Hugo Henneberg
| Naissance | |
|---|---|
| Décès |
(à 54 ans) Vienne |
| Nationalité | |
| Activités | |
| Période d'activité |
- |
| Membre de |
|---|
Hugo Henneberg, né à Vienne en Autriche le et mort dans la même ville le , est un photographe paysagiste et un graphiste autrichien, lié au mouvement pictorialiste.
Jeunesse et formation
Hugo Henneberg est né le à Vienne, dans l'empire d'Autriche.
À l'âge de onze ans, Henneberg quitte le domicile familial pour commencer ses études secondaires à la Salzmannschule de Schnepfenthal, un quartier de Waltershausen, en Thuringe ; il les termine à Vienne où il fréquente le KK Franz-Joseph-Gymnasium au début des années 1880. À partir de 1882, Henneberg suit des études de physique, de chimie, d'astronomie et de mathématiques à l'université de Vienne, puis à celle de Iéna[1], [2]
Le , il s'associe avec Richard O. Lorenz pour déposer un brevet pour des lampes à arc électrique[3] ; en , ils déposent un brevet à Berlin pour des innovations dans les régulateurs pour lampes à arc électrique.
Henneberg obtient son doctorat en physique à l'université d'Iéna en 1887 ; sa thèse est publiée en 1888. Cette même année, il effectue un voyage aux États-Unis de plusieurs mois ; au cours de ce séjour, il fait la connaissance à New York d'Alfred Stieglitz avec lequel il entretient une correspondance épistolaire jusqu'en 1909. En 1889, il publie un article sur la conductivité thermique des mélanges d'alcool éthylique et d'eau dans la revue Annalen der Physik. En 1890, il effectue un voyage en Égypte et en Grèce.
Le photographe

Hugo Henneberg se montre très jeune attiré par la photographie, construisant un appareil photo à partir d'une lentille de verre d'opéra logée dans une boîte à cigares. À partir de 1888, il se lance dans la photographie artistique[5].
En 1891, il devient membre de la société photographique de Vienne en Autriche, le Club der Amateur-Photographen in Wien ou Wiener Camera-Klub[6] ; c'est l'année où du au le club organise au Museum für angewandte Kunst - MAK la première exposition internationale de photographie artistique, l'Internationale Ausstellung künstlerischer Photographien[7] ; plusieurs photographes pictorialistes anglais y sont présentés pour la première fois à Vienne[8]. Henneberg y expose la photographie d'un paysage de Nasswald (de), en Autriche[9].
Hugo Henneberg expose des photographies de paysages à Salzbourg en lors de l'exposition du Club amateur de la ville, organisée au château Mirabell, et à Paris en lors de la première Exposition d'art photographique du Photo-club de Paris à la galerie Georges Petit, où il expose En été[10].
En 1894, Hugo Henneberg est admis à la société photographique britannique The Linked Ring en même temps que Hans Watzek (de)[11]. Il se lie également avec Heinrich Kühn. Le Linked Ring présente plusieurs œuvres de Henneberg lors de son Salon photographique de 1894 à la Dudley Gallery, dans l'Egyptian Hall, une salle d'exposition dans le quartier de Piccadilly à Londres, dont Soir calme, Novembre et Paysage ; il expose d'autres photographies lors du salon de 1895.
La gomme bichromatée
Henneberg découvre en 1895 lors d'une exposition le procédé photographique de la gomme bichromatée[12], un procédé non argentique mis au point en France au milieu du XIXe siècle par Alphonse Poitevin en utilisant de la gomme arabique et du bichromate de potassium, et perfectionné par Robert Demachy dans la dernière décennie du siècle[13]. Il publie en un article sur le sujet dans la revue Wiener Photographische Blätter et attire l'attention de Kühn et Watzek sur le procédé, qu'ils améliorent techniquement ; ils produisent des images de grande taille, monochromes et polychromes[14].
Le Trifolium
En 1897, Henneberg, Kühn et Watzek forment le « Trifolium » (en allemand : Das Kleeblatt), pour affirmer l'unité de leur pensée artistique ; chacun adopte un trèfle à trois feuilles dans sa signature[15].
Les trois photographes se rendent ensemble dans le nord et le sud de l'Allemagne, en Italie[N 2] et aux Pays-Bas, et participent à des expositions photographiques[17].
Reconnaissance
Le , Henneberg est nommé membre correspondant de la Gesellschaft zur Förderung der Amateur Photographie [Société pour la promotion de la photographie amateur] de Hambourg, et le membre correspondant du Verein von Freunden der Photographie Königsberg [Association des amis de la photographie de Königsberg]. Il présente dix œuvres lors d'une exposition du Camera Club de Vienne en 1898 ; sa photographie Villa italienne en automne est considérée comme plus proche d'un dessin à la craie de Böcklin que d'une photographie traditionnelle. Il expose en 1899 à Berlin.
Henneberg fait concevoir et construire en 1900-1901 une villa par l'architecte Josef Hoffmann, l'une des principales figures de la Sécession viennoise, sur les hauteurs de Vienne dans le quartier de Hohe Warte à Vienne, au no 8 de la Wollergasse[18] ; il y fait installer un studio photo et une chambre noire[19]. C'est un quartier qui est une colonie d'artistes avec les demeures de Friedrich Viktor Spitzer, Koloman Moser et Carl Moll. Lors de la Huitième exposition de la Sécession viennoise en 1900, Henneberg achète un fumoir de Charles Rennie Mackintosh pour sa villa.
En 1901-1902, il passe commande à son ami Gustav Klimt du portrait de son épouse, Marie Henneberg[14] ; le Portrait de Marie Henneberg est exposé pour la première fois avec des impressions sur caoutchouc de Henneberg et Kühn lors de l'exposition de la Sécession viennoise en 1902[20]. Il est conservé au musée du Belvédère à Vienne[21].
Fin de vie
Après la mort prématurée de Watzek en 1903, le Trifolium est dissous. L'enthousiasme de Henneberg pour la photographie s'estompe[22],[15], même si en 1909, il expose ses photographies à la galerie d'Aldred Stieglitz à New York et est publié dans la revue Camera Work[23].
À partir de 1904, il se tourne vers la gravure sur bois, l'eau-forte et le dessin ; il réalise des nus et des paysages. En 1910, il réalise un grand portfolio avec des gravures réalisées lors d'un voyage en Basse-Autriche[24].
Hugo Henneberg meurt à l'âge de 54 ans le à Vienne.
Photographies
-
Novembre, 1894. -
En été, 1894. -
Nature morte, 1894. -
At the Rushy Pool, 1895. -
Le Pont, 1896. -
Auf der Landstrasse, 1897. -
Villa italienne en automne, 1898. -
Canal, 1899. -
Mer calme, 1899. -
Katharinenfleet à Hambourg, vers 1900.
Publications
- Über das Wärmeleitungsvermögen der Mischungen von Aethylalkohol und Wasser, Vienne, Carl Gerolds Sohn, , 51 p.publication de sa thèse de doctorat.
Notes et références
Notes
- ↑ Épreuve conservée au Metropolitan Museum of Art (MoMA), New York[4]
- ↑ Henneberg y photographie notamment la Villa Falconieri et la Villa Torlonia à Frascati ; des épreuves en sont conservées au Museum of Modern Art (MoMA) à New York[16].
Références
- ↑ (en) Margaret Harker, The Linked ring: the secession movement in photography in Britain, 1892-1910, Londres, Random House, coll. « A Royal photographic society publication », (ISBN 9780434313600).
- ↑ (en) Impressionist camera : pictorial photography in Europe, 1888-1918 (catalogue d'exposition, Saint Louis art museum), Londres, Merrell publishing, (ISBN 9781858943312).
- ↑ Illustrirtes Österreichisch-Ungarisches Patent-Blatt, 1883.
- ↑ (en) « International Pictorialism », sur Metropolitan Museum of Art..
- ↑ (de) Barbara Hoffmeister et Rüdiger Joppien, Europäischer Jugendstil (catalogue d'exposition), Hambourg, Museum für Kunst und Gewerbe, , 255 p. (ISBN 978-3-923859-11-5).
- ↑ (de) Diana Schulze, Der Photograph in Garten und Park: Aspekte historischer Photographien öffentlicher Gärten in Deutschland von 1880 bis 1930, Würzburg, Königshausen & Neumann, (ISBN 978-3-8260-2699-7).
- ↑ (de) Ludwig Schrank, « Die photographische Ausstellung künstlerischer Photographien 1891 im Oesterreichischen Museum », Photographische Correspondenz, vol. 28, no 369, , p. 300 (lire en ligne).
- ↑ (en) Peter Galassi, Photo Secession (catalogue d'exposition, Lunn Gallery), Washington, , Graphics International Ltd, , 156 pages.
- ↑ Photographische Correspondenz. Technische artistische und commerzielle Mittheilungen, 1891.
- ↑ Première exposition d'art photographique. Paris, 1894 (préf. Armand Dayot), Photo-Club de Paris, 62 p. (lire en ligne), p. 39.
- ↑ « Hanz Watzek », dans Julien Faure-Conorton, La photographie pictorialiste, Arles, Actes Sud, coll. « Photo poche » (no 181), (ISBN 9782330120108).
- ↑ (de) Fritz Kempe, Photographie zwischen Daguerreotypie und Kunstphotographie, Hambourg, Museum für Kunst und Gewerbe Hamburg, .
- ↑ Julien Faure-Conorton, « Robert Demachy et les "procédés d’art" en photographie : gomme bichromatée, huile, report d’huile », Support/Tracé, no 15, , p. 130-136.
- Julien Faure-Conorton 2025.
- Naomi Rosenblum, Une histoire mondiale de la photographie, Paris, Éditions Abbeville, , 2e éd., p. 339.
- ↑ (en) « Hugo Henneberg », sur Museum of Modern Art.
- ↑ (en) J. Wood, The art of the autochrome : the birth of color photography, Iowa City, University of Iowa Press, (ISBN 9780877454137).
- ↑ (en) « House Hugo Henneberg – Wollergasse No. 8 », sur mahlerfoundation.org.
- ↑ (en) « Camera Club », sur www.klimt-database.com.
- ↑ (de) Monika Faber et Astrid Mahler, Heinrich Kühn. Die vollkommene Fotografie, Vienne, Hatje Cantz, , p. 26.
- ↑ Christian Philipsen 2018.
- ↑ Astrid Mahler 2016, p. 99.
- ↑ Sylvain Morand 2001.
- ↑ (de) Galerie Walfischgasse, Hugo Henneberg 1863-1918, Vienne, , 53 p. (lire en ligne
).
Bibliographie
- Julien Faure-Conorton, « Hugo Henneberg », dans La photographie pictorialiste, Arles, Actes Sud, coll. « Photo poche » (no 181), (ISBN 9782330120108).
- (de) Henneberg Hugo. dans Österreichisches Biographisches Lexikon 1815–1950 (ÖBL). vol. 2, Maison d'édition de l'Académie autrichienne des sciences, Vienne 1959, p. 273.
- (de) Otto Hochreiter et Timm Starl, « Lexikon zur österreichischen Fotografie », dans Geschichte der Fotografie in Österreich, vol. 2, p. 93–209.
- (de) Astrid Mahler, « Der Camera-Club in Wien und die Kunstfotografie vor 1900. Die Voraussetzungen zur Gründung eines Amateurvereins », Austriaca : Cahiers universitaires d'information sur l'Autriche, no 83 « Photographie et sphère publique en Autriche / Fotografie und Öffentlichkeit in Österreich », , p. 73-99 (lire en ligne
). - Sylvain Morand, « Henneberg Hugo », dans Dictionnaire mondial de la photographie des origines à nos jours, Larousse, (lire en ligne), p. 269.
- (de) Christian Philipsen (dir.), Gustav Klimt & Hugo Henneberg. Zwei Künstler der Wiener Secession (catalogue d'exposition, Kunstmuseum Moritzburg Halle a. d. Saale), Cologne, Wienand Verlag, (ISBN 978-3-86832-462-4).
Liens externes
- Ressources relatives aux beaux-arts :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- (de) « Hugo Henneberg (1863-1918) », sur mahlerfoundation.org.
- (en) « Dr. Hugo Henneberg », sur photoseed.com.
- Portail de la photographie
- Portail de l'Autriche