Hans Wilhelm Münch

Hans Wilhelm Münch
Surnom « Le Bon Homme d'Auschwitz »
Naissance
Fribourg-en-Brisgau (grand-duché de Bade, Empire allemand)
Décès (à 90 ans)
Roßhaupten (Bavière, Allemagne)
Origine Allemand
Allégeance Troisième Reich
Arme Schutzstaffel
Unité Totenkopfverbände
Grade SS-Untersturmführer
Années de service 19341945

Hans Wilhelm Münch, né le à Fribourg-en-Brisgau (grand-duché de Bade, Empire allemand) et mort le à Roßhaupten (Bavière, Allemagne), est un membre du parti nazi qui travailla comme médecin SS au cours de la Seconde Guerre mondiale dans le camp de concentration d'Auschwitz, de 1943 à 1945, en Pologne occupée.

Il a été surnommé « Le Bon Homme d'Auschwitz » pour son refus d'assister aux sélections de déportés. Il a été la seule personne acquittée de crimes de guerre en 1947 au procès d'Auschwitz à Cracovie.

Après la guerre, il est retourné en Allemagne et a travaillé comme médecin de campagne à Roßhaupten en Bavière.

Biographie

Carrière

Hans Münch étudie la médecine à l'université de Tübingen et à l'université de Munich.

En 1934, il s'engage dans la section politique des étudiants de l'université en rejoignant l'Union des étudiants nationaux-socialistes allemands. En , il rejoint le NSDAP puis obtient son doctorat et épouse une femme médecin en 1939.

Au début de la Seconde Guerre mondiale, il est affecté comme médecin remplaçant dans l'armée.

Auschwitz

En , Hans Münch est recruté comme chercheur par la Waffen-SS ; il est envoyé à l'Institut d'Hygiène de la Waffen-SS à Raisko, à environ 4 km du principal camp d'Auschwitz. Il travaille aux côtés du médecin SS Josef Mengele. Dans le cadre de ses expérimentations, il procède notamment à des injections sur des déportés juifs souffrant de paludisme.

À l'été 1944, il est promu SS-Untersturmführer (sous-lieutenant).

Après l'évacuation d'Auschwitz en 1945, Münch travaille trois mois au camp de concentration de Dachau, près de Munich.

Procès en Pologne

Fin 1945, Hans Münch est arrêté dans un camp d'internement américain quand il est identifié comme médecin SS. Il est transféré en Pologne en 1946 pour y être jugé lors du procès d'Auschwitz.

Cependant, certains rescapés témoignent en sa faveur. De plus, il coopère avec les autorités en rédigeant un rapport sur l'alimentation des déportés et leur espérance de vie[1] et réussit à être acquitté le . Le Tribunal national suprême l'acquitte principalement pour son refus de participer aux sélections et par manque de preuves.

Sur les 40 personnes jugées à Cracovie, il est le seul à être acquitté[2]. Il est surnommé « le bon homme d'Auschwitz »[3].

Après-guerre

En 1964, Hans Münch témoigne au procès de Francfort et dans de nombreux autres procès, notamment appelé pour son avis d'expert et son vécu.

En Allemagne de l'Ouest, il prend part aux nombreuses cérémonies de commémoration et d'hommage aux victimes du nazisme, par exemple, en 1995, pour le 50e anniversaire de la libération d'Auschwitz. Il est invité par Eva Mozes Kor, une survivante des expériences sur les jumeaux de Josef Mengele. Ils font des déclarations publiques sur la barbarie des expériences médicales nazies, en déclarant qu'une telle chose ne devrait jamais se reproduire.

Il commente également la négation de la Shoah. Dans une interview faite par le cinéaste allemand Bernhard de Francfort, qui l'interroge sur les négationnistes qui prétendent qu'Auschwitz était un canular, Münch répond, d'un air las :

« Lorsque quelqu'un dit qu'Auschwitz est un mensonge ou un canular, j'hésite à répondre. Les faits sont prouvés, on ne peut avoir le moindre doute sur ce qui s'est passé. J'arrête de parler et j'ignore ce genre de personne car c'est inutile, ils sont fermés d'esprit, on sait tous que ceux qui se cramponnent à dire de telles choses, ce sont des personnes malveillantes qui ont un intérêt personnel à vouloir enterrer les choses dans le silence alors qu'une telle chose ne peut être enfouie dans le silence. »

Dernières années

À la fin de sa vie, Münch vit dans la région de l'Allgäu, à proximité du château de Neuschwanstein.

Il meurt en 2001, à 90 ans.

Controverses

En Allemagne

En 1998, Hans Münch fait plusieurs déclarations controversées qui engendrent des poursuites contre lui et mettent à mal le mythe du « bon docteur Münch ». Le journaliste Bruno Schirra publie dans Der Spiegel une interview réalisée un an plus tôt, dans laquelle, après avoir regardé ensemble le film La Liste de Schindler, Münch critique violemment le film.

Quelques jours plus tard, Dirk Münch, le fils de Hans Münch, exprime publiquement son incompréhension à l'égard de cette interview. Il explique que son père a été victime d'un « manque de concentration » et que son état se dégrade. Il critique le fait que l'interview a été réalisée aussitôt après la projection malgré l'âge avancé de son père et la longueur du film. Münch, sous le coup de la fatigue, aurait tenu des propos incohérents. Dirk Münch dit qu'après le film son père aurait même confondu ses animaux de compagnie. Un cinéaste allemand, auteur d'un documentaire sur Münch, a déclaré également que ce dernier n'était pas sain d'esprit. Münch a été par la suite diagnostiqué de la maladie d'Alzheimer.

Le ministère de la Justice bavarois a engagé des poursuites pénales au sujet de l'interview et du passé de Hans Münch. Les autorités ont consulté les fichiers de la police secrète de l'Allemagne de l'Est (RDA) et exigé les enregistrements des entretiens de Münch afin de déterminer sur quelles bases le procureur de la République pouvait poursuivre. La justice a enquêté sur :

  • sa participation aux sélections directement sur les rampes d'arrivées ;
  • sa participation aux sélections dans le camp de concentration ;
  • sa participation à des expériences médicales conduisant à la mort de prisonniers.

Les poursuites pénales sont abandonnées en , en raison de sa maladie. Münch meurt un an plus tard.

Poursuites et condamnation en France

Dans une interview passée sur les ondes de France Inter dans l'émission Là-bas si j'y suis en [4], il étale avec impudence et mépris[non neutre] ses opinions nazies. Il y déclare que les Roms étaient « pathétiques » et que les chambres à gaz étaient la seule solution pour eux. La justice française, saisie en 1999, le condamne en 2001 pour « provocation à la haine raciale et apologie de crime contre l'humanité ».[réf. nécessaire]

Filmographie

Hans Münch apparaît dans un documentaire intitulé Die letzten Tage (« Les derniers jours »), sorti en 1999 aux États-Unis et en en Allemagne. En tant que témoin contemporain, il y rencontre une survivante du camp, Renée Firestone, dont la sœur est morte à Auschwitz au cours d'expériences médicales[5].

Notes et références

  1. Dominique Natanson, « Le rapport du "docteur" Hans Münch, sur la faim et l'espérance de vie à Auschwitz », sur d-d.natanson.pagesperso-orange.fr (consulté le ).
  2. Super Utilisateur, « Sonderkommando - Accusés », sur sonderkommando.info (consulté le ).
  3. (en) « SS Dr. Hans Munch, called the "Good Man Of Auschwitz", How is That Possible? », sur warhistoryonline, (consulté le ).
  4. « Hans Munch », Là-bas si j'y suis,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  5. (de) Stefan Kanke, « Interviews zwischen Donumentation und Kommerz - Die letzen Tage », sur qualitative-sozialforschung.de via web.archive.org (consulté le ).

Voir aussi

Bibliographie

Articles connexes

Liens externes

  • icône décorative Portail du nazisme
  • icône décorative Portail de la médecine
  • icône décorative Portail de la Seconde Guerre mondiale
  • icône décorative Portail du XXe siècle