Henri Grangier

Henri Grangier
Biographie
Naissance
Décès
(à 60 ans)
Saint-Gervais-les-Bains
Nationalité
France
Activité
collectionneur
Père
Auguste Grangier
Mère
famille Corbabon de Gevrey
Conjoint
Sophie Villeneuve, épouse Grangier

Henri Grangier (, Dijon - , Dijon) est un collectionneur et mécène français. Héritier d’une importante fortune familiale, il a constitué avec son épouse Sophie Grangier une importante collection d’œuvres d’art et d’objets anciens. Par leurs dons et legs, le couple Grangier a contribué à l’enrichissement des collections publiques de la ville de Dijon à la fin du XIXe siècle.

Biographie

Henri Grangier est né le à Dijon, fils d’Auguste Grangier (1802-1869), maître de forges dans le Jura, et de Pauline Corbabon de Gevrey (1815-1867)[1], et c’est ainsi dans ce milieu aisé dijonnais que Henri grandit. Enfant, Henri est décrit par Louis Gaitet comme étant de santé fragile, et témoignant d'une appétence pour la littérature, la musique et les Beaux-arts[2].

Il hérite en 1860 d’une grande fortune, somme des rentes de nombreuses propriétés réparties dans la région[1]. Alors domicilié à Vougeot, Henri Grangier épouse Sophie Villeneuve le à Villecomte[1]. Le couple reste sans enfants et consacre son quotidien à des œuvres de charité et de nombreux voyages, notamment en Allemagne, en Suisse et en Italie[2]. Au cours de leurs déplacements, le couple acquiert de nombreuses œuvres et forme alors l’idée de constituer une collection d’art qu’ils placent au premier étage du château des Gaillots, demeure héritée d’Auguste Grangier[1], ainsi que quelques pièces dans leur hôtel dijonnais[1].

Henri Grangier s’éteint le alors qu’il s’était rendu à Saint-Gervais-les-Bains pour des raisons de santé[2].

Collection

Netsuke, personnage agenouillé tenant un vase, Japon, fin de l’époque Edo (1603-1868), XIXe siècle, ivoire sculpté, 3,5 x 3,2 x 1,9 cm, Dijon, musée des Beaux-arts, inv. G 495

Henri et son épouse Sophie ont formé leur collection grâce à leurs nombreux voyages (en Italie, en Suisse, en Allemagne, etc…)[2].

Leur collection est hétéroclite et se compose de formes d’art variées et provenant d’époques et de régions du monde différentes. Selon le catalogue établi par Louis Gaitet et se basant sur les oeuvres léguées au musée des Beaux-arts de Dijon, la collection Grangier comporte des peintures et miniatures, des sculptures (bronzes, marbres, bois, ivoires, etc…), des faïences, des médailles, des meubles, des vitraux, des porcelaines, des émaux, de objets en verre, de l’orfèvrerie, des bijoux et horloges, des ustensiles de table, des métaux d’art, ainsi que des oeuvres d’Extrême-Orient[3].

Cette dernière partie de leur collection comporte plus spécifiquement des objets en jade et objets en pierre de lard, des céramiques, des ivoires, des éléments d’armurerie et armes d’apparat, et objets divers[4]. Ces objets sont majoritairement issus de Chine, du Japon et d’Inde, et sont principalement de fabrication prémoderne, moderne et contemporaine[4].

Legs Grangier (1905)

Sophie Grangier rédige plusieurs testaments au cours des 15 et , le et finalement le . Il y est prévu de léguer leur fortune à l’Hôpital Général de Dijon et leur collections d'œuvres du château de Vougeot et de leur hôtel particulier dijonnais au musée des Beaux-arts de Dijon[2]. Un total de 45 oeuvres asiatiques entrent dans les collections du musée l'année suivante[5].

Bien que Henri Grangier n’ait pas contribué à la rédaction de ce legs testamentaire, Louis Gaitet nous renseigne sur la volonté commune des époux de faire don de leurs œuvres au musée au cours même de l’établissement de leur collection[2].

Du vivant de Henri Grangier, le couple avait déjà fait don d’une statue représentant Antoinette de Fontette, une œuvre du XVIe siècle en pierre polychromée, et placée à l’époque dans la salle des gardes du musée des Beaux-arts de Dijon[2].

La collection issu du legs Grangier est exposée dans ce qui était à l’époque la salle n°18 du musée des Beaux-arts de Dijon, laquelle est située au premier étage de la Tour de Bar[3]. Afin de garantir un espace optimal pour présenter la collection du couple, la salle en question fait l’objet d’une rénovation selon une proposition des conservateurs du musée, et approuvée par l’administration municipale[3].

Postérité

Après le décès du couple Grangier, la ville de Dijon dont le musée a grandement bénéficié du legs des deux collectionneurs leur rend hommage : d’abord par la création d’une Salle Grangier au musée des Beaux-arts, puis en 1912 par l’organisation d’un concours pour une proposition de monument en l’honneur des époux Grangier[1], destiné à être érigé sur la place de l’Hôtel des postes, laquelle est renommée au nom des Grangier en 1911[1].

Sur cette place est inaugurée en 1916 une fontaine-bassin en hommage aux Grangier[1]. Son concepteur est le sculpteur dijonnais Paul Gasq (1860-1944) qui s’est formé aux Beaux-arts de Dijon[2] et récompensé du prix de Rome en 1890[6]. Ce monument est communément intitulé La Bonté et s’accompagne également d’un médaillon sculpté figurant le profil des deux époux[7].

Le testament des Grangier ayant également prévu un don à l'hôpital de la ville pour le soin des personnes âgées, le monument a été déplacé en 1967 et se trouve aujourd’hui sur le site du centre gériatrique de Champmaillot[7].

Notes et références

  1. Catherine Tran-Bourdonneau, « Grangier Henri et Sophie » Accès libre, sur AGORHA, (consulté le )
  2. Louis Gaitet, Catalogue de la collection Henri et Sophie Grangier : peintures, sculptures, meubles, objets d’art, Dijon, Darantière, , p. IX-XIII
  3. Louis Gaitet, Catalogue de la collection Henri et Sophie Grangier : peintures, sculptures, meubles, objets d’art, Dijon, Darantière, , p. VII-VIII
  4. Louis Gaitet, Catalogue de la collection Henri et Sophie Grangier : peintures, sculptures, meubles, objets d’art, Dijon, Darantière, , p. 116-125
  5. Pauline d'Abrigeon, À portée d'Asie : collectionneurs, collecteurs et marchands d'art asiatique en France 1750-1930, Paris, Lienart, , p. 17
  6. « Gasq, Paul » Accès libre (consulté le )
  7. Nicolas Potier, « Statue dite 'la Bonté' » Accès libre, sur Plateforme ouverte du patrimoine POP, (consulté le )

Bibliographie

  • Pauline d'Abrigeon, À portée d'Asie : collectionneurs, collecteurs et marchands d'art asiatique en France 1750-1930, Paris, Lienart,
  • Louis Gaitet, Catalogue de la collection Henri et Sophie Grangier : peintures, sculptures, meubles, objets d’art, Dijon, Darantière,
  • Catherine Tran-Bourdonneau, « Grangier Henri et Sophie » Accès libre, sur AGORHA, (consulté le )
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