Henri Roger (militaire)
| Henri Roger | ||
Le maréchal des logis Henri Roger en 1915 | ||
| Naissance | Verneil-Le-Chétif (Sarthe) |
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| Décès | (à 75 ans) Château du-Loir (Sarthe) |
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| Origine | ||
| Arme | Cavalerie | |
| Grade | Adjudant-chef | |
| Années de service | 1909 – 1924 | |
| Distinctions |
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François-Henri Roger, né le à Verneil-le-Chétif (Sarthe) et mort le à Château-du-Loir (Sarthe), est un combattant de la Première Guerre mondiale[1].
Avec une Croix de guerre ornée de 14 citations, il est considéré comme étant le sous-officier le plus décoré de l'Armée française en 1914-1918[2],[3].
Carrière militaire
Fils de forgeron, François-Henri Roger (prénom usuel : Henri) décide de s'engager volontairement dans la cavalerie le à l'âge de 19 ans, et rejoint le 8e régiment de hussards de Verdun où il reçoit une formation de mitrailleur, arme révolutionnaire à cette époque. Le , il est nommé brigadier. Le , Henri Roger est affecté au 3e régiment de hussards, stationné à Senlis. Il est promu maréchal des logis le [4].
À la déclaration de la guerre le , le 3e hussards est immédiatement déployé en Belgique pour couper la route aux Allemands. Le maréchal des logis Henri Roger se distingue d'emblée par son courage et sa bravoure : à la tête de son peloton, il charge sabre au clair un peloton ennemi et capture 16 cavaliers allemands. Il reçoit alors sa première citation à l’ordre de la division, première d'une longue liste[5]. En seulement trois mois, il reçoit six citations. Le , la Médaille militaire lui est concédée : c'est sa septième citation.
À partir de 1915, le 3e hussards combat désormais à pied dans les tranchées, ayant abandonné ses chevaux comme tous les autres régiments de cavalerie. Henri Roger va servir comme chef de section de mitrailleuses, et ce jusqu'à la fin du conflit. Il s’illustre de nouveau au cours de l'année 1916 en recevant trois nouvelles citations, puis au cours de l'année 1918 avec quatre citations. Il participe notamment à la bataille du Mont Kemmel (), et à la bataille de Somme-Py () lors de l'offensive Meuse-Argonne.
Au sortir de la guerre, Henri Roger est promu adjudant le . Il est affecté au 2e régiment d'aviation de chasse le , et nommé adjudant-chef le . Il quitte définitivement le service actif le .
Il s'installe alors avec sa femme comme épicier à Château-du-Loir. Il devient président de plusieurs associations d'anciens combattants, et est élu conseiller municipal de sa ville en 1959[1].
Il est fait chevalier de la Légion d’honneur le , puis élevé au grade d’officier de la Légion d'honneur le [6].
Henri Roger décède accidentellement, dans sa 75e année, le , lors de l'effondrement du grenier de sa maison à Château-du-Loir[5].
Le , il donne son nom à la 378e promotion de l'École nationale des sous-officiers d'active de Saint-Maixent-l'École[7].
Citations
L'adjudant-chef Henri Roger est titulaire de la Croix de guerre 1914-1918, ornée de 14 citations : 5 palmes et 9 étoiles[8]. Cela fait de lui le sous-officier français le plus décoré de la Première Guerre mondiale[9].
Outre les 14 citations françaises, l'adjudant-chef Henri Roger a également obtenu la Croix de guerre belge avec deux citations, et la Distinguished Conduct Medal britannique avec une citation, soit au total 17 citations.
Liste des 14 citations françaises obtenues avec la croix de guerre 1914-1918.
- Citation à l’ordre de la division du : « Sous-officier plein d’audace, étant en patrouille avec quelques cavaliers de son peloton, a chargé un peloton de cavaliers allemands et a fait prisonnier l’officier et quinze cavaliers ».
- Citation à l’ordre de la brigade du : « A été chercher sous un feu violent un cavalier tombé de cheval ».
- Citation à l’ordre de la brigade du : « Étant en découverte avec son escadron, a fait preuve du plus grand courage et du plus grand sang-froid en restant pied à terre sous un feu nourri partant d’une lisière de bois, pour aider à remonter à cheval un cavalier dont le cheval était tombé ».
- Citation à l’ordre de la division du : « S’est maintes fois distingué, notamment le où, entouré avec son peloton par deux escadrons, s’est frayé hardiment un passage à coups de sabre ».
- Citation à l’ordre de la division du : « A été reconnaitre la position des batteries allemandes à Villers-Saint-Frambourg (Oise). »
- Citation à l’ordre de la brigade du : « A été se mettre en liaison avec une batterie d’artillerie française, malgré le feu violent de l’artillerie allemande à Aix-Noulette (Pas-de-Calais). »
- Médaille militaire avec citation à l’ordre l’ armée, JO du pour prendre rang du : « D’un courage et d’une audace remarquables, a tué de sa main un capitaine d’artillerie allemande, a sabré avec ses camarades les canonniers qui paralysaient la batterie (). »
- Citation à l’ordre de la 4e armée, du : « Sous-officier, chef de section de mitrailleuses, remarquable par ses connaissances professionnelles, pendant les combats du 21 au , est resté en position, infligeant à l’ennemi des pertes considérables, ne s’est replié qu’après épuisement complet de ses munitions, et est parvenu avec les quelques hommes qui lui restaient, à sauver ses deux pièces. »
- Citation à l’ordre de la 10e armée du : « Étant dans une parallèle de départ, les officiers de la compagnie qui devaient partir avant lui ayant été tous mis hors de combat, n’a pas hésité à sortir de la tranchée pour donner l’exemple, a ainsi entraîné cette compagnie à l’assaut des positions ennemies sous un feu violent, est revenu chercher sa section de mitrailleuses (prise d’Hébuterne (Somme), ). »
- Citation à l’ordre de la 3e armée du : « Sous-officier d’une intelligence, d’une bravoure et d’une énergie qui en font un chef de troupe de premier ordre. Déjà cité de nombreuses fois à l’ordre, vient de donner une nouvelle preuve de sa superbe audace, en enlevant à la tête d’une petite troupe de neuf hommes, un poste ennemi dont les défenseurs ont tous été tués ou pris, un seul parvenant à s’échapper (Tracy-le-Val, Oise). »
- Citation à l’ordre du 2e corps de cavalerie du , ordre no 379 : « Sous-officier mitrailleur très brave au feu, pendant les journées du au , sous un bombardement violent de gros calibre, s’est maintenu avec sa section à 150 mètres en avant des lignes françaises au pied du Mont Kemmel, malgré plusieurs attaques dirigées contre lui. »
- Citation à l’ordre 2e corps de cavalerie du , ordre no 438 : « Chef de section très brave au feu, plusieurs fois cité pendant la guerre, dans les journées du 15 au , est resté isolé avec sa section de mitrailleuses, a fait échouer plusieurs contre-attaques ennemies sur sa position. »
- Citation à l’ordre 1er corps de cavalerie du : « Sous-officier plein d’audace, plusieurs fois cité pendant la guerre, dans les journées du 15 et , est resté isolé avec sa section de mitrailleuses, a fait échouer plusieurs contre-attaques ennemies sur sa position ».
- Citation à l’ordre de la 4e armée du : « Sous-officier mitrailleur, a réussi à traverser un espace terriblement battu où quatre hommes le précédant venaient d’être tués coup sur coup, au cours d’une violente attaque ennemie, a installé une mitrailleuse sous un feu extrêmement violent en un point où elle enfilait complètement une tranchée allemande et en a grandement facilité la prise par une unité voisine (prise de Sommepy, Marne). »
Décorations
Officier de la Légion d'honneur (officier du 30 décembre 1951, chevalier du )
Médaille militaire (30 décembre 1914)
Croix de guerre 1914-1918, avec cinq palmes et neuf étoiles (14 citations)
Croix du combattant (1930)
Médaille commémorative de la guerre - (1920)
Médaille interalliée de la Victoire (1922)
Croix de guerre belge (deux citations)
Distinguished Conduct Medal (une citation)
Médaille de l'Yser (Belgique)
Medaille commemorative de la bataille de Verdun (France)
Notes et références
- « Le destin exceptionnel d'un « poilu » du secteur », sur actu.fr, (consulté le ).
- ↑ « Jusqu’ici méconnue, l’histoire de ce héros de la Première Guerre mondiale resurgit du passé », Ouest-France, (lire en ligne).
- ↑ Didier Philippi, « Les As des As de la Grande Guerre », Militaria Magazine, no 475, , p. 54-59.
- ↑ Base Léonore, « Dossier Légion d'honneur de François-Henri Roger », sur www.leonore.archives-nationales.culture.gouv.fr
- « Il sort de l’oubli ce héros sarthois de la guerre 14-18 au parcours exceptionnel », Le Maine Libre, (lire en ligne [archive du ], consulté le ).
- ↑ École nationale des sous-officiers d'active (ENSOA), « Biographie de l'adjudant-chef François-Henri Roger », sur lechevron.fr.
- ↑ ENSOA, « Adjudant-chef François-Henri ROGER, parrain de la 378e promotion de l'ENSOA ».
- ↑ Archives départementales de la Sarthe, « Registre matricule de François Henri Roger », sur archives.sarthe.fr.
- ↑ « Jusqu’ici méconnue, l’histoire de ce héros de la Première Guerre Mondiale resurgit du passé », sur ouest-france.fr/, .
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