Helen Gardner (chercheuse)

Helen Gardner
Biographie
Naissance
Décès
(à 78 ans)
Bicester
Nationalités
britannique (jusqu'au )
britannique
Formation
Activité
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Membre de
Distinctions
Œuvres principales
New Oxford Book of English Verse 1250–1950 (d)

Helen Louise Gardner, (), est une critique littéraire et universitaire britannique. Elle commence sa carrière d'enseignante à l'Université de Birmingham et, de 1966 à 1975, occupe la chaire Merton de littérature anglaise à l'Université d'Oxford, devenant ainsi la première femme à occuper ce poste. Elle est surtout connue pour ses travaux sur les poètes John Donne et T. S. Eliot, mais a également publié sur John Milton et William Shakespeare.

Son approche critique est traditionnelle et axée sur l'histoire et la biographie ; elle prend en compte le contexte historique de l'œuvre, les habitudes personnelles de l'auteur et le rapport du texte à son époque. Elle est convaincue que le rôle d'un critique littéraire est d'aider le lecteur à développer son propre esprit critique.

Jeunesse

Gardner est la fille de Charles Henry et Helen Mary Roadnight Cockman Gardner. Elle fréquente la North London Collegiate School. Elle obtient sa licence (BA) au St Hilda's College d'Oxford en 1929, puis une maîtrise (MA) dans le même collège en 1935[1].

Carrière universitaire

La carrière d'enseignante de Gardner débute à l'Université de Birmingham, où elle occupe un poste temporaire d'assistante de cours de 1930 à 1931. Après trois ans comme assistante de cours au Royal Holloway College de Londres, elle retourne à Birmingham, au sein du département d'anglais (1934-1941). Elle devient tutrice à Oxford en 1941 et est membre du St Hilda's College d'Oxford de 1942 à 1966, où elle est également lectrice en littérature anglaise de la Renaissance. De 1966 à 1975, Gardner est professeure Merton de littérature anglaise, la première femme à occuper ce poste, et membre de Lady Margaret Hall, à Oxford[1],[2].

L'université de Cambridge propose à Gardner la nouvelle chaire de littérature médiévale et de la Renaissance, mais elle décline, en partie parce qu'elle a entendu dire que le premier choix de l'université, C. S. Lewis, avait changé d'avis quant à son refus du poste[3].

Approche critique et sujet abordé

Gardner publie sur T. S. Eliot dès le début de sa carrière ; F. O. Matthiessen cite son essai de 1942 « La poésie récente de T. S. Eliot »[4].

Sa méthodologie critique prend en compte le contexte historique de l'œuvre, les habitudes personnelles de l'auteur et le rapport du texte à son époque. Elle prépare plusieurs éditions de la poésie de John Donne, notamment The Divine Poems (1952), Selected Prose (1967) et The Elegies and the Songs of Sonnets (1965), toutes saluées pour la rigueur de son travail. Spécialiste de la poésie d'Eliot, elle consacre trois études à cet auteur et déclare qu'il a exercé une influence majeure sur sa propre critique. Elle écrit également des critiques sur John Milton et William Shakespeare. Gardner influence la perception de la poésie britannique chez de nombreux lecteurs, en particulier celle de la fin du XVIe et du début du XVIIe siècle[1]. Anglicane, sa foi transparaît subtilement dans son œuvre[2].

Elle critique le New criticism et son insistance sur la multiplicité des interprétations ; elle rejette « le rejet des significations déterminées dans les textes », insistant sur le fait que, malgré la possibilité d'interprétations multiples, il existe toujours une « communication intentionnelle » que les lecteurs doivent tenter de comprendre[1]. En 1979, lors de ses conférences Charles Eliot Norton (publiées sous le titre In Defence of the Imagination), Gardner déclare s'opposer à la tendance alors en vogue en critique littéraire, qui consiste à surinterpréter les textes et à utiliser un jargon technique[5]. Quant au rôle du critique, elle affirme qu'il est d'« éclairer » et non de « brandir un sceptre », c'est-à-dire d'« illuminer plutôt que d'attaquer »[6].

Prix et récompenses

Gardner est nommée Commandeur de l'Ordre de l'Empire britannique (CBE) en 1962 et Dame Commandeur de l'Ordre de l'Empire britannique en 1967. En 1971, elle est élue membre honoraire étrangère de l'Académie américaine des arts et des sciences et membre international de la Société américaine de philosophie en 1982. Elle reçoit des doctorats honoris causa des universités de Cambridge, Londres, Harvard et Yale. Elle meurt à Bicester en 1986[7].

Héritage

Dans son testament, Gardner lègue les droits d'auteur du New Oxford Book of English Verse à la National Portrait Gallery, afin d'acquérir des portraits liés à la littérature anglaise et des portraits de la fin du XVIe et du début du XVIIe siècle. Le personnage d'E.M. Ashford dans Wit de Margaret Edson est inspiré de Gardner. Wit est ensuite adapté au cinéma en 2001[2]. Elle figure dans l'International Who's Who in Poetry 2004 sous la rubrique « Figures littéraires du passé ».

Œuvres d'Helen Gardner

Gardner a écrit plus d'une douzaine d'ouvrages : monographies, éditions critiques et anthologies. Elle dirige la publication de The New Oxford Book of English Verse 1250–1950 (publié en 1972), qui remplace The Oxford Book of English Verse d'Arthur Quiller-Couch[8].

L'ouvrage de Gardner, Religion and Literature (1971), rassemble deux séries de conférences : les conférences Ewing de 1966 sur la poésie religieuse et les conférences commémoratives T.S. Eliot de 1968 sur la tragédie. Diana Fortuna, dans sa critique pour la Modern Language Review, salue les conférences sur la tragédie comme « une introduction essentielle au sujet », mais s'est montrée moins enthousiaste à l'égard des conférences sur la poésie religieuse, estimant qu'elles abordaient un trop grand nombre de sujets et, par conséquent, ne traitaient pas certains poèmes « assez en profondeur »[9].

Elle publie également une anthologie de poésie religieuse, A Book of Religious Verse, qui, selon un critique du New York Times de 1972, « devrait être lue en parallèle avec ses conférences stimulantes sur la poésie religieuse, publiées dans son ouvrage Religion and Literature »[1].

Bibliographie

  • The Art of T. S. Eliot (1949) [1]
  • The Divine Poems of John Donne (1952) [1]
  • The Metaphysical Poets (1957) [1]
  • The Business of Criticism (1959) [1]
  • Edwin Muir: the W. D. Thomas Memorial Lecture (1961) [1]
  • The Elegies and the Songs and Sonnets of John Donne (1965) [1]
  • A Reading of Paradise Lost: the Alexander Lectures in the University of Toronto (1962) [1]
  • The Waste Land 1972: The Adamson lecture, 3rd May 1972 (Voir la liste des conférences Adamson .)

Références

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Helen Gardner (critic) » (voir la liste des auteurs).
  1. Paul Schlueter et June Schlueter, An Encyclopedia of British Women Writers, Garland Publishing, Inc., , 183–184 p. (ISBN 0824084497)
  2. James J. McCullough, Sense and Spirituality: The Arts and Spiritual Formation, Wipf and Stock Publishers, (ISBN 978-1-4982-7065-6, lire en ligne), p. 72
  3. Zaleski Philip (Zaleski, Carol), The fellowship : the literary lives of the Inklings : J.R.R. Tolkien, C.S. Lewis, Owen Barfield, Charles Williams, New York, , First paperback éd. (ISBN 9780374536251, OCLC 956923535)
  4. F. O. Matthiessen, Eliot's Quartets, vol. 5, , 161–78 p. (lire en ligne), chap. 2
  5. « Helen Gardner Delivers 1979-80 Norton Lectures », The Harvard Crimson
  6. Neil King et Sarah King, Dictionary of Literature in English, Taylor & Francis, (ISBN 978-1-57958-381-1, lire en ligne), p. 63
  7. « Book of Members, 1780–2010: Chapter G », American Academy of Arts and Sciences (consulté le )
  8. « God's plenty is here, at least till the later pages », The New York Times,‎ (lire en ligne)
  9. Zaleski Philip, The fellowship : the literary lives of the Inklings : J.R.R. Tolkien, C.S. Lewis, Owen Barfield, Charles Williams, New York, First paperback, (ISBN 9780374536251, OCLC 956923535)

Liens externes

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