Herminie (Berlioz)
| Herminie H29 | |
Page de titre du manuscrit (1828). | |
| Genre | Cantate pour le Prix de Rome |
|---|---|
| Musique | Hector Berlioz |
| Texte | Pierre-Ange Vieillard |
| Langue originale | Français |
| Effectif | Soprano et orchestre |
| Durée approximative | 23 min |
| Dates de composition | juillet 1828 |
Herminie est la deuxième cantate composée par Hector Berlioz pour le Prix de Rome, en , pour soprano et orchestre. Le jeune compositeur remporte le second prix. Le thème du premier mouvement a ensuite été utilisé comme idée fixe dans la Symphonie fantastique en 1830[1].
Composition
Hector Berlioz compose sa deuxième cantate pour le Prix de Rome en , sur le thème d'Herminie se couvrant des armes de Clorinde et, à la faveur de ce déguisement, sortant des murs de Jérusalem pour aller porter à Tancrède blessé les soins de son fidèle et malheureux amour[2], épisode de la Jérusalem délivrée du Tasse[3] sur un poème de Pierre-Ange Vieillard[4],[5]. Le [6], le jury lui accorde le Second Grand Prix[7], ce qui « aurait dû lui assurer la victoire l'année suivante[8] ».
Présentation
Herminie, référencée H29 dans le catalogue des œuvres de Berlioz établi par le musicologue américain Dallas Kern Holoman, se présente comme une scène lyrique[9] :
- Introduction et récitatif — « Quel trouble te poursuit, malheureuse Herminie ! » — Moderato (
= 72) en sol majeur, à quatre temps (noté
) ; - Aria — « Ah ! si de la tendresse » — Adagio non troppo (
= 88) en ut majeur, à 
; - Récitatif — « Que dis-je ? » — Lento (
= 84) à quatre temps (noté
) ; - Aria — « Arrête ! Arrête ! Cher Tancrède » — Allegro assai agitato (
= 138 et poco animato al 144) en fa majeur, à deux temps (noté
) ; - Récitatif — « Que Clorinde est heureuse » — Andante (
= 112) à quatre temps (noté
) ; - Aria — « Venez ! Venez ! Terribles armes ! » — Allegro impetuoso vivace (
= 138) en mi majeur, à deux temps (noté
) ; - Prière — « Dieu des chrétiens, toi que j'ignore » — Largo (
= 60) en sol majeur, à 
.
La partition, « d'un caractère frémissant » et « d'une vigueur guerrière et impétueuse[9] », est brillamment orchestrée : Berlioz emploie 2 flûtes, 2 hautbois, 2 clarinettes et 2 bassons, pour les pupitres des vents, 4 cors (accordés aux tonalités de chaque mouvement) et 2 trompettes en Mi, pour les pupitres de cuivres. La percussion ajoute les cymbales aux timbales. Le quintette à cordes classique est composé des premiers violons, seconds violons, altos, violoncelles et contrebasses.
Analyse
L'introduction orchestrale est « fondée sur un motif où apparaît déjà l'idée fixe de la Symphonie fantastique[9] », et la fin de la cantate est également « du Berlioz authentique » avec « tout ce qu'il faut pour alarmer un jury. Par exemple, l'air final ne s'achève pas sur les traditionnelles vocalises et la non moins traditionnelle cadence parfaite à l'orchestre, mais par un diminuendo prolongé, évocateur du galop d'Herminie dans le lointain[10] ».
Non destinée à la représentation, publiée en 1903 par Charles Malherbe et Felix Weingartner pour le centenaire de la naissance du compositeur, Herminie est, comme Cléopâtre, très appréciée des sopranos et des mezzo-sopranos qui l'interprètent en concerts ou l'enregistrent souvent.
Discographie
- Janet Baker (mezzo-soprano), orchestre symphonique de Londres dirigé par Colin Davis (1979, Philips 416 960-2).
- Mireille Delunsch, Orchestre des Champs-Élysées, dir. Philippe Herreweghe (Harmonia Mundi, 1994).
- Michèle Lagrange, Orchestre national de Lille, dir. Jean-Claude Casadesus (Harmonia Mundi, 1996) [enregistrement réalisé en ].
- Aurélia Legay, Mahler Chamber Orchestra/Les Musiciens du Louvre, dir. Marc Minkowski (Deutsche Grammophon, 2002).
- Véronique Gens, Orchestre national des Pays de la Loire, dir. John Axelrod (Ondine, 2009/2010).
Bibliographie
Biographie
- Hector Berlioz, Mémoires, Paris, Flammarion, coll. « Harmoniques », (ISBN 978-2-7000-2102-8) présentés et annotés par Pierre Citron,
- Pierre Citron, Cahiers Berlioz no 4, Calendrier Berlioz, La Côte-Saint-André, Musée Hector-Berlioz, (ISSN 0243-3559).
Monographies
- Pierre-René Serna, Berlioz de B à Z, Paris, Van de Velde, , 264 p. (ISBN 2-85868-379-4)
Articles et analyses
- Joël-Marie Fauquet, Catherine Massip et Cécile Reynaud (dir.), Berlioz : textes et contextes, Paris, Société française de musicologie, , 326 p. (ISBN 978-2-853-57022-0).
- Julian Rushton (trad. Catherine Massip), Le Prix de Rome : Berlioz et ses rivaux, p. 15–33.
- Cécile Reynaud, Berlioz et les cantates du Prix de Rome, p. 59–69.
- David Charlton et Vincent Giroud, « Quelques nouvelles observations sur Herminie de Berlioz (1828) », dans Julia Lu et Alexandre Dratwicki (coord.), Le Concours du prix de Rome de musique (1803-1968), Lyon, Symétrie / Palazzetto Bru Zane, coll. « Perpetuum mobile », , 904 p. (ISBN 978-2-914373-51-7, présentation en ligne), p. 439-453
Notes discographiques
- (fr + en) David Cairns (trad. Jean Dupart), « Cléopâtre, Herminie, Cinq mélodies », p. 10-12, Londres, Philips (416 960-2), 1979 .
Références
- ↑ Michael Steinberg, The Symphony : a Listener's Guide, Oxford, Oxford University Press, , p. 61-66.
- ↑ Citron 2000, p. 136-137.
- ↑ Citron 2000, p. 136.
- ↑ Citron 1991, p. 137.
- ↑ « Texte d'Herminie », sur The Hector Berlioz website.
- ↑ Citron 2000, p. 16.
- ↑ Rushton 2011, p. 17.
- ↑ Reynaud 2011, p. 59.
- Serna 2006, p. 44.
- ↑ Cairns 1979, p. 11.
Liens externes
- Ressources relatives à la musique :
- Portail de la musique classique
- Portail du romantisme
