Half Way Tree
Half Way Tree est un quartier du nord de Kingston, capitale de la Jamaïque, relevant de la paroisse de Saint Andrew. Nœud commercial et routier majeur de l'agglomération, il constitue la frontière conventionnelle entre la ville haute (uptown) et la ville basse (downtown) de Kingston.
Toponymie
Le nom de Half Way Tree ou Half-way Tree (littéralement « L'arbre à mi-chemin ») trouve son origine dans un cotonnier qui offrait de l'ombre au marché local qui s'est tenu jusqu'aux années 1870. L'arbre en question marquait le point médian de la route reliant Kingston à Spanish Town, et servait de repère aux voyageurs et aux marchands[1].
Histoire
Dès l'époque coloniale, Half Way Tree, bourg principal de la paroisse de Saint Andrew, se distingue par son caractère semi-urbain, lié à sa proximité immédiate avec Kingston. Vers le milieu du XVIIIe siècle, James Knight, fonctionnaire colonial britannique, le décrit comme un « agréable petit village » comptant une vingtaine de maisons[2]. Il est le centre d'une paroisse vouée à la culture du café et à l'agriculture maraichère et ses les liens avec Kingston sont si étroits qu'elles forment une unité économique quasi intégrée[3].
Half Way Tree apparait alors comme le centre administratif de la paroisse, regroupant l'église anglicane et le palais de justice, où se tiennent la cour des plaids communs. Sa richesse repose principalement sur le travail des esclaves dans la plaine de Liguanea, dominée par de grandes plantations de canne à sucre depuis la fin du XVIIe siècle[4]. Initialement situé au nord immédiat de Kingston, le bourg est depuis intégré à l'agglomération et constitue aujourd'hui l'un des principaux carrefours et terminus de transport en commun de la Kingston and St. Andrew Corporation.
Géographie
Half Way Tree est situé à environ trois kilomètres au nord du centre historique de Kingston, sur la plaine de Liguanea.
Il est desservi par l'axe Half Way Tree Road, qui relie Cross Roads au sud aux quartiers résidentiels de Constant Spring et de Stony Hill au nord. Le quartier forme avec les axes de Hope Road et d'Old Hope Road ce que Clarke désigne comme le « triangle d'or » (golden triangle), zone résidentielle de haute standing du nord de Kingston[5].
La St Andrew Parish Church, dont les origines remontent à 1666, est le principal édifice historique du quartier. Une tour de l'horloge érigée en mémorial au roi Édouard VII marque le carrefour central et constitue le repère visuel caractéristique de Half Way Tree[1].
C'est en 1872, à la faveur de l'accession de Kingston au statut de capitale, qu'est établie la résidence du gouverneur, la King's House, au nord-est du quartier, stimulant ainsi la prospérité des faubourgs environnants.
Au milieu du XXe siècle, la croissance de l'agglomération fait de Half Way Tree un pôle commercial de premier plan. À mesure que les classes aisées quittent le centre historique de downtown vers les quartiers nord, les commerces et les banques suivent le mouvement. Des succursales de grandes banques canadiennes et britanniques s'y installent, et les axes Half Way Tree Road et Constant Spring Road se couvrent de centres commerciaux dotés de parkings, à l'usage d'une clientèle suburbaine motorisée[6].
Half Way Tree et la ligne Cross Roads–Half Way Tree s'imposent après l'indépendance de 1962 comme la frontière sociale entre la ville haute aisée au nord et les quartiers populaires au sud[7].
Notes et références
- (en) David Howard, Kingston: A Cultural and Literary History, Oxford, Signal Books, , p. 103
- ↑ (en) Jack P. Greene et James Knight, The Natural, Moral, and Political History of Jamaica, and the Territories thereon Depending: From the First Discovery of the Island by Christopher Columbus to the Year 1746, Charlottesville, University of Virginia Press, , p. 398
- ↑ (en) Jack P. Greene, Settler Jamaica in the 1750s: A Social Portrait, Charlottesville, University of Virginia Press, coll. « Early American Histories », , p. 73.
- ↑ (en) Diana Paton, « Punishment, Crime, and the Bodies of Slaves in Eighteenth-Century Jamaica », Journal of Social History, vol. 34, no 4, , p. 926.
- ↑ (en) Colin G. Clarke, Decolonizing the Colonial City. Urbanization and Stratification in Kingston, Jamaica, Oxford, Oxford University Press, , p. 135
- ↑ (en) Colin G. Clarke, Decolonizing the Colonial City, Oxford University Press, , p. 88-89
- ↑ (en) Colin G. Clarke, Decolonizing the Colonial City, Oxford, Oxford University Press, , p. 32
Voir aussi
Articles connexes
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