Haut-montravel
| Haut-montravel | |
Vignoble de l'AOC haut-montravel. | |
| Type d'appellation(s) | AOC / AOP |
|---|---|
| Reconnue depuis | 1922 (AO) et 1937 (AOC) |
| Pays | |
| Région parente | vignoble du Sud-Ouest |
| Sous-région(s) | Bergeracois |
| Localisation | Dordogne |
| Climat | océanique dégradé |
| Ensoleillement (moyenne annuelle) |
2 021 heures (à Bergerac) |
| Superficie plantée | 1,12 hectare (2023) |
| Cépages dominants | sémillon B[note 1] et sauvignon B et G[note 1], et muscadelle |
| Vins produits | blancs liquoreux |
| Pieds à l'hectare | minimum 5 000 ceps/ha[1] |
| Rendement moyen à l'hectare | maximum 25 hl par ha[1] |
Un haut-montravel[note 2] est un vin blanc du Sud-Ouest de la France qui bénéficie d'une appellation d'origine contrôlée. C'est une appellation locale du vignoble de Bergerac : son aire de production est incluse dans celle des appellations régionales bergerac et côtes-de-bergerac. Il fait partie du vignoble du Sud-Ouest.
Il ne doit pas être confondu avec le montravel et le côtes-de-montravel qui sont produits sur quasiment la même aire de production que le haut-montravel (à l'exception de la commune de Le Fleix appartenant à l'aire d'appellation du seul montravel). Le côtes-de-montravel est un vin moelleux et le montravel est un vin rouge ou blanc sec, alors que le haut-montravel est un vin blanc liquoreux. L'AOC a été reconnue initialement par décret le [2]. La superficie de production est très limitée : elle s'étendait à 1,12 hectare en 2023[3]. Les vins sont liquoreux et issus d'assemblage[4].
Histoire
Suite à un litige entre les viticulteurs de Lamothe-Montravel d’une part, et ceux des cantons de Vélines et de Villefranche-de-Lonchat d'autre part, le tribunal de Bergerac tranche le : les producteurs de la rive droite de l'Estrop obtiennent le droit d'appeler leurs vins blancs du côtes-de-montravel, tandis que ceux de la rive gauche eurent l'appellation haut-montravel.
Le haut-montravel est reconnu comme une appellation d'origine contrôlée (AOC) par le décret du (le même décret que le côtes-de-montravel, juste après celui du montravel, ces trois vins blancs voisins se différenciant par leur aire de production)[2], modifié en (extension sur Port-Sainte-Foy, alors qu'auparavant c'était limité à son coteau)[5]. Le cahier des charges de l'appellation est publié en (pour être reconnue comme AOP)[6], puis modifié en (fusion avec l'aire d'appellation du côtes-de-montravel)[7], ce dernier annulé par le Conseil d'État en [8], d'où une nouvelle publication en [1].
Vignoble
Aire d'appellation
| Images externes | |
| Carte des communes concernées | |
| Cartes cadastrales de l'appellation | |
| Orthophotos du parcellaire de l'AOC | |
L'aire d'appellation du côtes-de-montravel se situe à l'extrémité occidentale du vignoble de Bergerac ; elle avoisine le vignoble de l'entre-deux-mers (notamment celui du sainte-foy-côtes-de-bordeaux) au sud et celui du Libournais (le castillon-côtes-de-bordeaux) à l'ouest.
Elle concerne quatorze communes du département de la Dordogne : Bonneville-et-Saint-Avit-de-Fumadières, Fougueyrolles, Lamothe-Montravel, Montcaret, Monfaucon, Montazeau, Montpeyroux, Nastringues, Port-Sainte-Foy-et-Ponchapt, Saint-Antoine-de-Breuilh, Saint-Méard-de-Gurçon, Saint-Michel-de-Montaigne, Saint-Vivien, et Vélines[1].
ll s'agit des mêmes communes que pour le côtes-de-montravel, et sur un même domaine de production de vignes, les deux appellations peuvent être revendiquées, à condition de suivre les conditions des cahiers des charges respectifs[4].
Climatologie
Elle bénéficie du même climat que Bergerac. Le microclimat local est rendu plus clément pour la vigne par l'exposition plein sud de ses coteaux.
Géologie et orographie
L'appellation est implantée à cheval sur:
- une roche mère d'origine sédimentaire : le même calcaire à astérie que celui du vignoble de Saint-Émilion surmonté de la molasse de l'Agenais et le calcaire blanc de l'Aquitanien responsable des reliefs les plus marqués ;
- des alluvions du quaternaire[9]. Ce sont des sables et graviers argileux au pH plutôt acide, peu fertile et bien drainants situés sur les terrasses qui bordent la Dordogne.
Encépagement
Les cépages principaux sont le sémillon B[note 1] (au moins 50 % de l'encépagement), la muscadelle B et les sauvignons blanc B et gris, qui, ensemble doivent représenter au moins 80 % de l'encépagement. L'ondenc B peut être ajouté comme cépage accessoire en étant limité à 10 % de l'encépagement. Les cépages principaux sont les mêmes que ceux du vignoble du Sauternais[4].
Pratiques culturales
Les vignes sont plantées à un minimum de 5000 pieds par hectare. L'écartement entre rangs ne doit pas dépasser deux mètres et l'écartement entre ceps dans le rang doit être au moins de 0,80 mètre[4]. Ces mesures visent à entretenir une concurrence entre ceps pour l'accession aux éléments minéraux du sol favorable à une bonne richesse du raisin en sucre et en arômes.
Les vignes sont conduites avec les modes de taille guyot, en cordon de royat ou encore à cots. (nom local de la taille en gobelet) Elle est limitée à 10 yeux francs (bourgeons porteurs de grappe) par cep[4].
La hauteur du feuillage doit être au moins de 0,6 fois l'écartement entre les rangs[4]. Une surface foliaire suffisante est indispensable au développement du raisin. En effet, ce sont les feuilles qui produisent le sucre véhiculé par la sève élaborée et issu de la photosynthèse.
Le viticulteur traite la vigne contre les maladies cryptogamiques (principalement mildiou et oïdium) et maintient le sol propre en tondant l'herbe ou en utilisant des herbicides. Malgré ces précautions, des pieds de vigne meurent tous les ans. Ils doivent être remplacés car si le taux de pieds morts ou manquants dépasse 20 %, le rendement de la parcelle est réduit dans la même proportion[4].
L'irrigation des vignes est interdite[4].
Rendements
La charge maximale de raisin apte à la production du côtes-de-montravel est limitée à 7 000 kg par hectare. Le rendement visé par le cahier des charges est de 25 hl/ha et le rendement butoir est de 30 hl/ha.
Vendanges
Le raisin doit être récolté à surmaturité, avec action ou non du botrytis cinerea. Pour cela, il doit atteindre une richesse en sucre d'au moins 255 grammes par litre de moût[4].
Les vendanges sont manuelles, par tries successives[4].
Vins
Production
La production de haut-montravel couvre une petite superficie (1,12 hectare en 2023). Les données de production ne sont dès lors pas publiées chaque année par le service des Douanes. En 2023, la production déclarée s'élévait à 25,79 hectolitres, soit un rendement de 25 hl/ha.
Vinification
Les bennes auto-vidantes à pompe à palettes et les pressoirs continus sont interdits. La technique de cryo-extraction est interdite ; il s'agit d'un procédé technologique qui reproduit les effets du gel utilisé pour le vin de glace. Tout enrichissement est interdit[4].
Normes analytiques
Le haut-montravel est un vin liquoreux. Il doit garder en fin de fermentation une quantité de sucres non fermentés de plus de 85 grammes par litre[4].
Le vin doit présenter un taux alcoométrique volumique naturel de 17 % de volume dont au moins 12 % de volume acquis[4]. La différence concerne la quantité de sucre résiduel qui n'a pas fermenté.
Gastronomie
Le haut-montravel peut avoir des flaveurs liées à une surmaturité plus poussée, voire à des arômes liés à la pourriture noble (fruits confits, rôti). Une note boisée ou vanillée vient parfois trahir l'élevage en barrique.
Les vins les plus riches en sucre et les plus puissants peuvent accompagner le foie gras ou les fromages à pâte persillée.
Producteurs
En 2005, la production se répartit sur 29 opérateurs, dont 26 viticulteurs et 26 vinificateurs (23 caves particulières, 2 caves coopératives et 1 négociant)[9].
Notes et références
Notes
- Le code international d'écriture des cépages mentionne de signaler la couleur du raisin : B = blanc, N = noir, Rg = rouge, Rs = rose, G = gris. Cf. « 2de édition de la liste des descripteurs OIV – couleur de la baie » [PDF] (consulté le ), p. 41.
- ↑ Le nom d'un vin est un nom commun, donc ne prend pas une majuscule, cf. les références sur la façon d'orthographier les appellations d'origine.
Références
- « Cahier des charges de l'appellation d'origine contrôlée « Haut-Montravel » » [PDF], homologué par le décret no 2014-718 du publié au JORF no 0148 du .
- « Décret du 31 juillet 1937 relatif aux appellations contrôlées « Côtes de Montravel » et « Haut-Montravel » », publié au JORF du .
- ↑ « Open Data | Portail de la Direction Générale des Douanes et Droits Indirects », sur www.douane.gouv.fr (consulté le )
- « Cahier des charges de l'appellation d'origine contrôlée « Haut-Montravel » », sur INAO (consulté le ).
- ↑ « Décret du 10 juillet 1948 concernant les appellations contrôlées « Côtes de Montravel » et « Haut-Montravel » », publié au JORF du .
- ↑ « Décret n° 2009-1262 du 19 octobre 2009 relatif aux appellations d'origine contrôlées « Fronton », « Madiran », « Montravel », « Côtes de Montravel », « Haut-Montravel », « Pécharmant », « Rosette », « Saussignac », « Côtes du Marmandais » et « Cahors » », publié au JORF no 0244 du .
- ↑ « Décret n° 2011-1182 du 23 septembre 2011 relatif à l'appellation d'origine contrôlée « Haut-Montravel » », publié au JORF no 0224 du .
- ↑ « Décision n° 354304 et autres du 30 décembre 2013 du Conseil d'État statuant au contentieux », publié au JORF no 0006 du .
- Fiche de l'AOC Haut-Montravel sur le site inao.gouv.fr, consulté le 5 janvier 2010.
Voir aussi
Articles connexes
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- Portail de la Dordogne
