Henri-Augustin Girard de Charnacé

Henri-Augustin Girard de Charnacé
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Activité
Militaire

Henri-Augustin Girard de Charnacé, est un militaire français né le à Longuefuye[1], et décédé le à Longuefuye.

Biographie

Origine

Il est issu de la famille de Charnacé (Anjou), fondue après lui — par le mariage de sa sœur aînée héritière Claude de Charnacé avec Anselme (de) Girard — dans les Girard (Poitou), d'où les Girard de Charnacé[2], de noblesse d'ancienne extraction en Poitou sur une filiation prouvée de 1500. Sa terre de Charnacé (en Anjou) fut érigée en marquisat par lettres-patentes le en faveur de Jacques-Philippe de Girard, marquis de Charnacé, lieutenant-général de l'artillerie de l'Île-de-France, commandant en chef de l'Arsenal de Paris. Les membres de cette famille ont occupé des charges et ont donné des diplomates et des militaires[3]. Elle est bien connue par l'ouvrage de Bertrand de Charnacé, Notes sur la maison de Charnacé, Paris, 1958, XIV-216 p[1]. Les armes des Girard de Charnacé sont : Ecartelé, aux I et IV : d'azur à 3 chevrons d'or ; aux II et III : d'azur, à 3 croisettes pattées d'or.

Établis en Anjou, les Girard de Charnacé de la branche cadette revinrent habiter à Longuefuye le Château des Courans à la fin du XVIIIe siècle, Prosper-Marc de Girard de Charnacé, ancien sous-lieutenant au Régiment de Bresse, d'abord émigré, vint retrouver son jeune frère Henri-Augustin enrôlé dans la compagnie des Chouans de Fromentières. Celui-ci reparut en 1799 dans l'état-major de Louis Auguste Victor de Ghaisne de Bourmont et aux Cent-Jours sous les ordres de Marin-Pierre Gaullier[4].

Henri-Augustin Girard de Charnacé est le fils de Marc-Prosper Girard de Charnacé (1725-1815)[5], et de Nicole de Boisjourdan, sœur de Louis Joachim de Boisjourdan. Les tombes très modestes de la famille Girard de Charnacé étaient dans le cimetière de Longuefuye[4].

Révolution française

Henri-Augustin Girard de Charnacé est engagé très jeune pour servir dans la compagnie des Chouans de Fromentières, dont la troupe trouvait réfuge et ravitaillement au Château des Courans[1]. « Monsieur Jacques », Jacques Bruneau de La Mérousière, y fixa sa résidence en 1794 quand il vint pour organiser la Chouannerie dans la région, s'appuyant sur la division de Fromentières et sur le dévouement éprouvé des familles du Bois-Jourdan, de Charnacé et Jarret de la Mairie[6].

Il épouse à Château-Gontier le , Florence de Guitaut, fille de l'ancien lieutenant-général au présidial de Château-Gontier. Ils eurent six enfants[1]. Ils habitèrent Les Courans toute leur vie, y menant selon Bernard de Charnacé, une vie patriarcale, charitable, un peu austère, s'occupant de leurs enfants et de la gestion d'un immense domaine, sa femme surtout, en ce qui concerne la gestion du domaine[7].

Premier Empire

Rallié au Premier Empire, il est nommé maire de Longuefuye en 1808, lors du grand mouvement de ralliement de la noblesse, que Michel Denis appelle la Révolution des mairies[1]. Cela ne l'empêche pas de reprendre les armes en 1815 lors de la Guerre de Vendée et Chouannerie de 1815. Le général Louis d'Andigné le nomme, le , durant les Cent-Jours, chef de bataillon de la division Gaullier. Le bataillon est dans la 1re légion de l'armée catholique et royale du Maine, commandée par Marin-Pierre Gaullier, pendant les Cent-Jours. Il en gardera auprès des vieux chouans, ses anciens compagnons, le titre de commandant[1]

La Statistique de 1809 ne le flatte pas[1] : "N'a pas beaucoup de facultés. Paraît au gouvernement". Quant aux biens, Michel Denis[8] le retient, aux côtés de Michel Dubois de Beauregard, issu lui de la grande bourgeoisie d'affaires, comme le type même du grand propriétaire, dont les revenus se situaient autour de 30 000 francs. La seule terre des Courans comprenait dix fermes[7]. Il est désigné comme l'un des Grands notables du Premier Empire du département de la Mayenne[9]

Famille

La famille Girard de Charnacé s'illustra au tout premier rang, au XIXe siècle, dans les progrès agricoles[1].

Descendance & postérité

  • Marc-Prosper Girard de Charnacé
    • Henri-Augustin Girard de Charnacé
      • Hortense Girard de Charnacé (née le 24 juillet 1805 à Château-Gontier, et décédée le 25 janvier 1899 à Chambellay, au Château du Bois-Montbourcher), épouse d'Ernest de Girard de Charnacé (1800-1884), marquis de Charnacé, maire de Chambellay, officier des hussards de la garde royale.
        • Guy de Charnacé, époux de Claire Christine d'Agoult
          • Daniel de Charnacé (1851[10]-1942), ancien officier de vaisseau, puis agriculteur et éleveur, se fixera au Bois-Monbourcher en 1876, auprès de son grand-père, Ernest de Charnacé (1800-1884), qui venait d'achever la restauration du château et auquel il succèdera comme maire de Chambellay de 1884-1942, détenant ainsi le record de longévité à cette fonction municipale[11].
      • Raoul Girard de Charnacé (1807-1890)
      • Gabriel Girard de Charnacé (1809-1883), né le 9 avril 1809, mort le 4 juin 1883, a publié dans L'Indépendant de l'Ouest en 1850, des articles politiques pour demander l'appel à la nation tout en sauvegardant le principe de la légitimité, et en 1853 un volume d'économie rurale.
      • Prosper Girard de Charnacé (1810-1888), né le 22 décembre 1810, mort le 22 février 1888, prêtre, chanoine honoraire de Laval, vécut retiré dans son château des Courans et dépensa sa fortune en bonnes œuvres aussi discrètes qu'abondantes. Il était conseiller municipal de Longuefuye[4].
      • Marie-Louise Girard de Charnacé (1813-1848)
      • Charles Girard de Charnacé, maire d'Auvers-le-Hamon (1816-1898)

Notes et références

  1. François Dornic, Grands notables du Premier Empire : Mayenne, Editions du CNRS, 1986, p. 83.
  2. Sa famille de Girard de Charnacé n'a rien de commun avec les Gautier de Charnacé.
  3. Camille-Philippe Dayre de Mailhol, Dictionnaire historique et héraldique de la noblesse française.
  4. « Henri-Augustin Girard de Charnacé », dans Alphonse-Victor Angot et Ferdinand Gaugain, Dictionnaire historique, topographique et biographique de la Mayenne, Laval, A. Goupil, 1900-1910 [détail des éditions] (BNF 34106789, présentation en ligne), t. II
  5. Né à Angers le 11 octobre 1725, le dixième enfant de sa famille. Il suivit la carrière des armes. En 1745, il est lieutenant au régiment de Bourgogne-Infanterie, en 1752, capitaine au même régiment. En 1768, il est grièvement blessé d'un coup de feu à l'attaque de Clensana, qui oppose les troupes royales françaises aux armées de la République corse. Il est privé à la suite de cette blessure de l'oeil gauche. Ce qui lui vaut la Croix de l'Ordre de Saint-Louis. Il obtient sa retraite en 1774, avec le grade de lieutenant-colonel. Il s'était marié en 1770 avec Nicole de Boisjourdan, fille aînée de Louis Bois-Jourdan, seigneur du Boisjourdan, Longuefuye, Chanay, et de Madeleine Guitaut. Ils eurent quatre enfants
  6. Angot et Gaugain 1900-1910.
  7. Bertrand de Charnacé, Notes sur la maison de Charnacé, Paris, 1958, XIV-216 p.
  8. Michel Denis, Les royalistes de la Mayenne, p. 33.
  9. François Dornic, Grands notables du Premier Empire : Mayenne, Editions du CNRS, 1986.
  10. Né à Croissy-Beaubourg.
  11. Son petit-fils, Bertrand de Charnacé (1885-1967), sera également maire de Chambellay de 1942 à 1967 et sera l'auteur, en 1958, des Notes sur la maison de Girard de Charnacé.

Bibliographie

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