Hermeneumata Pseudodositheana
Les Hermeneumata Pseudodositheana sont des manuels d'apprentissage du grec, pour les Latins ou du latin pour les Grecs. Datant du IIIe siècle, ils sont anonymes. Le mot pluriel Hermeneumata signifie traductions ou interprétations.
Manuscrits sources
Les Hermeneumata ont été retrouvés à partir d'une trentaine de manuscrits du Moyen Age[1], parmi lesquels[2] :
- le manuscrit 902 de l'abbaye de Saint-Gall du Xe – XIe siècles
- le manuscrit de Leyde du XIe siècle. Cet exemplaire donne une date de rédaction du manuel en ap. J.-C.
- le manuscrit H 306 de l'école de Médecine de Montpellier du début du IXe siècle, et H 103, copie conforme du précédent datant du XVIe siècle.
Le manuscrit de Saint-Gall fait précéder les Hermeneumata d'une grammaire que son titre attribue à Dosithée Magister. Toutefois, la postposition des Hermeneumata ne parait pas une preuve suffisante pour les attribuer à Dosithée, d'où leur qualification de Pseudodositheana[3]. Le manuscrit H306, le plus ancien texte conservé, est. à en conjecturer de la prononciation des mots grecs, la copie d'un manuscrit disparu du Ve ou VIe siècle du[1].
Contenu
Il est formé de deux glossaires, l'un alphabétique, l'autre thématique (qui sont les plus anciens glossaires latin/grec connus). Le glossaire thématique contient près de 30 000 mots, sur les noms des dieux, les signes célestes, les temples, les jours de fêtes, les spectacles, les magistratures, l'armée, l'or et l'argent, les vêtements, les couleurs, les médicaments, les oiseaux, les arbres. Le vocabulaire relatif à la mort ou aux malheurs en est toutefois absent. Un mot est parfois traduit par deux, voire trois équivalents[4].
Une série de textes d'applications fait suite au dictionnaire : ils relatent en termes enfantins la journée d'un élève et de son maître. On y dénombre huit parties : le lever, l'école, le travail, les relations sociales, le déjeuner, la préparation du travail du soir, le bain, le dîner, et le coucher[4]. La pédagogie est fondée sur une compréhension immédiate des phrases, qui sont extrêmement simples, le plus souvent réduites à un verbe, son sujet et son complément. Il n'y a pas d'explications grammaticales : les conjugaisons sont simplement récitées, certaines phrases ne formant pas un récit continu par rapport à la précédente, mais une variation sur un thème grammatical (changement de pronom, de temps, etc.)
Exemple (I,3)[5] :
| Texte en grec | Texte en latin | Traduction en français |
|---|---|---|
| 3. Πρῶτον ἀσπάζομαι τὸν διδάσκαλον, ὃς ἐμὲ ἀντησπάσατο. χαῖρε διδάσκαλε. χαίρετε συμμαθηταί. μαθηταί. συμμαθηταί, τόπον ἐμοὶ δότε ἐμόν. βάθρον. ὑποπόδιον. δίφρος. σύναγέ σε. | 3. Primum saluto magistrum, qui me resalutavit. ave magister. avete condiscipuli. discipuli. condiscipuli, locum mihi date meum. scamnum. scamellum. sella. densa te. | 3. D'abord je salue le maître, qui me salue à son tour. Bonjour maître. Bonjour camarades. Les élèves. Camarades, donnez-moi ma place. Le banc. Le petit banc. La chaise. Tu es serré. |
Notes et références
- Gayraud 2010, p. 36
- ↑ Boucherie 1868, p. 271
- ↑ Boucherie 1868, p. 271-272
- Gayraud 2010, p. 37
- ↑ « Bibliotheca Augustana », sur hs-augsburg.de (consulté le ).
Bibliographie
- Boucherie, « Étude sur les Hermèneumata du Ms. 306 de la bibliothèque de l'École de Médecine de Montpellier », Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, , p. 270-277 (lire en ligne)
- Michel Gayraud, « L'apprentissage du grec et du latin dans l'empire romain d'après un manuscrit de la Bibliothèque Universitaire de Montpellier », Séance publique du 1er février 2010, Académie des Sciences et Lettres de Montpellier, (lire en ligne)
Voir aussi
Articles connexes
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