Henri Mosson

Henri Mosson
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Biographie
Naissance
Décès
(à 101 ans)
Dijon
Nom de naissance
Henri Jules Jean Marie Mosson
Pseudonyme
Raoul Desbois
Nationalité
Activités
Autres informations
Membre de
Conflit
Lieux de détention
Distinctions

Henri Mosson, né le à Boux-sous-Salmaise (Côte-d'Or) et mort le à Dijon, est un déporté résistant et passeur de mémoire français, également pilote et technicien automobile.

Engagé dans la Résistance intérieure dès l'âge de 19 ans, il est arrêté, torturé et condamné à mort en . Conformément au décret « Nuit et brouillard », Henri Mosson est finalement déporté en 1943 au camp de concentration de Natzweiler-Struthof, puis à Dachau. Il participe, de sa libération en 1945 jusqu'à sa mort, à la transmission de la mémoire.

Professionnellement, il travaille dans le sport automobile pendant toute sa carrière, en tant que pilote puis personnel technique de la Fédération internationale de l'automobile.

Biographie

Enfance

Henri Mosson naît le [1] à Boux-sous-Salmaise (Côte-d'Or)[2].

Résistance

Il intègre la résistance locale de la région de l'Auxois en 1943, à l'âge de 19 ans seulement. Sous la fausse identité de Raoul Desbois, il fait partie du maquis Morane[3], près de Dijon.

Arrestation et condamnation

Quelques mois après s'être engagé dans la Résistance, il est dénoncé pour avoir récupéré une cargaison d'armes destinée aux combattants clandestins. Après avoir été arrêté par la Gestapo, Henri Mosson est torturé pour le forcer à révéler des informations sur les activités des partisans dans la région. Il refuse de parler et est finalement condamné à mort fin [a],[1],[3].

Déportation

Cependant, en application du décret Keitel dit « Nuit et brouillard », qui vise à faire disparaître les résistants plutôt que de risquer d'en faire des martyrs en les exécutant, sa condamnation à mort est commuée en déportation[1]. Après un passage au fort de Romainville[4], Henri Mosson est déporté par le convoi parti de Paris le (convoi I.165)[5] au camp de concentration de Natzweiler-Struthof, seul camp géré par l'Allemagne nazie sur l'actuel territoire français[1]. Portant le signe caractéristique des détenus Nacht und Nebel, un triangle rouge et les initiales « NN »[1],[3] ainsi que le matricule 6290[6], il entre au camp le [4]. Sa connaissance de l'allemand lui donne un avantage sur les autres déportés et lui sauve la vie dès son arrivée et l'aide à survivre par la suite. Il est affecté à la désinfection des vêtements des détenus[4]. Face à l'avancée des Alliés, Henri Mosson est transféré au camp de Dachau, puis libéré par les forces américaines le [1]. Il survit mais est dans un état très fragile, pesant seulement 38 kg à son retour en France[4].

Entraide et mémoire

Après sa libération, Henri Mosson s'engage dans l'aide aux déportés et à leurs familles. Il est notamment commis auprès du ministère des Anciens combattants et Victimes de guerre et aide d'anciens déportés et leurs proches à constituer leurs dossiers[3]. Il participe également à la transmission de la mémoire, en tant que guide au camp du Struthof. Il sensibilise ses enfants et petits-enfants intervient dans les écoles et auprès des jeunes, en France et en Allemagne, pour témoigner de son parcours[1]. Il est présent lors de commémorations officielles. Henri Mosson est membre du comité de parrainage du Concours national de la résistance et de la déportation (CNRD), organisé chaque année en milieu scolaire[3].

Sport automobile

Henri Mosson devient également un passionné de sport automobile après la fin de la guerre ; il en fait son métier. D'abord pilote de course, il est ensuite membre de la commission technique de la Fédération internationale de l'automobile (FIA), puis commissaire chargé de la sécurité des courses et de l'homologation des véhicules. Ses différentes fonctions l'amènent à rencontrer des figures du sport automobile comme Ayrton Senna et Alain Prost[3].

Mort et hommages

Henri Mosson meurt le à Dijon, à l'âge de 101 ans, quelques jours avant son 102e anniversaire. Au moment de son décès, il est le plus ancien et l'un des derniers survivants du camp du Struthof[4]. Plusieurs personnalités lui rendent hommage, dont le président de la République Emmanuel Macron et François Rebsamen, ancien maire de Dijon[1].

Publication

  • Henri Mosson (préf. Robert Steegmann), Ma déportation : Ultime récit d'un déporté Nuit et Brouillard, Éditions Tirésias, , 160 p. (ISBN 979-1096930265)[7]

Distinctions

Notes et références

Notes

  1. La date exacte varie, selon les sources, entre le 27 et le 29 juin

Références

  1. « Henri Mosson, doyen des survivants du seul camp nazi de France, est mort à 101 ans », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le )
  2. « MOSSON Henri », sur memoiredeshommes.defense.gouv.fr (consulté le )
  3. Pierre Bruynooghe, « Le résistant déporté Henri Mosson est officier de la Légion d'honneur », sur J'aime Dijon, (consulté le )
  4. « Un « Warum » a sauvé Henri Mosson dans le seul camp de concentration français », sur 20 Minutes, (consulté le )
  5. « Transport parti de Paris le 25 novembre 1943 (I.155.) », sur www.bddm.org (consulté le )
  6. « "J'ai vu des gens qui pesaient 28 kilos" : Henri Mosson, le dernier rescapé du seul camp de concentration situé en France, raconte sa détention », sur Franceinfo, (consulté le )
  7. « Présentation des récits autobiographiques des déportés Henri Mosson et Jean Villeret | Ministère des Armées et des Anciens combattants », sur www.defense.gouv.fr, (consulté le )
  8. « Henri Mosson - JORFSearch », sur jorfsearch.steinertriples.ch (consulté le )

Liens externes

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