Henri Hiltl

Henri Hiltl
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Henri Hiltl en 1939 à l'Excelsior AC Roubaix.
Biographie
Nom Heinrich Hiltl
Nationalité Autriche
France
Nat. sportive Autriche (-1933)
France (1939-)
Naissance
Vienne (Autriche-Hongrie)
Décès (à 72 ans)
Cocheren (Moselle
Taille 1,78 m (5 10)
Période pro. 1929-1948
Poste Avant centre, inter
Parcours senior1
AnnéesClub 0M.0(B.)
1925-1929 Brigittenauer AC (en) 18 (5)
1929-1933 Wiener AC 105 (97)
1933-1945 Excelsior AC >177 (>95)
1939-1940 RC Paris >6 (>7)
1945-1948 CO Roubaix-Tourcoing 105 (52)
Sélections en équipe nationale2
AnnéesÉquipe 0M.0(B.)
1931 Autriche 001 0(0)
1940-1944 France 002 0(0)
Parcours entraîneur
AnnéesÉquipe Stats
1948-1949 Stade mouscronnois
1949-1951 SO Merlebach
1951-1955 US Tourcoing
1955-1961 SO Merlebach
1 Ne sont comptabilisés que les matchs en compétitions officielles, quel que soit le statut (amateur et professionnel). Les matchs amicaux ne sont pas comptabilisés.
2 Matchs officiels.
Dernière mise à jour : 27 décembre 2025

Henri Hiltl, né Heinrich Hiltl le à Vienne (Autriche) et mort le à Cocheren (Moselle), est un footballeur autrichien, naturalisé français.

Évoluant comme attaquant, il a la particularité d'avoir été sélectionné pour deux équipes nationales, celle d'Autriche en 1931, puis celle de France, en 1940 et 1944.

Carrière

Débuts en Autriche

Heinrich Hiltl commence le football enfant dans sa ville natale de Vienne[1]. Il est licencié au Brigittenauer AC (en) au moment de la fondation du club, en 1925[2], par la fusion de deux clubs, alors qu'il a 15 ans. Entraîné par Imre Schlosser, Brigittenauer remporte le championnat de deuxième division de Vienne dès sa première année d'existence. Lors de sa première saison dans l'élite, en 1926-1927, il dispute le titre à l'Admira Vienne jusqu'à la dernière journée. Hiltl gagne progressivement du temps de jeu en équipe première et quand en 1929, Brigittenauer est relégué[3], il est recruté par le Wiener AC.

Avec le Wiener AC, Hiltl remporte en 1931 la Coupe d'Autriche, qualificative pour la Coupe Mitropa, une compétition opposant les meilleurs clubs d'Europe centrale. Son équipe écarte le Hungária FC puis le Sparta Prague, en trois matchs, mais s'incline en finale face au First Vienna. Hiltl est le meilleur buteur du tournoi avec sept buts en sept matchs, dont le but décisif du match d'appui contre le Sparta[1].

Hitl connaît cette même année sa première cape en équipe nationale autrichienne contre la Tchécoslovaquie en , dans le cadre de la Coupe internationale 1931-1932, une compétition qui sera remportée par l'Autriche. Hitl est titulaire et la sélection de Hugo Meisl l'emporte (2-1), mais Hitl ne fera pas d'autres apparitions avec l'équipe nationale[4].

En 1932-1933, Hitl est l'un des meilleurs buteurs du championnat autrichien avec 18 buts en 22 journées tout au plus[5].

Émigration en France

En 1933, l'Excelsior AC de Roubaix cherche en Autriche un avant centre, et trouve un accord avec le Wiener AC pour transférer Hiltl[1]. Il est qualifié pour jouer avec l'Excelsior le . Recruté pour être avant centre, Hitl va s'installer finalement au poste d'inter, qui convient mieux à ses qualités dans le contexte du football français[1] mais ne l'empêche pas de marquer de nombreux buts grâce à ses qualités de tireur. Quatrième meilleur buteur du championnat de France en 1937 et 1939, il inscrit 74 buts en 113 matchs en six saisons avec l'Excelsior. Son équipe termine entre la 5e et la 9e place en championnat, sauf en 1939 avec une plus décevante 13e position.

Non sélectionné avec l'Autriche après de son départ en France, Hiltl se voit offrir l'opportunité d'être naturalisé, ce qui le rendrait sélectionnable en équipe de France. Il obtient la citoyenneté française[1] le , mais la guerre interrompt les compétitions quelques mois plus tard. Il est mobilisé en région parisienne ; en , il part pour une période militaire de 120 jours. Il en profite à son retour pour jouer au Racing Club de Paris, où il retrouve deux autres Français d'origine autrichienne, son ancien coéquipier du Wiener AC, le gardien de but Rudolf Hiden, et Gusti Jordan. Il s'agit en quelque sorte d'un prêt, en temps de guerre, Hiltl restant officiellement joueur de l'Excelsior[6].

En , il honore sa première sélection en équipe de France, face au Portugal, en même temps de son coéquipier Rudi Hiden[7]. Placé comme meneur de jeu, Hiltl brille particulièrement[7]. Resté jouer avec le club parisien, il remporte la Coupe de France en mai 1940 en battant en finale l'Olympique de Marseille (2-1).

Soldat de 2e classe du 127e régiment d'infanterie, il apparaît en sur la liste des prisonniers de guerre français[8]. Prisonnier au camp de Châlons[9], il est autorisé à jouer un temps avec le CO Châlon-sur-Marne.

En , il est annoncé comme rentrant à Roubaix en congé de captivité pour maladie[6]. Il ne reprend le football que lors de la saison 1942-1943[10], sous les couleurs de l'Excelsior. En 1945, le club fusionne son équipe professionnelle avec celles de ses voisins pour former le Club olympique Roubaix-Tourcoing. Il y joue trois dernières saisons pleines, remportant au passage le championnat de France en 1947. Il est cette saison là, à 36 ans, le meilleur buteur du club. En fin de carrière, il reste un exceptionnel tireur de coups francs[11], grâce à son exceptionnelle maîtrise des tirs en « feuille morte ».

Tout au long de sa carrière en France, il laisse une impression marquante à ses coéquipiers, adversaires et spectateurs[12], qui l'appellent respectueusement « Monsieur Hiltl »[7],[13] ou encore l'« extraordinaire Monsieur »[14].

Reconversion comme entraîneur

En 1947-1948, pendant sa dernière saison de joueur, il ouvre un café à Roubaix, baptisé « le Penalty ».

Dès la fin de sa carrière de joueur, il entame une carrière d’entraîneur. Il fait ses débuts en 1948-1949 au Stade mouscronnois en Belgique, où il est laisse sa place après une saison à son ancien coéquipier à l'Excelsior Ernest Payne. Il entraîne ensuite le Stade olympique de Merlebach, en Moselle, de 1949 à 1951. Il mène le club de championnat de France amateur en 16e finale de Coupe de France en 1951. Il revient ensuite dans le Nord, à l'US Tourcoing, redescendu au niveau régional, dont il est entraineur de 1951 à 1955 et où il lui y arrive de rejouer en cas de besoin.

En , il est nommé directeur sportif du CO Roubaix-Tourcoing en même temps que Jean Baratte est nommé entraineur, dans l'espoir de sauver le club de la relégation en deuxième division, sans succès. Pendant l'été il repart en Moselle diriger le SO Merlebach, qu'il maintient chaque année en CFA - jusqu'en , quand il quitte son poste peu avant la rétrogradation de l'équipe en Division d'honneur[16].

Il poursuit ensuite sa carrière dans de plus petits clubs en Moselle : en 1962-1963, il est l’entraîneur du club de L'Hôpital, entre 1963 et 1965 celui de l'AS Freyming, ville voisine de Merlebach, et de 1967-1969 il s'occupe de l'école de football du SO Merlebach. Il meurt en 1982 à Cocheren, en Moselle, dont un des deux terrains municipaux de football porte aujourd'hui son nom[17].

Palmarès

Statistiques

Statistiques de Henri Hiltl [18]
Saison Club Championnat Coupe(s) nationale(s) Total
Division M. B. M. B. M. B.
1928-1929 Drapeau de l'Autriche Brigittenauer AC (en) 1 17 5 1 0 18 5
Sous-total 17 5 1 0 18 5
1929-1930 Drapeau de l'Autriche Wiener AC 1 16 11 5 7 21 18
1930-1931 Drapeau de l'Autriche Wiener AC 1 18 17 9 10 27 27
1931-1932 Drapeau de l'Autriche Wiener AC 1 17 11 6 7 23 18
1932-1933 Drapeau de l'Autriche Wiener AC 1 21 18 3 5 24 23
1933-1934 Drapeau de l'Autriche Wiener AC 1 10 11 10 11
Sous-total 82 68 23 29 105 97
1933-1934 Drapeau de la France Excelsior AC 1 10 6 - - 10 6
1934-1935 Drapeau de la France Excelsior AC 1 29 10 3 3 32 13
1935-1936 Drapeau de la France Excelsior de Roubaix-Tourcoing 1 29 15 4 2 33 17
1936-1937 Drapeau de la France Excelsior de Roubaix-Tourcoing 1 29 22 4 2 33 24
1937-1938 Drapeau de la France Excelsior de Roubaix-Tourcoing 1 27 10 3 1 30 11
1938-1939 Drapeau de la France Excelsior de Roubaix-Tourcoing 1 30 19 3 2 33 21
Sous-total 154 82 17 10 171 92
1939-1940 Drapeau de la France RC Paris 1 6 7 6 7
Sous-total 6 7 6 7
1942-1943 Drapeau de la France Excelsior de Roubaix-Tourcoing 1 3 2 3 2
1943-1944 Drapeau de la France Excelsior de Roubaix-Tourcoing 1 1 0 1 0
1944-1945 Drapeau de la France Excelsior de Roubaix-Tourcoing 1 2 1 2 1
Sous-total 6 3 6 3
1945-1946 Drapeau de la France CO Roubaix-Tourcoing 1 34 17 1 1 35 18
1946-1947 Drapeau de la France CO Roubaix-Tourcoing 1 36 24 3 1 39 25
1947-1948 Drapeau de la France CO Roubaix-Tourcoing 1 28 8 3 1 31 9
Sous-total 98 49 7 3 105 52

Galerie

Notes et références

  1. Victor Denis, « Un grand artiste du football : le roubaisien Hiltl », sur Gallica, Le Miroir des sports, (consulté le )
  2. (en) « Brigittenauer AC - Profile », sur worldfootball.net (consulté le )
  3. (en) Benjamin Strack-Zimmermann, « Brigittenauer AC (1928/29) », sur www.national-football-teams.com (consulté le )
  4. « Heinrich/Henri Hiltl - International Appearances », sur www.rsssf.org (consulté le )
  5. « Austria domestic football championship: 1. Klasse (Wiener Liga) 1932/33 », sur eu-football.info (consulté le )
  6. « Hiltl est rentré à Roubaix », L'Auto,‎ , p. 3 (lire en ligne)
  7. Foot Universal, « Les Bleus soldats : France - Portugal 1940 », sur Foot Universal, (consulté le )
  8. « H », Liste officielle n°10 de prisonniers français, Centre national d'information sur les prisonniers de guerre,‎ , p. 30 (lire en ligne)
  9. « Les sports », Le Grand écho du Nord de la France,‎ , p. 2 (lire en ligne)
  10. « Reims-Excelsior au stade Amédée-Prouvost », Le Grand écho du Nord de la France,‎ , p. 4 (lire en ligne)
  11. « Sports », sur Gallica, Coq hardi, (consulté le )
  12. « Sport à Roubaix - Henri Hiltl - joueur du CORT », sur Bibliothèque numérique de Roubaix
  13. Didier Braun, « Le diamant noir aux pieds nus », L'Équipe,‎
  14. « ECLAIRS DE HILTL SOUS UN CIEL GRIS », sur www.allezredstar.com (consulté le )
  15. « France - Trainers of First and Second Division Clubs », sur www.rsssf.org (consulté le )
  16. Les dates de ses passages à Merlebach et Tourcoing avancées sur la page de RSSSF[15] sont erronées
  17. « Plan de la commune », sur Ville de Cocheren (consulté le )
  18. « Henri Hiltl », sur pari-et-gagne.com

Liens externes

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