 1770-1790, MMH.2006.0459, Modemuseum Hasselt -
Habit à la française in geribde roze zijde, 1770-1790, MMH.2006.0461, Modemuseum Hasselt
Notes et références
- Bruna 2013
- ↑ Maurice Leloir, Dictionnaire du costume: et de ses accessoires , des armes et des étoffes des origines à nos jours, Gründ, (ISBN 978-2-7000-2009-0)
- ↑ Nicole Pellegrin, Les vêtements de la liberté: abécédaire des pratiques vestimentaires en France de 1780 à 1800, Ed. Alinea, coll. « Collection « Femmes et révolution » », (ISBN 978-2-904631-63-4)
- ↑ Denis Bruna et Chloé Demey, Histoire des modes et du vêtement: du Moyen âge au XXIe siècle, Textuel, (ISBN 978-2-84597-699-3)
- ↑ Bruna et Demey 2018
Bibliographie
: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
- Denis Bruna (dir.), La Mécanique des dessous. Une histoire indiscrète de la silhouette, Paris, Les Arts Décoratifs, , 271 p., 22 × 2,8 × 28 cm (ISBN 978-2916914428, lire en ligne), p. 95-107.

- Denis Bruna (dir.) et Chloé Demey (dir.), Histoire des modes et du vêtement : du Moyen Âge au XXIe siècle, Paris, Éditions Textuel, , 503 p., 22 × 28 cm (ISBN 978-2-84597-699-3, lire en ligne).
- Garsault François-Alexandre-Pierre de, Art du tailleur, contenant le tailleur d’habits d’hommes : les culottes de peau ; le tailleur de corps de femmes & enfants : la couturière & la marchande de modes, Paris, impr. L. F. Delatour, 1769 ; rééd. L’Art du tailleur, dans Les Arts du cuir, Genève Slatkine Reprints, 1984.
- Leloir Maurice, Dupuis André (dir.), Dictionnaire du costume et de ses accessoires, des armes et des étoffes, des origines à nos jours, Paris, Gründ, 1951 ; rééd. 1961.
- Perrot Philippe, Le Travail des apparences. Le corps féminin. XVIIIe – XIXe siècle, Paris, Le Seuil, 1984 ; rééd. coll. « Points. Histoire », 1991.
- Roche Daniel, La Culture des apparences. Une histoire du vêtement, XVIIe – XVIIIe siècles, Paris, Fayard, 1989 ; rééd. Paris, Le Seuil, coll. « Points. Histoire », 2007.
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