Heterotis niloticus

Heterotis · Poisson sans nom, Hétérote du Nil

Heterotis niloticus
Description de cette image, également commentée ci-après
Heterotis niloticus.
Classification WoRMS
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Infra-embr. Gnathostomata
Parv-embr. Osteichthyes
Giga-classe Actinopterygii
Super-classe Actinopteri
Classe Teleostei
Ordre Osteoglossiformes
Famille Arapaimidae

Genre

Heterotis
Rüppell, 1828

Espèce

Heterotis niloticus
(Cuvier, 1829)

Statut de conservation UICN

(LC)(LC)
LC : Préoccupation mineure

Heterotis niloticus, le Poisson sans nom ou Hétérote du Nil, unique représentant du genre Heterotis, est une espèce de poissons d'eau douce africains de la famille des Arapaimidae. Ce poisson robuste, largement réparti au Sahel, est commercialement important en Afrique centrale, où il est consommé par le biais de la pêche et de l'aquaculture.

Description

Heterotis en aquarium.
Planche d'illustration.

Ce sont des poissons au corps allongé et robuste, d'une hauteur de 3,5 à 5 fois la longueur standard. La tête est relativement courte, longue de 3,5 à 5 fois la longueur standard. Les os dermiques du crâne sont profondément creusés par de grandes fossettes sensorielles. Les lèvres sont épaisses ; il y a un lambeau dermique sur le bord de l'opercule. Les dents sont coniques. Les nageoires dorsale et anale sont sans épines, allongées et positionnées vers l'arrière, se terminant près de la petite nageoire caudale arrondie. Le pédoncule caudal est très court. Les écailles sont solides, épaisses, grandes, ovales, avec une partie exposée épaisse et ondulée, présentant une sculpture plus ou moins vermiforme. Il y a 34–40 écailles latérales, 2,5 6 écailles sur le côté latéral du corps avant la nageoire pelvienne, 5-6 écailles entre la nageoire dorsale et la nageoire anale. Il y a une ligne latérale droite depuis le dessus de l'opercule jusqu'au milieu du pédoncule caudal. Le nombre de branchies augmente avec la taille : 33 (jeunes) à 98 sur les cérato-branchiques et 21 (jeunes) à 76 sur les épi-branchiques. Les jeunes spécimens ont des branchies externes. La coloration est uniforme grise, brune ou bronze, plus foncée pendant la période de reproduction. Les jeunes spécimens présentent souvent des bandes longitudinales foncées et des écailles avec une tache ovale dans la zone postérieure des nageoires anale et dorsale. Il y a 32 à 37 rayons dorsaux, 34 à 39 rayons mous anaux et 66 à 69 vertèbres. La longueur maximale de l'espèce est de 1 m pour une masse de 10 kg, pour un individu observé dans le lac Kainji[1].

Répartition

Aire de répartition.

C'est une espèce endémique d'Afrique, originaire de tous les bassins de la région sahélo-soudanaise, du Sénégal, de la Gambie, du Corubal, de la Volta, de l'Ouémé, du Niger, du Bénoué, du lac Tchad et du Nil, ainsi que du lac Turkana. Des introductions ont été réussies dans les lacs artificiels de Côte d'Ivoire, les fleuves Cross, Sanaga, Nyong et Ogowe et le bassin inférieur et moyen du Congo, y compris l'Oubangui et le Kasaï ; son aire de répartition connait une expansion rapide dans le Lualaba, bassin supérieur du Congo, après les inondations exceptionnelles de 1979. L'espèce a été également introduite à Madagascar. Plusieurs pays signalent des impacts écologiques négatifs après son introduction[1].

L'espèce étant largement répandue et ne faisant l'objet d'aucune menace majeure connue, elle est classée dans la catégorie « préoccupation mineure » (LC) par l'UICN (28 novembre 2025)[2].

Habitat

La respiration aérienne est obligatoire pour cette espèce[1], qui est capable de survivre dans des eaux désoxygénées grâce à ses organes respiratoires branchiaux auxiliaires[2]. Les juvéniles se trouvent dans les zones marécageuses parmi la végétation aquatique. Les adultes vivent dans les eaux libres des rivières et des lacs, dans les zones pélagiques et littorales[1].

Comportement

Heterotis niloticus se nourrit de boue, de phytoplancton, de débris végétaux et de petits invertébrés. C'est le seul poisson planctonophage de la famille des Osteoglossidae (avant d'être reconsidéré comme un membre des Arapaimidae). L'organe supra-branchial a une fonction sensorielle et une fonction mécanique qui lui permet de concentrer les petites particules alimentaires. L'espèce se reproduit pendant la saison humide dans les marécages et les plaines inondables, en construisant un nid circulaire d'environ 1 m de diamètre et de 20 à 60 cm de profondeur. Le bord du nid est constitué d'un haut mur formé de morceaux de plantes, d'environ 15 à 20 cm d'épaisseur et dépassant de la surface de l'eau ; le fond est une plate-forme propre d'argile ou de boue ; après la ponte, les poissons s'en vont par un trou dans le mur à travers lequel, cinq jours plus tard, les jeunes quittent le nid et sont gardés par le mâle[1]. Les jeunes possèdent des branchies externes[2].

Taxinomie

Le nom valide complet (avec auteur) de ce taxon est Heterotis niloticus (Cuvier, 1829). L'espèce a été initialement décrite dans le genre Sudis Cuvier, 1816 sous le protonyme Sudis niloticus[3].

L'espèce est nommée en français sous son nom vernaculaire « Poisson sans nom »[4],[1],[2],[5],[6] ou son nom vulgarisé « Hétérote du Nil »[7].

Étymologie

Le nom générique Heterotis dérive du grec ancien ἕτερος / héteros, « différent », et ὠτός / ōtós, génitif de οὖς / oū́s, « oreille », faisant référence à l'organe supra-branchial en forme d'hélice situé sur le quatrième arc branchial. L'épithète spécifique niloticus, du latin -icus, « appartenant à », fait référence à la localité type de l'espèce, le Nil[8].

Synonymes

Heterotis niloticus a pour synonymes[3] :

  • Clupisudis niloticus (Cuvier, 1829)
  • Heterotis adansoni Valenciennes, 1847
  • Heterotis adansonii (Cuvier, 1829)
  • Heterotis ehrenbergii Valenciennes, 1847
  • Heterotis nilotica (Cuvier, 1829)
  • Sudis adansonii Cuvier, 1829
  • Sudis nilotica Cuvier, 1829
  • Sudis niloticus Cuvier, 1829
  • Sudis niloticus Rüppell, 1829

Publication originale

  • G. Cuvier, Le Règne Animal distribué, d'après son organisation, pour servir de base à l'histoire naturelle des animaux et d'introduction à l'anatomie comparée, vol. 2, Paris, Deterville, (lire en ligne Accès libre), chap. i-xv, p. 328

Utilisations

Vente d'Heterotis dans un marché.
Pêche d'Heterotis.

La robustesse de ce poisson, associée à son taux de croissance élevé, en fait un candidat idéal pour l'aquaculture en Afrique. Il a d'ailleurs été introduit dans plusieurs pays à cette fin. Les échappées des étangs vers la nature ont donné lieu à des populations établies, qui constituent la base de la pêche[1]. Il est considéré comme un poisson commercialement important en Afrique centrale, mais pas en Afrique orientale[2].

Notes et références

  1. FishBase, consulté le 28 novembre 2025.
  2. UICN, consulté le 28 novembre 2025.
  3. World Register of Marine Species, consulté le 28 novembre 2025.
  4. GBIF Secretariat. GBIF Backbone Taxonomy. Checklist dataset https://doi.org/10.15468/39omei accessed via GBIF.org, consulté le 28 novembre 2025.
  5. Guy-Romuald MABICKA & C.O, « Le poisson " Sans-nom " s'exporte désormais au Congo », sur L'Union, Lambaréné (Gabon), (consulté le )
  6. Joseph Parfait Owoundi, Origine de la dénomination «Kanga» de l'Hétérotis Niloticus ou Arowana du Cameroun, Go For Leaders, (lire en ligne Accès libre)
  7. Jean-Charles Chenu, « Reptiles et poissons », dans Encyclopédie d'Histoire Naturelle : ou traité complet de cette science d'après les travaux des naturalistes les plus éminents de tous les pays et de toutes les époques : Buffon, Daubenton ... etc. etc : ouvrage résumant les observations des auteurs anciens et comprenant toutes les découvertes modernes jusqu'à nos jours, Paris, Marescq & Havard, (lire en ligne Accès libre), p. 43
  8. (en) « Family ARAPAIMIDAE Bonaparte 1846 (Arapaimas) », sur The ETYFish Project, (consulté le )

Liens externes

Espèce Heterotis niloticus
Genre Heterotis
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