Henri Achille Etiévant

Henri Achille Etiévant
Photographie policière d'Henri Etiévant par Alphonse Bertillon (fichier anthropométrique des anarchistes, 1894).
Biographie
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(à 67 ans)
Plaisir
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Idéologie

Henri Etiévant, surnommé « Le Bosco », né le à Flamanville et mort le à Plaisir, est un typographe et militant anarchiste français. Il est surtout connu pour son influence sur le mouvement anarchiste en France et est décrit par certains historiens comme l'un des « ténors » du mouvement anarchiste en France pendant les années 1890.

Frère aîné de Georges Etiévant, les deux frères s'engagent dans un certain nombre d'actions communes, côtoient Émile Henry, et s'impliquent dans des actions en défense des anarchistes de l'affaire de Clichy. En févirer 1892, au début d'une période que l'opinion publique désigne sous l'appellation d'Ère des attentats (1892-1894), les deux sont remarqués comme très radicaux et souhaitant venger les anarchistes pendus de Jerez ; quelques semaines plus tard, alors qu'un groupe d'anarchistes commet le vol de Soisy-sur-Seine, s'emparant d'une importante cargaison de dynamite dont une partie sera utilisée par la bande à Ravachol pour ses attentats, il est impliqué et dissimule la dynamite volée un temps. Les autorités le suspectent d'avoir participé au vol, comme son frère, dont des preuves démontrent l'implication, mais il est libéré, faute de preuves. Il continue de côtoyer un certain nombre d'anarchistes - est un acteur notable de ces cercles, et vit un temps de produits de vols avant de reprendre un emploi de typographe. Ciblé à de nombreuses reprises par les autorités françaises, il parvient à éviter toute lourde condamnation et la justice. Il est fiché comme anarchiste au moins jusqu'à 1900-1912.

Sa photographie policière fait partie des collections du Metropolitan Museum of Art (MET).

Biographie

Jeunesse et intégration dans le mouvement anarchiste

Henri Achille Etiévant naît le à Flamanville, dans le département de la Manche[1],[2].

Il vit longtemps chez son père à Clichy, rue Bac d'Asnières[1],[2]. Il est aussi réformé du service militaire et jugé inapte à servir, à cause de sa corpulence, pour « défaut de taille et difformité ». Dans les années 1880-1890, Etiévant rejoint le mouvement anarchiste avec son frère cadet, Georges[1],[2]. Il est l'organisateur de la manifestation du 1er mai 1891, et participe au journal anarchiste Le Forçat avec son frère plus tard dans l'année, un journal où ils collaborent probablement avec Émile Henry[3]. Pendant cette période, il travaille comme typographe à Clichy[1],[2].

En , les frères Etiévant sont remarqués par les autorités comme placardant des affiches en l'honneur de Louis Léveillé, Henri Decamps et Charles Dardare, les trois protagonistes anarchistes de l'affaire de Clichy[1],[2].

Ère des attentats

Première partie d'un rapport donnant des renseignements sur les conflits en cours au sein du mouvement anarchiste au sujet des attentats, avec Nikitine et Malatesta craignant une nouvelle attaque pouvant renforcer la répression contre les anarchistes, tandis que Fortuné Henry la défendrait (Archives nationales - F7 12504 - courtoisie d'Archives anarchistes)

En , au début d'une période que l'opinion publique nomme sous l'appellation d'Ère des attentats (1892-1894), les deux frères, qui agissent souvent ensemble, annoncent qu'ils cherchent à venger les pendus de Jerez, en Espagne et qu'ils entendent commettre des actes graves où ils risqueraient leur vie. Les autorités policières font peu attention à ces renseignements et ne les valorisent pas[1],[2]. Quelques jours après ces premiers rapports, un groupe d'anarchistes - en particulier des banlieues nord de Paris, commet un vol important de dynamite dans une carrière : il s'agit du vol de Soisy-sur-Seine[1],[2].

Cette dynamite volée, qui finit en partie dans les mains de la bande à Ravachol et lui sert à commettre ses attentats en , est au moins dissimulée en partie par les frères Etiévant dans un local qu'ils louent et où se retrouvent un certain nombre d'anarchistes, dont Louis Galau, Louis Léveillé, Rousset ou encore Élisée Bastard[1],[2]. Le , une première perquisition les vise, sans succès, et, le , lendemain de l'attentat du Boulevard Saint-Germain, une nouvelle perquisition et arrestation des deux frères mène aux preuves de la participation de Georges au vol de Soisy - la police ne dispose pas d'éléments pouvant inculper Henri, et il est donc libéré[1],[2].

Dès sa libération, Etiévant demande dans une réunion tenue à Levallois à ce que l'exemple donné par Ravachol soit suivi par d'autres anarchistes[1],[2]. Il côtoie Émile Henry, cette fois chez le communard et compagnon Constant Martin et un autre marchand de vins pendant l'été 1892[4]. Il arrête de travailler, côtoie Lucien Fétis et défend alors ouvertement la reprise individuelle comme moyen de subsistance privilégié pour les anarchistes[1],[2]. Avec Fétis, les deux font des quêtes à domicile pour organiser les soupes-conférences. À la fin de l'année, il rend visite à son père qui vient d'être placé à l'asile[1],[2].

Conclusion du rapport précédent, qui note de nombreuses rencontres entre Fortuné Henry et Henri Etiévant

Il recommence à travailler comme typographe en 1893, en juin, il participe avec Léveillé et Émile Spannagel à un meeting contre la condamnation à mort de Jean-Baptiste Foret[1],[2].

Pendant la répression de début 1894, il est visé deux fois, une fois le premier jour, et une autre le . Dans la première, la police trouve des exemplaires de La Révolte, une brochure de Jules Guesde et une lettre de Léon Léauthier « à son ami Étiévant »[1],[2]. Dans la deuxième, elle ne trouve rien de bien incriminant, seulement des brochures et des lettres à son frère emprisonné[1],[2]. Arrêté et placé à Mazas, il écrit au juge d'instruction qu'il a peur d'être expulsé, car il vit seul et n'a pas encore payé le loyer[1],[2]. Il écrit[1],[2] :

Je suis absolument seul, vous le savez, monsieur le juge, donc personne n’a pu réparer le désordre que l’on a fait chez moi car lorsque l’on perquisitionna, tout fut bouleversé, mes papiers de famille, mes spécimens d’imprimerie nécessaires à mon travail, les feuillets d’un dictionnaire auquel je travaille depuis plusieurs années, mon linge, enfin tout fut éparpillé sur le sol ou sur les meubles qui sont restés ouverts puisque je fus immédiatement arrêté.

Il est remis en liberté le , trouve un emploi, puis est arrêté de nouveau après l'assassinat de Sadi Carnot, le et libéré le 28 du même mois[1],[2].

Dernières années

Henri Etiévant continue d'être fiché comme anarchiste au moins jusqu'à 1900-1912[1],[2].

Il meurt à Plaisir le [5].

Postérité

Influence dans les cercles anarchistes

Henri Etiévant reçoit le surnom de « Le Bosco » ; il est considéré par Vivien Bouhey comme l'un des « ténors » du mouvement anarchiste en France pendant cette période[4].

Photographie policière

Sa photographie policière fait partie des collections du Metropolitan Museum of Art (MET)[6].

Références

  1. Dominique Petit et Rolf Dupuy, « ETIEVANT, Henri, Achille “Le BOSCO” », sur Dictionnaire international des militants anarchistes (consulté le )
  2. Dominique Petit, « ETIEVANT Henri, Achille dit LE BOSCO », sur Le Maitron des anarchistes (consulté le )
  3. René Louis (1941-2005) Bianco, « Bianco (Bi 1028). Le Forçat : organe anarchiste bimensuel », sur bianco.ficedl.info (consulté le )
  4. Bouhey 2008, p. 287.
  5. Archives des Yvelines Transcription à Houilles de son acte de décès
  6. Alphonse Bertillon, Etiévant. Henri, Achille. 32 ans, né à Flammanville (Manche). Typographe. Anarchiste. 4/3/94., (lire en ligne)

Bibliographie

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