Hormone mélanotrope

L'hormone mélanotrope, mélanotropine, mélanocortine (nom le plus utilisé) ou MSH (pour melanocyte-stimulating hormone), est une hormone qui provoque chez l'humain la synthèse de mélanine, principalement en réponse aux rayons UVA. Elle est écrétée par les cellules mélanotropes de l'hypophyse (lobe intermédiaire), les kératinocytes et les mélanocytes.

Analogie structurale avec l'ACTH

La mélanocortine est le produit de maturation d'une prohormone, la POMC, par des enzymes spécifiques appelées convertases de prohormones. Cette prohormone lui est commune avec l'ACTH, expliquant la forte analogie structurale qu'elles possèdent[1],[2]

Cette forte analogie permet à l'ACTH de se lier au récepteur MC1R de la mélanocortine, expliquant la mélanodermie dans la maladie d'Addison et dans la maladie de Cushing (adénome hypophysaire corticotrope) dans lesquelles les taux d'ACTH sont fortement augmentés[3].

Les différents types de mélanocortine

Il existe trois types de MSH : la α-MSH, la γ-MSH (issues de la maturation de l'hormone corticotrope ou ACTH) et la β-MSH (issue de la maturation de la lipotropine β-LPH).

Dans les cellules mélanotropes de l'hypophyse on retrouve les α-MSH et β-MSH, alors que dans les mélanocytes est maturée de la α-MSH uniquement.

Structure

  • α-MSH : Ac-Ser-Tyr-Ser-Met-Glu-His-Phe-Arg-Trp-Gly-Lys-Pro-Val-NH2
  • β-MSH (humaine) : Ala-Glu-Lys-Lys-Asp-Glu-Gly-Pro-Tyr-Arg-Met-Glu-His-Phe-Arg-Trp-Gly-Ser-Pro-Pro-Lys-Asp
  • β-MSH (porcine) : Asp-Glu-Gly-Pro-Tyr-Lys-Met-Glu-His-Phe-Arg-Trp-Gly-Ser-Pro-Pro-Lys-Asp
  • γ-MSH : Tyr-Val-Met-Gly-His-Phe-Arg-Trp-Asp-Arg-Phe-Gly

Effets

De manière endocrine, paracrine ou autocrine, la MSH agit notamment sur les mélanocytes de la peau en provoquant la synthèse de mélanine principalement en réponse aux rayons UVA.

Il a été également démontré un rôle de la MSH sur certaines cellules immunitaires[réf. nécessaire].

Il agit sur des récepteurs spécifiques dont cinq isoformes ont été identifiés : MC1R, MC2R, MC3R, MC4R et MC5R.

Mode d'action

Les effets de la MSH passent par sa fixation sur un récepteur membranaire spécifique appelé MC1R (pour melanocortin receptor) exprimé normalement par les mélanocytes de la peau. La fixation de la MSH à son récepteur entraîne une voie de signalisation intracellulaire impliquant le calcium comme second messager.

Hormones mélanotropes de synthèse

Plusieurs molécules analogues de l'hormone mélanotrope ont été synthétisées, dont l'afamélanotide (ou melanotan-1) et le brémélanotide (métabolite du melanotan II). Leur usage médical est en cours de test mais ils sont vendus de manière détournée dans le grand public pour leur propriété de bronzage à base de mélanine (pour le melanotan I) et pour l'accroissement du désir sexuel (pour le melanotan II)[4], et ce, malgré l'avertissement de diverses instances, dont la Food and Drug Administration[5].

Notes et références

  1. Unknown, « e-medecine: Sécrétion et rôle physiologique de l’ACTH », sur e-medecine, (consulté le )
  2. Agata Juszczak, Damian Morris et Ashley Grossman, « Cushing’s Syndrome », dans Endotext, MDText.com, Inc., (PMID 25905314, lire en ligne)
  3. Sadaf Munir, Bryan S. Quintanilla Rodriguez et Muhammad Waseem, « Addison Disease », dans StatPearls, StatPearls Publishing, (PMID 28723023, lire en ligne)
  4. (en) Evans-Brown M, Dawson RT, Chandler M, McVeigh J, Use of melanotan I and II in the general population, BMJ, 2009;338:b566
  5. US Food and Drug Administration, FDA warns about unapproved product, Melanotan II, 2007

Articles connexes

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